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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 00:42
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Le film :

Azur et Asmar sont élevés ensemble en France, par la mère de Asmar. Elle est la nourrice d'Azur, dont le père est un homme riche. Mais très vite, les deux enfants se querellent comme deux frères, seule la jeune femme arabe parvenant à les maitriser. Un jour, le d'Azur estime que ce dernier ne doit plus fréquenter Asmar qui aurait une mauvaise influence. Il envoie donc son fils en pension, et renvoie sans ménagement et sans un sous Asmar et sa maman.
Les années passent. Azur s'est plié à la volonté de son père, mais quand ses études s'achèvent et que ce dernier lui demande ce qu'il veut faire maintenant, Azur répond qu'il veut aller délivrer la fée des Djins, dans le pays de l'autre côté de la mer. Il s'embarque alors pour traverser la Méditerranéé, fait naufrage. Il se retrouve confronter à une première vision du pays de sa nourrice, qui n'a rien d'angélique. De plus, ses yeux bleus, à cause d'une croyance, font de lui un maudit. Il décide donc de jouer les aveugles. Cela l'oblige à développer ses autres sens. En compagnie de Crapaud, il parvient au village de sa nourrice, qu'il retrouve. Azur apprend que Asmar part aussi délivrer la fée des djins.


Ce que j'en ai pensé :

D'abord le graphisme. J'ai beaucoup aimé. Si les jeunes garçons sont très "dessinés", la nourrice a un coté très réaliste. Cela m'a ramené à certains dessins animés de mon enfance, et par moment, les ombres chinoises m'ont renvoyée aux petits courts métrages de dessins en ombre chinoise que j'aimais beaucoup.

L'histoire est intéressante sur de nombreux points.

Le riche blanc qui emploie la pauvre arabe et finit par la renvoyer sans ménagement alors qu'elle a élevé le jeune Azur comme elle a élevé son propre fils. On voit ici la critique d'un certain monde, qui se croît supérieur parce qu'il a de l'argent, parce qu'il est blanc, parce qu'il appartient à une caste supérieure. Aujourd'hui, malheureusement, ce cas de figure est toujours existant, il y a encore des gens qui se croient supérieur par leur naissance, leur couleur de peau, leur compte en banque.
La leçon a en tiré, c'est que l'enfant qu'est Azur va vers les personnes qui l'aiment, qui lui donnent de la tendresse. Azur se rebelle contre son père, il n'hésite pas à lui qu'il va retrouver ceux que ce dernier a chassé sans ménagement, sans rien.

La nourrice élève les deux enfants selon ce qu'ils sont. Elle apprend à Azur et Asmar la langue de l'autre, elle raconte l'histoire de la fée des djins, mais ce qu'elle apprend de la culture de son pays, elle le transpose sur la culture du pays de Azur. Elle explique que les djins sont les elfes en occident. Elle a un vrai rôle d'adulte qui éduque non seulement les valeurs humaines mais aussi la culture, et pas seulement la sienne. Par contre, elle ne s'approprie pas le rôle de maman pour Azur, la scène où elle leur apprend à parler est révélatrice, elle apprend à Azur "nourrice" et à Asmar "maman". Non pas qu'elle ne peut considérer Azur comme son fils, puisque lorsqu'ils se retrouvent, elle l'appellent son fils de l'autre côté de la mer, mais lui, il doit savoir qu'elle n'est pas sa mère.

La découverte d'un pays différent dans sa culture, dans son paysage, dans son tout. Azur, quand il se retrouve échoué sur les côtes maghrébines, reconnaît la langue de sa nourrice, mais il est surpris de ce qu'il découvre. Il n'y voit que laideur, pauvreté, et peur. Cependant, Azur choisit de s'accoutumer à ce pays et de le découvrir avant de le condamner. Quand il comprend que ses yeux bleux sont une malédiction, que les gens le pensent maudits à cause de la couleur des ses yeux, il choisit de garder les yeux fermés, se faisant passer pour aveugle. C'est tout un symbole en même temps. En fermant les yeux, il découvre un pays avec autre chose que la peur de ce qui n'est vu qu'avec les yeux, il découvre avec les odeurs, les sons, les sensations tactiles, il découvre avec le coeur.
Au long de son chemin vers le village de sa nourrice, il est accompagné par un occidental du nom de Crapaud. Ce personnage est un filou. Il n'a de cesse de comparer ce qui existe en occident et qu'il n'y a pas ici. Plutôt que de s'enrichir de cette culture autre, il la démolit. Mais pourquoi continue-t-il à vivre depuis 20 ans ? Peut-être parce qu'il n'ose avouer que, finalement, il aime ce pays si différent du sien.

Azur va retrouver sa nourrice en reconnaissant sa voix. La nourrice chassée a réussi sa vie. Elle s'est mariée à un marchand, a fait fortune et est devenue un personnage important du village. Elle connaît les personnes intelligentes et haut placées dans le village, comme le sage et la princesse.
Azur doit prouver qu'il est bien l'enfant qu'elle a élevé. Elle le reconnaît comme son autre fils, ils se racontent leur vie. Elle continue à ne pas faire de différences avec Asmar. Elle a gardé sa sagesse.
Quand Azur et Asmar se trouvent confronter, on sent toute la colère de Asmar à l'encontre de Azur. La nourrice explique que la colère de son fils est dû à la manière dont ils ont été chassés, mais que tous les gens de l'autre côté de la mer ne sont pas comme le père d'Azur, et que ce dernier en est la preuve. La colère est d'Asmar est légitime, mais il doit apprendre à faire la part des choses.
Tout comme dans leur enfance, la nourrice tamponne entre les deux jeunes hommes.

Toute la relation qui les lie, va se révèler dans l'aventure de la délivrance de la fée des Djins. Au début, ils s'entre-aident, mais ils finissent par se séparer. Pourtant, ils vont de nouveaux s'allier contre l'ennemi, puis dans les épreuves pour arriver jusqu'à la fée de Djins. Asmar va sauver la vie de Azur au détriment de sa vie, mais Azur va demander à la fée de rendre la vie à Asmar. Les deux jeunes hommes sont profondément liés. L'épreuve de la fée des Djins est une preuve que malgré leur différence physique, malgré leur culture d'origine différente, les lois du coeur sont plus fortes, parce qu'ils sont comme ils ont été élevés, loin de croyances et de superstitions stupides, mais ils ont été élevés dans l'amour des cultures différentes.

A la fin, il s'agit de savoir qui va épouser la fée des djins, seulement la fée ne sait qui choisir, et ils ont beaux faire venir des personnes "sages" personne ne sait départager Azur et Asmar. Finalement, la fée fait venir la fée des elfes ... chacunes dansent avec Azur et Asmar, et en se découvrant, Azur finit par choisir la fée des Djins et Asmar la fée des Elfes. Le métissage est l'avenir de l'humanité, il va enrichir par le mélange des cultures, et c'est sûrement la solution à la tolérance.

Un très beau dessin animé, simple, mais remplis de symboliques en tout genre.
J'ai beaucoup aimé.


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commentaires

sieglind la dragonne 25/02/2008 07:11

Pas vu. Pour les yeux bleus, ils ont la même croyance en Turquie (d'où la babiole qu'on trouve partout en verre bleu et représentant un oeil, elle est censée renvoyé le mauvais sort (ou le mauvais oeil, d'où l'expression hé, hé)Bises ma belle

Catgirl 25/02/2008 08:30

oki, je savais pas, comme quoi les croyances et autre superstition grrrrbisous bisous

:0095: Maître Po 24/02/2008 15:49

Quelle idée de raconter la fin ! Moi qui adore voir les films de suspense, mon plaisir est gâché ;-Þ

Catgirl 24/02/2008 16:35

t'es rien qu'un moqueur :p

frederic 23/02/2008 19:42

J'ai savouré ce film avec mes enfants plus d'une fois. Les couleurs et le graphisme, l'histoire, d'une moralité sans faille, mais aussi les voix, les chansons. D'une grande Poésie.

Catgirl 23/02/2008 20:03

j'ai vraiment beaucoup aimé aussi. Un film d'animation qui n'a rien d'enfantin.

:0010: Handi@dy :0079: 23/02/2008 12:32

J'ai, pour ma part, découvert le dessin animé sur canal, à mon retour des 4 mois d'hosto, pour les fêtes. Superbe graphisme, je suis d'acccord, couleurs très belles. Et la leçon qui s'en dégage... Tout ce que j'aime. Bravo pour ton récit! :0010: ma grande et bon samedi!

Catgirl 23/02/2008 15:37

merchi Ady :0010: bon samedi à toi aussi :0010:

Jean-Yves 23/02/2008 10:44

Et comment le père d'Azur prend-il le mariage de son fils ? Je souhaite que ce film ait participé à la compréhension du rôle apaisant du métissage. Pas seulement d’ailleurs puisque d’autres thématiques très actuelles interviennent aussi : notamment sur la filiation (la biologique n’entraîne pas l’affective), sur le rôle des oiseaux de mauvaise augure (cf. le Crapaud dont la cupidité [?] l’empêche de se nourrir de l’apport des autres).

Catgirl 23/02/2008 15:42

le père d'Azur ne compte plus à partir du moment où celui-ci a décidé de partir après ses études. Ce qui compte c'est le trio Azur / Asmar / et la mère de ce dernier.Toi et moi, on sait bien que la filiation affective peut etre tout aussi importante que biologique voire plus. Je n'ai pas beaucoup parlé de "crapaud", à tort, merci de me le faire remarquer. Cet homme est venu 20 ans auparavant, lui aussi sauver la fée des djins. Malheureusement, tout comme Azur, il a les yeux bleus, signe de malédiction dans le pays d'Asmar. Il n'a pu que se cacher derrière de grosses lunettes. Bien qu'il passe son temps à critiquer sans cesse ce pays qui n'a rien de ce qu'il y a de l'autre côté de la mer, on sent qu'il l'aime. C'est un peu un coeur blessé qui se cacher derrière la filouterie. A la fin, après avoir aidé Azur, il deviendra aussi l'ami de la nourrice.Bisous

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