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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 06:48




Le téléfilm :

Jean Palu est infirmier dans son petit village breton de cap Sizun. C'est le 5 août 1944. Le jour de la libération. Alors que Jean se rend au village pour soigner la mère de Valentin, ils sont arrêtés par les nazis en déroute. Emmenés sur la place du village, ils découvrent qu'ils ne sont pas les seuls otages des allemands.
C'est alors que Jean se rappelle que la tuberculose l'a empêché de devenir médecin, que ses beaux-parents le méprisent de n'être que "le petit infirmier du village" alors qu'eux sont des châtelains. Il se souvient du cousin de sa femme, Gwénolé, qui prit le maquis pour échapper au travail forcé en Allemagne, et qu'il l'a trouvé dans le lit conjugal avec sa femme. Il se remémore cette lettre anonyme écrite pour la kommendantur de Douarnenez, qu'il n'a jamais détruite. Et il se souvient de Marie, la jeune femme de Roubaix, qui joue de l'accordéon aux allemands pour pouvoir survivre dans cette guerre.



Ce que j'en ai pensé :

A travers la conscience de Jean, l'auteur a voulu montrer la complexité de cette époque, des hommes aussi. 

Ce qui est intéressant dans ce téléfilm, c'est qu'il nous propose une autre lecture de l'histoire, sans cette sensation de déjà vu, où les méchants sont toujours les mêmes, et les gentils toujours les autres.

Jean Palu est un homme avec ses défauts, avec sa conscience aussi. Il n'oublie pas qu'avant d'être des soldats, les allemands sont des hommes, il n'oublie pas non plus que dans les pires moments chacun fait avec les moyens qu'il a pour subsister.
Jean Palu ne juge pas, il sait bien que rien n'est aussi simple que les apparences.

Le téléfilm commence avec Palu venant faire la piqûre au père de Marie. Surgit alors les maquisards qui veulent lui faire payer le fait qu'elle ait fricotté avec les allemands. Jean ne laisse pas les choses se faire. Il n'admet pas qu'on agisse ainsi, il connaît le courage de Marie et surtout il ne la juge pas. Seulement les résistants de cap Sizun ne l'entendent pas de cette oreille et persécute Marie, qui finira tondue.

Lors de cette confrontation, il retrouve Gwenolé, le cousin de sa femme Françoise. C'est aussi l'homme avec qui elle l'a trompé dans un moment d'égarement, c'est aussi à cause de cet homme, que Jean est devenu la risée du village, se faisant traiter de cocu sur la place publique.
Palu ne partage pas les idées de Gwenolé, celui-ci vient casser du boch, parce que le boch c'est l'ennemi. Pour Palu, l'allemand est surtout un homme. Et puis, le jour où il rentre chez lui et trouve le jeune maquisard faisant l'amour à sa femme, il ne peut plus le supporter. Dans sa souffrance d'homme blessé, de mari humilié, il écrit une lettre destinée à la kommendantur de Douarnenez, dénonçant les résistants, et notamment Gwenolé. Impulsion du mari trahi, qui pourtant n'envoya jamais la lettre.
En ce jour de libération, en ce 5 août 1944, Palu commence à brûler la lettre, mais le destin en avait décidé autrement. Valentin vient le chercher pour qu'il soigne sa mère. Palu remet donc la lettre dans le tiroir de son bureau.

Sa vie bascule à ce moment-là. Ils sont arrêtés par les allemands en déroute qui n'ont plus rien à perdre. Pris en otage avec d'autres civils, ils vont attendre et voir. Une poignée de maquisards est vaincue par les nazis. C'est alors que le village découvre que des gens qu'ils n'auraient pas imaginé appartenir à la résistance en font parti. Les apparences ne sont jamais ce qu'elles semblent être, et ne suffisent donc pas en soi. Durant toute la journée, les otages vont attendre que les allemands décident de leur sort. Les villageois sont autorisés à venir leur apporter un peu d'eau et à boire. Marie se dirige alors vers Jean qui lui demande d'aller brûler la lettre.

Un officier allemand est blessé. Palu est réquisitionné pour le soigner. Il s'exécute, car c'est son rôle. Alors qu'il refuse au départ de partager une bière avec l'homme, il finit par accepter. Quand l'officier lui suggère de rester à ses côtés pour sauver sa vie, Palu refuse, il retourne auprès des siens. Courage, loyauté, conscience ? Palu est-il plus courageux qu'un autre ? Sans doute pas. Palu a simplement besoin de se rester fidèle.

Je reviens donc à cette lettre qu'il a écrit, jamais envoyée, jamais détruite. Pourquoi ? Et si cette lettre était en quelque sorte son garde-fou, un moyen de ne pas oublier qu'il pourrait être lui aussi un monstre (en dénonçant les maquisards), un moyen de ne pas oublier sa souffrance, un moyen de ne pas oublier qu'il est comme les autres, faible, faillible, humain.

La fin de la guerre, la libération signe la non nécessité de cette lettre. Elle n'a plus à exister, elle n'a plus à être. Pourtant Marie ne détruira pas la lettre. Elle comprendra que dans cette dernière se lit toute la souffrance de Jean quant à la trahison de sa femme, toute cette souffrance qui aurait pu le conduire à devenir un monstre, et pourtant, qui ne l'a pas conduit à cela.

Jean Palu sera fusillé sur le cap Suzin, avec les autres otages, avec les maquisards attrapés. Françoise trouvera la lettre, comprendra la souffrance de son mari. Marie sera tondue.



à lire, Le Maquis de Lorris (les massacres de la forêt d'Orléans).
à lire aussi, La femme est l'avenir de l'Homme, pour la réflexion sur l'humain, la monstruosité humaine.










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commentaires

Jean-Yves 26/03/2009 11:42

Ce roman indique le plus clairement que la vie d'un homme ne se limite pas à un seul axe. Un roman où semble figurer de nombreux sentiments humains.

Jean-Yves 26/03/2009 11:42

Ce roman indique le plus clairement que la vie d'un homme ne se limite pas à un seul axe. Un roman où semble figurer de nombreux sentiments humains.

Catgirl 26/03/2009 20:17


oui, c'est un téléfilm que j'ai apprécié pour une lecture différente de la nature humaine dans ce conflit, dans le conflit humain tout court d'ailleurs.

pleins de :0010:


Handi@dy 24/03/2009 12:34

Côté Allemands, il y a eu des "bons" aussi, résistants de la première heure, comme mon grand-père et ma mère, la gauche, l'église qui ont occupé les camps en premier!... De nombreux Allemands ont fait hériter leurs "prisonniers français" qui ont hérité de terrains et maisons parfois luxueuses. Ils adoptaient littéralement leurs prisonniers et les traitaient comme leurs propres fils qui, eux, étaient tombés!La guerre n'est pas simple, mais elle révèle ce que l'Humain a en lui! :0010:

Catgirl 24/03/2009 18:06


bien sur que tous les allemands n'étaient pas nazis.

bisous


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