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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 00:34


Le film :

Nous sommes en 1965, Jim Morrison étudie à UCLA (Université du Cinéma à Los Angeles). Il a une approche très personnelle de la vie, une philosophie liée à un épisode de sa vie qu'il a vécu alors qu'il était très jeune. Avec ses parents, il a assisté à un accident de la route dont les victimes étaient des amérindiennes. De ce jour, il a été persuadé d'avoir été possédé / envoûté par l'âme d'un indien. C'est un autre étudiant de l'UCLA, Ray Manzarek, qui va "découvrir" la poésie de Morrison et suggérer qu'ils forment un groupe. Jimmy avait déjà le nom qui pourrait être le leur, ce serait DOORS, comme la porte entre le passé et le futur, entre ce que l'on sait et ce qu'il reste à apprendre. A leur début sur scène, la timidité de Morrison le faisait chanter dos au public. Au fur et à mesure des prestations, il pris de l'assurance, se déhancha et devint un véritable showman, dont certaines danses semblaient être directement inspirées de celles des chamanes. Morrison parvenait souvent à la transe. Il galvanisait les foules. Parallèlement, il rencontra Pamela Courson, qui sera sa compagne jusqu'à la fin. Mais Morrison aimait les drogues et l'alcool. Plus la célébrité s'imposa, plus il se défonçait. Plus les Doors en souffrirent.


Ce que j'en ai pensé :

Je crois que je suis restée figée sur le personnage de Jim Morrison, remarquablement interprêté par Val Kilmer, un véritable clone de la légende, cela en est bluffant. D'ailleurs, c'est assez rare pour le souligner, mais pratiquement tous les acteurs de ce film sont investi spar leur personnage, bien que Morrison vole la vedette aux autres, sans doute comme ce fut le cas dans la vie. Un bémol à Meg Ryan, qui fait évidemment du Meg Ryan. Son personnage manque de présence, je ne pense pas que ce fut là sa meilleure interprétation.

Quand "the end" c'est affiché, je ne savais trop quoi penser de ce que j'avais vu. Le film est remarquablement réalisé. Je parle donc de la légende Jim Morrison. Les Doors ont fait un tabac en leur temps, c'est une réalité. Jim Morrison avait un charisme incroyable. Mais sorti de cela, qui était Jim Morrison ? Je veux dire, le vrai Jim Morrison. Les Doors ne se sont-ils pas, au final, créé qu'autour de cette personnalité totalement différente de ce qui avait été vu jusque là ?

Ray Manzarek a découvert Jim Morrison en l'entendant chanté "Moonlight Drive". Les chansons des Doors, puisque, finalement, Morrison n'en a pas tant écrit que cela, sont-elles si géniales que cela ? Je l'ignore.
Je pense que c'est un tout, la musique et les paroles. Car le concept musical Doors est bien réel. Des sonorités qui créent des atmosphères particulières, favorisant les transes de Morrison, des atmosphères tribales et religieuses. Il est vrai que cela associé aux textes et aux interprétations de Morrison, le résultat est explosif, les foules sont fascinées.

Mais la question me restait. Qui est réellement Jim Morisson ? Puisque le film n'avait pas répondu à ma question, puisqu'il avait engendré ma question ... je me décidais à fouiner un peu sur le net ... pour comprendre. Malheureusement, malgré mes nombreuses lectures, la question me reste, et je suis convaincue que personne ne sait qui était Jim Morrison, car Jim Morrison était différent avec chacune des personnes, groupes de personnes qu'il a fréquenté. Jamais le même, toujours différent, comme s'il n'avait pu être qu'une partie du tout, en fonction de qui était avec lui.

Mais revenons sur ce personnage.

Il est incontestable pour moi, que la légende de Morrison s'est construite sur sa mort, à Paris, à seulement 38 ans. Je suis convaincue que si Morrison avait vécu, les Doors auraient fini "Has Been", à moins que J. M. ait décidé de faire autre chose. Mais là aussi, je pense qu'il ne l'aurait pas fait, il aurait été incapable de dire NON, même si, au tout au fond de lui, l'envie n'y était plus. S'il avait vécu plus longtemps, que Ray Manzarek était venu le chercher à Paris pour un nouvel album, Morrison n'aurait pas su dire NON, j'en suis convaincue, pour la simple raison qu'il jouait un rôle, et qu'il se sentait obligé de le tenir.

Jim Morrison, c'est un enfant balotté au gré des mutations de son père militaire, un enfant qui, à l'âge de 3 et demi, vécu une expérience étrange dans le désert, confronté à la mort, aux blessures d'amérindiens accidentés de la route. C'est un enfant qui s'est mis à lire et n'a pas arrêté. Une culture incroyable, littéraire, philosophie, psychanalitique, psychologique, et historique aussi. Très tôt, il inventera des mensonges qu'il testera sur son entourage, aimant étudier l'autre, face à son mensonge, les réactions de ce dernier.
Il fut toujours un excellent élève, et plus tard, lors de ses années universitaires, malgré son retrait d'une vie sociale, Morrison était extrêmement populaire. Ses professeurs étaient impressionnés par sa grande culture et sa manière de pouvoir la discuter, en sortir autre chose. Il ne ressortait pas ce qu'il avait lu, il avait réfléchi dessus ! Il fit plusieurs facs, en Floride, il étudia la Philosophie de la contestation, et la psychologie des foules (sujet qui le passionnait). Plus tard, il étudia l'histoire médiévale européenne, et malgré l'opposition de sa famille, il s'inscrivit à l'Ucla.

Quand les Doors furent créés, qu'ils commencèrent à avoir du succès, Morrison coupa définitivement les ponts avec sa famille. Il alla jusqu'à prétendre qu'il était orphelin. Mais malgré ses connaissances, sa manière de manipuler son monde, Morrison se laissa quand même déborder par cette notoriété soudaine qui le dépassait. Si les drogues et l'alcool étaient des expériences qu'il appréciait pour deux raisons essentielles (ses poètes préférés étaient tous drogués, et les chamanes utilisent les drogues pour entrer en transe), elles devinrent un sûr moyen d'échapper à la réalité pesante.
Morrison connaissait parfaitement l'art de manipuler les foules, n'oublions pas qu'il a sérieusement étudier la psychologie des foules. Il est fort probable que sa timidité n'était pas la seule raison qui le poussait à ses débuts à chanter dos au public, comme il est fort probable que plus tard, il manipulait cette même foule en l'insultant, et qu'elle en redemandait, parce que, quelque part, quand il les traitait de moutons, il n'avait pas tort. Morrison utilisait volontiers la provoc, comme lors de l'incident de 1966, quant à la fin de la chanson "The end", il invite à tuer le père et baiser la mère.
Lorsqu'il sera arrêté en plein concert pour avoir mis en cause la police, présente lors de leur tour de chant, il est déçu par le public qui le laissera se faire arrêter. C'est sans doute l'élément qui sera déclencheur dans son envie réelle de quitter le star système. Il prend conscience que les gens aiment le spectacle sans doute plus que les gens eux mêmes, qu'ils acceptent d'être insultés, manipulés, mais qu'ils sont incapables de prendre une décision collective sans un meneur.

En 1968, il transformera un concert en émeute, et cela se reproduira. Un an plus tard, complètement ivre mort, il devra monter malgré lui sur scène devant une foule en délire, plus il  l'insulte, plus elle se sent galvanisée. Morrison se prend à son propre jeu, et assure montrer son sexe. Evidemment il est arrêté. Lors du procès, il est incapable de dire si oui ou non, il l'a fait, ou s'il a simulé. Les témoignages sont contradictoires et personne ne sait vraiment si c'est arrivé ou non. Mais Morrison se conforte dans l'idée que plus la foule en demande, plus il entre dans la provocation, une sorte de défit permanent dont il ne peut dire l'aboutissement mais dont il sent l'inéluctable.

Malgré tout ce que l'on peut penser, malgré la drogue, l'alcool, malgré son incapacité à être totalement Jim Morrison avec quelqu'un, il avait la conscience des choses. C'est sans doute pour cela qu'il décidera de partir loin de ce star système avec Pamela Courson, sa compagne de toujours. Le 6° album des Doors paraît. Il rejoint Pamela, réduit sa consommation d'alcool, se consacre à sa poésie. Mais la mort le fauche à 38 ans. Officiellement il est mort d'une crise cardiaque, mais aucune autopsie ne sera réalisée, contribuant ainsi aux nombreuses légendes autours de cela.

Morrison rejoint le monde des étoiles filantes comme Rimbaud, James Dean, et d'autres morts trop tôt. Certains vont jusqu'à penser que Morrison a organisé sa propre mort, et qu'il vit toujours, anonymement.
Sa tombe, très simple, se trouve au Père Lachaise.

Je ne doute pas que Morrison fut un homme extrêmement intelligent et sensible, mais je pense aussi que sa mort brutale en pleine force de l'âge a beaucoup contribué à ce que l'on sait aujourd'hui de lui. Ce sont les gens qui créent les légendes, il ne faut pas l'oublier. Jamais.

Morrison est mort en 1971, je n'étais pas née, alors j'ai demandé par ci par là ... Morisson, les Doors ... oui, on connaît mais on n'écoutait pas. Aujourd'hui, Morisson, on connaît ou pas ... effet de mode, réel phénomène de société ? Pur génie, c'est certain !


Mais qui était réellement Jim Morrison ? Ma question reste entière.




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commentaires

mlmlre 18/10/2010 21:02



il est mort a 27 ans et non a 38



Catgirl 28/10/2010 10:54



oups, merci d'avoir corrigé !



RanDom 03/11/2008 23:51

A la question : et tu toi même avec tout le monde ou joues tu à être en fonction des groupes sociaux qui t'entourent ? Je réponds :1) je n'associe pas la musique aux groupes sociaux, je sais qu'on le fait par ailleurs : l'opéra pour les uns, le rock pour les autres. Moi, je trouve des échos que j'aime bien dans chaque musique, qui me font danser, même dans des musiques de peuples (gitans, tziganes, éthiopiens) qui sont pourtant lointains de moi. 2) Comme j'essaye de ne pas m'enfermer dans un groupe social, il est vrai que je m'adapte, que je compose (pour reprendre un terme musical). Mais il est un groupe dans lequel je ne me sens pas bien de toute manière, dans lequel je ne saurais ni jouer ni mentir (à cause du malaise), c'est le groupe bourgeois. 3) "Es-tu toi même" : je ne sais pas qui je suis moi-même, ce sont les autres qui me renvoie une image et qui me font danser avec le rôle qu'ils veulent sur la scène sociale, mais je sais quand je reste intègre ou quand je dévie vers l'hypocrisie. Je vois la limite à ne pas dépasser pour ne pas me trahir. Cela ne m'empêche pas d'écouter les autres, d'entendre leur petite musique, de danser avec eux, quitte à faire des concessions (qui ne sont pas des compromissions).Je suis bavard, je vais mettre de la musique. J'aime bien Phoenix, (It's never been like that) ou le rock spleen de Radiohead. Certains morceaux d'Arctic Monkeys (Whatever People Say I Am, That's What I'm Not). Mon éducation ne me destinait pas à écouter ça, et réduire ça à la musique d'un groupe social qui ne serait pas le mien m'aurait dévié de cette musique. Mais un jour, j'ai osé "jouer" à faire comme si j'allais aimer cette musique. Or la musique a toujours le dernier mot. J'aime certains rocks. Pas tout : sans doute grâce et à cause de ce que je suis... Pareil pour la musique classique. Je n'aime pas tout. Parce que j'apprends chaque jour à aimer.Bisous, Cat, bonne nuit !

Catgirl 04/11/2008 06:18


oui l'important c'est de savoir qui l'on est et de ne pas s'applatir au gré des autres, de ne pas surestimer ou sousestimer les gens ... les prendre pour ce qu'ils
sont. même comme cela ce n'est pas simple ;)

bisous


RanDom 03/11/2008 20:32

Avec les Doors, tu m'ouvres une page culturelle : le rock et moi, ça fait deux. Ce soir, il y a la Fureur de Vivre, je crois, à la télé, sur arte. Moi, j'ai été bercé par la pop des années 80 et je m'en suis détaché par le jazz. Alors la case rock, je l'ai manquée... Bien sûr, je n'ai pas échappé aux Beatles... Mais je préfère voir le rock magnifié par les autres plutôt que gâché par moi !Bizarrement, je me trouve des points communs avec ce Morrison : ton article, Cat, c'est comme un miroir que tu dresses devant nous. Et ta question, elle souligne ça : qu'est-ce que vous avez de Morrison en vous ? Il y a plein de légendes comme ça, qui nous renvoie des choses.

Catgirl 03/11/2008 20:46


je crois que j'ai tout écouté, la musique de ma mère qui passait d'elvis à francis cabrel en passant par les yéyé et tout ça
et puis la musique des années 80 comme tu dis
U2 et tout ça ...

je ne sais pas si ma question souligne ça ...
mais je dirais

es tu toi même avec tout le monde, ou joues tu à être en fonction des groupes sociaux qui t'entourent

bisous


Handi@dy: :0016: jaccede.com 02/11/2008 18:48

Un fou? Un visionnaire? Il fallait cette génération 60 pour apprécier Jim M. Qu'en penserait-on aujourd'hui? Je n'ai pas grandi avec sa musique, mes frères et soeur écoutaient du rock plus typé... Je pose la question avec toi! :0010:

Catgirl 02/11/2008 19:09


un fou je ne crois pas
un visionnaire, peut etre

un homme intelligent, c'est certain ;)

:0010:


Alain 01/11/2008 17:05

Coucou cat!!j'étais à la ...Porte ces jours passés, gagne-croquettes oblige! Merci pour tes visites qui ont permis d'aérer mon blog :))J'adore les .... Doors même si je n'ai pas vu le film, mais j'ai les vinyls et des cd de ce groupe mythique. Bises et bon WE 

Catgirl 01/11/2008 22:04


j'en conclus que
mais alors tu devrais m'en dire plus

les doors, c'est quoi pour toi ?

bisous


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