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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 17:04

Sobibor, où quand une jeune fille anorexique se trouve confontée au passé nazi de son grand-père, le secret de la famille qui n'avait jamais filtré.


A lire, les citations du livre


L’anorexie :

 Emma est anorexique. Cela n’a rien à voir avec sa découverte du journal de Jacques Desroches, il est important de le souligner. Il n’y a pas de rapport entre le trouble du comportement alimentaire de Emma, et la folie nazi au sein de sa propre famille ; en faire l’amalgame serait une lourde erreur.  L'anorexie de Emma n'a pas pour origine la découverte de ce secret, mais par contre, Emma va se servir de son corps famélique pour confronter son grand père à son passé de nazi.

 Emma est une jeune fille qui a eu du mal à passer de l’enfance à l’adolescence dans son rapport à son corps, comme c’est le cas pour beaucoup de personnes. Quelques rondeurs. Un petit ami depuis plus d’un an. Des rapports sans communication avec ses parents. Une question. Une réponse. Et soudain, la spirale infernale. Un petit régime et cette impression, pourtant d’avoir toujours des kilos en trop. L’inconscience de cette spirale. Et un jour, constater, impuissante, du mal qui a été fait. Le corps aux os saillants. Se remplir pour combler un vide. Se vider du dégoût de ce remplissage.

Emma ne parle pas avec ses parents. Ou bien ses parents ne parlent pas avec elle. Un père médecin, impuissant devant ce qu’il voit. Ne pas osez demander, ne pas osez mettre des mots. Parce que souvent quand on ne sait pas nommer quelque chose, c’est comme si cela n’existait pas vraiment. Etre dans le déni, l’incapacité à voir le drame qui se déroule sous ses yeux. Une mère craintive, complètement dépassée, qui, elle aussi, choisit de se taire, car admettre ne lui est pas supportable.

 Une seule personne en qui avoir confiance, Mamouchka … jusqu’à la découverte du journal après la mort de celle-ci … et le choix … mourir ou se battre.

Et l’entourage qui s’éloigne, qu’elle éloigne. La marginalisation. Le bannissement.

La découverte du journal de Jacques Desroches va agir, sur Emma, comme une révélation, un électrochoc. D’abord vouloir mourir devant l’horreur. Réaction de défense. Puis oser affronter le coupable, le responsable. Et se libérer. Une libération par l’acte.

 L’anorexie est un véritable problème de société, tout comme la boulimie. Contrairement aux idées reçues, cette maladie du comportement alimentaire ne touche pas que les femmes ou jeune fille, elle touche aussi les hommes. Son déclenchement est dû à de profonds problèmes psychologies souvent liés à l’acceptation de soi et de son image dans une société élitiste où l’apparence prime souvent sur le reste, à trouver sa place dans l’histoire familiale, à faire de celle-ci, la sienne.

 

Pour en savoir plus sur l’anorexie, cliquez ICI.

 

L’histoire familiale :

Ce que nous savons de notre famille, c’est ce que nos parents, oncles, tantes, grands-parents, cousins, cousines nous en racontent. Il nous appartient de croire ce qui nous en est dit. Nous savons cependant que les non-dits sont le lot de toutes les familles, et que rien n’est jamais aussi lisse et aussi parfait que l’on veut bien nous le faire croire.

 Ici, trois générations. La deuxième est quasi inexistante. Les parents de Emma sont au sein de cette histoire, de l’histoire d’Emma et de ses grands-parents, des personnes pris en otage, presque des innocents de bon cœur.

D’un côté, nous avons Emma, petite fille aimante, vouant à sa grand-mère Mamouchka, une admiration sans nom. Celle-ci représente pour la jeune fille, ce que sa propre mère n’arrive pas à être avec elle. Une adulte complice, confidente, patiente. Le grand-père est, lui aussi, à ce moment de l’histoire, quasi inexistant. D’ailleurs, Jean Molla, dans sa manière d’écrire ce roman, nous le montre comme l’étranger qu’il va se révéler être.

Mamouchka se meurt d’une tumeur cérébrale. Alors qu’Emma passe la nuit avec elle, sa grand-mère se met à parler dans son sommeil, d’une certaine Eva, d’un certain Jacques et prononce un nom étrange : Sobibor. La  jeune fille n’hésite pas à interroger sa grand-mère sur ces personnes et ce nom étrange, qui ne lui sont pas familiers. La réponse évasive, biaisée de celle en qui elle voue une confiance absolue, la laisse meurtrie. Instinctivement, elle comprend que sa grand-mère a un secret. Là aussi, il est bon de souligner, le rôle prédominant que Jean Molla donne à cette grand-mère. Il la rend porteuse du secret, mais il lui donne aussi le mauvais rôle, celui du messager, qui, au final, par son silence, par son acceptation, se révèle aux yeux du monde aussi coupable, que le véritable coupable.

 Souvent, ce sont des découvertes à la mort des gens qui nous sont proches que nous apprenons certaines vérités. Quand le temps de faire le tri dans les affaires est arrivé, il n’y a pas que de beaux objets, que des choses aux valeurs sentimentales que nous nous prenons dans la figure, il y a aussi le moins beau, ce que nous ignorions, ce que les morts avaient préféré taire.

 Ici, le secret de famille, puisque c’est de cela dont il s’agit, tient en un journal, celui de Jacques Desroches. Un objet banal, au premier abord, sans importance, sans valeur. Et pourtant, Emma, toujours par instinct, décide de cacher sa découverte fortuite.

En le découvrant au travers de sa lecture, elle se met à entrevoir un côté de sa grand-mère qu’elle ignorait. Emma commence à prendre son grand-père en pitié, jetant sur Mamouchka, un regard sombre et écoeuré.

Pourtant, le journal seul dans sa lecture ne révèle pas le secret. Il fallut qu’Emma découvrit que la couverture cachait deux photos. L’une de la fameuse Eva à qui elle ressemble. L’autre de ce Jacques Desroches, amant de sa grand-mère.

 Le choix d’Emma de parler de sa découverte est essentiel dans sa guérison, et aussi dans son estime d’elle-même. Taire ce secret eut été se rendre coupable de ses grands-parents. Elle agit en adulte responsable, ne voulant prendre personne en traître. Emma va prendre conseil auprès d’un tiers, histoire de rassembler ses idées et de se donner sans doute du courage quant à son bon droit sur les révélations qu’elle va faire, non seulement au sein de sa propre famille, mais aussi au monde. Ensuite, elle affronte l’unique survivant de ce secret, son grand-père, scène très difficile et essentiel dans ce roman. Ce qui suivra cette confrontation n’enlèvera nullement la détermination d’Emma à faire savoir ce secret.

 Un secret de famille peut détruire celle-ci. Certains préfèreront le silence, choisissant de faire comme s’ils ne savaient rien. D’autres, couperont les ponts avec leur famille, et choisiront pourtant de se taire. Et d’autres encore, choisiront de parler, parce qu’il le faut, pour eux, pour les autres, pour cesser de vivre dans le mensonge.

 

 A venir, Le nazisme dans Sobibor.

A lire aussi Un Secret de Philippe Grimbert.

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commentaires

anonymouss 07/03/2017 11:44

nous venons de faire revivre ce site qui n'a pas été visité depuis 1930 bisous bisous mes cheries

anonymouss 07/03/2017 11:42

keur♥ keur♥ keur♥

rene 02/04/2008 04:07

il y des statues un peu partout dans la ville
qing et rene

Catgirl 02/04/2008 06:42


oki, c'est exceptionnel, chez moi, à part quelques statues par ci par là, c'est rare

bisous


neinei 02/04/2008 02:52

il y a 4000 ans, donc ce nom est fort repandu
bonne journee bisous
qing et rene

Catgirl 02/04/2008 06:41


oui sans doute
merci vous deux

bisous bisous


:0091: lili Flore :0010: 01/04/2008 23:55

comme toujours j'aime beaucoup tes analyses, claires et objectives. Ce doit-être assez dur à lire un tel livre.Bonne fin de soirée bigs bisous du soir

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