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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 17:43



Le livre :


Les grandes explosions nucléaires ont eu lieu. Dans l'espace, encore quelques spacionautes qui ne savent où ni comment attérir sur cette Terre recouverte d'une mer de boue cendrée séchée.
Deux ou trois ans plus tard, à l'intérieur d'une cathédrale, un groupe de moines survit en essayant d'envoyer des messages à Dieu par les fissures des murs. Ils parviennent à survivre en rétablissant un ordre. On note le lever du jour et le coucher du soleil, on tente de faire pousser des légumes, et un cerisier. Quand enfin le cerisier fleurit, les moines s'émerveillent au point de voir un papillon. Passé l'émerveillement, ils le pourchassent, saccagent tout ... et finissent par se dire que c'était un message de Dieu.
La vie sur Terre a bien changé dans les ruines d'un monde passé. La population survivante s'organise dans une sorte de ville souterraine.
L'amour et les voyages. Le fameux voyage en haut des immenses building qui permettent d'accéder à la lumière et à la bouffée d'air que leur procure le coucher de soleil.




Ce que j'en ai pensé :


On retrouve ici les grandes catastrophes apocalyptiques qui annoncent la fin du monde et pourtant, il y a toujours des groupes d'humains qui survivent malgré tout, recommencent à s'organiser, et à reproduire.
L'homme est-il donc mauvais dans ces gènes, n'existent-ils que dans une conscience de destruction ?
Un livre étrange, qui ne laisse pas sans interrogation sur la nature humaine.
 

Ce livre m'a renvoyé d'une certaine manière aux livres de Bernard Werber Le Papillon des étoiles, et de Michel Houellebecq La Possibilité d'une île.


A voir, les superbes illustrations de Lorenzo Mattotti (le site ici).







Extrait :


   
Le Papillon.

    Le religieux qui tantôt annonçait le jour nouveau allume à présent une à une les innombrales chandelles plantées dans le sable qui couvre le fond de la grande bassine, à côté du cerisier. L'obscurité est d'abord parsemée de points lumineux, puis l'ombre va se blottir presque entièrement dans les fissures et derrière les objets. Quand le moine se retoune, l'émerveillement se lit dans ses yeux. Il s'empresse comme il peut de rejoindre les couloirs et les grandes salles qui mènent aux dortoirs. D'autres compagnons surgissent aussitôt et s'approchent du cerisier couvert de fleurs au point de sembler lumineux. L'un après l'autre, les moines saluent cet enchantement souterrain par des gestes de révérence et de joie. Mais leurs yeux sont soudain attirés par un pétale qui s'est détaché d'une fleur et que les courants entraînent vers le haut. Le voilà qui descend à présent et on dirait même qu'il danse autour de l'arbre en fête. Quelqu'un finit par suggérer à mi-voix :"Un papillon !". Il s'agit bien d'un frémissement d'ailes blanches qui mène le groupe de religieux à travers la cathédrale pour jouir du spectacle de cet être vivant, si différent. Le papillon se repose sur les murs, s'immobilise au bord des crevasses. Souvent, ils craignent que l'insecte ne soit aspiré dans les sombres fissures. Quand cela se produit, les moines en ont le souffle coupé, jusqu'au moment où le papillon ressurgit et va se poser à un autre endroit. Les religieux le suivent en battant joyeusement des mains, et le papillon agite ses ailes comme si lui aussi se joignait à la fête. Mais un moine tout à coup lance un linge contre lui, sans toutefois l'atteindre. L'insecte s'enfuit effrayé. Les frères se lancent à sa poursuite, essayent de l'écraser à l'aide de bois et de roseaux. La cathédrale s'emplit de cette soudaine méchanceté des religieux. Le papillon trouve refuge dans l'arbre où il se confond avec les fleurs. Les moines furibonds s'en prennent alors au cerisier en tapant sur les branches. Les pétales tombent et le sol devient tout blanc. A leur tour, les frères s'effondrent épuisés sur ce tapis blanc, cherchant à écrabouiller la bestiole. Les chandelles se sont éteintes, une ombre légère se pose sur toute chose. L'un d'eux dit :"Mais ce n'était pas un papillon !". Et un autre :"C'était un pétale !". A cet instant, la voix émue du plus âgé d'entre eux résonne dans l'air : "C'était Dieu ! Il est venu nous voir !". Tous restent étendus, le visage tourné vers le sol, à murmurer des prières de pardon et de pénitence.




Dans la même collection : Le sac à main de Marie Desplechin ; La chapelle Sextine de Hervé Le Tellier ; La Photo de Marie Desplechin.

Tous ces livres m'ont été offerts par Jean-Yves.

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commentaires

:0010:Liliflore:0091: 06/11/2009 18:32


merci de ton appréciation sur mon passe temps graphique, cela me fait plaisir car j'aime énormément cette activité qui m'évade du quotidien, cat les derniers temps le moral était en berne car on
craignait un nouveau cancer, mais depuis ce matin le dernier examen est positif à 100%, j'ai du tomber sur un radiologue alarmiste et manquant totalement de psychologie, car le scanner de ce matin
est complétement normal ce qui me rassure pleinement. et je vois le cancérologue lundi. Alors vive la vie et le soleil même sous la pluie. Bonne soirée avec des bigs bises


Catgirl 06/11/2009 19:45


je peux comprendre ton angoisse !!! mais les nouvelles sont finalement très bonnes !!!

j'en suis contente pour toi

pleins de gros bisous Lili


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