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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 00:50



Le film :

Frida, 75 ans, se rend rue de Turennes, à la recherche de Motek, son mari. Seulement l'atelier de couture a laissé place à une société de design, et la serrure de l'appartement a été changée. Frida a oublié que Motek est mort, que l'atelier et l'appartement de Turennes sont loués. La nouvelle locataire, Manou et son ancienne voisine la reccueillent, et finissent par appeler Judith, la fille aînée de Frida. Mais c'est Simon, le fils cadet, journaliste, qui ira la chercher. Il a conscience du moment d'absence de sa mère, mais Judith prend les choses plus au sérieux. Frida s'échappe de la réalité, et ses enfants doivent affronter cela.

Ce que j'en ai pensé :

Je pensais aller voir un film sur un alzeimer, et je me suis retrouvée projetée dans ma propre histoire familiale, quatre mois plutôt ... dur dur pour moi ...

Frida n'a pas un alzeimer. Il ne faut pas mélanger l'Alzeimer et le déclin psychique et mental qui précèdent de quelques temps la mort. Alors que tout allait pour le mieux, du jour au lendemain, elle recherche son mari décédé, et surtout repense sans cesse à leur voyage en Pologne dans le guetto de Varsovie avec les enfants de Judith, parce que pour Motek, il était important que ces derniers sachent d'où ils viennent, connaissent leur histoire.

Frida est juive. Ils font partis, avec son mari, des survivants des nazis. Après la shoah, les juifs avaient le désir de faire quatre enfants, et que chacun de ses quatre enfants fassent à son tour quatre enfants, pour reconstituer le peuple décimé. Ce souvenir, dans l'esprit de Frida, est prédominant, parce qu'ils ont essayé, mais n'ont eu que deux enfants, Judith et Simon.
Frida est la dernière survivante de cette triste période, elle est la mémoire de la famille, le pilier. Ses enfants ont eu une vie bien différente de la sienne. Judith, mariée, divorcée, mère au foyer qui ne se consacre qu'à ses enfants et surtout à son cadet qui quitte la maison familiale. Simon, divorcé lui aussi, qui a des rapports difficiles avec sa fille par manque de communication et à qui, Judith est de bons conseils pour améliorer ces derniers.

Leurs vies sont mêlées, emmêlées. Il faudra ce que j'appelerais plutôt le début de la sénilité ( et non pas l'alzeimer) de Frida pour remettre en cause leur vie, les rapprocher sans doute et les faire avancer sûrement.

"Grâce" au retour de Frida à la rue de Turennes, Simon et Manou vont se rencontrer et s'aimer. La jeune femme âgée de 34 ans, subit à son travail, une discrimination au sexe. Lorsqu'elle doit être promue, les dirigeants lui demandent clairement de choisir entre sa vie de femme et son travail, lui expliquant qu'elle ne doit pas être enceinte, qu'elle doit oublier cela pour accéder à sa promotion. Comment peut-on exiger cela d'une femme dans notre société ? C'est honteux. Mais Manou sait qu'elle doit vivre sa vie, elle appelle Simon, l'invite, et ils finissent par se fréquenter, se raconter. Manou tombe enceinte et ne sait pas comment le dire à Simon, car il n'y a rien de calculer, rien de prévu non plus dans cette grossesse.

"Grâce" à ce coup de la vie, Judith prend aussi conscience de sa solitude de femme depuis son divorce, du fait qu'elle se consacre à sa famille et s'oublie dans cela. Mais comme elle le souligne judicieusement, impossible pour elle de faire semblant avec un homme, de se sacrifier. Pourquoi une femme de son âge devrait "se contenter" d'hommes qui ne lui plaisent pas, histoire de briller en société. Pas facile pour elle, d'être confronter au déclin mental de sa maman, à ses absences. Pas facile d'accepter que celle-ci a commencé son dernier voyage. Etre confronté à cela, c'est quelque part se trouver confronter à sa propre déchéance, sa propre mort.

"Grâce" à cela, Simon va grandir aussi et sans doute trouver une raison d'être. Il va se reconstruire une vie personnelle, il va reconstruire ses relations avec sa fille, il va donner un autre sens à sa vie.

Je n'ai pas été frappée par le fait que Frida était la mémoire de la famille 'le mur porteur'. Pour moi, l'ancien, c'est plus le ciment, car chaque membre d'une famille est un mur porteur, chaque membre d'une famille a son importance dans cette même famille.

Le déclin mental de Frida est rapide. Au début, de furtifs échapatoires de la réalité, à la recherche de celui ou celle qui a été le compagnon d'une vie, puis cela s'installe, durablement. Le passé prend le pas sur le présent, parce que, je crois, que celui qui reste fait avec, quand l'autre est parti, mais qu'à un moment, il se laisse happer, et ne peut plus faire avec, et c'est à ce moment que le passé prend le pas.

Je pense que lorsque l'on commence à voir ce que j'appelle "nos morts", quand on commence à leur parler, c'est que le voyage commence, et qu'il ne faut pas lutter ou refuser, qu'il faut accepter, même si c'est dur, que le voyage a commencé pour eux, et que déjà, ils ne sont plus vraiment avec nous, à nous.

Il n'y a pas de complaisance dans les images de Cyril Gelblat, tellement pas que je me suis retrouvée projetée à noël 2007, puis début avril ... je me retrouvais face à ma propre histoire, quatre mois après exactement. J'avais des images de ce que j'avais vécu, et l'espace de ce film, je suis devenue la spectatrice de ma propre souffrance. Et les larmes de l'émotion ... pas de la tristesse ... mais l'émotion.
Et en même temps, malgré le montrer, il y a une pudeur qui passe beaucoup par les silences et les actes.

Le film se termine sur une image, une idée qui m'a habitée quand mon grand père est décédé ... j'ai pensé, mon dieu tous ces morts au milieu de tous ces anniversaires ... cela doit vouloir dire quelque chose, que la vie est là malgré tout, qu'il faut aller de l'avant.
Le film se termine sur cette même note. Simon a repris la rue de Turennes, l'atelier et l'appartement qu'il aménage en un grand loft, avec Manou et leur enfant. Et les familles réunies dans la cour, un an après le décès de Frida.

Je pense que les choses n'arrivent jamais sans raison. Je pense que tout a une raison d'être. A nous de savoir ouvrir les yeux, de savoir aussi faire des pas.

Beaucoup d'émotions pour moi. Et puis un jour, chacun de nous sera confronté à cela, et malheureusement pas qu'un fois ...



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commentaires

:0091: Lili-Flore :0010: 27/08/2008 22:39

petit coucou du soir. Bonne fin de soirée avec des bigs bises

Catgirl 28/08/2008 06:24


pleins de bisous lili


Flo-Avril2 :0010: 27/08/2008 12:43

Un film que l'on voudrait voir après ta critiqueBisous ma Cat, je vais un peu mieuxFlo

Catgirl 27/08/2008 18:21


tant mieux si tu vas mieux :) c'est bon signe :)

pleins de bisous


rene 27/08/2008 01:36

a te lire oui surement un film emouvant
bon mercredi bonne chance au jeu bise
qing et rene

Catgirl 27/08/2008 06:20


oui et un beau panel d'acteurs que j'adore
et bravo pour leur interprétation émouvante

bisous


DID 26/08/2008 22:56

A la mémoire, Mais qui suis je?????????Bisous ma cat

Catgirl 27/08/2008 06:21


did de nice ... mdr


:0091: Lili-Flore :0010: 26/08/2008 18:27

que ce film doit être émouvant ar tous nous sommes ou avons été confronté à ce problème, que d'émotion en te lisant, car jamais le mort même si elle libère des souffrances endurées ne nous absout de la perte, j'en sais quelque chose, j'ai les yeux pleins de larmes rien que d'y penser. La fleur inconnue sur mon blog est une clématite des haie-clematis
vitalba, nom donné par Maryse de chez http://floralie.canalblog.com.
Bonne fin de journée avec des bigs bises

Catgirl 26/08/2008 18:35


oui émouvant mais pas triste

pleins de bisous lili


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