Dimanche 2 mars 2008
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Le livre :

Un jour, pour Chistian Vidal, il s'est agit de partir, partir en Asie. De sa décision au séjour lui-même, des mots couchés comme des évidences, comme des conclusions sur sa vie, sur lui-même, sur ce qu'il est.

Ce que j'en ai pensé :

En faisant le synopsis du livre, je me suis rendue compte que ce n'est pas simple de dire de quoi parle ce carnet d'Asie. Le quatrième de couverture parle d'un voyage initiatique, mais est-ce le bon terme ? Ce serait plus un pas vers lui-même, le premier pas vers ce qu'il est réellement, et toute la difficulté d'être dans une société occidentale, européenne où l'on met des gens dans des cases sans imaginer que certains d'entre nous sont inclassables, incasables. Ce serait le livre d'une rencontre avec une civilisation où tout serait possible pour lui, surtout être enfin lui, avoir le droit d'être lui.

J'ai vécu cette expérience, je connais la sensation de Christian Vidal. Il rêvait d'Asie, il a eu la sensation d'y trouver une maison. Et c'est ce qui arrive à qui se cherche, à qui cherche à sortir de la case dans laquelle on l'a mis. Le choix d'aller dans un pays, loin de son quotidien, loin de ses chaines, et d'y trouver un autre ailleurs, différent, parce que c'est la différence qui nous donne accès à notre propre différence. Pour lui, ce fut l'Asie, pour moi, ce fut le Canada. Mais, un voyage ne suffit pas, il en fallut un second, puis un troisième pour être sûre de qui j'étais au fond de moi, et de ce que je n'arrivais pas à être ici, chez nous.
Même si chacun est différent, même si les rêves et les espérances sont différentes, je sais qu'il faudra d'autres voyages en Asie à Christian Vidal pour accéder à lui, et un jour, il comprendra qu'il peut aussi être lui, chez lui, à Taurize, Toulouse. Ce jour-là, il saura qu'il pourra être lui, pas seulement en Chine, mais partout. Ce premier pas vers les chinois est un premier pas vers lui.

Je connais un certain côté de Christian Vidal. Nous ne sommes pas ami, même pas "copain". Il y a un hic entre lui et moi. Nous sommes pourtant liés par quelqu'un d'incroyable et de formidable. Sans Jean-Yves, je n'aurais pas lu Carnet d'Asie. Ce ne fut pas facile de dépasser mes appréhensions. Qu'allais-je faire si je n'aimais pas ? Pas par rapport à Christian Vidal, mais par rapport à Mon Jean-Yves. Je n'ai pas ouvert le livre de suite, mais je m'étais promis qu'il serait le prochain que je lirais. J'avais peur de retrouver dans ce livre, ce que je n'aime pas de C. V. J'ai été rassurée par la première page, et aussi rassurée au détour de certaines phrases de retrouver ce C. V. que je n'aime pas.

Un livre simple, vous savez, un livre loin d'un Musso ou d'un Levy. Un vrai livre, un petit livre, mais un vrai livre, où l'auteur a respecté son lecteur, où il évoque des auteures, des films, des choses que l'on connaît, il fait appel à nos connaissances, à notre vécu aussi.

Je garderai "trumain", qui m'a fait penser à truisme, mais dont je ne suis pas sûre d'avoir compris la signification. Il faudrait que C.V. vienne nous expliquer ici, ce qu'il entend par "trumain". Et je garderai aussi "Les raisins de la misère" qui faisait échos dans ma tête Aux raisins de la colère. Car Carnet d'Asie, c'est aussi, un livre sur ses origines, sur les vignes de la misère, du travail ingrat de la terre, de la dureté de la vie.

Un livre qui ne vous fera pas de mal, qui vous rappelera peut-être que vous aussi, un jour vous avez oser quelque chose dont on ne vous croyait pas capable, un jour où vous avez oser faire un premier pas vers vous, vers votre histoire.

Citations :

    - C'est l'histoire d'un enfant curieux à qui l'on a donné le goût du voyage et à qui on a voulu le faire perdre en le plongeant dans l'oubli de soi.

    - Je suis un buvard. Tout s'imprègne en moi, le voyage est enraciné dans mes entrailles, dans ma chair, dans mon sang d'Européen. Je bois tout, avec violence, sensualité, amour, rage, érotisme et pleurs.

    - L'essentiel est à l'intérieur de soi, le reste n'a aucune espèce d'importance.

    - J'étais dans l'avion pour Pékin et j'étais à côté d'une belle et jeune femme, blonde, et très belle. Elle ressemblait à la fille de Deneuve. Avant, juste avant elle, il y avait le Chinois qui me parlait espagnol. Et alors, je me souviens de cette sensualité de nos corps qui se frôlaient délicatement, et je me disais que je pourrais partager avec elle, l'espace du vol, un petit amour imaginaire. Je volais sa vie. J'aimais sa voix, aussi ! Douce, sa voix de jeune femme en fleur. Sensuelle, érotique ! Et j'ai rêvé, l'espace de dix heures, que je lui faisais l'amour dans les airs ... Et alors, je me suis dit que je n'étais pas si homo que ça ...

    - Je me rends compte de la distance qui s'est installée, immense et bien plus lourde que ce long voyage vers ce pays continent ! Est-elle inévitable ? Est-elle un cap à passer ? Inéluctable ? Un continent nous sépare, celui de la "trumanité", tout simplement !

    - Ce rêve-là, celui de notre frère Icare, les hommes ne l'abandonneront jamais, toujours ils voudront voler ! Moi, j'ai transgressé vers l'Asie, vers la Mogolie ! Vous savez ? Là-bas, un peu plus haut dans mes maux. J'ai préféré cela au reste, au rien !

    - J'ai cru longtemps, inconsciemment, que l'homosexualité était ma trangression. Aujourd'hui, je peux dire qu'il n'en est rien, que je me trompais.


Un autre regard sur Carnet d'Asie, chez Jean-Yves.
Le site de Christian Vidal.

Par Catgirl - Publié dans : Chronique de mes lectures - Communauté : Chronique de nos lectures
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