Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 07:49

 

Roman-Miss-Charity-Marie-Aude-Murail

 

  Le livre :


Miss Charity a cinq ans lorsqu'elle commence à nous raconter son histoire. Elle passe la plupart de son temps au troisième étage de la maison familiale. Anglaise, issue d'une famille d'aristocrate, Charity vit selon les codes de son monde. Ses parents, ayant eu deux fillettes décédées en bas âge ne semblent pas s'intéresser à elle. Tout juste se rappellent-ils qu'elle existe. Flanquée d'une gouvernante, Tabitha, elle reccueille des animaux, étudie les insectes, la nature. La nurserie devient alors une véritable ménagerie.

Le temps passant, il est décidé que la jeune fille fera son éducation auprès d'une demoiselle Blanche Legros, française, que Tabitha terrorise, la gouvernante s'enfermant au fil des ans dans une folie douce.

Miss Charity n'aime guère le monde, elle lui préfère de loin, le monde de la nature. D'ailleurs, c'est lors de vacances d'été, alors qu'elle est en visite chez sa marraine, que la jeune fille rencontre Kenneth Ashley, garçon qui finira par surgir, telle une étoile filante, à des moments surprenants, dans sa vie.

Miss Charity grandit ; sa mère, qui dans un premier temps se lamente de ne pas la voir rencontrer des jeunes gens, se trouve aise d'avoir sa fille à ses côtés. Mais la jeune fille n'est pas comme celles de sa société. Elle peint des aquarelles, au point d'en faire des livres ...




Ce que j'en ai pensé :


Au fil de ma lecture, j'ai pensé à Beatrix Potter. Sans doute le fait que Charity dessine des lapins, racontent les histoires des petits animaux qui l'entourent. Ce livre, qui a tout d'un pavé, se lit avec un réel plaisir. L'épaisseur pourrait rebuter, mais non, on se prend au jeu, de découvrir la vie de cette petite anglaise, de l'imaginer dans son monde.

J'ai aimé le ton dont l'humour lucide n'est jamais loin, et nous tire souvent un sourire au coin des lèvres.

 

6a00d83516889e53ef01156ff2704f970b-800wi


L'auteur nous dépeint, ici, une société anglaise, codifiée, que remet en question cette jeune aristocrate. Elle remet en cause le fait qu'une femme ne pourrait être éduquée, qu'une femme doit absolument avoir un mari pour exister, avoir des enfants. Elle relève avec horreur les remarques dont elle est l'objet concernant son célibat. Elle bouleverse les codes en travaillant, en devenant "auteur", en étant publiée. Personne dans sa famille n'a jamais gagné sa vie.

Ce livre est un véritable plaidoyer en faveur de la femme, l'auteur lui donne la part belle.


Les hommes n'y sont pas montrés sous leur meilleur jour. On les voit utiliser les femmes, les snober, les duper. Lorsque Charity vend son premier livre, elle est littéralement "voler", payer une misère alors que l'éditeur s'enrichit sur son dos, l'ouvrage faisant fureur auprès des enfants comme des parents. Il lui faudra du courage, de l'audace pour se faire payer à sa valeur, négocier son dû. Lorsqu'elle fait sa première tentative, pour vendre ses dessins auprès d'un directeur du jardin des plantes, elle se fait humilier, rabaisser. Les hommes n'ont que peu de considération pour la femme, celle-ci n'a qu'une utilité, dans la maison, à les servir, puis à servir la progéniture de ses derniers.

 

Ces thèmes ne sont pas rares dans la littérature anglaise fémine du XIX° siècle. Les auteures fémines tel Charlotte Brontë, Jane Eyre ou Jane Austen, Orgueil et préjugés, visent à dénoncer cette société machiste, dans laquelle la femme ne peut sortir de sa condition que si elle est belle, et richement dotée. Quel gachis ! Mais quand on y regarde de plus près, quand on nous annonce qu'en France, on tend à l'égalité homme-femme, notamment depuis 1945, avec le droit de vote, puis le droit à l'avortement, le droit à ne plus être sous la tutelle du mari, l'égalité des salaires, en tant que femme, nous savons bien que nous sommes loin d'une égalité avec le monde masculin.

On verra toujours la femme comme une futur mère, on la jugera toujours sur son physique, on s'attachera moins à son intelligence qu'à son apparence, on la verra toujours comme un ventre à bébé.

La femme potiche, il n'y a qu'à allumer son poste de télévision, à jeter un coup d'oeil sur les couvertures des magasines, pour comprendre que la femme égale de l'homme, ce n'est pas encore pour demain, quoi que l'on veuille nous faire croire !

 

Alors tant mieux, si certains livres, comme Miss Charity, vient rappeler à nos jeunes filles, qu'elles ont leur propre destin à accomplir, qu'elles ne sont ni futiles, ni inutiles dans notre société, bien au contraire, elles portent la moitié du ciel sur leurs épaules, leurs frêles épaules ...


Marie-Aude Murail, habituée à la littérature pour la jeunesse, nous offre là une belle histoire de femme. A mettre dans les mains de toutes les jeunes filles qui aiment lire.

 

 

 

6a00d83516889e53ef01156eed85ec970c-800wi

 

 

 

 

A lire, l'article des Lectures de Marie sur ce livre.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Dam 14/05/2010 14:06



Ou la la retrouver Miss Charity ici et lire ton article là me rappelle de délicieux moments mais je ne dirais pas lesquels ni où nous les avons partagés... na !



Catgirl 17/05/2010 09:36



oui, chut !



Jean-Yves 04/05/2010 13:05



 "A mettre dans les mains de toutes les jeunes filles qui aiment lire."


Dans les mains des garçons aussi... sans doute plus difficile à faire...



Catgirl 04/05/2010 19:00



sans doute que cela intéressera moins les garçons je pense ;)



Marj 03/05/2010 22:23



Marie-Aude Murail et Philippe Dumas, une belle association!


Bisous



Catgirl 04/05/2010 07:01



et quel livre !


 


bisous Marj'



Mon Grenier