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2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 00:41
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Le livre :

Eisuke a fait une mauvaise chute et se trouve cloué au lit. On lui découvre une boule au niveau de la colonne vertébrale. Une boule du même genre que l'oncle Kotaro avait à la base du cou. Cette boule renvoit Eisuke a son enfance, au relation avec son oncle, ses parents, son frère jumeaux. Puis, les souvenirs faisant leur oeuvre, il demande au narrateur de lui retrouver l'auteur d'une lettre qu'il a reçu après le décès de son frère à la guerre. Peu à peu Eisuke découvre un frère différent de celui qu'il a cottoyé.


Ce que j'en ai pensé :

Ce n'est pas Eisuke, le narrateur, mais un de ses amis. Cela permet d'avoir un regard autre et pratiquement neutre sur l'histoire, il relativise les événements. Le narrateur est un "accompagnant", une présence rassurance, une béquille. Cependant, il est aussi là pour mettre Eisuke face à ses contradictions. Il donne une vision différente de l'histoire de Eisuke et son jumeau Josuke. Il écoute, s'interroge, remet parfois les choses à leur place. Le narrateur nous met face à l'indifférence égoiste de Eisuke face au reste de l'humanité. Mais il nous montre aussi qu'à travers son comportement Eisuke cache une souffrance indicible.

Eisuke nous donne l'impression d'une personne égoïste. Il a vécu sa vie à lui, il s'est plié aux coutumes et traditions, parfois il s'est rebellé, rarement en fait. Il s'est marié, est prof. Il est un tantinet cynique, sans envie, sans passion. Il n'a pas vécu réellement sa vie, il se contente de la traverser, pourtant il n'hésite pas à porter des jugements sur les autres. Son comportement est assez déconcertant. On se demande s'il aime les gens, s'il aime quelqu'un, s'il a jamais aimé quelqu'un. On se demande si les choses le touchent, si quelque chose le touche. L'impression que j'ai eu de Eisuke, c'est qu'il n'a pas osé vivre, par manque d'envie, par peur peut-etre. Il se replonge dans son histoire familiale sans réelles émotions. Et pourtant, il a eu ce besoin de revenir sur son histoire familiale, il a eu besoin de savoir l'histoire réelle de son frère quand cette boule est apparue. Cette boule le renvoie à celle de son oncle. Elle est là comme un signe du destin. Tout le cheminement d'Eisuke sur sa vie, sur ce qu'a été sa vie, sur la vie des siens est intimement lié à cette boule. J'ignore si Eisuke se sent coupable de son indifférence. J'ignore si Eisuke a ce que l'on appelle un "excès" de conscience. J'ignore les motivations profondes qui font qu'Eisuke décide de régler ses comptes avec son histoire et de s'intéresser à quelqu'un d'autre qu'à lui. Est ce sa conscience qui le torture ? A t il pris conscience de sa non implication dans la vie, dans la vie de son entourage, de sa famille ?
Ce qui m'a le plus surpris c'est qu'en fait, il est marié mais pas un mot sur sa femme. Rien ... on ignore comment il l'a rencontré, on ignore tout, tout juste apprenons nous qu'il n'aime pas les enfants. Je me demande si ce comportement égoiste n'est pas une manière de se protéger de ce qu'il a vécu enfant, si ce comportement de refuser de savoir et de connaitre la vie des gens qui lui sont proches n'est pas un moyen de se protéger des souffrances. Car je pense que Eisuke a souffert, depuis le jour où il a appris que son oncle le mettait en compétition avec son jumeau, que ce dernier lui était préféré. Son comportement, nos comportements relèvent souvent voire toujours de souffrances intimes. C'est un personnage complexe. On n'arrive pas à ne pas l'aimer, et pourtant on a du mal à le trouver sympathique, cependant il reste attachant. Je dirais qu'il fait parti de ces gens qu'on "tolère" mais vers qui on n'arrive pas à aller car ils sont si renfermés sur eux, si hermétiques à la vie. Ou bien peut etre qu'on ne prend pas suffisamment le temps pour essayer de comprendre, qu'on n'a pas non plus l'envie de s'impliquer pour comprendre.

Nous découvrons la vie de son frère Josuke en même temps que Eisuke et le narrateur. Je pense que le rapport de gémélité est important dans le contexte. En dehors de l'histoire familiale, c'est bien des relations entre Josuke et Eisuke dont il est question. De leur enfance, de la manière dont l'oncle Kotaro a voulu les mettre en compétion. Josuke et Eisuke, malgré leur gémélité (et qui connait des jumeaux dans son entourage sait combien les ressemblances physiques n'entrainent pas des ressemblances de personnalité), n'ont jamais été concurrents. La façon dont est montré Josuke par rapport à Eisuke est intéressante. Contrairement à son frère, Josuke prend des décisions, s'impliquent dans sa vie, fait des choix, des erreurs aussi. J'ai eu également l'impression que Josuke faisait les erreurs que ne pourrait jamais faire Eisuke, comme de voler un marchand de nouilles, quitter le collège de lui-même, partir comme apprenti croque mort, mettre enceinte la femme du patron, être enrôlé dans l'armée japonaise pour partir au front en Chine ( ils ont 20 ans durant la seconde guerre mondiale), se droguer.
Est ce que Eisuke n'a pas au final envié ce frère préféré par l'oncle Otaro ? N'a t il pas été jaloux de la mise en avant perpétuel de son jumeau par cet oncle qu'au final il hait ? Ou bien n'a t il pas été envahi par la culpabilité d'être né avec un jumeau, entrainant de lourdes dépenses pour ses parents ?

Josuke a vécu la guerre. On ignore ce qui l'a réellement poussé à se droguer. On parle d'une souffrance physique, d'asthme. Et comme il était sergent chef à l'infirmerie de l'armée, il a pu voler dans le stock et "se servir" ses doses. Le suicide de Josuke n'est pas évoqué comme une monstruosité, mais plutot comme une évidence. D'ailleurs, Eisuke ignorait que son frère s'était suicidé avant de rencontrer le compagnon d'arme de celui-ci. Il pensait qu'il était mort de maladie quelques temps avant d'être démobilisé. Josuke avait atteint un tel degré de dépendance à la drogue médicale qu'en fait, le suicide était sa seule solution pour s'en sortir. Ceci est parfaitement expliqué par Kano, son compagnon d'armes. Il raconte que les drogués sont consummés de l'intérieur par les drogues au point de rendre les os fragiles, si bien que lors de la crémation de Josuke, les os se sont brisés rapidement.

Hormis l'importance de cette relation gémellaire, où l'auteur s'applique à nous montrer les différences caractérielles des jumeaux, ce qui m'a frappée, c'est la manière dont est évoquée la seconde guerre mondiale qui m'a frappée. Je me suis rendue compte que je n'avais toujours eu que le point de vue occidental sur cette guerre, je sais ce qu'ont vécu les populations françaises, allemandes, juives, européennes, mais les populations asiatiques ? comment l'ont elles vécu cette guerre. Je ne dis pas que j'ignore, puisque je sais, à travers certains films, notamment sur la vie de l'empereur Hirohito, mais la population, comment l'a-t-elle vécu, cette guerre. Et comment c'était la guerre pour les japonais au front. Bien sûr, le livre ne nous donne qu'un bref aperçu de cette guerre. Mais j'ai pris conscience des nombreuses lacunes en matière d'histoire qu'on nous enseigne, ou plutot que l'on ne nous enseigne pas. Je me rends compte que si je sais pourquoi la guerre eut lieu chez nous, le massacre des juifs, des minorités dites "affaiblissantes" pour la race arienne, je prends conscience que si je sais que le Japon a déclaré la guerre aux Etats Unis en bombardant Pearl Harbor, j'ignore pourquoi il l'a fait. Je me rends compte que si l'Europe était à feu et à sang à cause d'un dictateur assoiffé et mégalo, si l'Amérique s'est jointe à l'Europe pour réduire à néant ce barbare, le Japon lui menait une autre guerre, une guerre de conquête sans doute sur son voisin, La Chine.  C'est comme si d'un seul coup, je prenais conscience que là haut une autre guerre s'était passée, qui n'avait rien à voir avec la notre. Car finalement, que gardons nous du Japon par rapport à cette guerre si ce n'est Pearl Harbor et Hiroshima et Nagasaki ???

Voir la guerre d'un autre point du vue, d'un autre lieu, d'une autre culture. Et remettre en question ce que l'on nous apprend, ce que l'on ne nous apprend pas. Comme si le Japon, finalement n'était pas intéressant. Mais il y a tant de choses à apprendre, à découvrir qu'il faut sans doute faire des choix, et probablement que l'histoire du Japon est moins intéressante / importante que notre histoire occidentale ...

Un livre touchant, émouvant. Toujours dans la pureté et la retenue. Dire sans fioriture, sans amertume, mais dire.


Citations :

    - "Un jour, alors qu'il était encore lycéen, son père, légèrement pris de boisson, lui avait confié :
- A votre naissance, toi et ton frère, la vie a été bien dure, crois moi. Des jumeaux, forcément, ça multiplie par deux les dépenses.
Même s'ils habitaient une demeure au beau portail, de fait, la vie paraissait bien avoir été difficile, financièrement. Le jardin de derrière avait été retourné sur toute sa superficie et tranformé en potager. Pour les légumes, on était arrivé à se suffire presque entièrement à soi-même. Les garçons aussi étaient requis quotidiennement à l'arrachage des mauvaises herbes et à la destruction des insectes nuisibles. Et si l'on confectionnait des gâteaux de riz maison, ce n'était pas histoire de faire des folies ou de se remonter le moral, mais par attachement à l'esprit d'autosuffisance."

    - Je suis né jumeau, pas seul, je veux dire, et même si je ne peux rien affirmer, je me demande s'il n'existe pas entre jumeaux une relation affective qui n'appartient qu'à eux. Pour prendre mon exemple personnel, j'ai un frère aîné, Ryûsuke, et un frère et une soeur plus jeunes. Eh bien, ce que je ressens pour eux ne ressemble pas à ce que je ressens pour Jôsuke.
- C'est peut-être dû à la différence d'âge.
- Probablement. Nous avons poussé dans le même utérus et nous en sommes sortis le même jour. J'ai l'impression que nous partageons quelque chose, que chacun de nous est l'autre ...
- Et tu as ressenti ça depuis le début ?
- Non, pas au début. Je pensais que c'était naturel, comme si ça allait de soi. Non, au fond, je n'y pensis même pas. Je suis couvert de pellicules. Il est vrai que je ne me suis pas lavé les cheveux depuis un moment, a-t-il dit en brossant celles qui étaient éparpillées sur ses genoux. Une fois à l'école primaire, je me suis rendu compte que tous mes camarades avaient un visage différent, il n'y en avait pas deux pareils. Sans doute est-ce à partir de là que cette impression très vivante est née en moi.

    - Tu as pleuré ?
- Non, a-t-il soupiré. On pleure à la mort d'un parent quand on y assiste, parce que la tristesse se concentre en soi, mais ce n'était pas le cas avec Josuke. D'abord, la lettre arrive, ensuite ses cendres, comme je viens de te le dire. Même pour les os, tiens, il avait été incinéré sur place. Je ne l'ai pas vu mort, en fin de compte. C'était trop loin de moi, ma tristesse s'était dispercée.

    - Fukujiro (le père de Josuke) reposait dans sa chambre, un linge blonc sur le visage. Il souleva le voile pour regarder le visage : son père avait été rasé, sa peau légèrement poudrée et il donnait l'impression de dormir. Dans le train, Eisuke s'était demandé à plusieurs reprises s'il allait pleurer, mais maintenant qu'il était pour de bon face au mort, les larmes ne venaient pas. Il reposa le voile.

    - Mourir sans rien me dire : ces mots ont suscité chez Eisuke un écho qui lui a pénétré le coeur.
Nous avons abordé. Eisuké a débarqué puis monté les marches. Les toilettes étaient entourées d'une simple palissade et l'urine partait directement dans la rivière. Sa vessie vidée, il a senti la fatigue lui tomber brutalement sur les épaules. "Il faut dire que, en une journée, j'ai appris à peu près tout de la vie de Josuke à l'armée, s'est-il dit une fois ressorti, en savonnant vigoureusement ses mains qui empestaient l'arénicole. Normal que je sois fourbu."

    - Le fait que l'autre [l'oncle Kotaro] lui eût payé un temps ses études avait créé un complexe tout au fond de lui. Ne pas répondre à une lettre veut pourtant dire qu'on en a rien à faire ! Comment se fait-il qu'il ne le comprenne pas ?
Pour lui, Fukujiro lui-même était devenu quelqu'un de bien lointain. Non seulement parce qu'il était mort vingt ans plus tot, mais aussi parce qu'il était pour ainsi dire disparu dans ses souvenirs. A l'idée que le frère du disparu était encore en vie, lui, respirait et émettait une odeur physique, à la perspective qu'il recherche un soutien auprès de lui, Eisuke avait cette sensation d'étouffement et d'écoeurement du rveil après un cauchemar. Une sensation qui venait se confondre avec celle de l'écoeurement que lui-même vivait et de la sottise qu'il avait commise.

     - Le passé de ton oncle ne t'intéresse donc pas ?
- Pas ça ! m'a-t-il répondu tout net. Il me ferait plaisir en mourant tranquillement, c'et tout. Ca va pas plus loin.
- Pourtant, je soupçonne que, le jour où il mourra, tu t'intéresseras tout d'un coup à sa vie. Tu te serviras des affaires qu'il aura laissés ou de je ne sais quoi de lui ... Je te connais, ai-je dit en haussant le ton, tu ne commences à t'intéresser aux gens que du moment qu'ils sont morts. Pour toi, la mort de tes proches est une nourriture sur laquelle tu te jettes pour en repaître ton esprit. Tiens, tu me fais penser à un de ces corbeaux qui dévorent les cadavres.
- Un corbeau ? a-t-il fait en riant d'une voix éraillée. Un corbeau sur un cadavre ? Moi ?


Merci Dominique.

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commentaires

F
Tiens, honte a moi, je ne connais pas ce livre, ni meme son auteur.Mais le point de vue japonais, ce qui s'est passe ici pendant la guerre pour les civils, je le connais par ce que m'a raconte ma belle-mere......et je n'avais jamais imagine ca comme ca du temps ou j'habitais en France.Flo.
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C
comme quoi on est "limité" et "influencé" par notre situation géographique ...merci de ton passage
S
je n'ai encore jamais fait d'incursion dans la littérature asiatique... il va falloir que je m'y mette un de ces quatre... Bises ma Cat
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C
commence par les petites nouvelles de Kawabata. Tu peux les acheter à l'unité, sans prendre le gros recueil en livre de poche.je suis entrain de lire un guillaume musso, et euh ... oulo ... enfin bonbisous bisous Dragonne
M
bonsoir mon padawan, qui, je le savais, serait attiré par les chênes dénudés!!!<br /> :0010:
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C
ce matin, j'ai photographié des arbres nus sous le beau ciel bleu glacial de l'hiver :Dbisous :0010:
A
Très belle chronique de ce livre, au regard de ta lecture, très fouillée, complète, spatiale, je rêve qu'un jour tu chroniques pour d'autres, même si je sais les contraintes que ça entraînent... Eisuke selon ton analyse est sûrement, oui, dans l'état d'esprit de celui qui à la fois revient sur sa vie, et en y revenant s'aperçoit sans doute de la valeur des choses et des êtres avec lesquels il a toujours eu une distance volontaire ou involontaire... C'est sans doute aussi une interrogation sur ce qui nous façonne dans la vie, parfois à l'insu de notre plein gré, si j'ose dire, et qui conforte que nous ne sommes jamais vraiment totalement maître de notre destin... Un petit grain de sable, et le rouage de la vie peut continuer sa marche autrement, juqu'au jour où la machine se grippe, et où alors on se demande pourquoi. Baisers reconnaissants.
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C
si nous ne sommes pas responsables des événements qui traversent notre vie, je pense qu'en revanche nous sommes responsables de la manière dont nous les abordons ... savoir / pouvoir être honnête avec soi ... enfin la vie est parfois compliquée.je doute de chroniquer un jour ailleurs qu'ici, ... d'abord parce que je ne sais pas faire l'économie de mes mots ... ensuite mes lectures sont trop personnelles pour convenir ... bisous
J
Le couple gémellaire est une situation qui m’intrigue. Je me demande si dans un tel couple, il peut y avoir une place pour une femme : ce qui appuierait le fait qu’Eisuke ne parle jamais de sa femme. La littérature contemporaine est débordante d'amours gémellaires, d’incestes entre frères et sœurs jumeaux. Amours d’exception ou amours excessives ? Je n’ai pas de réponse. J’ai beaucoup apprécié ton questionnement sur le personnage d’Eisuke : tu le trouves «attachant». Ce terme, je l’aime beaucoup, car il interroge énormément la relation - vis-à-vis d’un personnage ou d’une personne réelle. La complexité dont tu parles est, pour moi, un élément qui rend un autre « attachant ».Une citation à propos de la gémellité par Michel Tournier : L’auteur dans son roman "Les météores" semble établir une analogie entre homosexualité et gémellité : l'homosexualité serait une contrefaçon sans pareil de la gémellité permettant de la comprendre, de la percer à jour : « Ces deux systèmes inflexibles - le gémellaire et le féminin - n'avaient aucune chance de s'ajuster l'un à l'autre. Si l'on veut des mœurs souples, novatrices, fureteuses, c'est de certains hommes sans pareil qu'il faut les attendre. Notre père Edouard par exemple aurait peut-être été disposé à tenter des expériences - et d'ailleurs qu'est-ce que l'adultère sinon une certaine ouverture ? - dans des limites, il est vrai, assez timides. Mais je songe surtout à son frère Alexandre, notre oncle scandaleux, dont toute la vie n'a été qu'une quête amoureuse qui s'est achevée superbement dans les docks de Casablanca. Celui-là, je ne me consolerai jamais d'avoir manqué sa rencontre, son amitié – parce que c'était quelqu'un, et puis il se trouvait à la distance idéale du sans-pareil et des jumeaux pour voir et être vu, entendre et être entendu. Son homosexualité – contrefaçon sans-pareil de la gémellité – aurait pu nous apporter des lumières précieuses, une médiation irremplaçable pour percer le mystère aussi bien gémellaire que sans-pareil. » (Michel Tournier, Les Météores, Folio, page 416)
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C
la citation est très touchante ...mon oncle et ma tante sont jumeaux, mais deux oeufs disctincts ... je pense que la gemelité fait partie de ces relations / sentiment / expériences dont on ne peut avoir réellement accès que lorsqu'on le vit soi même ...Eisuke est attachant ... parce qu'on sent tout au long de la lecture qu'il n'est pas aussi lisse que sa vie le montre ... on sent la blessure intime de l'enfance dont il n'a conscience, dont il ne prend finalement conscience qu'au moment de l'apparition de cette boule ... boule qui le renvoie à celle là même de son oncle qu'il n'aime pas ... qu'il fuit même ...