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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 01:44

Ishihara Shintarô :
Ce Japonais de 76 ans est né en septembre 1932 à Kobe. Avec son frère cadet, le célèbre comédien japonais, Yujirô Ishihara, décédé en 1987 d'un cancer, ils déménagèrent au gré de l'ascension professionnel de leur père au sein de la compagnie de transport Yamashita Kisen.
En 1949, alors que Ishihara poursuit ses études à l'université, il prend pause d'une année pour venir en France étudier la langue française.
En 1955, il obtient le plus prestigieux prix littéraire du Japon, le prix Akutagawa pour son roman La Saison du Soleil.
L'année suivante, il décroche son diplôme en droit public, et se marie avec Noriko dont il aura trois fils.
C'est en 1965 qu'il adhére au parti libéral-démocrate japonais et commence sa carrière politique. Deux ans plus tard, il couvrira la guerre du Viet-Nam pour un quotidien japonais. C'est en 1972 qu'il sera élu pour la première fois à la Chambre des représentants (il obtiendra 7 mandats avant de se retirer). Tour à tour DG de l'agence de l'environnement, ministre des transports, il n'oublie pas pour autant la littérature et le 7° art. Suite au décès de son frère Yujirô, il écrira Ototo (Petit frère) qui sera adapté et diffusé à la télévision en 2004.
Son fils ainé est à son tour élu à la Chambre des représentants en 1990. Le père et le fils siègent donc ensemble. Son fils cadet suivra lui aussi une carrière politique, alors que le fils du milieu choisira la carrière d'acteur.
En 1999, Ishihara Shintarô est élu comme gouverneur de Tokyo, il a été reconduit à ce poste en 2003.
La famille Shintarô est connu au Japon aussi bien sur la scène politique que sur la scène culturelle, car le talent de Ishihara ne s'arrête pas à l'écriture, il a aussi fait l'acteur et le metteur en scène notamment pour le film Jeune Brute en 1958, et une exposition lui a été consacré, mettant en avant 120 dessins de son cru.

Une parfaite partie de plaisir.
Nouvelle issue de l'
Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines, Jeunesse, Tome I.

La nouvelle : Deux jeunes hommes rentrent d'une soirée où l'un d'eux a perdu aux jeux. Alors qu'il pleut à verse sur le chemin du retour, ils aperçoivent à un arrêt de bus une jeune fille. Les deux hommes décident de la prendre en stop. Mais leurs intentions ne sont pas des plus honnêtes. Plutôt que de la conduire à la gare la plus proche, ils biffurquent dans un coin perdu, et la violent à tour de rôle, puis décident de la séquestrer durant plusieurs jours, pour leur propre plaisir et celui de certains de leurs camarades.

Ce que j'en ai pensé :

J'ai été assez stupéfaite devant la crudité de cette nouvelle. Non pas qu'elle donne des détails, puisqu'il s'agit d'une nouvelle, mais devant la froideur avec laquelle les faits sont racontés. Cela renforce le sordide de la situation et la cruauté des deux jeunes hommes.
Les deux hommes se révèlent égoïstes et complètement irrespectueux. Ils sont dénués de scrupules et encore plus de regrets ou de remords.

La jeune femme semble être très jolie, étrange certes. On apprend au fil du récit qu'elle sort d'un hôpital psychiatrique. Nous ignorons pourquoi elle s'y trouvait, de quelle maladie elle souffrait. Les deux hommes n'en ont d'ailleurs cure. Ils ne souhaitent qu'une chose, assouvir leurs bas instincts de mâles en rut. La jeune femme n'existe pas, elle devient un jouet sexuel qu'on s'échange, puis qu'on prête à des copains. Personne ne songe à la nourir, à s'occuper d'elle. Ces hommes la traitent comme une poupée. Pour atténuer l'horreur de leurs actes, ils prétendent qu'elle est consentante, puisqu'elle ne dit rien par rapport à ce qu'ils lui font subir. Un seul d'entre eux osera dire ses inquiétudes si elle venait à parler de ce qu'ils lui ont fait subir.

Jusqu'au bout, ils vont se servir de sa fragilité psychique. Après les quelques jours où ils n'auront eu de cesse de la violer à tour de role (7 hommes au total), ils la déposeront dans une auberge, estimant qu'elle y fera une bonne pute. Seulement, la jeune femme est tombée amoureuse d'un de ses geoliers, et se refuse désormais aux autres hommes. Celui-ci averti par le patron de l'auberge, vient la chercher en compagnie des autres. Alors que la jeune femme croit qu'il vient la chercher, il abuse d'elle une nouvelle fois sous couvert de mots gentils. Quand il la sent sous son charme, il l'emmène au clair de lune, au bord de la falaise. Elle lui accorde toute sa confiance et lui la pousse dans le vide, se débarassant ainsi du problème.


Le regard cru de Shintarô sur les jeunes hommes japonais est édifiant. Il y dénonce sans conteste la manière brutale et inadmissible de traiter les femmes comme des objets tout juste bon à assouvir leurs désirs sexuels. Il pointe du doigt l'absence total de respect pour la femme, la manière dont les jeunes hommes pensent pour elle, estiment les choses pour elle.
La femme n'a aucune valeur pour ce groupe d'individus égoïste.

Il ne fait pas bon être une femme face à de tels individus. Malheureusement cette nouvelle, datée de 1957, a toujours court actuellement. Il y a et il y aura toujours des hommes (jeunes ou moins jeunes) qui considéront que les femmes sont des objets nées juste pour assouvir leur plaisir bestial.


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commentaires

neinei 10/06/2008 02:23

tu va encore en voir beaucoup, toute forme toute couleurs, tout un monde les orchidees.
oui bientot une nouvelle visite
bon mardi bisous
qing et rene

Catgirl 10/06/2008 08:11


j'aurais dû aller au salon des orchidées au parc floral, j'aurais pu ainsi prendre des photos de ces magnifiques plantes.

bisous bisous


DID 09/06/2008 20:29

C'est pas cool comme nouvelle ma cat.Gros bisous

Catgirl 09/06/2008 20:58


non c'était pas cool comme nouvelle.
bisous mon Did


Ano 09/06/2008 08:28

La cruauté ou plutôt le sado masochisme est vu autrement au Japon, et je pense que Shintarô s'en est "servi" dans cet esprit pour dénoncer la brutalité bestiale de certains hommes, voire dans certaines situations, parfois même inconscients de la spirale dans laquelle ils s'engagent avec perversité... Ou la révélation à cette occasion de leur perversité et/ou cruauté latente... Et le Japon ne fait pas exception à la règle pour en voir la concrêtisation, il suffit de voir les procès pour meurtres sadiques qui peuplent nos assises encore actuellement... Bisous.

Catgirl 09/06/2008 14:33


cette nouvelle est classé dans l'anthologie intitulé Jeunesse.
ici rien de sado-masochisme, pratique sexuelle se déroulant entre adulte consentant
là, on est plutot dans la spirale que l'on trouve dans nos cités et qu'on appelle des tournantes ...
c'est l'inconscience et l'irrespect de ces jeunes hommes vis à vis des femmes ...


Jean-Yves 09/06/2008 07:50

Je me suis trompé, je voulais écrire "La jeune femme a compris qu'elle ne pouvait jouer ni ses yeux ni la force de son regard contre ces hommes qui ne sont que des "êtres sexuels". " mais tu as corrigé de toi-même.

Catgirl 09/06/2008 14:30


ouf :D

bisous


Jean-Yves 09/06/2008 07:03

Ce qui me surprend toujours dans des histoires analogues et dans celle-ci en particulier, c'est de constater comment la jeune femme s'emmure et construit sa vie sur le corps de ses violeurs (ou de l'un d'eux comme dans cette nouvelle). La jeune femme n'a pas compris qu'elle ne pouvait jouer ni ses yeux ni la force de son regard contre ces hommes qui ne sont que des "êtres sexuels".

Catgirl 09/06/2008 07:30


ici il ne faut pas oublier que la jeune femme sort de l'hopital psychiatrique, pourquoi nous l'ignorons ..
ensuite, lors du premier viol, elle s'est débattue, mais ils l'ont violemment frappé ... je pense qu'à un moment, on doit préférer laisser les choses se faire plutot que de faire que les hommes
soient encore pire ... je pense qu'elle doit se dissocier de son corps pour oublier.
d'ailleurs dans la nouvelle, régulièrement, pendant qu'il la viole, elle est inerte, fixant un point au plafond etc ...

et puis, il y a des êtres (hommes ou femmes d'ailleurs) qui ont besoin d'exister dans le regard des autres, alors, même dans le pire, du moment qu'ils existent ... c'est aussi valable pour les
personnes qui sont battues dans le couple ...

bisous


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