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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 05:50

Le livre :

Hitler est au pouvoir et les enfants Scholl entrent dans la jeunesse Hitlérienne, malgré les mises en garde de leur père concernant les idées du parti nazi. Hans Scholl va  en découvrir le réel univers, et se rendre compte que les belles idées ne sont que des feux de paille pour entrainer les gens dans une spirale avilissante. Alors que Sophie rejoint son frère à l'université de Munich, elle découvre que celui-ci, trois autres étudiants et un professeur militent contre le parti. Elle se joint à eux. Ils créent alors le mouvement de La Rose Blanche, qui distribue des milliers de tracts sur Munich, mais pas que sur Munich. Ils sont parfaitement conscience qu'ils ne peuvent avoir confiance en personne, que la moindre parole peut les envoyer en prison ou à la mort. Pourtant ils continuent, incitant les allemands à une résistance passive, mais bien réelle contre le régime. Sans doute dénoncés, ils seront arrêtés et tués pour l'exemple, tués pour acte de trahison envers le parti.


Ce que j'en ai pensé :

Inge Scholl est la soeur de Hans et Sophie. On sent au fil des pages l'admiration qu'elle porte à ses aînés et leur action de résistance, le parti qu'ils prirent, le choix de s'opposer à cette monstrueuse machine à tuer que fut le nazisme.
Aussi, je ne pus m'empêcher de m'interroger sur le côté "magique" du récit, très / trop édulcoré à mon goût mais qui n'enlève rien à ce qu'ont fait Hans et Sophie, ainsi que leurs compagnons d'armes. Il est évident que Inge Scholl ne pouvait faire fi de l'image qu'elle s'est forgée au fil des ans sur eux. Et nous savons combien dans tous témoignages, les choses peuvent être enjolivées etc. Cependant, personne ne peut nier les faits, les actes. Les preuves sont là. Je suis tombée sur un bouquin en librairie reprenant toute la correspondance de Hans et Sophie Scholl. En y repensant, je trouve cela surprenant, qu'en ces temps de guerre, de surveillance, de dénonciations, ses deux jeunes furent assez imprudents pour laisser des traces écrites de leurs pensées. Qu'importe à vrai dire. Sans doute que le recul que nous avons sur la situation nous permet de pointer des erreurs, mais il est vrai que dans ce genre de marasme nous ne pouvons penser à tout.


L'important n'est pas là, n'est pas dans le témoignage de Inge Scholl sur sa fraterie résistante. Non, l'important c'est de savoir que tous les allemands n'étaient pas des moutons, que certains avaient conscience de ce qui arrivaient et cherchaient des moyens de contrer l'autorité en place, malgré les risques, malgré la mort certaine au bout du chemin.

L'important est aussi dans le fait qu'Inge Scholl réussisse à nous montrer que l'éducation, l'instruction, le dialogue sont des choses qui permettent aux enfants d'acquérir un esprit critique. Cela ne les empêche pas de faire des erreurs, de se tromper, mais cela permet de prendre conscience de cela et de pouvoir savoir que l'on peut changer le cours des choses, non pas en revenant en arrière, puisque c'est chose impossible, mais bien en changeant de direction en ne s'obstinant pas dans ses erreurs.

Aucun des six n'est oublié dans ce livre. Kurt Huber, Professeur de Philosophie de Sophie Scholl, Christophe Probst, Hans Scholl, Sophie Scholl, Willi Graf, Alexander Schmorell. Ils diront eux-mêmes "La fin sera atroce mais, si terrible qu'elle doive être, elle est moins redoutable qu'une atrocité sans fin.".

Hans s'était beaucoup investi dans son groupe de jeunesse hitlérienne, en composant des hymnes, en croyant fort aux paroles de Hitler. Mais malgré la mise en garde de son père, Hans persistait à y croire, jusqu'au jour où [ Quelques temps plus tard, se produisit un changement extraordinaire dans l'attitude de Hans. Il n'était plus le même. Son trouble ne venait pas des avertissements de notre père, auxquels Hans restait sourd. La raison était tout autre. Ses chefs lui avaient notifié l'interdiction de chanter. Comme il en riait, on l'avait menacé de sanctions. Mais pourquoi perdait-il le droit d'entonner ces hymnes, qui étaient si beaux ? Seulement parce qu'ils étaient inventés par d'autres peuples ? Il ne comprenait pas. Tourmenté, il perdit peu à peu son insouciance.]
Hans se met alors à s'interroger sur ses obligations envers la jeunesse hitlérienne mais "la clef de voûte de la fidélité ... n'est-ce-pas d'abord rester fidèle à soi-même ?".

Peu à peu les enfants Scholl prennent réellement conscience de ce qui se passe avec le nazisme. La peur s'empare d'eux, ils interrogent leur père sur le pourquoi des choses. Comment en sont-ils arrivés à avoir un tel gouvernement à la tête de l'Allemagne. [ En un temps d'extrême misère, nous expliqua notre père, tout ce qui est mauvais prend le dessus. Pensez à l'époque que nous avons traversée ; d'abord la guerre, puis les difficultés de l'après-guerre, l'inflation et la pauvreté. Enfin, le chômage. Et quand l'existence d'un homme devient impossible, qu'il ne voit en son avenir qu'un mur gris, infranchissable, il prête attention aux promesses, on le dupe, peu lui importe qui lui tient ces discours insensés.]

Nous savons que les juifs n'ont pas été les premiers à être exterminés par le nazisme. Les premières victimes furent les malades mentaux. [Le soupçon est général : ces morts nombreuses, subites, ne sont pas naturelles. On a commis ces crimes selon un plan bien établi. Par là, on ne fait que suivre cette doctrine selon laquelle il faut anéantir toute vie inutile, c'est-à-dire tuer des hommes non coupables du moment qu'ils ne servent ni l'Etat ni le peuple. Voilà un principe atroce, qui justifie le meurtre d'innocents, autorise l'assassinat de tous ceux qui ne peuvent pas travailler, des invalides, des infirmes, des malades incurables, des vieillards trop faibles.]

A voir, Amen, de Costa Gavras.


Hans prendra conscience, au fur et à mesure de ses expériences avec la jeunesse hitlérienne ,de ce qui se passe vraiment dans son pays. Aussi, quand il revient faire ses études à Munich, il décide d'agir. C'est ainsi qu'il rencontre Willi, Christoph et Alexander. C'est lorsque Sophie les rejoindra qu'ils pourront mieux connaitre le professeur Huber, puisqu'elle est son élève. Cette dernière n'hésitera pas à se joindre au groupe de la Rose Blanche. Ils réussissent à dénicher une machine pour reproduire leurs tracts. Ils passaient leurs nuits à cela.

Le père Scholl fut emmené pour être interroger pour avoir dit une phrase contre le régime en présence de la bonne. Le frère aîné a connu la bataille de Stalingrad.

Lorsque les enfants Scholl et leurs camarades furent arrêtés, la famille Scholl se montra courageuse. Sophie comme Hans vécurent les interrogatoires sans rien lacher. Ils avaient le courage de leur jeunesse sans doute, la fougue aussi. Et probablement l'inconscience. De toute manière, arrêter pour résister au Parti, qu'ils lâchent des noms ou pas, leur sort serait le même, ils mourraient pour trahison, pour l'exemple, pour montrer au peuple qu'on ne doit pas combattre le parti nazi.

Il fallait que les allemands se rappellent que " chaque peuple mérite le gouvernement qu'il supporte"

Je terminerais par deux textes, le premier de Gottfried Keller et le second de Aristote dans Politique. Pour Aristote, il est intéressant de voir combien son texte pourrait trouver un sens dans notre pays aujourd'hui. Je l'ai ressenti ainsi en le lisant.

Gottfried Keller.

"De sa caverne sombre
le larron part rôder ;
il veut voler de l'or
et trouve mieux encore :
une vaine querelle,
des théories de fou,
des drapeaux déchirés,
un peuple à la dérive.

Partout sur son chemin
c'et famine et disette,
il peut marcher sans honte,
il se sacre prophète ;
le voici qui s'avance
dans l'ordure et la fange
et salue à voix basse
un monde abassourdi.

Vautré dans la bassesse
comme dans un nuage,
mentant devant le peuple
il conquiert le pouvoir.
Des complices nombreux
placés à tous les postes,
guettent les occasions
et s'offrent à son choix.

Ils sèment sa parole
tels les anciens apôtres
les grains miraculeux ;
leurs discours se répandent.
L'exemple du mensonge
par tous est bien suivi.
En tempête s'élève
la puissance du mal.

La mauvaise herbe couvre
les terres désolées.
Le peuple est dans la honte
le criminel triomphe.
On reconnaît trop tard
la vérité perdue :
les bons ont disparu
les méchants sont légion.

Quand enfn les criminels
seront chassés du pays,
on en reparler longtemps
ainsi que de la mort noire.
Sur la lande, nos enfants
brûleront un mannequin :
Joie sélève des souffrances,
le jour a vaincu la nuit.



Aristote.

"Une tyrannie s'arrange pour que rien ne demeure caché, de ce que les sujets disent ou font ; elle place des espions partout ... elle dresse les hommes du monde entier les uns contre les autres, et rend ennemis les amis. Il entre dans les habitudes d'une telle administration tyrannique d'appauvrir les sujets pour payer la solde des gardes du corps afin que, préoccupés seulement de toucher leur paye, ils n'aient ni le temps, ni le loisir de fomenter des conjurations ... d'établir des impôts très élevés comme ceux réclamés à Syracuse sous Dionysios, où les citoyens avaient perdu en cinq ans toute leur fortune, à payer des redevances ... Enfin, le tyran désire faire de la guerre un état permanent ..."


Alors, quand j'entends le Président de TOUS les français, comme il aime à s'appeler, ridiculiser les constestataires, ridiculiser l'intelligence de ceux qui savent que le gouvernement appauvrit l'éducation, l'instruction, prend aux moins pauvres pour donner aux plus pauvres, et laisser à ses amis toute leur fortune, souvent bien mal acquise, quand je l'entends se moquer de ce peuple qu'il est censé représenter, quand j'entends ses ministres lui vouer des vertues qu'ils ne possèdent pas ... je pense à ces deux textes ... j'y pense fort ...

Et sans doute que j'y pense encore plus fort lorsque je constate amèrement qu'aujourd'hui, en France, il n'y a pas de parti pour contester ce gouvernement, que le PS s'enlise dans une guerre des chefs ridicule plutôt que de se consentrer sur les moyens de combattre ce gouvernement ... j'y pense ... et j'ai honte pour eux ...j'y pense et je suis déçue de ne voir aujourd'hui, en France, personne pour se battre pour mes idées, personne derrière qui me placer qui représenterait mes idées, personne pour qui voter non plus ... et être obligée depuis ... deux présidentiels de voter contre un candidat et non pour un candidat ...

Je suis en colère ...








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commentaires

O
<br /> <br /> je trouve que cette page web que tu as écrite est tout simplement fascinante, elle est très complète.<br /> <br /> <br /> je devais faire une critique littéraire et cela m'a bien aidée...<br /> <br /> <br /> Merci!<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> tant mieux si cela a pu t'aider.<br /> <br /> <br /> A bientot.<br /> <br /> <br /> <br />
S
Tu n'es pas seul ami ... Nous sommes des millions à penser que l'UMP n'est pas la fin... Mais moi je crois en mon modem ^^
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C
<br /> en attendant on subit ....<br /> <br /> <br />
C
Héééé ouais !
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C
<br /> eh ouiiiiiiiiiiiiiiiiii<br /> <br /> <br />
C
DES TEXTESINLLLIGENTS JE RESSORS GRANDIE DE MON VOYAGEICI.CHRIS COMPL7TEMENT CASSSEE BOBO PARTOUT... SALOPERIE DE KINE
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C
<br /> j'en suis heureuse si tu as apprécié ton voyage dans mon chez moi<br /> <br /> bon rétablissement Chris ;) l'amante<br /> <br /> <br />
R
la preuve qu'il ne faut pas mettre tout le monde dans le meme panier<br /> oui il faut ce battre pour la justice, mais souvent c'est le pot de terre contre le pot de fer<br /> Bonne journée du dimanche amitiés de canton<br /> Qing et rene<br /> A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com<br /> La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.
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C
<br /> oui et rien ne change<br /> car il y a des gens qui ont peur qui se sentent en danger et qui font preuve d'une autorité méchante et mesquine ...<br /> il y a ceux qui acceptent et ceux qui refusent ... mal leur en prend ...<br /> <br /> bisous<br /> <br /> <br />