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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:29

 

casemensonge

 

 

 

Le livre :

 

Martinique, quartier de Roucou. Djinala vit ici depuis sa naissance, avec sa mère, sa soeur aînée et son frère. Elle ne comprend pas que sa mère lui ait trouvé ce prénom qui semble rien vouloir dire. Elle a 13 ans, ne se trouve pas jolie, et écoute sa mère lui raconter qu'elles iront vivre dans un bel appartement, dans un autre quartier, loin du bidonville à quelques mètres de la plage, où seuls les touristes perdus attérissent là. Mais être sur la liste de ceux qui bénéficieront d'un appartement n'est pas gagné, Djinala le sait, et elle ne place pas tout son espoir dans ce départ.

 

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

C'est avec simplicité que Gisèle Pineau aborde la question des départements d'Outre-Mer, comme la Martinique. Elle y évoque l'extrême pauvreté d'une partie de la population, qui, souvent, se trouve manipulée par les politiques à la recherche de voix électorales.

Pour les habitants du quartier de Roucou, obtenir un appartement dans les nouveaux immeubles, c'est une priorité, l'assurance d'une vie meilleure, plus confortable, et surtout loin des aléas de la météo. Dans le bidonville, la société de consommation ne peut avoir court, alors que l'obtention d'un nouveau logement, salubre, est la porte ouverte sur ce mode de vie prisé par les touristes.


Chacun y va de sa combine pour obtenir que son nom soit sur la liste des premiers habitants sélectionnés pour un appartement. La corruption est là, l'amitié ne compte plus.

Djinala sait combien son quartier est un lieu d'errance humaine, que si le carnaval est le moyen de réunir une fois l'an les habitants pour souder leur fierté, cela ne dure que le temps des festivités. L'individualité est ce qui permet de se sortir de ce bidonville, au point d'en oublier les amitiés profondes, à remuer des affaires enterrées, à faire sortir des cadavres du placard.

 

A travers ce roman de littérature pour jeunesse, l'auteur traite non seulement de la difficulté de vivre dans un milieu hostile, mais aussi de l'amitié, et des coups de canifs que l'on met dans ce "contrat" par jalousie, par colère, sans souvent, se rendre compte de notre propre bêtise.

 

Djinala et sa mère obtiennent le logement, mais l'une comme l'autre savent que cela va attiser les envies, elles se taisent et se gardent bien de montrer leur joie de partir. Cependant, tout se sait dans ce genre de milieu clos. Les langues vont bon train et finissent par dénoncer des procédures illégales, sans toutefois avoir la preuve de ce qu'elles avancent.

 

Les langues se délient, crachent leur fiel, se sentent injustement méprisées par les pouvoirs en place, par les politiques dont la bouche est remplie de promesses qui sont autant de vent. Devant l'impuissance de leur situation, ces langues lâchent des secrets de famille, trahissent des amitiés.

 

 

Un joli roman sur la vie en communauté, avec ses travers, et ses joies aussi.

 

 


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commentaires

betty 22/03/2011 00:51



Désolé de vous décevoir , mais cela se passe en Guadeloupe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!



Catgirl 23/03/2011 18:42



Pourquoi serais-je déçue ???


merci pour la rectification



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