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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 00:57

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Le film :

Dans les années 50, à Los Angeles, Ed Exley vient de réussir son examen de promotion dans la police. Il veut être inspecteur, mais Duddley Smith ne lui croit pas les épaules suffisamment solides pour intégrer un tel poste.
Au même moment sévit les réglements de compte entre différents caïds.
Jack popularise la police en montrant qu'elle arrête bien les méchants. Bud se fait le justicier des femmes battues.
Un soir, trois mexicains sont arrêtés car ils sont soupçonnés d'avoir abattu des flics. Cela créé une émeute règlement de compte au sein du quartier général de la police. Seul Ed ne se trouve pas mêlé à cela et en profite pour tirer son épingle du jeu et demander le poste dont il rêve. Duddley pense pouvoir le manipuler. Mais le coéquipier de Ed est abattu, et ce dernier demande de l'aide à Jack et Bud.


Ce que j'en ai pensé :

Dès le début du film, je me suis retrouvée dans l'ambiance du Dahlia Noir de J. Ellroy (le livre, le film). On y retrouve tous les éléments ... La police où l'on trouve les quatre catgories de flics : ceux qui veulent faire leur boulot dans la droiture, incarné par Ed, celui qui fait son boulot selon ses méthodes (Jack dans une certaine mesure, et Bud), le flic pourri jusqu'à l'os qui se sert du système pour parvenir à ses fins (Duddley) et les autres qui sont les suiveurs, ceux qui vont là où il est bon d'aller ... ensuite, la blonde incendiaire (j'avoue que K. Basinger m'a fait penser aux blondes héroïnes de ce cher Hitchcock), prostituée de luxe qui tombe en amour avec le flic honnête mais aux méthodes discutables, et qui pourtant s'envoie en l'air (au moins une fois) avec le flic honnête jusqu'au bout. Le milliardaire pas clair aux moeurs plus qu'étranges qui trouve des filles qu'il sculpte pour qu'elles ressemblent aux stars de ciné et qu'il vend ensuite pour une heure, pour une nuit ... et qui pourtant aurait bien lui, des tendances homosexuelles. Le fétichisme pornographique lubrique. Et puis les gentils flics, contre les méchants flics ... etc.

Malgré les thèmes réccurrents, malgré les mêmes ficelles (si si j'insiste), c'est comme la pub des années 80 du canada dry, ça en a la couleur, ça y ressemble mais ce n'est pas.
Voilà, L.A. Confidential, ça ressemble au Dahlia Noir, mais ce n'est pas le Dahlia Noir. Et ce n'est pas on prend les mêmes et on recommence. Non, c'est plutot, on prend les mêmes ingrédients mais on explore autrement, on cherche autrement, on montre autrement.
J'avais adoré le livre sur le Dahlia, le film m'avait déçu. Là, le film m'a donné envie de lire le livre. Parce que le film n'était pas fouilli, même s'il vaut mieux bien suivre.

Ce qui est intéressant, ce sont les 'types' que présente le film. La différence humaine.

Prenons Ed Exley. Jeunot fraichement promu qui est persuadé que la police peut réussir avec des méthodes propres. Il est convaincu qu'il peut y arriver. Il y croit que la vertue gagne toujours à la fin. Mais on voit bien son évolution au cours du film sur sa façon de penser. Si sa loyauté, son honnêté ne prend pas une ride, il comprend, il se rend compte que certains flics ne sont pas 'si' mauvais et que leurs différences peuvent être des atouts non négligeables et que ces différences n'en font pas des flics pourris et non fréquentables. Je pense qu'il comprend que tout n'est pas blanc ou noir, mais que parfois il faut savoir "composer" et que cela est possible de composer sans tomber dans la facilité. D'ailleurs, il s'associe avec Jack et Bud, et cela lui permet de réussir son enquête. Les différences de méthodes sont des atouts. Les différences humaines sont des atouts.

Face à lui Bud White. Le flic honnête mais dont les méthodes sont discutables. Nous ignorons pourquoi mais nous savons qu'il défend la veuve et l'orphelin. Il ne supporte pas qu'on frappe une femme. On le croirait bourru et naif, il est seulement rude et entier. Son association avec Ed Exley permet une enquête efficace où la vérité est le but. Bud tombe amoureux de Lynn, sosie impecable de Véronica Lake (honte à moi, j'ignore qui est cette Véronica Lake), bien sûr ils sont séduits l'un par l'autre, bien sûr il va la sortir de son affreux boulot. Un coup de canif pour la belle, elle va coucher avec Ed histoire de le manipuler. Peine perdue, si Bud se fache en homme qu'il est, il comprend la manipulation et tout rentre dans l'ordre.

Ensuite, nous avons Jack. Le bon gentil flic qui n'a qu'une ambition, être à la une d'un canard qui met en avant la police et tous les coups trash et graveleux. Un soir, il monte un coup de pub avec le propriétaire du torchon, faire en sorte qu'un jeune homme arrivant de sa campagne séduise le procureur (je ne suis plus sûre de sa fonction) afin que celui ci soit surpris en flagrant délit de sodomite. Mais, le jeune homme est retrouvé la gorge tranchée. Jack se sent alors responsable, c'est aussi pour ça qu'il acceptera de s'associer avec Ed, et il en fera les frais.

Patchett, le miliardaire qui a bati sa fortune grâce à la prostitution de luxe. Il repère des filles très belles qui ont des airs de vedette et leur paye une chirurgie esthétique pour qu'elle ressemble à des stars. Ainsi, des hommes haut placés s'offrent des icones, des sosies pour assouvir leur fantasme sexuel. Il organise des fêtes particulières, et semblent plus intéressé par la gente masculine (sous entendu de Lynn qui explique qu'il n'a touché aucune de 'ses' filles). Drogue, monopole de la criminalité, etc sont légion à l'époque. De plus, il verse dans le pot de vin, le chantage puisqu'il fricotte avec le canard qui met la police en avant.

Et enfin Duddley Smith, le chef de la police. Pourri jusqu'à l'os. Ne vous fiez jamais aux apparences. Son tort, sous estimer les gens autour de lui. Son tort, être pourri et se croire le plus fort. Le personnage antipathique dans toute sa splendeur. Il joue les gentils pour cacher sa monstruosité. Il se sert des autres pour faire le sale boulot. L'ordure dans toute sa splendeur.

Ce qu'il faut garder du film, je veux dire du message du film, c'est qu'il ne faut jamais sous estimer les personnes que l'on a face à nous, qu'il ne faut pas les juger sans savoir, car on ne sait jamais tout, même des personnes que l'on pense connaître. La vie est toute en nuance, en expérience.

C'est un bon film. Un vrai bon film. Et je vais lire le livre.


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commentaires

:0095: Maître Po 03/02/2008 20:24

prostituée de luxe qui tombe en amourTu parles québécois ou c'est un copier-coller, ton article ? ;-ÞJe ne me rappelle plus ce film. Je me souviens juste que Russell Crow m'avait une très forte impression. Quant au Dahlia Noir, il me fascine depuis si longtemps que je lui ai même consacré trois articles, dont un sur le film ;-)

Catgirl 03/02/2008 20:32

je parle un peu le québécois, et je n'écris que mes mots :=)j'ai consacré deux articles au Dahlia noir ... un sur le film, un sur le livre ... j'ai une énorme préférence pour le livre

sieglind la dragonne 01/02/2008 08:01

En tout cas il t'a inspirée ce film ! Tu n'as pas été économe de mots sur le coup hé, hé... Jamais vu.... et pourtant j'aime bien les films à l'ambiance des films noirs de la belle époque... Bises ma Cat et bonne fin de semaine

Catgirl 01/02/2008 16:49

je crois que je ne fais jamais l'économie de mes mots ;)bisous bisous

:0091: lili Flore :0010 01/02/2008 00:35

c'est toujours intéressant de lire tes analyses de film, moi que ne ne suis pas film, tu me donnes des envies parfois de voir le film.bonne nuit et bisous

Catgirl 01/02/2008 06:46

je suis contente si je te donne envie de voir certains films ... j'espère que de la même manière je donne envie de lire certains livres.bisous Lili bonne journée

Ano 31/01/2008 12:03

Excellente analyse comme d'hab de ce film que j'ai vu deux ou trois fois (dont revu lol)... Ta chute est très bonne : ne vous fiez pas aux apparences, et j'ajouterai ;C'est l'exemple même d'oeuvre littéraire ou filmée qui montre aussi que finalement la frontière entre le bien et le mal est fragile, qu'on la franchit très vite pour de bonnes ou/et de mauvaises raisons, et que finalement parfois comme dans la vie, on ne sait plus vraiment qui sont les bons et les méchants, selon que l'on soit du côté de la loi ou pas (je parle en général)... Baisers à répétitions et en rafale.

Catgirl 31/01/2008 17:23

je pense que rien n'est ni blanc ni noir ... j'ai découvert le gris ... il faut être plus souple dans la vie ... la droiture, trop de droiture fausse la donne ...baisers

Jean-Yves Alt 31/01/2008 05:16

Je n'aime pas l'affiche et pourtant j'apprécie ce que tu dis de ce film qui compte avec toute la diversité des valeurs humaines.

Catgirl 31/01/2008 06:41

tu sais bien que les affiches des films américaines sont très ... enfin ... c'est très américain ;) j'ai trouvé ce film bien meilleur que le dahlia noir, aussi j'ai très envie de lire le livre de ellroy qui donna la confidential

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