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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 14:16

 

Mon enfant de Berlin, Anne Wiazemsky.

 

monenfantdeberlin

 

Claire est la fille de François Mauriac. Elle est différente, à des envies différentes de celles que ses parents ont pour elle. Ambulancière à la Croix Rouge durant la Seconde Guerre Mondiale, Claire tente de vivre sa vie au mieux. Des flirts, des amours, mais rien de probant.

 

Malgré l'avis de ses parents, elle accepte sa mutation à Berlin en 1945, afin d'être là pour "récupérer" les français, les juifs, toutes personnes qui en auraient besoin, au sortir de cette incroyable et horrible guerre. Claire existe et rayonne par son travail, son courage. Autour d'elle, ses compagnes, ses compagnons de fortune ne voient pas en elle "la fille de", ils voient Claire, l'ambulancière, celle qui se démène comme eux.

 

Dans cette période particulière, dans ce Berlin détruit à plus d'un terme, Claire apprend à être elle, et seulement elle. C'est alors qu'elle rencontre Jean Wiazemsky, dit "Wia", un prince russe désargenté, un appatride. Ils tombent amoureux dans ce contexte particulier, se fiancient, se marient, et ont un bébé, Anne, l'auteure.

 

Ce qui est intéressant dans ce livre, ce n'est pas forcément l'histoire en elle-même, c'est le contexte dans lequel elle se déroule qui la rend particulière.

 

D'un côté, il y a Claire, qui refuse d'être la fille de, ou plutôt de n'être que la fille de. Elle veut vivre et être aimée parce qu'elle est Claire. De l'autre, il y a Wia, un individu qui rayonne, qui semble unique, particulier, mystérieux. Un homme, un prince qui ne vit pas toujours les pieds sur terre, qui ne se rend pas toujours compte de ce que peuvent ressentir les personnes qui l'entourent, notamment ses parents. Il n'a pas accès, humainement parlant, à cette part qui fait que l'on ressent chez l'autre son trouble, sa gène, sa honte aussi. Il a un côté sans doute égocentrique, ou bien ce que l'on pourrait appeler un déni des situations. En cela, la guerre pourrait bien l'arranger, car elle lui donne, à lui aussi, un moyen d'être, d'exister par lui-même, pour lui-même.

 

La vie qu'ils mènent à Berlin est particulière, unique. Ils ne savent pas que cela ne pourra, ne peut durer qu'un temps. A un moment, la guerre sera finie, tout le monde aura été récupéré, les procès auront eu lieu, tout sera fini, il ne restera que les souvenirs, que le devoir de mémoire. Mais Claire et Wia vivent comme si cette vie-là est infinie. Ils ne réfléchissent pas à après, ne font pas de plans, ne rêvent pas à après. Ils vivent à Berlin, ils vivent le Berlin de cette fin de guerre.

 

De leur amour naîtra Anne. Et la fin de la guerre sera là. La vie reprendra son court. Ils ne vivront plus dans une sorte de protection, entourés par leurs amis, leurs proches. Il leur faudra affronter la vie, la vie de couple, à deux, à trois. Une vie qui n'aura plus rien à voir avec leur vie de Berlin, une vie moins riche en événements, une vie différente, plus tranquille.

 

Ce qu'Anne a voulu montrer, c'est qu'au milieu d'événements exceptionnels, on vit des amours exceptionnels, mais quand la vie reprend ses droits, la magie se tarit, que l'amour peut n'être qu'un feu de paille. Elle a conscience d'avoir été le fruit d'un bel et grand amour, mais elle a aussi conscience d'être la preuve de cet amour, qui, après Berlin, a dû affronter les différences qui séparaient ces deux êtres, et parfois, dans la vie quotidienne, certaines différences qui s'oublient dans des moments exceptionnels se révèlent insurmontables dans le quotidien.

 

 


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Published by Catgirl - dans Lecture en vrac
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