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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 06:01



Le livre :

Art vit aux Etats-Unis avec sa femme. Sa mère s'est suicidée. Son père est devenu un vieil homme acariâtre. Un jour, alors qu'il lui rend visite, Art se décide à demander à Vladek de lui raconter l'histoire de sa vie, de sa rencontre avec sa femme, de la Shoah, car il veut en faire un livre en bande dessinée. Le vieil homme est très intéressé et se met à dire.



Etude sur MAUS d'Art Spiegelman.


  1. A propos du livre d'Art Spiegelman.

Ce livre n'est pas seulement un livre sur la Shoah. Art Spiegelman, en écrivant l'histoire de son père, a probablement mis des mots sur sa souffrance, sur la sourde culpabilité qui vivait en lui, par rapport à une histoire qui n'était pas la sienne, mais dont il subissait immanquablement les conséquences.

La Shoah est ce qui saute aux yeux immédiatement dans cette histoire, ne serait-ce que par la couverture. Mais ne nous y trompons pas, elle n'est que le décor d'un drame humain.



Art Spiegelman fait un choix narratif permettant au lecteur de mieux appréhender ce qu'il va lire, car il ne s'agit pas seulement de parler de l'histoire de ses parents, mais bien de sa propre histoire par rapport à celle de ces derniers. L'auteur choisit d'inscrire sa propre trace dans la trace des siens. Il dédide de montrer la difficulté qui fut la sienne de pouvoir accéder à cette histoire, en mettant en avant ses relations au Père, et le comportement de ce dernier, mais aussi les différentes interrogations qui jalonnèrent la conception de ce livre.



Nous avons quatre niveaux temporels :

  • L'époque où Vladek raconte son histoire à Art.
  • L'époque où se déroule l'histoire de Vladek.
  • L'époque où Art dessine et rédige son livre.
  • Les souvenirs mêlés d'Art à travers la rédaction du livre.
Ces quatre niveaux temporels sont encastrés les uns dans les autres, montrant au lecteur que la grande histoire ne se départit jamais de la petite histoire, que les souffrances d'un peuple rejaillissent sur les générations suivantes, sans que nous en ayons réellement conscience.

Dans son livre, Art Spiegelman aborde la question du choix des animaux pour représenter les différents peuples. Je choisis de dire peuple car nous savons tous que les juifs sont un peuple et non une nation. Ils seront des souris, les allemands des chats, les polonais des cochons, les américains des chiens, les français des grenouilles. A vous de voir pourquoi de tel choix ... un indice, les anglais nous appellent les mangeurs de grenouilles.

Le trait d'Art Spiegelman est simple, minimaliste, mais reste très expressif. Le lecteur se trouve régulièrement dans une position de spectateur, assistant aux scènes dans leur globalité, voyant plus de choses que les protagonistes. Par exemple, lors d'un repas de famille, alors que les adultes discutent des mesures prises par les nazis contre les juifs, Richieu (le frère aîné d'Art) fait des bêtises et sa mère le gronde. Une façon de montrer que la vie continuait, les enfants restaient des enfants, les femmes des mères et des épouses, les hommes des hommes malgré tout. Et c'est bien ce que nous montre Art Spiegelman dans cette Bande Dessinée.






A venir

2- Maus, une histoire de la Shoah (première partie)

3- Maus, une histoire de la Shoah (deuxième partie)
4- Maus, la culpabilité du survivant.(première partie)
5- Maus, la culpabilité du survivant. (deuxième partie)



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commentaires

Léa 13/02/2011 14:59



Je suis en 3ème et je dois faire un document sur une oeuvre choisie pour l'art plastique et j'ai choisi Maus. Cet article m'a beaucoup plu, et me permet de rajouter encore des éléments à mon
projet. Pour ma part, pour les animaux, je pense que le chat poursuit la souris, le chien, lui, ne mange pas la souris, il fait fuir le chat ! Les américains ont libérés les camps avec les
russes, le chien est le meilleur ami de l’homme, ici de l’humanité, il est fidèle... La grenouille pour les français qui n'apparaissent pas énormément sont surement dû aux coutumes culturelles
stéréotypées des français. Il faut se référer aux qualités et défauts qu’on attribue à ces animaux-là...


Voilà, bonne soirée !! :)



Catgirl 20/02/2011 15:06



pour les qualités des américains et des russes, je ne suis pas sûre que la fidélité soit ce qui les caractérise le mieux, je pense plutôt qu'ils sont régis par
leurs intérêts, on le voit encore aujourd'hui avec les événements du moyen orient! les américains ne sont intervenus dans la seconde guerre mondiale, que lorsque pearl harbor a été bombardé,
quant aux russes, ils étaient d'abord du côté d'Hitler avant de retourner leur veste, ne l'oublions pas ;)


 


bon courage pour ton projet d'art plastique, ton choix est excellent !


 


à bientot



Léa 25/04/2010 10:34



Salut !


Je travail sur Maus en ce moment, en faisant des recherches sur le livre, je suis tombée sur ta page. J'ai lu et ça m'a beaucoup plu ! Je pense que ça m'aide en quelques sortes pour mon travail
puisque je comprend un peu mieux le livre maintenant. Je crois que je n'en avais pas cerné toutes les facettes, comme celle du repas familial où la vie continue quoi qu'il arrive. Par contre pour
le choix des animaux, je n'ai qu'une vague idée malgré l'indice que tu as fourni comme quoi les Anglais appellent les Français des mangeurs de grenouille. Je ne suis pas sûre mais est-ce que ce
serait qu'il faut garder en tête que tout être à un prédateur. La souris se fai manger par le chat, et pendant la première guerre mondiale, les juifs se font tuer par les antisémites, les
Allemands.


Merci de m'éclairer si tu le peux! Je vais de ce pas lire tes autres articles!



Catgirl 26/04/2010 12:57



je crains de n'avoir de vérité sur le choix des animaux, mais je trouve ta déduction très intéressante, sur le fait que l'homme est un prédateur, et donc, que la
loi du plus fort domine. Je pense que Spielgman n'a pas choisi les animaux au hasard, ces derniers représentent sans aucun doute un aspect de la personnalité des peuples. Les souris sont assez
discrêtes, elles travaillent souvent dans l'ombre, sont des proix faciles, mais aussi des animaux que l'on craint ; les juifs ont aussi ces caractéristiques.


Les chats n'ont pas que de bonnes qualités, d'ailleurs il n'y a que les amoureux des chats pour leur reconnaître leurs qualités véritables. Souvent ils sont
associés à des animaux fourbes, cruels, lunatiques et j'en passe.


 


Les chiens aiment la main qui les nourissent, ils se nourissent de qui leur est utile ... un peu comme les américains finalement.


 


Quand aux français, sans doute était il aisé de les associer aux grenouilles, puisque les anglais nous surnomment les "froggies" ...


 


Bonne lecture.


cat



leslie 26/01/2009 17:30

commme souvent tu me fais découvrir des auteurs qu j'ignoraient totalementPERSONNNELLLEMENT JE PENSE QUE LA PETITE HISTOIRE PERMET DE mieux se mettre dans la peau du sujetbises à toi

Catgirl 26/01/2009 18:20


la petite histoire humanise

bises


qing et rene 25/01/2009 02:46

Bonjour depuis canton (Guangzhou) Sud de la chine.
Bonne journée du dimanche amitiés de canton
Qing et rené
A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com
La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.

Catgirl 25/01/2009 07:41


bonjour bonjour les cantonais :D


Handi@dy 25/01/2009 01:16

Un classique sur lequel j'ai même travaillé avec des élèves! Plus accessible que des cours d'histoire et d'autres documents. Les souris, une image parfaitement comprise! BIZ!

Catgirl 25/01/2009 07:40


oui mais les documents, les cours d'histoire apportent une réalité des faits ...

bisous


Mon Grenier