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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 00:18

Oê Kenzaburô :
Cet érivain japonais est né en janvier 1935 sur l'île de Shikoku où il passa sa jeunesse. Sa mère, en lui offrant Les Aventures de Huckleberry Finn de Twain, a provoqué, d'une certaine manière, l'intérêt du jeune garçon pour les cultures étrangères. Aussi, à 18 ans, il partit étudier la langue française à l'université, dont il sortira diplômé dans cette matière.
Il commence à écrire en 1957, influencé par la littérature française (Sartre, Camus et Céline) et américaine, alors qu'il est encore étudiant, et publie Shisha no ogori (L'Extravagance des morts). L'année suivante, il obtient le Prix littéraire le plus réputé du Japon, le Prix Akatagawa pour son roman Shiiku (Gibiers d'élevage).

En 1963, quand son fils naît autiste, cela va créer chez lui un autre sujet d'exploration littéraire. Dès 1964, le jeune garçon deviendra une figure réccurrente dans l'oeuvre de Oê Kenzaburô.
Cet homme qui sera le porte drapeau de la "Nouvelle Littérature" au Japon, sera profondément marqué par les dégats causés par le nationalisme, et se fera défenseur de la démocratie.

Le Centre de Recherche de la Jeunesse en déroute :

La nouvelle :

Le narrateur travaille parallèlement à ses études, pour un centre de recherche dirigé par un américain, Mister Gorson. Ce jeune socio-psychologue est venu au Japon pour mener une enquête concernant la jeunesse qui s'est engagé politiquement ou idéologiquement et qui a été profondément déçue. Malgré l'annonce passé, si les étudiants en dépression se rendent au Centre de recherche, le nombre de "candidats" pour mener à bien l'étude n'est pas suffisante. Le narrateur décide donc de bouster celle-ci en faisant intervenir des étudiants qui "inventent" leur histoire d'engagement et de dépression.

Ce que j'en ai pensé :

La jeunesse japonaise a connu un véritable choc avec le largage intempestif des deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki. La défaite de la guerre du Pacifique, l'occupation américaine, la remise en cause de leurs idéologies, tant de choses qui ont rendu la jeunesse japonaise morose et désabusée.
Le narrateur, qui ne semble pas avoir été mêlé dans ces engagements politiques et idéologiques, a trouvé ce "job"pour payer un bout de ses propres études. Le sujet ne le passionne guère, c'est un boulot comme un autre, qu'il accomplit sans entrain. Une autre étudiante travaille avec lui et Mister Gorson. Les trois "collègues" ont tout intérêt à ce que l'étude soit menée à bien. Mister Gorson pour pouvoir continuer à avoir un post à l'université aux USA, les deux étudiants pour des raisons financières. Donc, quand le"dirigeant" se voit menacer de perdre son poste, le narrateur et l'étudiante ne voient aucun mal à trouver des "sujets" répondant aux critères de l'études, même s'ils ne font que mentir. Ils ont tout à fait conscience que l'enquête sera faussée et fera tourner en bourrique les américains, mais là, n'est pas leur problème.
Leur petite entreprise se déroule sans accros, jusqu'au jour où un étudiant devient la figure de proue de cette enquête. Il est, comme le dira plus tard Mister Gorson, au moment de repartir du Japon, le "sujet" parfait, pour cette étude. Pourtant ce dernier se voit devenir une "célébrité", faisant la une des journaux. Cet étudiant menteur ne le voit pas de cet oeil, il ne sait comment enrayer la machine. Mais Mister Gorson ne l'entend pas ainsi, même s'il sait que l'étudiant a menti.
Quand Gorson repart loin de ce qu'il a créé, ni lui ni le narrateur n'ont retrouvé cet étudiant pour rétablir la vérité. Nous ignorons s'il est vivant, ou s'il s'est suicidé de honte.

Nous n'avons pas toujours la conscience de nos actes sur le moyen terme. Nous avons tendance à vivre les choses dans l'instant, sur le moment, sans réellement être capable d'envisager la conséquence des actes produits. C'est l'inconscience de la jeunesse. Avec l'âge, nous réfléchissons un peu plus, nous apprenons que la vie est régie par un code : action - réaction -conséquence.

Une nouvelle assez courte, qui cependant, est difficile d'accès pour nous, occidentaux, en raison d'une différence culturelle et philosophique japonaise. Je ne peux donc m'"embarquer" dans des théorie, n'ayant qu'une connaissance relative de la guerre du Pacifique, et de la culture japonaise, que je découvre seulement depuis une année. Par contre, je pense que nous pouvons tous dire, que la fiction ou l'inventivité est toujours plus parfaite que la réalité, l'étudiant parfait qui illustre l'étude de Mister Gorson est une invention.

Citat00ions :

    - Je venais à peine d'avoir vingt ans, et je cherchais à nouer des relations humaines avec pratiquement toutes les créatures du monde réel. Pour les jeunes gens, les relations sexuelles, qu'elles soient normales ou perverses, provoquent une immersion aveugle dans l'existence de cet Autre perçu comme un chaos mystérieux ; en lui donnant un sens, elles recréent ainsi un ordre et constituent un acte qui transforme l'Autre en quelque chose d'aussi intime qu'une partie de son propre corps. Si ces conversations destinées à vincre l'ennui s'étaient prolongées jour après jour, sur une longue période, j'aurai peut-être, sur un coup de tête, eu une relation homosexuelle avec Mister Gorson, ou alors, toujours sur un coup de tête, je me serais querellé avec lui et aurais claqué la porte du GIO.


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commentaires

neinei 19/06/2008 02:06

la reponse dimanche ! demain la photo mystere
tu avais oublier ton lien
bon jeudi bisous
qing et rene

Catgirl 19/06/2008 06:36


non j'avais eu la flemme

bisous


Ano 18/06/2008 22:57

A défaut de connaître cette nouvelle, je dirai que ta présentation en est comme toujours impeccable... Bisous.

Catgirl 19/06/2008 06:36


bisous


Jean-Yves 18/06/2008 06:30

Le titre de la nouvelle est bien choisi (traduit ?) : le centre de recherche qui propose cette mission comme la jeunesse qui l'accepte SONT en déroute.

Catgirl 18/06/2008 06:45


désabusée, aussi cette jeunesse.

bisous


neinei 18/06/2008 01:03

je decouvre encore.
oui moque toi, en plus j'au dut la fumer....lol
bon mercredi bisous
qing et rene

Catgirl 18/06/2008 06:44


je suppose qu'elle ne devait pas être terrible ;)

bisous vous deux


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