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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 00:06

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Le livre :

Il s'agit d'un recueil de 5 nouvelles, écrites entre les années 1930 et les années 1955 par Kawabata.

"La Danseuse d'Izu" : le voyage d'un jeune étudiant. Il fait une sorte de pellerinage avant de reprendre le chemin du collège. Durant son voyage, qu'il effectue à pied, il rencontre une troupe de danseurs / forain, et se met à éprouver des sentiments pour la jeune danseuse. Il devient leur ami de route, partageant leur secret, leur vie, leur douleur aussi.

"Elégie" : une jeune femme se rappelle son amour pour un jeune homme. Elle s'est fâchée avec sa famille pour le suivre, et celui-ci l'abandonna pour se marier à une autre. Ce dernier meurt. La jeune femme évoque alors son don de voyance, la mort de sa mère, sa propre mort intérieur quand elle ressentit dans sa chair la nuit de noces du jeune homme, la mort de ce dernier.

"Bestiaire" : un homme élève des oiseaux ainsi que d'autres animaux. Il n'a jamais pu se marier, et reporte son besoin d'amour à donner sur de petits volatiles fragiles.

"Retrouvailles" : un jeune homme revient à Tokyo après la seconde guerre mondial. Sa femme et ses enfants sont à la campagne où il a réussi à les faire évacuer. Il retrouve sa maitresse, il la découvre physiquement autre, et se surprend à lui prêter les plus mauvaises intentions. Mais cependant, malgré toute sa méfiance, après l'horreur de la guerre, il se laisse aller à cette rencontre avec l'humain, avec la femme, qui représente le monde de la paix.

"La lune dans l'eau" : une jeune femme amoureuse de son mari jusque dans la mort, au delà de la mort évoque sa vie avec lui durant la maladie, ce qu'elle fit pour lui être agréable ... elle évoque aussi son remariage et la différence entre les deux hommes. Entre le premier où elle s'éveillait à un amour de conte de fée, et au second qui la rendit femme ... qui l'ouvrit à elle-même.


Ce que j'en ai pensé :


Ce recueil donne un éventail de nouvelles différentes les unes des autres. Ce qui est bien, comme cela nous n'avons pas l'impression de relire sans cesse la même histoire.

Ce qui est intéressant dans ces nouvelles, c'est qu'elles sont comme des photographies d'humains à un moment donné de leur vie. Pas toute leur vie, mais juste un moment qui les a fait réfléchir, qui les a troublé, qui a peut-etre remis en cause leur manière de vivre.


J'ai eu une nette préférence pour "Bestiaire" et "Retrouvailles".

Pour "Bestiaire", le rapport que cet homme entretient avec les oiseaux, les bêtes, et sans aucun doute, les relations telles qu'il les conçoit avec ces congénères, mais ce qui n'est pas. Tout ce qu'il aimerait trouver dans l'humain, mais qui n'est pas, il a finit par le reproduire dans ses relations avec les animaux.
J'ai aimé quand il explique qu'il a tenté d'élever des paons mais que ceux ci ne se sont pas plu avec lui, alors, plutot que de s'acharner, il a renoncé, et s'est tourné vers d'autres volatiles. J'aime cette lucidité. Aujourd'hui, je dis que je ne force personne à m'aimer, je ne veux pas qu'on m'aime à tout prix, je ne veux pas qu'on m'aime à n'importe quel prix. Il y a des gens qui m'aiment pour moi, tout entière, malgré mes travers, il y a ceux qui m'aiment bien mais qui se passent de moi quand ils n'en ont l'utilité et ceux qui ne m'aiment pas ... pour les deux derniers ... cela ne me touche pas ... je m'en moque ... je ne vais pas utiliser de l'énergie pour des gens qui ne veulent pas de moi, car c'est de l'énergie que je vole à ceux qui m'aiment. Et lui, c'est pareil, pourquoi va t il s'accharner à élever des volatiles qui ne se plaisent pas chez lui, alors ... qu'il peut élever d'autres oiseaux qui pourraient se plaire avec lui.
Pourtant, j'ai trouvé cela bien triste et rassurant, car cet homme a trouvé un compromis avec la vie ... l'affection qu'il ne peut donner à des humains, il le donne à des animaux.
Cependant une question m'a interrogée ... a-t-il vraiment envie de nouer des relations avec des humains ? je veux dire de vraies relations ... n'a-t-il pas peur de donner à un humain ... ? la peur de la déception ... de ne pas avoir un retour ...


Pour "Retrouvailles", l'homme retrouve Tokyo après la guerre. C'est presque par hasard qu'il retrouve sa maitresse, du temps d'avant. Il a un regard très distancié sur elle. On ne dirait pas qu'il est heureux de retrouver un visage connu, un visage qu'il a aimé. On sent la méfiance, la crainte, la distance aussi. L'homme a été abimé dans son humanité durant cette guerre. il a probablement vu des choses qui l'on rendu insensible en surface.
Il est intéressant de voir que même s'il se méfie de cette femme, que jadis, il a aimé, qu'il a choyé, en cachette de sa femme (on comprend que la jeune femme est une geisha et qu'il en était le protecteur), il ne peut s'empêcher de la suivre, de rester avec elle.
Un besoin d'humanité après l'horreur, que la méfiance qu'il a, ne parvient pas à le faire fuir.
Une vision de ce qu'on put vivre de nombreux hommes revenus de la guerre.


Citations :

- Elle est bien terre à terre et plate, la vision de l'autre monde que les Occidentaux décrivent, fût-ce par la plume d'un Swedenborg ou d'un Dante, au regard de celui que les textes sacrés bouddhiques peuplent de bouddhas. Je dois reconnaître que, même en Orient, un Confucius rejette l'au-delà, disant :"J'ignore tout de la vie, que saurais-je de la mort ?" - mais moi, je trouve dans les visions du monde antérieur et du monde à venir que nous propose le bouddhisme, le plus vibrant, le plus consolant des poèmes élégiaques. [Elégie]

- Un soir l'oiselier en avait apporté deux. Lui, tout de suite, les avait posés sur l'autel familial, dans la pénombre. Au bout d'un moment, il les regarda : les oiseaux dormaient l'un contre l'autre, têtes et plumes emmêlées, attendrissants, fondus sans que l'oeil puisse les distinguer, en une boule d'aspect laineux. Lui, le célibataire frisant la quarantaine, sentit une émotion, une sorte de nostalgie l'étreindre. Debout, il les contempla longuement.
Où, en quel pays, trouverait-on chez les humains pareil couple d'amoureux candides, dormant avec tant de grâce, se demandait-il, regrettant qu'il ne se trouvât personne à son côté, pour contempler ce sommeil d'oiseaux ... mais il n'appela pas la domestique. [Bestiaire]

- Nul être humain ne pouvait lui inspirer de sentiments analogues. Les oiseaux, animés parce qu'ils vivent, expriment mieux encore le miracle de la nature que les coquillages ou les fleurs, malgré toute leur beauté. Même dans les cages qui les emprisonnent, ces petits créatures extériorisent leur joie de vivre, et c'était surtout vrai du couple de roitelets, si menus, si vifs. [Bestiaire]

- L'oiselier apporte de la montagne le nid tout entier, mais quand il parvient à les distinguer, il jette les femelles, invendables parce qu'elles ne chantent pas. L'amour des animaux devient facilement une prédilection pour les plus beaux, ce qui rend les cruautés de ce genre presque inévitables. [Bestiaire]

- Prenons les chiens, par exemple : après avoir eu des colleyx, on continue de préférence avec la même race, comme on aime les femmes qui vous rappellent votre premier amour, au point de vouloir, pour finir, en épouser une qui ressemble à celle qu'on a perdue. Tout les animaux, c'est aimer seul, dans un libre orgueil. Il cessa d'élever des paons. [Bestiaire]

- Yuzo frissonna, mais Fujiko s'expliquait d'une petite voix modeste :"Je m'inquiétais pour elle. Et pourquoi donc moi, qui courais alors de si grands dangers, me souciais-je de votre femme ? Je me trouvais idiote, mais cela n'y changeait rien. Je me disais : après la guerre, quand je pourrai le rencontrer, j'aimerais le voir rien que pour lui raconter cette pensée que j'ai eue. Je me demandais si vous me croiriez, ou si vous resteriez sceptique ... Il est vrai, pourtant, que pendant la guerre j'ai oublié mes soucis et prié pour les autres. "
Cela rappelait à Yuzo ce qu'il avait aussi ressenti : que l'extrême abnégation et l'extrême égoïsme se confondaient parfois, en un curieux mélange : de la critique de soi-même à la fatuité, de l'altruisme à l'exclusif souci de ses intérêts, de la bienveillance à la méchanceté, de la torpeur à l'excitation. Fujiko, tout en espérant la mort accidentelle de sa rivale, avait pu néanmoins prier pour sa sauvegarde; rester ensuite fascinée par sa propre bonté de coeur, et bien inconstant ne voir là qu'une des facettes de la vie, qu'une suspension de l'être en temps de guerre ? [Retrouvailles]


Du même auteur : Les belles endormies.


Estampe Reading Beauty
de Utamaro Kitagawa.
 

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commentaires

Jean-Yves Alt 31/01/2008 05:22

LA LUNE DANS L’EAU : Ce que j’ai beaucoup aimé dans cette nouvelle, c’est la place qu’occupe l’objet miroir que Kyoko utilise pour voir sa nuque lors de sa toilette et qu’elle a donné à son mari – très malade et alité – pour qu’il puisse continuer à voir les « lumières » du monde à travers la fenêtre de sa chambre qu’il ne quitte plus. Mon extrait : Kyoko, rangeant sa glace, remarqua cette fois encore qu'elle se mariait bien mal avec le nécessaire en bois de mûrier. Pouvait-on s'imaginer que celui-ci fût veuf, depuis le sacrifice de la glace d'origine ? L'avoir mise entre les mains de l'invalide avec l'autre, plus petite, avait certainement été un bienfait pour lui, mais non sans danger : il devait s'y regarder constamment en s'effrayant des progrès du mal que lui révélait ce visage, devant lui, dans une sorte de tête-à-tête avec le dieu de la mort. Si ç'avait été un suicide psychologique, avec le miroir pour instrument, alors Kyoko serait sa meurtrière. Un jour, découvrant ce péril, elle avait tenté de reprendre la glace, mais le malade refusait de s'en séparer.« Voudrais-tu que je ne voie plus rien ? Tant que je vivrai, je veux pouvoir aimer ce que je verrai. »Pour conserver ce reflet du monde, il aurait sacrifié sa vie. Certain jour, après une forte averse, tous deux contemplaient la lune reflétée dans une flaque d'eau. Cette lune, dont on pouvait à peine dire qu'elle fut l'illusion d'une illusion, resurgit dans le cœur de Kyoko. (pp.122-123)Merci Cat.

Catgirl 31/01/2008 06:39

oui toute la symbolique du miroir, qu'elle mettra entre les mains du défunt lors de la crémation. Une belle symbolique.Bisous

Jean-Yves Alt 30/01/2008 14:58

ÉLÉGIE : une magnifique nouvelle. Le don de voyance de cette jeune femme et surtout ce qu’elle en tire dépasse amplement son histoire d’amour perdu. Un texte fabuleux ! Mes extraits : « Qu’elle est navrante cette coutume des vivants d'invoquer les morts ! mais comme elle est navrante surtout, cette croyance que l'être survit en conservant, dans un monde à venir, la forme qui fut déjà sienne dans un monde antérieur !Le sentiment de l'analogie du destin des plantes et de celui des hommes, voilà le thème éternel de toute élégie, disait un philosophe dont le nom m'échappe ; j'ai retenu cette phrase-là par cœur mais oublié le contexte. Le destin des plantes, n'est-ce que de fleurir et de se faner ? Doit-on lui chercher un sens plus profond ? Je ne saurais le dire.Il m'est apparu depuis peu que les textes sacrés du bouddhisme sont des chants élégiaques, et j'y puise un réconfort indicible. Aussi, lorsque je vous invoque, vous qui êtes mort, j'aime infiniment mieux m'adresser à ce prunier vermeil, déjà chargé de boutons et placé devant moi dans le tokonoma, que de vous prêter, dans l'autre monde, l'aspect que vous empruntiez dans celui-ci. Pourquoi, d'ailleurs, cet arbuste tout proche, au nom familier, plutôt qu'une fleur ignorée d'un pays inconnu ? Elle serait pour moi votre réincarnation ; je lui parlerais tout aussi bien, tant je vous aime encore. » (pp.39-40) « Le bouddha nous enseigne à nous libérer de la loi de la transmigration pour entrer dans l'absolu du nirvâna. L'âme qui doit encore parcourir tout le cycle des renaissances n'est qu'une pauvre âme égarée... Je crois qu'il n'existe aucun mythe tissé de rêves aussi riches que le dogme de la métempsycose. N'est-ce pas le plus beau poème élégiaque que l'homme ait jamais inventé ? Cette croyance remonterait à l'époque des Védas, aux Indes. Ce doit donc être, à l'origine, le cœur même de l'Orient. N'empêche qu'il existe d'aimables légendes de fleurs dans la mythologie grecque, et le chant de Marguerite en prison, de Goethe. En Occident aussi, les personnages réincarnés sous forme d'animaux ou de végétaux sont plus nombreux que les étoiles.Sages de jadis, spirites d'aujourd'hui, ceux qui méditent sur l'âme humaine réservent en général leur mépris aux bêtes ou aux plantes, et leur respect aux hommes. Depuis des milliers d'années, nous cherchons aveuglément, dans toutes les directions, le moyen de nous distinguer d'entre les dix mille êtres de l'univers naturel. Démarche vaine, égocentriste... ne serait-elle pas cause de la tristesse de l'âme humaine ?Peut-être un jour l'homme fera-t-il marche arrière sur le chemin qu'il a parcouru. » (p.49) Merci Cat.

Catgirl 30/01/2008 17:52

merci à toi

Jean-Yves Alt 28/01/2008 13:24

Je viens de parcourir - à nouveau - la nouvelle "Bestiaire" : tu as raison dans ta réponse à mon commentaire à propos des chiens... le rapport à l'homme varie suivant l'animal. Et le chien reste assez emblématique du lien homme/animal...Merci de ta réponse.

Catgirl 28/01/2008 13:34

je ne sais si j'ai raison, mais c'est l'impression que j'en avais eu ... bisous mon Jean Yves

Jean-Yves Alt 28/01/2008 08:46

« Bestiaire » est une très belle nouvelle : j’ai néanmoins été un peu déçu à sa lecture (peut-être parce que j’en attendais tant. La partie avec les chiens me semble de trop ou alors je n’ai pas saisi le « plus » qu’elle apportait. Les chiens bâtards n’étant rien de plus que des oiseaux femelles qui ne chantent pas.) J’ai, comme toi, beaucoup aimé le passage des paons.  Mes extraits : « Ces voisins élevaient trois ou quatre alouettes dans cette maison. Sans doute s'était-on débarrassé d'un oisillon qui ne chanterait pas. Son premier mouvement de miséricorde bouddhique s'interrompit à la pensée qu'il ne servirait à rien de ramasser cet animal de rebut.Le sexe de certains oiseaux se distingue mal quand ils sont petits. L'oiselier apporte de la montagne le nid tout entier, mais quand il parvient à les distinguer, il jette les femelles, invendables parce qu'elles ne chantent pas. L'amour des animaux devient facilement une prédilection pour les plus beaux, ce qui rend les cruautés de ce genre presque inévitables.Malgré sa tendance à convoiter tous les animaux d'agrément qui passaient à sa portée, il avait compris, par expérience, que cette versatilité n'exprimait qu'une sorte d'indifférence et présageait, chez lui, l'avilissement du sens de la vie.Maintenant, même quand on l'en conjurait, il ne tolérait plus de s'occuper d'une bête, fût-ce un beau chien, fût-ce un bel oiseau, qui soit déjà passé par d'autres mains.Voilà pourquoi je n'aime pas les hommes, se dit égoïstement cet homme solitaire.Quand on est marié, quand on a des enfants, des frères, les liens sont difficiles à rompre ; il faut se résigner à la vie commune, même avec des compagnons dénués d'intérêt. En outre, chacun doit porter ce qu'on appelle le moi. » (p.72) Merci Cat.PS : à ta question, je n'ai pas trouvé de réponse ; peut-être parce que la morale de cette histoire concerne le lecteur et non cet homme.

Catgirl 28/01/2008 08:48

oh oui, les alouettes, j'ai aimé aussi ce qu'il dit ... il y a tant de vérité.pour le passage des chiens, je pense que c'est pour montrer que les relations ne sont pas les mêmes d'un animal à l'autre ... l'opposition entre le chien et les oiseaux est à mon sens très forte ... la fragilité / la force ... l'oiseau n'a pas la présence physique d'un chien ... un chien va réclamer qu'on s'occupe, il va être plus comme un enfant, une personne d'ailleurs on dit bien sur les français (en général) ... avez vous des enfants ? non mais j'ai un chien ...alors que l'oiseau, tout comme le poisson, on aurait vite fait de l'oublier ... sa présence étant plus discrete ...je n'ai pas de réponse non plus aux questions, car je pense aussi qu'il ny' a pas une réponse unique ... mais une réponse relative à chacunbisous bisous

Jean-Yves Alt 27/01/2008 09:34

J’ai lu hier soir la nouvelle intitulée « Retrouvailles » :Cat, tu as surtout retenu la méfiance de l’homme vis-à-vis de son ancienne maîtresse alors que moi, j’ai été touché, par l’attention (que je ne pense pas feinte) de cette maîtresse pour l’épouse de son amant :  Mes extraits : Yuzo frissonna, mais Fujiko s'expliquait d'une petite voix modeste : « Je m'inquiétais pour elle. Et pourquoi donc moi, qui courais alors de si grands dangers, me souciais-je de votre femme ? Je me trouvais idiote, mais cela n'y changeait rien. Je me disais : après la guerre, quand je pourrai le rencontrer, j'aimerais le voir rien que pour lui raconter cette pensée que j'ai eue. Je me demandais si vous me croiriez, ou si vous resteriez sceptique... Il est vrai, pourtant, que pendant la guerre j'ai oublié mes soucis et prié pour les autres. »Cela rappelait à Yuzo ce qu'il avait aussi ressenti : que l'extrême abnégation et l'extrême égoïsme se confondaient parfois, en un curieux mélange : de la critique de soi-même à la fatuité, de l'altruisme à l'exclusif souci de ses intérêts, de la bienveillance à la méchanceté, de la torpeur à l'excitation. Fujiko, tout en espérant la mort accidentelle de sa rivale, avait pu néanmoins prier pour sa sauvegarde ; rester ensuite fascinée par sa propre bonté de cœur, et bien inconsciente des mauvais côtés de sa nature. Fallait-il pourtant ne voir là qu'une des facettes de la vie, qu'une suspension de l'être en temps de guerre ?On la sentait sincère. Des larmes jaillissaient au coin de ses longs yeux étroits. « Je pensais que vous vous tourmentiez plus pour elle que pour moi ; je ne pouvais donc m'empêcher de me tourmenter aussi. » (pp.100-101) « Ayant passé d'un ou deux ans la quarantaine, il venait à penser que les souffrances et les tristesses de la vie se résolvent dans le cours du temps, que les obstacles et les difficultés tombent un beau jour d'eux-mêmes ; il en avait déjà vu pas mal. Qu'on se démène dans l'inquiétude et la folie, que l'on contemple en silence, les bras croisés, en fin de compte, le résultat sera le même. La guerre avait bien fini par se terminer ! et plus vite même qu'il n'aurait cru. Quatre ans, est-ce court pour une guerre pareille ? doit-on le trouver trop long ? Il manquait de référence pour se prononcer. En tout cas, c'était fini. » (p.103) Merci Cat.

Catgirl 27/01/2008 10:18

oui, c'est ce qui m'a sauté aux yeux, la méfiance de cet homme revenant de la guerre qui ne sait plus à qui il peut faire confiance, y compris à cette femme qui a éveillé des choses chez lui ...j'ai aussi relevé ce passage, je suis d'accord avec toi ... je ne pense pas que cela soit feint ... j'y ai pensé ... je te maille ... tu comprendras ;)bisous bisous

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