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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 00:32

Le livre :

Lou Bertignac a treize ans et se trouve en seconde. Dans sa classe, il y a le beau Lucas, le seul qui semble lui accorder une vraie crédibilité. Leur prof de sciences éco leur impose un exposé sur un sujet de société. Lou, dont ce n'est pas l'exercice favori de parler en public, annonce qu'elle va s'intéresser aux gens qui vivent dans la rue, notamment les jeunes femmes, et qu'elle aura une interview exclusive. C'est alors qu'elle fait la connaissance de No, tout juste majeure, sans domicile, sans travail, seule au monde. Se tisse alors une relation entre les deux jeunes filles.

Ce que j'en ai pensé :

C'est un livre facile de style assez passe-partout permettant une lecture rapide. Le lecteur s'attachera donc plus à l'histoire et aux personnages.

Lou est fille unique ou presque. Elle a eu une petite soeur, Thaïs, décédée sutbitement à quelques semaines de la mort subite du nourisson. Sa mère ne s'en remet pas et vit depuis comme un fantôme. Son père est sur tous les fronts, présent pour sa femme et pour sa fille.
Lou est amoureuse de Lucas, qui a quatre ans de plus qu'elle. Un lien existe déjà entre les deux jeunes, elle est attirée par ce garçon beau et atypique, il aime cette gamine différente qu'il appelle affectueusement "Pépite".

Lou décide de faire son exposé sur la jeune Sdf qu'elle aperçoit à la gare d'Austerlitz. Cette fille se nomme "No", Nolwen. Si cette dernière se montre méfiante au départ, elle apprend à faire confiance à Lou, finissant par lui confier sa vie de sans domicile fixe. Elles se retrouvent après les cours de Lou, dans un café de la gare. Quand la fin des recherches arrive, Lou espère revoir No, mais celle-ci se montre réticente. Parallèlement, l'exposé permet à Lou et Lucas de se rapprocher. Le jeune homme se montre prévenant, attentif, patient. Il aide Lou à retrouver No. C'est à ce moment-là que la jeune adolescente demande à ses parents que No vienne habiter avec eux. Ils acceptent et Lou voit et sa mère et No reprendre vie en même temps. La rencontre avec la jeune femme sans domicile agit comme un déclic. Mais un jour où la famille doit s'éloigner quelques jours sans No, celle-ci perd pied et le père de Lou, devant ce comportement irresponsable, décide qu'elle ne peut plus habiter avec eux, pour le bien de sa fille. Lucas, dont le père vit à l'étranger et la mère dans un appartement avec son nouveau mari, a un immense logement pour lui tout seul. Naturellement, No vient loger chez lui, sous certaines conditions. Durant des mois, Lucas et Lou vont s'occuper de la jeune fille, l'aider, la soutenir. Quand leur manège est découvert par le père de Lou, celle-ci et No décident de partir en Irlande. Mais, c'est un leurre. No ne sait plus vivre ni vivre dans la rue, ni en famille. Elle ne trouve sa place nul part malgré les efforts des deux adolescents. Alors, No laisse Lou sur le quai d'une gare, l'abandonne sur un mensonge pour repartir vers sa vie.

Lou est une petite chose, qui sait bien combien les Hommes sont de toutes petites choses dans l'univers. Elle voudrait sauver les gens d'eux-mêmes, et dans cette rencontre avec No, elle découvre que l'on ne peut pas sauver les gens s'ils n'en ont pas le réel désir au fond d'eux. Elle apprend qu'on ne peut pas obliger les autres à faire ce qu'ils ne veulent pas vraiment faire. Elle apprend à devenir une adulte du haut de ses treize ans, un apprentissage douloureux.
C'est une jeune fille qui ne cherche pas à imposer ou à changer les gens qui l'entourent. Elle n'oblige personne à rien. Chacun est comme il est, chaque chose est comme elle est. Elle accepte tout le monde avec sa personnalité, consciente de ce qu'elle est elle-même. Lou veut seulement aider les gens, pas les changer. Aussi quand No part, elle sait qu'elle a tout fait pour cette dernière, qu'elle ne peut rien de plus, qu'elle doit laisser à No le choix de sa vie. Elle accepte donc le choix de son amie. Lou n'a jamais laissé sa vie en suspens pour aider les autres. Elle a continué à vivre en impliquant les autres dans sa vie, en leur faisant une place. Cette aventure l'a à la fois fait grandir un peu plus, lui a volé un peu de son idéal, et lui a en même temps permis de retrouver sa maman, de se rapprocher de Lucas, réellement.

No, dès le départ, a une vie particulière. Elle est le fruit d'un viol. Elevée par ses grands-parents, elle retourne chez sa mère en région parisienne quand sa grand-mère meurt. Celle-ci vit en couple, et ne supporte pas que son compagnon s'intéresse à No. Elle la rejette violemment. Le jour où le compagnon de sa mère quitte la maison définitivement, No va s'enfuir. Elle ira de foyer pour mineur à la rue, jusqu'au jour où elle rencontre Lou.
No est une fille cassée, brisée du dedans. Elle ne rejette pas l'aide de Lou et Lucas. Au contraire, elle accepte de venir habiter avec eux, elle cherche un emploi. Mais elle ne trouve pas sa place. No a sous les yeux un autre modèle de famille que celui qu'elle a connu. Elle ne peut admettre en son for intérieur que des gens qui ne vous sont rien par les liens du sang puissent vous accepter comme quelqu'un de leur famille. Elle vit le départ en urgence de Bertignac, sans elle, pour régler un problème de famille, comme un nouvel abandon. C'est alors qu'elle accepte des heures de nuit dans l'hôtel où elle travaille, et commence à boire, beaucoup. No est tout simplement incapable de saisir l'opportunité de s'en sortir qui se présente à elle par le biais de Lou, les parents de celle-ci et Lucas. Elle n'arrive pas à s'imaginer un avenir, elle n'arrive pas à trouver une raison d'être. Souvent, il faut un déclic et cela, nul ne sait ce qui peut être un déclencheur. Lou n'a pas été le déclencheur pour No, dans cette histoire, il n'y a pas eu de déclencheur pour elle. Seulement l'espoir qu'une vie meilleur et différente existe, seulement entrevoir que oui c'est possible.

Lucas est lui aussi un enfant seul, livré à lui-même, en échec scolaire. Des parents absents qui se contentent de lui verser une pension, de vérifier qu'il est correct, etc. Mais pas de réelle présence à ses côtés. Il n'y a que Lou qui sois spontanée avec lui, sans attente qu'il change, avec le seul besoin, être ensemble. Lou qui ne juge pas, qui prend les gens comme ils sont. Mais que font les parents ? Pourquoi faire des enfants si ce n'est pas pour s'en occuper, pour les laisser dans une solitude anormale ?

Un roman d'apprentissage mêlé à un regard sur la vie d'aujourd'hui, sur des jeunes différents qui se cherchent, se trouvent, se perdent et qui ont seulement besoin qu'on s'occupe d'eux, qu'on leur montre qu'ils existent, qu'on les aime vraiment. Des jeunes qui ont besoin d'être guidés, qui ont besoin d'apprendre des valeurs.
Un regard sur le monde des gens du dehors, des gens qui se retrouvent dans la rue, par choix, par malheur ...

Un roman touchant à bien des égards.

Citations :

    - Maintenant je sais une bonne fois pour toutes qu'on ne chasse pas les images, et encore moins les brèches invisibles qui se creusent au fond des ventres, on ne chasse pas les résonnances ni les souvenirs qui se réveillent la nuit tombe ou au petit matin, on ne chasse pas l'écho des cris encore moins celui du silence.

    - Noël est un mensonge qui réunit les familles autour d'un arbre mort recouvert de lumières, un mensonge tissé de conversations insipides, enfoui sous des kilos de crème au beurre, un mensonge auquel personne ne croit.

    - Et si on décidait d'aller à l'encontre de ce qui se fait ou ne se fait pas, si on décidait que les choses peuvent être autrement même si c'est très compliqué et toujours bien plus qu'il n'y paraît. Voilà la solution. La seule.

    - Dans la vie il y a un truc qui est gênant, uun truc contre lequel on ne peut rien : il est impossible d'arrêter de penser. Quand j'étais petite je m'entraînais tous les soirs, allongée dans mon lit, j'essayais de faire le vide absolu, je chassais les idées les unes après les autres, avant même qu'elles deviennent des mots, je les exterminais à la racine, les annulais à la source, mais toujours je me heurtais au même problème : penser à arrêter de penser, c'est encore penser. Et contre ça on ne peut rien.

    - Avec son père à l'autre bout du monde et sa mère déguisée en courant d'air, ce n'était pas très malin. Souvent je regrette qu'on ne puisse pas effacer les mots dans l'air, comme sur un papier, qu'il n'existe pas un stylo spécial qu'on agiterait au-dessus de soi pour retrancher les paroles maladroites avant qu'elles puissent être entendues.

    - Je me souviens qu'un jour mon père m'a dit que c'est avec les gens qu'on aime le plus, en qui on a le plus confiance, qu'on peut se permettre d'être désagréable (parce qu'on sait que cela ne les empêchera pas de nous aimer).

    - Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde (Le Petit Prince de St Exupéry)




Figurine du Petit Prince et du Renard.
Cadeau de Jean Yves.

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commentaires

hahah 08/04/2015 16:21

This book sucks its the definition of bad it sucks like shit

isis 26/06/2008 16:02

ah ben justement je voulais t'envoyer un truc sur les bouquins ...bon, je te mail !plein de bious ma Cat !!

Catgirl 26/06/2008 21:38


je viens de donner ce livre à ma mère pour que Lisa le lise

bisous biosus ma belle Isis


neinei 26/06/2008 02:55

oui bonne, attend demain la photo mystere
bon jeudi bisous
qing et rene

Catgirl 26/06/2008 06:36


oui oui j'attends :D

bisous vous deux


cat-girl 25/06/2008 20:10

je n'avais jamais remarqué que le petit prince et le renard (de la figurine) ont le regard tourné du même côté, qu'ils regardent dans la même direction ... un signe de complicité

Eric Poindron 25/06/2008 14:07

LE BATEAU LIVRE COULÉ : LA CULTURE PERD DU TERRAIN
Dernières nouvelles de Frédéric Ferney...
Eric,
Pour info : le communiqué de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimedia) envoyé tous azimuts (je ne leur avais rien demandé).
Bises,
Fred.
*
Voici comme convenu le communiqué envoyé hier à l'ensemble de la presse généraliste, TV, Radio (littérature, culture, médias).
Bien cordialement,
Cissé Tamoura

*

Ainsi donc, au cœur de la tempête réformatrice qui tente d’engloutir l’audiovisuel public, France télévisions annonce la suppression du Bateau livre , l’émission littéraire de Frédéric Ferney. Après l’avoir programmé le dimanche mati, les dirigeants de France télévision ont beau jeu d’avancer l’argument d’une audience qualifiée de médiocre.
Quand comprendra-t-on que les « quelques » centaines de milliers de téléspectateurs qui font le choix de l’intelligence et de la curiosité , sont la légitimité même de la télévision publique ?

Comme l’avait d’ailleurs souligné le Président de la république dans sa lettre de mission à Christine Albanel : France télévisions doit affirmer son identité de service public à travers une offre culturelle plus dense, plus créative, plus audacieuse ; une offre qui marque une plus grande différence avec les chaînes privées ; une offre fondée sur des programmes populaires de qualité aux heures de grande écoute. »

C’est pourquoi la SCAM, conforté par cette décision du Président de la République, approuve la démarche de Frédéric Ferney l’interpellant. Cette démarche vise, une nouvelle fois, à mettre les responsables politiques devant leurs contradictions au regard des enjeux culturels et à leur demander de respecter leur promesse. Comment d’un côté prôner la défense de la lecture et de l’autre fermer les espaces dédiées à la littérature sur un média de première importance pour sa diffusion

La suppression du Bateau livre est le énième épisode des attaques contre la culture à la télévision et contre la littérature en particulier.

*

N'hésitez pas, à votre tour, à relayer le message et l'information.

Très cordialement

Eric Poindron

Le cabinet de curiosités d'Eric Poindron :

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites

Catgirl 25/06/2008 15:09


on vit dans une drôle de société où l'on prône l'abrutissement collectif ... désespérant



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