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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 00:56

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Le film :

Jean Lavandier travaille avec ses parents, dans la blanchisserie familiale. Ce sont les années de guerre et d'occupation allemande à Paris. Son frère, Jacques est en prison pour avoir traffiquer. Un soir, alors que Jean se rend chez Philippe, son amoureux depuis 4 ans, il se trouve nez à nez avec Sarah, sa tendre amie. Celle-ci est juive, toute sa famille a été tuée sous ses yeux.
Jean sait que Sarah l'aime, et celle-ci connaît son homosexualité. Sarah devient donc Yvonne grâce à Philippe.
Jacques sort de prison, tombe amoureux d'Yvonne. Devant son indifférence, il se venge, et demande à un de ses "contacts" que son frère, Jean soit arrêté pour acte de résistance, mais relâché dès le lendemain. C'était sans compter que Jean était fiché pour avoir dansé dans une "boite" homosexuelle avec un officier allemand.


Ce que j'en ai pensé :


Au premier abord, tout semble simple malgré l'occupation. Le régime de Vichy a capitulé devant l'Allemagne nazi, et la France se plie donc aux règles de cette dernière. Pour ceux qui sont du côté de Pétain, la vie a repris son cours. A côté, nous savons que d'autres faisaient de la résistance, chacun à sa manière. Deux camps qui s'affrontent. Je n'en suis pas sûre. 20 ans que je lis, que je vois, que j'entends des histoires, des véritables histoires sur cette honte humaine et je ne suis pas sûre que tout soit aussi simple que "deux camps s'affrontent". Les Lavandiers ont continué leur commerce de blanchisseur. Peu importe le client, juif, nazi ... peu importe. Le travail, la respectabilité. Laver le linge de l'occupant (je ne dis pas l'ennemi puisque Lavandier père accepte ce que Pétain a décidé, il se plie à celui qui est à la tête du pays), faire son travail, gagner sa vie. Les Lavandier ne vivent que dans l'idée d'une certaine respectabilité. Comme ce fut beaucoup le cas. Les apparences sont primordiales. Ne croyez pas que tout soit si simple, si différent de nos jours. Aujourd'hui, malgré ce que nous savons, il arriverait la même chose, j'en suis convaincue. Les gens ne tirent aucune leçon de leurs erreurs, pire, ils persistent et signent. Pire encore, ils légitimisent leurs actes. La vie continue, c'est le mot d'ordre. Alors pour les Lavandier, la vie a continué malgré la guerre, malgré ce que l'on faisait aux juifs. Chacun avait sa vie à vivre loin de ses horreurs. Le fils cadet, Jacques a purgé un an de prison pour avoir trafficoté. Le fils ainé est un bon fils qui aide ses parents, qui aime son frère, qui vit sa vie, et surtout sa différence.

La guerre est forcément la toile de fond de ce téléfilm. Le but étant de montrer qu'il n'y a pas que les juifs qui furent persécutés, il y eut aussi les malades mentaux, les gens de couleur et les homosexuels.

L'amour tient la place centrale de ce téléfilm. Il en est le leitmotiv. D'abord l'amour de sa fraterie, puis l'amour qu'il porte à Sarah, qu'il aime, pas comme une soeur, non mais, comme la femme qu'elle est, juste pour ce qu'elle est, dans le respect de ce qu'elle est, de ce qu'il est, et enfin l'amour qu'il porte à Philippe. Son amour depuis 4 ans, son amant résistant.
L'amour des siens n'est pas une chose innée, quoiqu'on en dise. Ce n'est pas une évidence d'aimer ses parents, d'aimer ses enfants. On apprend à se rencontrer, à se découvrir, à accepter nos différences, mais ce n'est pas une évidence. Jean aime ses parents, son frère. Il ne se pose pas de questions. Il vit, il ne juge pas les actes de son frère, il ne juge personne en fait. Sans doute parce que, comme il l'expliquera à son frère, on (le curé) a tant voulu lui faire croire qu'il était perverse dans ses intentions amoureuses, alors qu'il savait que non, que finalement, s'assumer lui, dans son amour pour Philippe lui a permis de dépasser certains jugements de valeur facile.
Jacques aime Jean. Ils sont frères. Mais cela ne peut enlever les rivalités. Les deux frères sont mis "en compétition" par leur père sur qui succédera à la blanchisserie. Le frère cadet se croit devoir prouver qu'il est aussi un bon fils aimant, que lui aussi il peut être capable. On ne sait jamais comment les gens perçoivent les choses. Même si leurs parents sont sûrs de n'avoir fait aucune différence entre leurs fils, même si Jean n'a pas l'impression d'être plus parfait, Jacques, lui, se sent moins bien. Ce sont des choses qui ne s'expliquent pas forcément. C'est, et c'est tout. Aussi, quand Jacques découvre l'homosexualité de son frère, le silence de celui-ci quant à ça, il ne peut s'empêcher de voir là, non pas une occasion, mais plutôt le signe d'une "imperfectude" chez son frère. L'homosexualité était, entendez le, vu comme une tare, une dégénérescence, une déviation. Mais aujourd'hui, il y a encore des gens qui pensent en ces termes. Jacques accepte facilement l'homosexualité de son frère, il aime son frère et c'est tout.
Sarah aime Jean, Jacques aime Sarah, Jean aime Philippe. Si Sarah accepte l'amour que Jean porte à Philippe, et que Philippe accepte aussi l'amour que Sarah porte à Jean, Jacques ne comprend pas que Sarah aime Jean qui lui ne pourra jamais l'aimer "comme un homme". Sarah n'arrive pas à aimer Jacques, parce que les sentiments ne sont pas des choses qui se commandent, qui s'expliquent. C'est là, indépendant de nous, de notre volonté. C'est cet amour qui dépasse Jacques, qui le rend furieux. C'est à cause de cette incompréhension du coeur, des sentiments que Jacques va vouloir montrer qu'il est un homme.

Jacques va vouloir donner une leçon à Sarah, à ses parents. Jacques est une personne en mal d'amour, de reconnaissances. Il m'a fait penser à un petit garçon qui ne sait pas comment attirer l'attention sur lui. Et vous savez ce que font les enfants pour qu'on s'intéresse à eux, et bien, la chose la plus simple du monde, ils font des bêtises. Et Jacques commet bien plus qu'une bêtise en demandant à son "ami" (la personne même à cause de qui il a passé un an en prison) de faire arrêter son frère sous prétexte d'"actes de résistance". Jacques ignore que son frère a été fiché pour homosexualité, ayant qui plus est dansé avec un officier allemand lui même homosexuel (qui finit par se suicider). Jacques n'a aucun conscience de ses actes, il ne voit que ce qui peut arriver de bien, pas le malheur que cela pourrait engendrer. L'ignorance engendre souvent des dégats infinis et irréparables.
Quand Jacques comprend ce qu'il a fait à son frère, le remord, la culpabilité le ronge. Je me suis demandée si ses actes (trafficoter avec les nazis, graisser la pate pour être bien avec eux) étaient vraiment liés à son frère. Je ne doute pas qu'il ait aussi agi pour son frère, mais je ne peux m'empêcher de penser qu'il l'a fait aussi parce que Jacques est un magouilleur de nature. Il ne voit aucun paradoxe à aimer une femme juive dont la famille a été fusillée et à donner les adresses des juifs disparus pour que des personnes sans scrupule viennent les piller. Il ne voit aucun paradoxe dans son comportement, les affaires semblent pour lui n'être que des affaires, rien contre personne, mais prendre l'argent là où il est, pourquoi s'en priver après tout. C'est bien tout le problème de la conscience humaine. Si Jean n'avait pas été son frère ... que serait-il arrivé ?
Sarah a épousé Jacques, lui a donné un fils qu'elle a décidé d'appeler Jean. Elle a vu Jean partir en camps de travaux forcés, elle a vu Philippe se faire assassiner sous ses yeux. Et tout au long de ce qu'elle aura vécu avec Jacques, elle lui aura renvoyé l'image de sa misère humaine.
Jacques n'a jamais avoué qu'il était responsable de la déportation de son frère, que c'est son "irresponsabilité" qui est la cause de tout cela. Il faudra attendre son procès, quand suite à son arrestation, il est jugé pour collaboration avec l'occupant, et sous le témoignage accablant de son "ami" que les Lavandier sauront l'horrible vérité. Jacques ne pourra supporter et mettra fin à ses jours.
Avons nous toujours conscience des conséquences de nos actes. Action - réaction -conséquence ... c'est une loi universelle. Chaque acte entraîne une réaction dont nous ne pouvons pas calculer toutes les conséquences ... On éternue en France, on provoque un tsunami au Japon ...
Je ne jette pas la pierre à Jacques. Il est l'archétype même de l'inconscience, de l'immaturité. J'ai été touché par ce personnage, ce tel besoin d'être aimé, et finalement, de par cette volonté ne réussir qu'à se tromper, qu'à faire du mal aux gens qu'il aime.

Et puis, il y a ce que vit Jean, pendant qu'en France, personne ne l'oublie. Il y a le camp de travaux forcés, dans lequel il est avec un homosexuel alsacien qui porte le triangle inversé rose. Quand tu es homosexuel alsacien, tu es plus bas que tout. Alors qu'ils cassent du cailloux, le jeune homme a bout de force sera mis à nu, recouvert d'un sac de jute et brûlé vif sous l'oeil des autres déportés. Jean ne pouvant supporter cela, attrape la veste avec le triangle rose et l'enfile. Il est alors mollesté, et le commandant du camp décide pour lui d'un sort pire que la mort, il l'envoie à Dachau subir des expériences visant à le remettre coute que coute dans le droit chemin. Jean ne mourra pas dans les camps. Il mourra à Paris, au milieu des siens, avec une mère qui a toujours aimé ses fils, quoiqu'ils aient pu faire, quoiqu'ils aient été, avec un père qui prend toute la conscience de la monstruosité humaine, avec Sarah, qui l'aime, juste parce que c'est lui. Jean a été torturé, lobotomisé.

Nous avons un devoir de mémoire, mais cela ne suffit pas. Nous avons aussi le devoir de faire que cela n'arrive plus. Il y a un moment où il faut arrêter de penser que les différences sont des obstacles alors que ce sont des atouts. Il y a un moment où il faut comprendre que certaines choses n'ont pas d'explications, elles sont et c'est tout. Oublier ce qui est arrivé, oublier ce qu'un homme peut faire à un autre homme, c'est se donner toutes les chances de reproduire ces monstruosités dont seul l'homme a le secret.


Le téléfilm s'achève sur ces quelques lignes :


En France, il a fallu attendre 2001 pour que la déportation homosexuelle soit officiellement reconnue par l'état.
Et pourtant, dès l'arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne en 1933, la déportation des homosexuels a commencé et s'est étendue ensuite aux pays occupés et annexés.
Selon l'United States Holocaust Memorial de Washington, 90 000 à 100 000 homosexuels ont été arrêtés entre 1933 et 1945.
10 000 à 15 000 d'entre eux ont péri dans les camps.

En France, la loi crimininalisant l'homosexualité promulgué en 1942 sous Vichy a été maintenue à la libération. Elle n'a été abrogée qu'en 1981.

A l'école, on fait de la rétention d'informations. Je n'ai pas le souvenir que lors de mes cours d'histoire, un seul de mes professeurs aient fait allusion à la déportation des malades mentaux, des homosexuels, des hommes de couleur. Je me rappelle n'avoir entendu au sein de cette institution, que seuls les juifs et les résistants se retrouvaient déportés ...

Il serait bon, pour tout le monde, que la vérité se sache. Nier ne veut pas dire que cela n'est pas arrivé. Nier, c'est juste faire semblant pour se donner bonne conscience.



Une autre lecture de ce téléfilm chez Jean Yves, cliquez ICI.

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commentaires

zazou 23/02/2008 20:45

J'ai vu le film y'a pas longtemps.Poignant!Et tu as raison de dire que la déportations a touché beaucoup de monde et pas seulement les juifs.Et que le devoir de mémoire, ça ne doit pas se faire ainsi ( Contente d'avoir des CM1 et pas des CM2 moi)La Shoa a été horrible. J'en ai d'ailleurs fait un poème sur mon blog. Mais Sarko l'instrumentalise hideusement.

Catgirl 23/02/2008 21:15

tout à fait, des coups politiques ... il se croit au dessus de la constitution, au lieu d'en être le garant, chaque jour il nous apporte la preuve de ses dérives ...cet homme est dangereux ...

sieglind la dragonne 16/02/2008 10:23

Pas vu ça, il faut dire que j'allume rarement le téléviseur en ce moment... Un devoir de mémoire qui concerne tous les dossiers de l'Histoire un peu "chauds" comme on dit...Bises ma Cat et bonne journée

Catgirl 16/02/2008 18:14

oui mais un devoir de mémoire constructif et non culpabilisantnous n'avons pas à porter le poids des maux de nos ancètres, par contre nous avons le devoir de savoir, de comprendre, et de ne pas reproduirebisous

Rava 15/02/2008 22:40

L’obligation du devoir de mémoire est une bêtise sans nom et qui ne peut que desservir la cause, d’ailleurs Simone Veil ne s’y est pas trompé en réagissant violemment.Je pense que Sarko a dit une stupidité, comme il en dit beaucoup, c’est dans son tempérament…Je lui conseillerais de faire du yoga pour pouvoir se maîtriser un peu, ça lui ferais le plus grand bien, a nous aussi. Dans le genre ânerie, il y a son entretien avec Michel Onfray dont voici un extrait. C’était avant les élections, et ça donnait déjà une idée du psychisme de celui qui allait nous gouverner… « Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate «  Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne ! » …..…..Et le reste de l’entretien est a l’avenant… Pour le film, la télé la diffusé à une heure de grande écoute, c’est une bonne chose. J’attends maintenant qu’elle fasse la même chose avec les tziganes…

Catgirl 16/02/2008 06:47

j'ai un ami avec qui avant les élections, nous avions des discussions particulièrement enflammées a propos de sarko ... quand ce dernier a été élu, ni moi ni lui n'avons fait de commentaires ... le temps passe et ni moi ni lui ne faisons de commentaires ... lui pour se désavouer ... et moi pour ne pas enfoncer le clou ... ça sert à rien de lui regarde, je te l'avais dit ... il le voit seul ...et pourtant Socrate avait bien raison, car comment avoir accès aux autres si l'on n'est pas capable d'avoir accès à soi ... et c'est bien parce qu'il trouve cette phrase absurde qu'il est dans l'incapacité de penser à nous ... comme dirait un député, il est arrivé à un tel degré d'égocentrisme, qu'il ne sait plus ne pas parler de lui ... il ne parle que de lui ...la france ne l'intéresse pas ne la jamais intéréssée ... la preuve par les actes ... doit on dire merci ... je ne crois pas ... dans ma boite, pour augmenter le pouvoir d'achat, on ne paye pas les heures supp (et ben non hein) ... non on ne fait pas ça, par contre, conformément à l'idée du gouvernement, on débloque par anticipation les participations salariales ... avant pour le faire, on devait être enceinte, acheter une maison, ou être au chomage ...même l'épargne salarial, on va la voler aux travailleurs ...bref, le devoir de mémoire ne passera pas par des obligations ... je suis révoltée par le nombre de conneries que ce mec peut sortir ... une mesure choque et n'importe quoi ... comme ça pendant qu'on parle de ça, on ne parle plus du reste ... on oublie .... que ... les caisses de l'état sont vides parce que maintenant qu'il a fait des cadeaux fiscaux à ses amis les riches, y'a plus rien pour les autres ... soit tous les autres .... 90% de la population ... enfin que peut on attendre d'un mec qui place le sport dans la catégorie culture ...

frederic 15/02/2008 22:24

pour rebondir sur ton comm au dessus, Cat, c'est le senat qui va approuver et decider de ce qu'il faut dire et faire à l'ecole, pour nos gentil CM2...Les instits vont devenir des executants surveillés dans un coin de la classe par une webcam reliée à des politiques incompétents.

Catgirl 16/02/2008 06:54

ça me dégoute tout ça ... profondément ...tout comme imposer la lettre de moquet ... cela va à l'encontre de ce que demande le système scolaire ... la lettre de moquet en collaboration (oups le vilain mot) entre le prof de français et le prof d'histoire dans une étude en troisième, ça prend tout son sens ... mais lire la lettre en une fois, devant des centaines d'élèves ... la plupart dorment, sans foutent ... intéret aucun ...et là, pareil, je ne vois pas l'intéret de ça .. et puis, je me dis, un enfant qui vit une situation familiale difficile, un enfant battu, violé, un enfant fragile, qu'est ce qu'il en a à foutre d'un enfant mort (quelqu'il soit), lui il veut qu'on s'occupe de lui, personne s'occupe de ses souffrances alors que lui il est bien vivant, et lui il devrait s'occuper d'un mort ... quant à ce qu'a dit madame veil, j'approuve, cette imposition risque de déclencher des haines de toutes sortes ... religieuses ... relever des haines ... réactiver des haines ...le devoir de mémoire à l'école, serait déjà de dire la vérité sur cette guerre ... une amie est sanctionnée, car dans ces cours d'histoire elle a osé montrer des films sur hitler filmé de l'intérieur, ce n'est pas au programme, c'est même interdit ... osé dire la vérité ... les français sont des humains, ils ont pour la plus part laisser faire, ils ont fermé les yeux ... ils se sont comporter comme des humains qu'ils sont ... et aujourd'hui, si nous revivions une telle situation, tout arriverait pareil ... tout ... j'en suis convaincue ... en fait non, tout n'arriverait pas pareil ... tout arriverait en pire ...

Ano 15/02/2008 21:50

Je n'ai pas vu ce film, mais tu me donnes envie de la voir... Cette histoire d'amour semble aussi chargée d'Histoire, de symboles, de messages... Sans doute les six dernières lignes de ton texte doivent retenir toute l'attention des lectrices et des lecteurs, plus on communiquera avec finesse et efficacité sur tous ces massacres et sur la folie humaine mieux ce sera : l'homme est un loup pour l'homme aussi. Baisers.

Catgirl 15/02/2008 22:04

oui, une histoire de gens qui s'aiment.baisers

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