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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 13:29

millenium tome2

 

 

Le livre :

 

Mikael Blomkvist a retrouvé son siège au sein de Millénium, mais n'a plus de nouvelles de Lisbeth Salander depuis que celle-ci l'a quitté quelques mois auparavant. Cette dernière, dont la fortune est faite, coule des jours plus ou moins heureux en voyageant. Elle se décide enfin à rentrer en Suède, retrouve son amie lesbienne, Mimi, reprenant leur relation comme si le temps n'avait pas passé. Pourtant, Lisbeth reste sur ses gardes, bien qu'elle ait changé. L'argent lui a permis de modifier sa poitrine, de faire effacer des tatouages qui n'avaient plus raison d'être. Elle garde toujours un oeil sur son tuteur qui l'avait violée de manière vicieuse et sadique, ne se doutant pas qu'il ne désire que sa mort.

 

 Lisbeth refuse tout contact avec Blomkvist. Cependant, indirectement, leur chemin va se croiser de nouveau. Lisbeth reprend contact avec son ancien patron, non pas pour un travail, elle est désormais à l'abri du besoin, mais par habitude sans doute, par affection probablement. Elle découvre aussi que son précédent tuteur, contrairement à ce qu'elle pensait, n'a pas succombé à une attaque. Elle lui rend visite, retisse des liens.

 

Du côté de Millénium, un nouveau journaliste fait son apparition. Alors que la femme de ce dernier fait son mémoire sur la violence et l'exploitation des femmes, lui écrit un bouquin sur le sujet, n'hésitant pas à dénoncer ouvertement et en citant des noms, les personnes ayant recours au sexe payant d'un côté, et qui de l'autre, se prétendent les gardiens de l'ordre moral. Il met en avant l'hypocrisie de certaines catégories de hauts fonctionnaires, répressifs d'un côté et consommateurs de l'autre. Malheureusement, en fouillant trop, en posant trop de questions, il finit par s'attirer les foudres d'un nommé Zala, qui finit par les faire assassiner, lui et son épouse. Un troisième meurtre survient, celui du tuteur de Salander. Il n'en faut pas moins pour que cette dernière devienne l'ennemi public numéro 1.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

J'avais été particulièrement déçue par le premier tome Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, que je trouvais trop dispercé, trop de thèmes, pas assez fouillé, et avec des rajouts d'éditeur qui m'avaient dérangée. Tétue, et possédant les deux autres tomes, j'avais laissé passer le temps, et finalement, je me plongeais dans ce deuxième volume.

 

Il faut le dire, j'ai plus apprécié ce second opus de la trilogie. Beaucoup mieux ficelé, et surtout plus cohérent, je l'ai lu plus rapidement et avec plus de plaisir. Et puis nous sommes aussi sortis de la "Millénium mania", un fanatisme en chassant un autre, il est toujours plus facile de se montrer lucide et critique sur une oeuvre dont on ne nous rabache pas / plus les oreilles. Je retrouvais donc nos deux héros, ou anti-héros, détonnants avec ce que nous avons désormais l'habitude de voir. Et oui, ils ne sont pas forcément beaux, pas riches, pas people, ils sont atypiques, et surtout terriblement humains.

 

J'ai aimé le travail de Salander sur elle-même, la conscience qu'elle prend de sa place dans la société, de ce qu'elle veut, ne veut pas, mais aussi la conscience des répercutions de son comportement sur son entourage, qu'on ne peut pas toujours fuir, qu'à un moment il faut affronter. Il y a aussi la conscience qu'il faut aussi laisser le choix à ceux qui nous entourent de vouloir ou non notre présence et de ne pas décider tout seul. La Lisbeth Salander de ce nouvel opus n'est plus la Lisbeth Salander des Hommes qui ... Elle grandit, murit, devient plus adulte, plus femme aussi sans aucun doute.

Les monstrueuses accusations dont elle fait l'objet dans ce deuxième tome, les remises en question qu'elle doit affronter sur elle-même, la recherche sur son propre passé, l'oblige aussi à se tourner vers l'avenir tout en continuant à s'interroger sur elle-même, sur qui elle est. Après tout, on n'a rien sans rien.

 

J'ai aimé aussi la manière dont Stieg Larsson a démonté la machine médiatique, le fait que celle-ci a toujours besoin de chair fraiche, de sensationnel. Lisbeth, accusée d'un triple meurtre, devient l'objet de toutes les attentions, les plus malveillantes bien entendues. Le coupable doit avoir une tête de coupable, des moeurs de coupable. Larsson explique comment les médias créent un coupable idéal, pour un public assoiffé de ce genre d'histoires monstrueuses. L'auteur montre aussi le travail de la police qui d'un côté pourrait se contenter de ce coupable idéal pour l'opinion public, pour les médias, et de l'autre, doit se battre pour se défaire de cette communication de masse basée sur des rumeurs, sur des indices péchés deci delà, et se recentrer sur des priorités qui ne sont pas moins que la recherche de la vérité, la seule, la vraie et non celle qui arrangerait le public, par rapport à ce que les médias créé. Il y a bien là une réelle dénonciation de la manipulation médiatique qui fait que le public et pas seulement lui ne sait plus où est la vérité.

 

Le troisième point est de dénoncer le traffic humain des femmes dans les pays de l'est, en Suède. D'un côté une société puritaine qui s'insurge contre le sexe payant, et de l'autre, cette même société qui en consomme. La violence fait aux femmes était déjà abordée dans le premier tome, au sein de la famille, par des histoires d'inceste. Au delà du sexe, il y a aussi la viciosité, le sadisme et la place de la femme dans la société. Traitée comme un animal, même pire qu'un animal, elle n'a aucune valeur. Larsson montre le traffic des femmes de l'est, qu'on oblige à se prostituer, qu'on fait plier à coup de drogue, de correction, par une politique de la terreur.

 

 

Bref, j'ai trouvé ce deuxième tome beaucoup plus intéressant à tout point de vue que le premier. Il me reste le troisième volet à lire. En attendant, j'ai d'autres lectures en réserve.

 

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commentaires

:0095: Maitre Po, devin 09/05/2010 09:08



Ce que Canal+ a appelé Série est bien des films. En fait, il s'agit de la version cinéma à laquelle ont été rajoutées des scénes inédites. Ces versions longues (environ 3h) ont été chacune
coupées en deux parties d'1h30. Les 3x2 parties, ça fait ce que Canal appelle des épisodes.



Catgirl 09/05/2010 09:28



ah oki, parce que j'avais lu une interview de l'acteur principal qui joue michael, et il parle de séries, et comme tu dis, en fait, ce qui est passé sur canal,
ce sont les films avec plus de détails, ce que l'on retrouve dans les livres et pas dans la version cinema !


 


bon dimanche






:0095: Maitre Po, devin 08/05/2010 08:27



Canal + a présenté en avant-première les deux derniers films de la trilogie (qui sortent normalement en juin et en juillet). Je n'ai pas lu les livres mais au cinéma, le premier épisode est bien
plus réussi que les deux suivants, le second étant même le plus faible des trois.


Du coup, tu me convaincs presque de lire les livres, pour voir ;-)


 



Catgirl 09/05/2010 08:37



le premier livre est bien moins bon que le second, parce qu'il est trop dispercé.


Je pensais que c'était la série qui avait été diffusée par canal+, pas les longs métrages ???


ils ont utilisé les mêmes acteurs pour les films et la série.


 


Il me reste encore le tome 3 à lire ... plus tard



Little cat 27/04/2010 08:50



Je n'ai meme pas réussi à passer au dela de la 10`me page pour le premier tome, je n'ai pas du tout accroché au style. J'avais l'impression que l'écriture (ou la traduction?) manquait de
fluidité... Et puis je n'ai pas fait l'effort non plus une pile de livre plus alléchants les uns que les autres à côté de moi:-)



Catgirl 27/04/2010 19:46



je suis entièrement d'accord avec toi, c'est pour cela que j'ai laissé passer du temps avant de lire le second tome qui s'est avéré très surprenant et dans le
bon sens.


 


Je pense qu'il y a de la traduction et aussi des rajouts d'éditeur pour épaissir les livres et qui ne leur rendent pas hommage ;)



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