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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 07:57



Le film :


Daigo fait parti d'un orchestre symphonique jusqu'au jour où celui-ci est dissout. Ce dernier, conscient de ne pas être un grand violoncelliste, malgré son talent, décide de retourner vivre avec sa femme dans le village qui l'a vu naître. Sa mère, décédée, lui a laissé une maison, ancien snack. Daigo doit retrouver un emploi, mais que faire, lui qui a donné sa vie à la musique. Encouragé, soutenu par sa femme, il épluche les petites annonces, et finit par se présenter dans une petite entreprise. Daigo se trouve confronté à la mort, au métier de préparer les morts pour leur dernier voyage. Il finit par accepter l'emploi, taisant la réalité à sa femme, Mika.




Ce que j'en ai pensé :


Avant la diffusion d'un film, le cinéma des "carmes" propose les bandes annonces de sa sélection en cours et à venir. C'est souvent ainsi que je choisis les films que je vois.
C'est en attendant la diffusion d'"Etreintes Brisées" d'Almodovar, que j'ai découvert "Departures". Je ne regrette pas d'avoir fait le pas vers ce film qui m'a simplement enchantée, et ce à plus d'un titre.

Le sujet reste extrêmement tabou : préparer les morts avant leur dernier grand voyage. Sujet traité avec humour et délicatesse.

Daigo n'a qu'une passion dans sa vie, le violoncelle. Il en joue depuis l'âge de quatre ans. Son père y tenait, ce même père qui l'a abandonné, lui et sa mère, alors qu'il n'avait que 5 ans. 30 ans ont passé. La passion est toujours là. La musique comme soupape, la musique comme moyen de communiquer autrement.
Daigo, marié à Mika, n'a pas pu enterrer sa mère, car il était en tournée. Daigo qui retourne aux sources, à la source, dans la maison qui l'a vu grandir, pour tourner une page, en écrire une nouvelle, aussi surprenante qu'inattendu, vend son violoncelle de pro, acheté à crédit. Mais la passion reste là, et dans le grenier de la maison de son enfance, il retrouve le violoncelle qui l'a vu grandir. Il y retrouve les premières notes jouées, les morceaux tant aimés.
Daigo, élevé par sa mère, élevé aussi par un village, a trouvé une épouse aimante, qui le soutient, sur lequel il peut se reposer. Mais certaines choses restent taboues, les idées reçues ont la vie dure.
Daigo ne sait faire que de la musique, véritable léïtmotiv dans ce film, il lui faut faire des concessions. Il va vivre un véritable parcours initiatique, entre lui vivant, la "norme" pensante de la société japonaise et la mort, la préparation du mort.
Daigo ne devient pas croque-mort. Il va devenir grâce à son "patron", un homme qui prépare avec respect le mort dans son dernier voyage. Le violoncelliste apprend à laver le défunt / la défunte dans le respect de celui-ci, mais aussi dans le respect de la famille qui assiste à la métamorphose du mort en l'image qu'il était de son vivant.
Petit à petit Daigo apprend les gestes, l'art de son métier. Il apprend à la laver, à habiller, mais aussi à maquiller le visage du défunt d'après une photo que la famille a choisi.
La délicatesse, le respect de Daigo et de son "patron" envers le mort et la famille de ce dernier forcent à leur tour le respect de ceux qui assistent à cette étape cruciale envers les actants de celle-ci.

Daigo est confronté à sa propre idée reçue sur le métier de "préparateur de mort", ensuite il est confronté aux regards des autres qui jugent ce métier indigne et impropre. Il devra ensuite affronter le regard de sa femme.

Si Daigo prend un baptème un peu rude dans son nouvel emploi, rapidement, il devient admirateur puis acteur de son métier. Il en comprend l'importance pour la famille, et le respect pour le mort. Il s'investit, il comprend que ce métier lui convient, parce que Daigo a ses propres démons, ses propres peurs et ses propres deuils à faire. Il expie tout cela grâce à ce métier qui l'oblige à affronter une réalité brutale et définitive.

Daigo est hanté par sa mère morte, sans qu'il ne l'eût accompagnée ; il est aussi hanté par ce père, fuyard de sa famille. Hanté par un passé dont il n'a pas fait son deuil et dont il n'arrive pas à tourner la page. Si le retour au village représente un avantage financier (plus de loyer à payer, une vie moins chère, un retour à des besoins plus naturelles hors de la société de consommation), en revanche, elle est la porte ouverte sur un passé dont il n'a pas fait le deuil.

Plus qu'un métier, cette activité devient une ouverture sur lui-même, sur sa vie et sur les autres pour Daigo. Peu à peu, il dépasse son propre dégout, puis le dégoût des autres. Confronté au dégoût de sa femme, qui ne peut pas comprendre qu'il aime son métier, il choisit de la laisser repartir dans sa famille. De nouveau seul, la musique redevient la conseillère, la confidente, l'espoir et le partage. Le temps passe, passe, passe et Mika revient, porteuse d'une belle nouvelle, elle porte la vie. Un nouvel argument, de son point de vue, pour demander à Daigo d'abandonner son métier, ce métier qu'il a choisi par nécessité et qu'il a appris à aimer par humanité.

La vie permettra à Mika de découvrir le véritable métier de son mari, l'art de l'accompagnement. Elle comprendra alors, et acceptera.

Le dernier fil conducteur du film est le père. Jamais là, mais toujours présent. Certaines absences sont tellement plus vivantes que certains présents.

Un très beau film sur la vie, et la mort ; sur l'amour et sur les idées reçues. Le violoncelle y tient une grande place.


Departures, le site du film
.


J'ai vu le film en japonais, sous-titré en français.





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commentaires

Jean-Yves 28/06/2009 08:26

Daigo dépasse ses dernières réactions d'homme et c'est avec les yeux dans les yeux de la mort qu'il sauve sa vie en trouvant le « bonheur » de s'appartenir et de vivre avec lui-même. Un film que j’aimerais découvrir.

Catgirl 28/06/2009 08:28


c'est vraiment un beau film.

je trouve que l'art de préparer les défunts comme le font Daigo et son boss, aide les familles à dire au revoir à ceux qui partent, à faire le deuil.

c'est vraiment un très beau film, qui rend la mort comme une étape, et non comme une fin.
très émouvant. je suis vraiment contente d'être allée le voir.

bisous


lucy 27/06/2009 12:32

hum ça donne envie d'aller le voir ce départures !!

Catgirl 27/06/2009 16:36


c'est un très beau film, vraiment très beau


grand enfant 21/06/2009 18:05

ça fait rever...bonjour tigresse

Catgirl 21/06/2009 18:47


bonsoir grand enfant !


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