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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:10

 

tsigane

 

Le livre :

 

Un enseignant se souvient des deux événements qui ont participé à sa décision de devenir professeur. Un moyen pour lui d'évoquer les tsiganes, la manière dont ils sont perçus, et surtout le fait qu'ils ne prennent pas la parole, chose qui arrangea beaucoup de personnes, notamment durant la deuxième guerre mondiale, où ces derniers furent eux aussi persécutés.

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Le narrateur est un enseignant, qui, lors de débats, décident de faire partager son expérience à ses élèves. A la manière d'un conteur, il évoque deux souvenirs d'enfance, qui furent sa facination pour le monde tsigane, cette facination où la peur se mélange à la curiosité, cette facination qui attire.

Ce récit d'enfance subtil permet au professeur de parler d'une communauté méconnue, dont la réputation a été forgée au XVI siècle, et est solidemment ancrée dans l'esprit des gens. 

 

Nous connaissons les tsiganes sous différentes appelation, notamment 'rom', 'manouche', 'gitan', etc... Ils sont nommés en fonction de leur provenance géographique, mais il est noté que ce peuple nomade a en commun des origines indiennes.

 

C'est sous Louis XIV, que les tsiganes commencèrent à avoir la réputation qu'on leur connaît. Celui-ci supportait mal qu'ils fuent reçus dans les cours princières. Bannis des villes selon un décret royal, ils acquirent peu à peu une mauvaise réputation surtout liée à des phantasmes locaux.

 

N'oublions pas que l'étranger fait peur, nomade de surcroît, et qu'on préfère inventer plutôt que de chercher une vérité.

 

L'évolution de la société française, les lois obligent les tsiganes à se sédentariser peu à peu. Dès 1912, ils doivent posséder un carnet anthropométrique, fournissant des détails poussés permettant de les reconnaître, avec photos de face et profil, empruntes digitales, y compris pour les enfants.Ces carnets, qui n'ont rien d'une carte d'identité, non obligatoire, à l'époque pour le reste de la population, est un moyen de contrôle important.

 

carnetanthropométrique

 

Dès 1940, l'interdiction de circulation des nomades sur le territoire français est mise en vigueur. Les tsiganes pourraient être des espions potentiels, et surtout, cela permet d'accroître cette volonté de les sédentariser. L'Etat n'a de cesse de vouloir soumettre cette communauté à vivre comme le reste de la population française.

 

Au départ, le gouvernement de Vichy choisit de mettre à demeure les tsiganes. L'Etat fait bien la différence entre les nomades tsiganes et les personnes qui errent de villes en villes. Les premiers tsiganes internés le seront en Alsace-Loraine, dès l'automne 1940. Beaucoup de gens du voyages passeront par le camp de Rivesaltes. Si le gouvernement de Vichy accède aux demandes du III° reich concernant la population juive, il n'est pas solidaire des nazis concernant les tsiganes. Alors quand Allemagne, se déroule un véritable génocide tsigane (dont on taira longtemps l'existence), en France, il y a une réelle volonté de sédentariser cette communauté.

 

campsalier

 

C'est en 1942 qu'il sera décidé de la création du camps de Saliers en Camargue. Suffisamment loin de la population, mais pas trop quand même. La méconnaissance de cette population fait que les français leur prêtent des origines camarguaises à cause des rassemblements aux Saintes-Marie-de-la-mère. Il faut savoir que les acteurs à l'origine de ce camp sont liés à la Résistance, ce qui n'a rien d'anecdotique.

 

Le camp de Saliers doit s'intégrer dans l'esthétique camarguaise, et si ce sont des entrepreneurs qui commencent les travaux, très vite, le gouvernement fait venir des hommes du camp de Rivesaltes pour finir les constructions. Le camp imaginé au départ devient une utopie irréalisable. Pas d'eau potable, pas d'électricité, pas de chauffage, pas d'école ...

 

A la fin de l'année 1942, quand les premiers tsiganes arrivent dans ce camp, ils sont entassés dans des maisons, où très vite, l'insalubrité règne. Ne nous y trompons pas, cela ne vient pas des habitants, mais bien des structures qui sont sommères. Le manque de luminosité oblige à garder les portes ouvertes, laissant par la même occasion les bestioles entrer comme bon leur semble. Les toits de chaume, du fait de la mauvaise ventilation, de l'absence de chauffage, regorgent de vermine. De plus, la nourriture se fait rare.

 

Ce sont les enfants qui souffrent en premier de  la manière dont ils sont obligés de vivre. Malnutrition, maladie. Du coup, le gouvernement de Vichy décide, contre l'avis des parents de faire adopter les enfants, de les placer à l'assistance ou encore de les placer dans des établissements religieux. Cela ne fait qu'aller dans le sens de les voir se sédentariser, et donc de les "normaliser socialement".

 

La vie au camp est lamentable, l'école ne fonctionne pas, pas de bâtiment, pas d'enseignant. L'infirmerie n'est guère mieux lotie que les baraques, sans chauffage ...

 

Malgré la rudesse de la vie au camp de Saliers, peu de tsiganes y trouveront la mort.

 

Le camp de Saliers est un véritable échec. N'ayant pas été achevé, il n'a pu, dès le départ être voué à la réussite. Mais même si le camp avait été à l'image de ceux qui l'avait rêvé, aurait-on pu parler de réussite ? Peut-on considérer comme une réussite que de soumettre une population à la "normalité sociale" du pays dans lequel elle circule ?

 

Après un bombardement en août 1944, le camp a été déserté, sans doute encouragé par le chef du camp Albert Rosini.

 

Une exposition circule actuellement, elle vient de passer à Limoges : L'internement des Tsiganes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A voir, la video sur le site du Monde.fr : L'internement des Tziganes, une histoire française.

 

 

La France avait donc une volonté, celle de sédentarisé la communauté nomade, mais qu'en est-il aujourd'hui ? La situation ne change pas, il y a toujours cette même volonté, et l'évolution de la société oblige cette communauté à entrer dans une "normalité sociale".

 

 

L'Allemagne nazie, quant à elle, n'avait qu'un but, régénérer le sang allemand en le purifiant. Il faut savoir que la persécution des tsiganes ne commencent pas en Allemagne avec l'arrivée des nazies, elle prend juste de l'ampleur avec leur accession au pouvoir.

La violence destructrice des nazis à l'égard de la communauté nomade est une réalité. Il y a la stérilisation dès 1933, l'interdiction des mariages mixtes entre 1934-1935 et l'enfermement à Dachau dès 1936. Les nazis estiment avoir exterminé la moitié de la population tsigane d'Europe à eux seuls.

 

Quand on sait cela, l'existence des camps, on peut s'étonner qu'aucune mention n'a été faite du génocide tsigane, pourtant, on estime à au moins 500 000 le nombre de victimes tsiganes.

 

Cette communauté est bien différente de la nôtre, non pas en ce que nous "sédentaires", imaginons de leur vie, mais en ce qu'il en est dans la réalité. Les préjugés que nous avons à leur encontre, rassurez-vous, ils ont la même à notre égard.

 

Le génocide Tsigane se découvre peu à peu, car doucement, les enfants des camps se mettent à parler, pudiquement de leur histoire, pas de grands discours, juste des faits : insalubrité, vols du gouvernement de leurs affaires. Eux n'ont eu aucun indemnisation quant à leur histoire !

 

J'ai trouvé ses renseignements en visitant l'exposition à la BFM de Limoges le 24 avril 2010, j'ai complété en allant visiter le site Mémoire.net.

 


 


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commentaires

Dam 14/05/2010 13:58



Forcément intéressé ;)



Catgirl 17/05/2010 09:34



et oui !


 






:0010: Lili Flore :0091: 07/05/2010 18:14



froid dan sles veines en te lisant car c'est vrai que ce génocide a été transparent pour notre peuple et le silence a été de mise, C'est un exploit d'en parler maintenant. Je sais que les gitans
sont d'une propreté exemplaire car par chez moi,  de nombreux camps sont installés dans la campagne et tu vois tous les jours les matelas et autres linges en train de sécher et les femmes en
train de faire le ménage et le tout sans eau courante. Et quand a les dire voleurs regardons les statistiques, par chez moi c'est pas eux qui sont dans ce palmarès. Dans le ciel gris je te glisse
un rayon de soleil pour réchauffer les big bises semés dans le vent. Bon week-end



Catgirl 07/05/2010 19:39



oui, il est temps que les choses soient dites ...


 


bisous Lili



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