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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 07:20

Le livre :


Claire vit seule dans son appartement parisien sur cour. Elle travaille chez elle, corrigeant des manuscrits pour une maison d'édition. Claire, bourrée de complexes, de phobies en tout genre, voue un culte aux silences. Ses fenêtres donnent sur l'appartement du mystérieur japonais, Monsieur Ishida. Il se noue entre eux une étrange relation, un amour platonique ou simplement le besoin d'avoir un autre avec qui dire l'indicible ?


Ce que j'en ai pensé :

D'un style littéraire "facile", on prend quand même beaucoup de plaisir à lire ce roman. Dommage que l'auteur n'est pas poussé ses investigations plus loin.
Je regrette l'histoire dans l'histoire dont le dénouement me semble un peu facile voire baclé.
Il aurait fallu, à mon sens, aller plus loin dans la relation instaurée entre Ishida et Rossetti, pour que cette histoire dans l'histoire est un réel sens.

Claire est un personnage qui n'a rien d'exceptionnel. Des Claire, il en existe beaucoup, homme / femme, qui vivent par procuration. Beaucoup d'entre nous choisissent de rêver leur vie, de regarder les autres vivre, de se plaindre de ne pas avoir la vie qu'il voudrait, pour une unique raison, c'est qu'ils n'osent pas. Ils n'osent pas être, ils n'osent pas faire. Alors, c'est toujours de la faute à pas de chance, de la faute à la vie etc.

Claire ne se plaint pas. Elle est un peu amère, un peu acide, un peu caustique. Elle est surtout repliée sur elle-même, craignant le contact à autrui. Elle se rend volontier chez les autres, vient en aide à ceux qui l'entourent, mais pénétrer dans son antre, son intimité, est une chose qu'elle a dû mal à supporter. Pourtant, elle n'hésite pas à se montrer voyeuse, observer ses voisins, écouter, mais pas surveiller. Elle assiste à la vie des autres, prenant conscience des travers, mais aussi des biens faits des gens qui l'entourent.

A vrai dire, seule la petite Lucie semble trouver grâce à ses yeux. Les enfants ont cette esprit qui  nous échappe, une fois adulte.

Claire consulte Monica régulièrement pour ses angoisses, phobies ; elle voit aussi Dietrich, un osthéopathe, devenu son amant. Il est amoureux d'elle, il la trouve différente, particulière, unique. Il lui laisse le temps de se rendre compte, qu'elle aussi l'aime.

Mais Claire vit dans un amour perdu, puis dans un amour platonique. Pourtant c'est toujours vers Dietrich qu'elle retourne.

Pourquoi avoir inclus une histoire dans l'histoire ? Cela servait-il réellement le roman ? Pas sûre vu que nous restons sur notre faim. Il aurait fallu que l'auteur aille plus loin dans la traque humaine que se livre Ishida et Rossetti, à laquelle se trouve mêler Claire. On survole une relation qui aurait pu devenir une métaphore de la vie de Claire avec elle-même. Cela aboutit par une mort, et une vague explication. C'est dommage. Quand le traqué devient celui qui attend le traqueur ; quand le traqueur devient la proie inconsciente du traqué.

Malgré ce bémol, un bon roman pour s'aérer la tête.


Extraits :


- "On n'aime pas beaucoup les gens qui lisent tout le temps. Je suis sûre qu'on ne vous a jamais fait de réflexions sur votre intérêt pour la physique. Il doit y avoir une hiérarchie des passions acceptables ... Peut-être.
    - Quelqu'un qui lit donne toujours l'impression de n'avoir besoin de personne. Et personne n'aime se sentir inutile."

- Louise avançait toujours masquée. A l'autre de chercher ce qu'elle tramait. Elle mentait comme elle respire, naturellement et sans s'embarasser de questions. Elle considérait que mentir était une pratique indispensable pour vivre en bonne intelligence avec ses semblables. Idiote quand il le fallait, brillante quand cela en valait la peine, elle naviguait à vue et avec talent entre les histoires qu'elle s'inventait et une réalité qui lui résistait mollement. Assise à côté d'elle, Claire sentait sa présence spéciale, le parfum merveilleux de cette femme évanescente, légère comme une plume, calculatrice et acérée comme une lame d'acier.

- Après tu peux te poser la question : est-ce que ce qui est caché existe ? Et c'est une bonne question dans notre épouvantable société où on montre tout, où on se touche à qui mieux mieux, pour un oui ou un non.
   Il fit semblant de s'alarmer et ajouta tout bas comme on confie un secret : "Mais je touche des gens toute la journée !"
   Elle leva les yeux au ciel.
   "Arrête. Je ne parle pas de ça. On peut toucher les gens. Un peu. En fait, ce que je veux dire, c'est qu'on a l'impression de ne pas exister si personne ne nous regarde."



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commentaires

:0010:Liliflore:0091: 08/07/2009 17:34

même pas lu le livre que j'avais pris pour les vacances, trop à faire LOL. Bonne vacances pour toi j'espère sous le beau temps. Très bonne fin de journée avec des bigs bisous

Catgirl 08/07/2009 18:04


j'espère aussi que nous aurons du beau temps afin d'en profiter :D

:0010:


Claire Ogie 08/07/2009 11:35

Ah c'est dommage ! je trouvais le début très sympa. Et ce "jeu" du traqueur traqué, c'est la manipulateur manipulé. C'est une paire indissociable et interchangeable, sinon, c'est que l'on est libéré. C'est toujours très intéressant à étudier, même si c'est un jeu dangereux.

Catgirl 08/07/2009 16:16


c'est un jeu très dangereux, surtout quand le manipulateur sous-estime le manipulé ... il se fait alors prendre à son propre piège et au final, est le seul à en
souffrir réellement.

bisous


DID 07/07/2009 07:56

Tu es une vrai mine d'or, merci de nous donner le goût de la lecture

Catgirl 07/07/2009 16:28


merci à toi !!!

bisous mon did


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