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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 00:51
L'or et la boue, de Christophe Lambert.

Le livre :
Nous sommes en décembre 1914, Casimir se retrouve dans les tranchées proches de Verdun. Il est l'assistant télégraphique de Martin. Ces deux-là sont chargés d'établir des lignes entre l'avant du front et l'arrière pour permettre les communication. Martin  et Casimir se lient très vite d'amitié. Chacun cherche un moyen de s'évader mentalement de cette guerre. Pour Casimir et Martin, ce sera de trouver le trésor de Nyctalope.

Ce que j'en ai pensé :
 Ce livre appartient à la collection "Les romans de la mémoire", chez Nathan. Basé sur des informations historiques et rigoureuses, grâce aux archives du Ministère de la Défense, les livres de cette collection ont pour but de donner accès à des pans de notre histoire aux plus jeunes, dans des mots qui leur sont accessibles. Destinés aux collégiens, ils lient littérature et histoire.

Le livre commence sur ces mots : Comme beaucoup de garçons, j'avais joué à la guerre lorsque j'étais enfant. Mais le jour où je me suis retrouvé au milieu d'une bataille, pour de vrai, cela n'avait plus rien d'un jeu, ça je peux vous le garantir. C'était le 14 juillet 1914, à Flabas, du côté de Verdun.
Il ne faut pas se méprendre, nous n'avons pas là un livre historique et rebutant. Mais nous avons l'histoire à un moment donné de Casimir et de son compagnon d'armes, Martin. Bien sûr, pour intéresser le jeune lecteur, l'auteur, C. Lambert, aura choisi d'ajouter à l'Histoire des tranchées une anecdote, celle de Nyctalope, un cambrioleur "littéraire" qui n'est pas sans rappelé son contemporain, Arsène Lupin.
J'ai trouvé intéressant cette manière de procédé, d'abord, parce que l'Histoire appartient à l'histoire, celle de Casimir. Le jeune lecteur, même s'il n'ignore pas que l'on meurt à la guerre, ne doit pas oublier que pour ceux qui en reviennent, ils leur restent leur vie à vivre, une vie à reprendre, une vie à construire. Cependant l'auteur ne minimise pas la guerre à un épisode dans la vie d'un soldat, mais il met en avant qu'il y a ce terrible moment au milieu des moments d'avant et des moments d'après.
Sans tomber dans les descriptions ennuyeuses et rebutantes, Lambert nous offre une vue de la guerre autrement, sans pour autant trop la simplifier, et sans oublier que nous parlons de la grande guerre, celle qui eut lieu au début du XX°sc, et qui n'a rien de commun avec les guerres modernes telles que nous en entendons parler aujourd'hui.
Un livre intéressant à mettre dans les mains des collégiens pour une première approche de la vie dans les tranchées de Verdun.

Citations :

- Dire que la religion avait souffert de la guerre relèverait de l'euphémisme. Le terrain se creusait d'excavations irrégulières. Les arbres du bois de Caures évoquaient les forêts hantées des contes de fées, avec leurs branches squelettiques aux doigts décharnés. Dans la flaque d'eau d'un fossé gisaitt un cheval mort, le bord des lèvres retroussé.
"Encore un qui n'avait rien demandé à personne", j'ai pensé.

-  Ma blessure à la cuisse m'élançait. je crois que j'avais de la fièvre. je me suis sneti très seul, tout d'un coup. Mes pensées ont dérivé vers Martin. Moi qui étais fils unique, j'avais trouvé un grand frère à vingt ans passés, ici, dans la boue. Etait-ce la guerre qui rapprochait les gens à ce point ? Si notre rencontre avait eu lieu en période de paix, serait-on devenus aussi inséparables ? Notre amitié allait-elle survivre à ce conflit ? Les questions déboulaient en vrac dans mon cerveau fatigué.





Les Chats Volants, de Ursula K. Le Guin, illustré par S.D. Schindler.



Le livre :
Une grande ville, une poubelle, une maman chat et ses quatre petits. Ils ont la particularité d'être nés avec des ailes. Un jour, effrayée à cause d'un gros chien des rues, elle décide d'envoyer les chatons volants loin du monde urbain. A eux de découvrir la vie autrement.


Ce que j'en ai pensé :
J'avoue avoir été choquée par un passage. Je me suis demandée quel message l'auteur pensait transmettre aux enfants (écolier puisque le livre est destiné aux 7 ans et plus). Au début de son livre, quand la chatte décide d'envoyer ses enfants ailleurs, elle leur dit :Pour ma part, je n'ai aucune envie de partir, expliqua tranquillement Mme Tabby. J'ai mon travail ici. De plus, M. Tom Jones m'a demandée en mariage hier soir, et j'ai l'intention d'accepter. Vous pensez bien que je ne souhaite pas vous avoir dans mes pattes ! au départ, quand j'ai lu ce passage, notamment la dernière phrase, je me suis dit, cette maman dit ça pour cacher sa peine ... c'était sans avoir lu ça ... Mme Jane Tabby les observait. Elle avait le coeur gonflé de crainte et d'orgueil. - Ce sont de remarquables enfants, commenta M. Tom Jones de sa douce voix aux basses profondes. - Les nôtres aussi seront remarquables, Tom, répliqua Mme Tabby. Elle éloigne ses enfants dans l'idée d'en faire d'autres avec son nouveau mari. Cela m'a plongé dans la stupeur. Imaginant ce qu'un enfant pouvait faire comme transposition de cette histoire, sur sa propre vie. Surtout à notre époque, ou divorce, séparation, remariage, enfants de plusieurs lits sont à l'ordre du jour. Peut-être suis-je vieux jeu, mais j'avoue que ce passage m'a désagréablement surprise.

Hormi ce passage, le reste du livre est un plaisir. Il évoque la séparation d'avec les gens que l'on aime, la découverte d'un autre milieu, l'adaptation dans un nouveau milieu, l'acceptation de ses différence et des différences des autres.

A noter, les très belles illustrations de S.D. Schindler.



Ce livre appartient à une série chez Folio Cadet. A lire aussi Le retour des chats volants, Alexandre et les chats volants, Aurevoir les chats volants.

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commentaires

sieglind la dragonne 29/04/2008 07:43

Le premier a l'air intéressant, pour le second, il faut relativiser et penser que l'instit aura la bonne idée d'expliquer que si les chats sont humanisés dans le livre, ils gardent cependant leur instinct de "bestioles", la femelle virant les petits dès qu'ils sonten âge de le faire, pour éviter la consanguinité... (je dis bien "si l'instit a cette bonne idée", évidemment sans ça, les mômes vont s'approprier le vécu des chatons et leur statut d'orphelins volontaires, déjà qu'on ne parle pas de leur "vrai" père...)Bises ma Cat, j'suis ici en touriste, comme promis

Catgirl 29/04/2008 07:59


l'instit ? je dirais plus tot les parents qui accompagnent le jeune lecteur ;)

bisous bisous


Francky (Kikojo) 28/04/2008 21:00

Ola Cat !J'avais en effet un doute mais bon, moi et les livres ;o))Gros bisous et bonne soirée ^_^ @+

Catgirl 28/04/2008 21:16


morte de rire lol

bisous bisous


DID 28/04/2008 20:40

Le premier bouquin, tu aurais pu le publier dans la communauté de Verdun ma Cat.Merci beaucoup.Grosses bises.

Catgirl 28/04/2008 20:54


je le publie déjà dans Chronique de nos lectures ;)

bisous bisous mon Did


Jean-Yves 28/04/2008 11:12

La formulation de Mrs Tabby peut effectivement paraître abrupte. Il me semble qu’il ne faut pourtant pas trop s’y arrêter (1). J’entends aussi une offre de liberté illustrant l’expression « voler de ses propres ailes »… au sens propre ici.
(1) et n’oublions pas que les contes traditionnels sont emplis de mauvais pères, de mères ingrates, d’incestes…

Catgirl 28/04/2008 13:06


disons que forcément j'y ai transposé ma situation d'enfant de divorcés, et cela m'a renvoyé à ce que j'avais vécu ...
alors que je sais que chez les animaux, c'est une chose courante ... les bébés devenus adulte volent de leurs propres ailes sans probablement revoir leurs parents ...

et oui le contes traditionnels qui sont rappelons le à l'origne, pas pour les enfants ;)

bisous


Jean-Yves 28/04/2008 11:01

Je regrette de n’avoir jamais vraiment trouvé dans la littérature ce qui se passait dans la tête d’un soldat au moment où il devait tuer un homme. Qu’est-ce qui fait que le passage à « l’acte » devient possible ? Je ne sais pas si cela pourrait se dire dans un livre pour la jeunesse. Ce serait pourtant éducatif de le suggérer, car la guerre ne se résume pas à des êtres seulement blessés ou à des morts « inconnus ».

Catgirl 28/04/2008 13:04


oui tu as raison, ce passage à l'acte ...
comment en arrive-t-on à tuer des gens que l'on ne connait pas ... comment y arrive t on ? est ce que l'acte patriote est une raison suffisante pour passer le cap ?

je ne sais pas ... je ne saurais le dire ...


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