Pensée ...

"J'ai appris quelque chose de crucial : l'amour, le vrai, ne se mérite pas, il se donne et se reçoit. Un peu comme un cadeau. Ca s'appelle Tomber Amoureux. Quand quelqu'un Tombe Amoureux de vous et qu'il vous fait ce cadeau, vous pouvez lui faire le même cadeau en échange. Mais c'est pas obligé."

Axl Cendres.
Dimanche 8 novembre 2009





Eglise Saint Marceau, Orléans sud.
Fin octobre 2009.
Vers 17h.

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Jeudi 5 novembre 2009



Le livre :


Les grandes explosions nucléaires ont eu lieu. Dans l'espace, encore quelques spacionautes qui ne savent où ni comment attérir sur cette Terre recouverte d'une mer de boue cendrée séchée.
Deux ou trois ans plus tard, à l'intérieur d'une cathédrale, un groupe de moines survit en essayant d'envoyer des messages à Dieu par les fissures des murs. Ils parviennent à survivre en rétablissant un ordre. On note le lever du jour et le coucher du soleil, on tente de faire pousser des légumes, et un cerisier. Quand enfin le cerisier fleurit, les moines s'émerveillent au point de voir un papillon. Passé l'émerveillement, ils le pourchassent, saccagent tout ... et finissent par se dire que c'était un message de Dieu.
La vie sur Terre a bien changé dans les ruines d'un monde passé. La population survivante s'organise dans une sorte de ville souterraine.
L'amour et les voyages. Le fameux voyage en haut des immenses building qui permettent d'accéder à la lumière et à la bouffée d'air que leur procure le coucher de soleil.




Ce que j'en ai pensé :


On retrouve ici les grandes catastrophes apocalyptiques qui annoncent la fin du monde et pourtant, il y a toujours des groupes d'humains qui survivent malgré tout, recommencent à s'organiser, et à reproduire.
L'homme est-il donc mauvais dans ces gènes, n'existent-ils que dans une conscience de destruction ?
Un livre étrange, qui ne laisse pas sans interrogation sur la nature humaine.
 

Ce livre m'a renvoyé d'une certaine manière aux livres de Bernard Werber Le Papillon des étoiles, et de Michel Houellebecq La Possibilité d'une île.


A voir, les superbes illustrations de Lorenzo Mattotti (le site ici).







Extrait :


   
Le Papillon.

    Le religieux qui tantôt annonçait le jour nouveau allume à présent une à une les innombrales chandelles plantées dans le sable qui couvre le fond de la grande bassine, à côté du cerisier. L'obscurité est d'abord parsemée de points lumineux, puis l'ombre va se blottir presque entièrement dans les fissures et derrière les objets. Quand le moine se retoune, l'émerveillement se lit dans ses yeux. Il s'empresse comme il peut de rejoindre les couloirs et les grandes salles qui mènent aux dortoirs. D'autres compagnons surgissent aussitôt et s'approchent du cerisier couvert de fleurs au point de sembler lumineux. L'un après l'autre, les moines saluent cet enchantement souterrain par des gestes de révérence et de joie. Mais leurs yeux sont soudain attirés par un pétale qui s'est détaché d'une fleur et que les courants entraînent vers le haut. Le voilà qui descend à présent et on dirait même qu'il danse autour de l'arbre en fête. Quelqu'un finit par suggérer à mi-voix :"Un papillon !". Il s'agit bien d'un frémissement d'ailes blanches qui mène le groupe de religieux à travers la cathédrale pour jouir du spectacle de cet être vivant, si différent. Le papillon se repose sur les murs, s'immobilise au bord des crevasses. Souvent, ils craignent que l'insecte ne soit aspiré dans les sombres fissures. Quand cela se produit, les moines en ont le souffle coupé, jusqu'au moment où le papillon ressurgit et va se poser à un autre endroit. Les religieux le suivent en battant joyeusement des mains, et le papillon agite ses ailes comme si lui aussi se joignait à la fête. Mais un moine tout à coup lance un linge contre lui, sans toutefois l'atteindre. L'insecte s'enfuit effrayé. Les frères se lancent à sa poursuite, essayent de l'écraser à l'aide de bois et de roseaux. La cathédrale s'emplit de cette soudaine méchanceté des religieux. Le papillon trouve refuge dans l'arbre où il se confond avec les fleurs. Les moines furibonds s'en prennent alors au cerisier en tapant sur les branches. Les pétales tombent et le sol devient tout blanc. A leur tour, les frères s'effondrent épuisés sur ce tapis blanc, cherchant à écrabouiller la bestiole. Les chandelles se sont éteintes, une ombre légère se pose sur toute chose. L'un d'eux dit :"Mais ce n'était pas un papillon !". Et un autre :"C'était un pétale !". A cet instant, la voix émue du plus âgé d'entre eux résonne dans l'air : "C'était Dieu ! Il est venu nous voir !". Tous restent étendus, le visage tourné vers le sol, à murmurer des prières de pardon et de pénitence.




Dans la même collection : Le sac à main de Marie Desplechin ; La chapelle Sextine de Hervé Le Tellier ; La Photo de Marie Desplechin.

Tous ces livres m'ont été offerts par Jean-Yves.
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Lundi 2 novembre 2009



Le livre :

Louis a vécu dans la pauvreté, mais à force de volonté et de travail, il réussit ses études, et devient le secrétaire particulier d'un riche homme d'affaires malade. Ce dernier lui confie toutes ses affaires privées, le but : que le jeune homme lui succède un jour, à la tête de son empire.
Au début, Louis ne veut pas de ce poste, il veut garder son indépendance, sa liberté, mais la maladie de son directeur l'oblige à revenir sur sa décision.
Il s'installe donc dans l''hôtel particulier, rencontre femme et enfant. La maîtresse de maison se montre pleine d'attentions pour le jeune homme, le comprenant, anticipant ses désirs. Peu à peu, Louis découvre la passion amoureuse avec cette femme, si différente de celles qu'il a pu connaître avant.
Cependant, l'amour reste platonique, Louis doit partir en Amérique du Sud, la première Guerre Mondiale explose, il reste loin de ce gachis pour veiller à la prospérité de l'entreprise, dans cet autre monde. Mais la femme de son bien-faiteur ne l'a pas oublié, quand neuf ans plus tard, ils se retrouvent. Louis, bien qu'il ait fait fortune, qu'il se soit marié, et soit devenu père de famille, n'a pas oublié ce premier amour. Ils espèrent alors revivre les émois du passé.


Ce que j'en ai pensé :

Cette nouvelle est efficace à plus d'un titre. L'économie de la phrase, les mots justes. De l'enfance miséreuse qui entraîne une dépendance à l'autre, qui se trouve dans un confort et que l'on ne veut pas reproduire, cette liberté qui se gagne par une auto-suffisance matérielle, de cet amour partagé mais non abouti qui devient un rêve fantasmatique, fantomatique, un espoir, une espérance, un jardin d'Eden qui semble à jamais perdu.
Zweig parvient à montrer comment le souvenir d'un amour, d'un sentiment amoureux peut perdurer en soi, au point de nous faire oublier la réalité, les gens réels. Le souvenir agit sur le cerveau comme une nourriture. On espère, on se remémore, on installe une histoire qui n'a plus lieu d'être, que dans le passé.

La vie, par ses événements particuliers (ici la guerre), oblige à se défaire peu à peu de ces souvenirs qui finissent par se perdre.
Mais le coeur, lui, n'oublie pas qu'un jour, ailleurs, il y a eu cette femme. Malgré tout, ce que j'appellerai l'"instinct de vie" reprend le dessus. Louis, malgré cette histoire, prend femme, devient père. Pourtant, rien n'est réellement vécu à fond, car le fantôme du passé reste présent, au détriment de ce présent bien "réel".

Aussi, quand neuf ans plus tard, Louis doit se rendre en Allemagne, il ne peut s'empêcher de retourner vers cet amour passé, lointain. Il ne peut s'empêcher de rappeler à son hôtesse la promesse faite avant son départ pour l'Amérique centrale.

La promesse entrain de s'accomplir devient un poids, pour l'un comme l'autre. Pour lui, parce qu'il se rend compte que ce qu'il aime, c'est davantage l'idée de cet amour inachevé que cette femme devant lui, plus vieille, vieillie, parce qu'il se rend compte qu'elle lui donne ce qu'elle a promis, pour lui faire plaisir à lui, alors qu'elle sait que c'est une erreur.

La promesse ne peut s'accomplir jusqu'au bout. Lui s'est créé une vie où elle n'avait pas sa place. Elle avait continué à vivre, se réjouissant de sa bonne fortune, à lui.

Certaines amours doivent restées inachevées, c'est ce qui les rend plus belles, cet inachèvement.


Citations :


- L'amour ne devient vraiment lui-même qu'à partir du moment où il cesse de flotter, douloureux et sombre, comme un embryon, à l'intérieur du corps, et qu'il ose se nommer, s'avouer du souffle et des lèvres. Un tel sentiment a tant de mal à sortir de sa chrysalide qu'une heure défait toujours d'un coup le cocon emmêlé et qu'ensuite, tombant de tout son haut dans les plus profonds abîmes, il s'abat, avec une force décuplée, sur un coeur terrorisé.


- Il n'est pas dans la nature humaine de vivre, solitaire, de souvenirs et, de même que les plantes, et tous les produits de la terre, ont besoin de la force nutritive du sol et de la lumière du ciel, qu'ils filtrent sans relâche, afin que leurs couleurs ne pâlissent pas et que leur corolle ne perde pas ses pétales en fanant, ainsi, les rêves eux-mêmes, même ceux qui semblent éthérés, doivent se nourrir un peu de sensualité, être soutenus par de la tendresse et des images, sans quoi leur sang se fige, et leur luminosité pâlit. [...] Chaque jour consumé dans le travail déposait quelques petites poussières de cendre sur son souvenir ; il rougeoyait encore, comme des braises sous le gril, mais, finalement, la couche grise ne cessait de s'épaissir. Il lui arrivait encore d'exhumer ses lettres, mais leur encre avait pâli, leurs mots n'atteignaient plus son coeur et, un jour, il fut saisi d'effroi en voyant sa photographie, parce qu'il ne pouvait pas se rappeler la couleur de ses yeux. Et il ne recourait que de plus en plus rarement aux témoignages naguère si précieux, auxquels il prêtait une vie magique, déjà fatigué, sans le savoir, de son silence éternel, de cette discussion absurde avec une ombre qui ne lui donnait aucune réponse. [...] Il chercha des amis et des femmes avec qui se lier. Et lorsq'un voyage d'affaires, pendant la troisième année de la guerre, le conduisit dans la maison d'un Allemand, négociant en gros, à Veracruz, et qu'il y fit la rencontre de sa fille, silencieuse, blonde et femme d'intérieur née, il fut submerger par l'angoisse de rester indéfiniment seul au milieu d'un monde que la haine, la guerre et la folie des hommes menaient à sa perte. Il se décida dans l'huere et épousa la jeune fille. Puis vint un enfant, un second suivit, fleurs vivantes épanouies sur la tombe oubliée de son amour.





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Lundi 26 octobre 2009
Cet été, nous avons beaucoup vadrouiller, nous surprenant à rêver de la maison qui abritera notre amour, qui deviendra notre nid.



Mer-les-Bains, juillet 2009.



En attendant, dix ans après sa création, nous avons décidé de rejoindre les quelque un million et plus de personnes qui ont fait ce choix.






Nous nous pacsons à l'instant même (14h), ce jour.


Dam et Cat.








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