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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 08:52



Le film :

Berlin Est. 1984. Le capitaine Gerd Wiesler, élément brillant de la Stasi se trouve chargé de surveiller l'écrivain dramaturge Georg Dreyman et sa compagne. Avec ses agents, il truffe l'appartement de ces derniers de micros, puis s'installe dans le grenier de l'immeuble, pour suivre leur vie, pas à pas.
Touché par la naïveté de l'homme ou bien par la beauté de la femme de ce dernier, peut-être par les deux, Wiesler commence à changer de comportement. Il se met à donner une chance à la vie.






Ce que j'en ai pensé :


La Stasi existe depuis février 1850 et prendra fin avec la chute du mur de Berlin en 1989. Il s'agit pour cette police politique de surveiller étroitement la population pour la soumettre au régime politique en place.
Après la fin de la Seconde guerre Mondiale, la Stasi va devenir un instrument essentiel du Parti Socialiste en RDA. Dès lors la répression contre toute forme d'autorité s'abat sur les milieux pouvant s'opposer au régime, notamment les intellectuels, les artistes, les services de sécurité.

Il ne faut pas que ces gens passent à l'ouest. C'est ainsi que lire un livre écrit par un auteur de l'ouest, voir un film venant de l'ouest ou même simplement écouter une émission diffusée à l'ouest peut faire de vous un suspect.

La Stasi est une police redoutable, qui n'a pas hésité à venir enlever des personnes passées à l'ouest, à les enfermer dans l'isolement le plus total.
Si, au fil des ans, cette police politique a laissé la violence physique de côté, elle s'est tournée vers une autre forme de violence, la violence psychologique. C'est ce que montre La Vie des Autres.


Gerd Wiesler est capitaine dans la Stasi, il n'a aucune haine contre ses compatriotes, aucune rancoeur, aucune jalousie. Il est formé à un travail qu'il exécute intelligemment, consciencieusement et rigoureusement. Ce côté du personnage est montré dès la première scène, où l'on assiste à un interrogatoire qui vise à trouver de quoi le suspect est coupable, car il est forcément coupable. Rien n'est laissé au hasard. La psychologie de l'autre, l'ascendant que l'on peut avoir sur lui, les détails comme reccueillir l'odeur corporelle, sont autant d'éléments permettant de déstabiliser l'autre. Si cela ne suffit pas, le "prisonnier" est totalement isolé, et finit par céder et avouer. Menacer la famille du prévenu est aussi un bon moyen de pression.

Gerd Wiesler n'est que capitaine, car il n'a pas d'ambition. Il n'a pas de vie d'ailleurs. Pas de famille, un appartement de banlieue totalement impersonnel, une vie sexuelle avec des prostitués. Son supérieur, qui n'est autre qu'un de ses anciens camarades, qui n'est là que parce qu'il est ambitieux mais ne possède pas l'intelligence de Wiesler, le convie à la première d'une pièce, celle du dramaturge Georg Dreyman. Celui-ci est très naïf, il ne s'oppose pas au régime, a choisi de ne pas s'impliquer dans ces histoires politiques. Cela ne l'empêche pas d'être ami avec des opposants, des militants.

Sa compagne, l'actrice Christa-Maria devient un enjeu. Elle est aussi la maitresse soumise et involontaire d'un ponte du gouvernement. C'est sans doute à cause de cela qu'une surveillance étroite est mise en place contre l'auteur. L'écarter pour l'éloigner de Christa-Maria.

C'est Wiesler qui va mettre au point la surveillance, truffant l'appartement de micro, organisant des filatures, et s'installant 12h par jour dans le grenier de l'immeuble de Dreyman pour tout écouter. Un technicien prend la relève pour la nuit. Tout est noté, ce qui se déroule dans l'appartement, qui vient, ce qui s'y dit, même les rapports intimes entre Georg et Christa-Maria. Mais rien, rien ne se passe. Le dramaturge est blanc comme neige. La seule chose que l'on pourrait lui reprocher, ce sont ses fréquentations avec un journaliste mis à l'index et un metteur en scène qui a dû cesser ses activités et été isolé d'une vie sociale à cause de son opposition au régime.

C'est la mort de ce dernier qui va faire basculer Dreyman dans l'opposition au régime. C'est aussi à ce moment que Wiesler va basculer dans la vie.

Dreyman ne peut supporter qu'à cause de ses opinions, son ami, isolé, brimé, et déchu de son talent en soit venu à se suicider. Il ne peut accepter cette mort qui le laisse démuni, et se met à faire des recherches sur le suicide en RDA. Il découvre alors qu'à partir de 1977, les suicides ont cessé d'être comptabilisé, car la RDA était un des pays où le taux de suicides étaient le plus élevé. Il écrit alors un article engagé dénonçant les pratiques de la Stasi, du parti socialiste en place. Publié sous un faux nom, le papier parait en Allemagne de l'Ouest, et dans tout l'Europe, trouvant des échos dans tout l'occident. La Stasi se met alors en chasse. Qui est derrière cet article ? Est-ce Dreyman ?

Parallèlement, Wiesler, dans cette surveillance étroite de Dreyman et de Christa-Maria, s'est humanisé. Il a découvert une vie où l'on se parle, où l'on a des émotions, des besoins, une vie où l'on exprime ce que l'on est, ce que l'on pense, ce que l'on ressent. Se met-il à admirer Dreyman ? Tombe-t-il amoureux de Christa-Maria ? Sans doute les deux.

Wiesler devient alors le complice de l'ombre de Dreyman. Ce dernier ignore sa surveillance, il pense être à l'abri de cela, loin de tout soupçon. Pour s'en assurer, avec son ami journaliste, ils font croire à une mise en scène. Cet ami est censé passé à l'ouest. Mais rien n'arrive à la frontière, la voiture n'est pas contrôlée. La preuve pour eux, que l'appartement de Dreyman n'est pas sur écoute. Les amis vont alors mettre au point une stratégie pour que le dramaturge puisse écrire et faire publier son article sur la réalité du suicide en RDA. Wiesler ment alors dans ses rapports. Il n'a pas signalé la tentative de fuite vers l'ouest, ignorant au départ qu'il s'agissait d'un test. Il choisit de mettre dans son rapport que Dreyman prépare une pièce de théâtre pour l'anniversaire de la RDA, alors qu'il sait parfaitement le travail d'oppostion auquel se livre l'auteur.

Wiesler protège donc Dreyman sans que ce dernier ne soit au courant. Il se met en danger pour protéger un étranger, mais pas n'importe quel étranger, cet étranger qui aura su le toucher, lui apprendre à voir la vie autrement. Wiesler met tout sa vie en question pour cet artiste. Le déclic. Il a eu un déclic. Il n'avait besoin que de cela. . Mais cela a t il changé sa vie ? Est ce que lui va changer sa manière de vivre ?

Avoir protégé et sauvé Dreyman va lui couter cher. Ses supérieurs ne peuvent pas prouver sa trahison. Ils n'ont donc qu'un moyen à leur disposition, le rétrograder au post le plus bas qu'il soit. Il va ouvrir des lettres. Wiesler n'avouera pourtant rien. Alors quand le mur de Berlin tombe, que la Stasi est dissoute, que les archives seront mises à disposition des habitants de la RDA, Dreyman décide de les consulter. Il découvre avec stupéfaction qu'il a été surveillé, et comprend que l'homme qui est l'auteur des rapports à changer au fil de la surveillance. Dreyman découvre que les rapports ont commencé à être faussé dès l'annonce du suicide. Il apprend que Wiesler l'a protégé.

Deux hommes qui ont vécu en parallèle, mais dont les vies ont dépendu l'une de l'autre. L'un s'est sacrifié pour que l'autre continue à être une personne idéalitste, ayant confiance en la vie.


Un film bouleversant d'humanité sur les hommes, sur une institution qui n'a rien pu contre l'humanité d'un homme.




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commentaires

Little Cat 10/04/2009 20:48

Ah oui je l'avais vu ce film au début que j'étais à Düsseldorf: j'avais adoré!!

Catgirl 10/04/2009 20:50


un très bon film ;)

bisous


Jean-Yves 09/04/2009 21:31

Je ne sais me faire une image objective de la Stasi. Peu importe. Dans ce film, l'essentiel est dans le changement de regard que porte cet officier sur la vie.Il faut parfois peu de choses pour décaler sa vision qu'on avait eue jusque-là. Encore faut-il accepter et les conséquences qui vont avec.

Catgirl 10/04/2009 06:21


je crois que le fait que cet homme ait aidé un homme qu'il respecte, qu'il pense être bon lui a suffit, comment dire, les risques et les conséquences de ses
risques valaient la peine pour l'homme qu'il a épargné. il a agit en son âme et conscience, parfaitement conscience de ce qui allait lui arriver.

d'ailleurs, quand il est rétrogradé, il accepte, sans haine, sans rancune. plus tard, quand le mur est tombé, qu'il découvre des affiches de promotion sur l'auteur qu'il a sauvé, là encore, il n'y
a pas de regret. il entre dans la librairie, se saisit du livre, et découvre que ce livre est un hommage qui lui est rendu. ce livre, c'est comme un regard qui te dit merci en toute humilité, loin
d'épanchement qui aurait mis mal à l'aise l'autre.

cet officier est un humble, l'hommage discret mais bien réel de l'homme qu'il a sauvé, lui apporte plus sur l'humain que n'importe quelle autre marque de remerciement que son protégé aurait pu
avoir.

bisous


Flo-Avril 08/04/2009 15:25

Gros bisous du mercredi CatAmitiés, Flo

Catgirl 08/04/2009 17:41


merchi ma Flo
bisous


Sabrina 08/04/2009 12:56

Tres joli blog que je découvre avec plaisirAu plaisir

Catgirl 08/04/2009 17:40


merci Sabrina, à bientôt.


Michka :0032: 07/04/2009 18:35

bonnes vacances mon petit padawan

Catgirl 07/04/2009 19:15


tu es en retard ;) j'ai repris le boulot ce matin lol

bisous


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