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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 06:08


Le livre :

Washington. Francis, un jeune homme de style fils à papa décide de sortir son amie Gaya d'un mauvais pas. En effet, lors d'une fête où il choisit de se déguiser en femme, Francis découvre que cette dernière est devenue accro à la drogue et est tombée sous la coupe d'un gang dirigé par une lesbienne redoutable, Louise Walcott.


Ce que j'en ai pensé :

Dans la lignée de J'irai cracher sur vos tombes ou encore, Les morts ont tous la même peau, ce roman signé à l'origine par Vernon Sullivan, pseudonyme de Boris Vian, a tout du petit thriller ironique, mélant la mafia homosexuelle dirigée par une lesbienne écrasant son frère, lui-même homosexuel.

Francis, que l'on imagine frêle, beau garçon, un tantinet irrévérencieux, se révèle être un redoutable homme prêt à défendre la veuve, et pourquoi pas l'orphelin.

On sent tout au long du roman la caricature du milieu lesbianiste et homosexuel de l'époque des années 50 aux USA, qui n'est pas sans rappeler les romans de James Elroy, qui seront publiés bien des années plus tard.

Sullivan, alias Vian, se donne à coeur joie d'utiliser un langage peu chatié, de nous faire part de considérations sexuelles, homophobes, et autres théories plutôt douteuses qui devaient sans aucun doute jalonner les milieux bien pensants de l'époque, et encore de la notre malheureusement.

Francis n'a à faire dans sa vie que de vivre, de prendre du bon temps, du plaisir et de s'envoyer en l'air avec ses copines, notamment Gaya. Constat, une fois de plus que notre société n'a rien inventé, nos jeunes non plus. Et oui, vous qui pensez que de vous envoyez en l'air avec vos copains, juste pour le fun, pour satisfaire vos instincts relève de notre unique époque où tout le monde se croit tout permis, vous avez tort. Nous n'avons rien inventé, nous faisons seulement sans pudeur et ouvertement ce qui existe depuis la nuit des temps. Vous êtes déçus ? M'enfin il ne faut pas.

Francis devait donc s'ennuyer un peu, le jour de ce bal, où déguisé en femme, attirant les minets et les dragueurs à la petite semaine, il décida de s'occuper de sa petite copine, et de ses ennuis. Trouvant un peu louche cet homme aux allures efféminées, prétendant être l'ami de Gaya, Francis découvre que celle-ci est drogué jusqu'à l'os. Qu'à cela ne tienne, il ira en démordre avec le dit "mâle" en lui cassant la gueule ; mais comme les choses ne sont jamais aussi simples qu'elles paraissent, Francis tombe sur un os ... il tombe sur la mafia dirigée par Louise Walcott, une lesbienne redoutable, perverse et particulièrment cruelle. A la tête d'une véritable armée fémine, entièrement vouée à son plaisir et à ses désirs, cette femme trouve de jeunes oies de la bourgeoisie, qu'elle veille à rendre accro à la drogue, pour en faire ses nouveaux joujous sexuels. Seulement Gaya devient un enjeu un peu plus intéressant. Et oui, riche héritière, Gaya va se muer en future épouse dévouée au frère de Louise, un homo un peu lâche, un peu tout, et surtout pas un homme. Gaya s'en fout, elle ne veut que sa dose de drogue, sa dose pour avoir l'impression de vivre mieux, de vivre dans le coup.

Seulement Francis ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui, les lesbiennes sont des femmes qui n'ont pas rencontré l'homme qui leur montra ce qu'était un homme. En gros, s'il rencontre une lesbienne et qu'il lui montre comment un homme s'occupe d'une femme, il la convertira forcément à l'hétérosexualité. Ce qu'il parvient à faire avec son frère Ritchie, lorsqu'ils kidnappent  Donna, une des "filles" de Louise Walcott. Après l'avoir un peu brutalisée pour la faire parler, ils se sont occupés d'elle, de la convertir. Chose réussie avec succès.

Mais nous savons tous que l'homosexualité, tout comme le lesbianisme, est une chose profondément ancré dans les êtres, même s'il est vrai que certains font des expériences, même si je crois que nous sommes tous plus ou moins bisexuels.

C'est donc sur fond de milieu homo que Sullivan nous entraine dans une sorte de polard dégrisant et décappant ou évidemment, à la fin, les méchants finissent comme ils doivent finir, morts et enterrés.

Un bon petit roman acide et ironique.



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commentaires

the-jc 13/04/2009 22:54

vian je suis un fan j'adore

Catgirl 14/04/2009 07:56


super !


:0091: lili Flore :0010: 11/04/2009 18:28

Ma belle profite bien de long weekend pour te balader avec ton apn et nous faire de belles photos. Très bon weekend pascal avec des bigs bises

Catgirl 12/04/2009 20:51


une très longue balade, du coté de combleux sur les bords de loire !!!

pleins de gros bisous Lili


Jean-Yves 11/04/2009 07:59

Je n'ai pas lu ce roman. Mais je me demande - quant à l'homophobie dont tu parles - s'il ne s'agit pas d'une écriture parodique des romans policiers des années 50 qui eux étaient particulièrement misogynes et homophobes...

Catgirl 12/04/2009 20:49


je pense que oui, c'est bien pour cela que je ne dis pas que Vian était homophobe ;)

c'est un livre qui m'a fait passer un bon moment.

bisous mon Jean YVes.



Dam 11/04/2009 07:33

Donc, un petit roman qui doit rendre tout feu tout flamme ! Je retrouve actuellement mon goût pour les polars, après l'avoir laissé de côté à cause du travail. Et ton article me donne encore plus envie de retrouver ces ambiances,  ici exacerbées, si j'ai bien compris, par les changements d'identité sexuelle.Je te souhaite un bon samedi, à bientôt ;)Bisous !

Catgirl 12/04/2009 20:50


donc tu vas repartir avec ;)

bisous bisous


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