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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 06:00

On dit souvent que les enfants sont ingrats. J'entends souvent ça. Mais de la même manière que l'on dit qu'il n'y a pas de femmes frigides, il n'y a que de mauvais amants ... je me demande si on ne pourrait pas dire ...


Il n'y a peut-être pas d'enfants ingrats
Il n'y a peut-être que des parents négligents.

Tout n'est, encore une fois, qu'une question de point de vue.



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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 05:19

Le film :

Le roi Henry VIII d'Angleterre est marié depuis de nombreuses années avec Catherine d'Aragon qui n'a pu lui donner que des filles. Dans sa cour, on fait des plans pour lui choisir une favorite, qui permettra à ses protecteurs d'obtenir des faveurs, du pouvoir et de l'influence auprès du roi. Aussi, l'oncle de Mary et Anne Boleyn rend visite au père de celles-ci et à sa soeur, Lady Howard, afin que ces derniers sacrifient une de leur fille pour installer leur famille à leur cour dans une position enviable.
Le roi est donc invité sur les terres des Boleyn afin que Anne lui soit présentée. Mais la jeune fille, audacieuse et téméraire, commet une erreur et déplaît à Henry VIII. C'est alors qu'il aperçoit Mary, jeune mariée, et la trouve à son goût. C'est décidé, Anne sera envoyée en France auprés de Marie d'Angleterre, soeur de Henry, et épouse de Louis XII. Tandis que Mary deviendra maitresse du roi, malgré son statut de jeune épouse.
Mais très vite, la réputation de Anne, fort appréciée outre mer pour son humour et sa beauté, revient aux oreilles de Henry qui exige son retour, et décide de la séduire.
Il délaisse Mary, enceinte de ses bons soins, pour une Anne qui refuse de n'être qu'une maitresse. Le pape refusant d'annuler son mariage avec Catherine d'Aragon, il créé sa propre église dont il devient le chef, l'église Anglicanne, répudie son épouse et se marie avec Anne ...
Mais les choses ne se poursuivent pas comme dans un conte de fée.

Ce que j'en ai pensé :

Une fresque historique qui n'est flatteuse pour personne, ni pour les hommes, ni pour les femmes.

Un film tiré d'un roman de Philippe Gregory et qui "modifie" la réalité, car la réalité est autre.

 Anne Boleyn a bien une soeur, Mary qui fut bien maîtresse de Henry VIII. Elle fut élevée aux Pays-Bas, puis envoyée en France pour accompagner Mary d'angleterre, épouse de Louis XII, qui mourra en 1515, date à laquelle François I° monta sur le trône de France. Celui-ci fut très vite attiré par la jeune Boleyn, et en fit sa maîtresse. Henry VIII dont la beauté de Anne était vantée par sa soeur, eut vent de ce qui se passait et obtint de François I° qu'Anne fut mise au service de Catherine d'Aragon, son épouse. Il la couvre alors de cadeau, la faisant même Marquise de Pembroke. Pourtant celle-ci se refuse à lui, une place de favorite ne l'intéresse pas, elle veut être reine, ou rien. On connaît la suite, il répudia son épouse, se maria avec Anne. Elle lui donna une fille, Elisabeth, puis un garçon qui décéda, et fit une fausse couche d'un autre héritier. Henry VIII ne le supportant pas, se tourna vers Jane Seymour. Très vite, Anne fut accusée de sorcellerie, d'avoir envouté Henry, d'avoir voulu l'empoisonné, d'avoir voulu tuer Catherine d'Aragon, d'avoir commis l'adultère, et d'avoir commis l'inceste avec son frère George. Condamnée, elle fut exécutée le 19 mai 1536 ... elle avait 29 ans. Onze jours plus tard, Henry VIII épousa Jane Seymour.
Quand Henry VIII vint à mourir, ce fut le fils qu'il eût avec Jane Seymour qui fut appelé sur le trône, mais il décéda prématurément à 15 ans, Mary Ire qu'il eut avec Catherine d'Aragon prit sa place, et quand elle mourut, ce fut Elisabeth, la fille de Anne Boleyn qui devint reine d'Angleterre. Ironie du sort, n'est-il pas ?

Le film arrange donc 'un peu' la vérité historique, et met en avant les travers de la société de l'époque. La soif de réussite et de pouvoir, les femmes que l'on traite comme de la marchandise d'échange, les calculs et manipulations en tout genre. Ce n'était pas méconnu que le pouvoir attire les pires machinations et calculs. Ce n'était pas non plus un secret que les femmes étaient 'vendues' pour servir la grandeur des familles.

La soif de pouvoir pur, celle du père Boleyn, grande famille désargentée, liée au Howard par la mère. Lady Howard a épousé Boleyn par amour et aurait aimé la même chose pour ses enfants. Cela ne fut. Anne fut sacrifiée pour la cause familiale, elle prit cela pour une faveur et un défi. Mary, dont on sacrifiera le mariage, et qui se plia bon gré mal gré à la cause familiale, impuissante et affublée d'un mari faiblard et sans courage. Anne fit de la conquête de Henry VIII un défi personnel, d'abord pour reprendre le roi à sa soeur, qui, selon elle, ne méritait pas cette faveur, mais en allant plus loin. Elle s'impose, elle ne se laisse pas avoir. Anne refuse de se soumettre, elle soumet, exige sa volonté. Devant la résistance de Anne à se laisser séduire, Henry VIII comme tout homme devient fou, il ne sait plus comment faire, que faire pour la faire plier. Elle obtint en parti ce qu'elle voulut. Henry VIII répudia Catherine d'Aragon, l'épousa. Mais ne parvenant pas à lui donner un héritier mâle, Anne pensa au pire, demander à son frère George de lui faire un enfant, mais dans le lit, l'un comme l'autre ne purent se résoudre au crime d'inceste, dont ils furent pourtant accusés.

Anne est-elle celle qu'il faut montrer du doigt ? Faut-il réellement parler de vengeance ? Je ne suis pas sûre. Anne fut choisi par les hommes de la famille Boleyn et Howard pour rendre le prestige et la grandeur de celle-ci. Au départ sacrifier par ces derniers, elle en fit son cheval de bataille. En avait-elle contre sa soeur ? Pas sûre non plus. Je pense que n'importe quelle femme qui fut à la place de Mary eut subie le même sort décidé par Anne pour cette dernière.
Anne ne fut emportée que par son caractère passionné, entier, jusqu'au boutiste.

Mary fait bien pâle figure, sage, soumise, douce, elle est l'opposée de son aînée Boleyn. Quant à George, le frère, c'est un soumis, doux et admiratif de Anne, mais pas dénué de conscience.
Cependant on peut comprendre que la fougue de Henry VIII, homme à femmes par excellence, fut séduit par l'audacieuse Anne Boleyn, mais on peut également comprendre que son besoin de stabiliser le conduisit vers Mary Boleyn.

Entre des courtisans arrivistes, des femmes ambitieuses, le Henry VIII de Justin Chadwick m'a laissé rêveuse en ce sens, que je l'ai trouvé bien faible, uniquement mené par ce qu'il a entre les jambes. Incapable de prendre une décision par lui-même, se perdant entre ce qu'il entend, ce qu'on lui soumet et ses propres envies.
Si je porte des conclusions sur son cheminement dans le film, je vois un Henry qui se serait contenter de maîtresses et aurait fini sa vie auprès de Catherine d'Aragon, tant bien même qu'elle ne lui eut jamais donné de fils. Mais les exigeances d'Anne pour qu'il puisse la posséder le rendir fou. Sans doute ne se remit il pas d'avoir été obligé de se séparer de Catherine d'Aragon pour cette femme qui lui fit tourner la tête sans qu'elle ne lui offrit ce qu'il désirait, un fils. Le sort qu'il réserva à ses autres épouses n'eût rien de glorieux. Sous divers prétextes, vérifiés ou non, il s'en sépara ou les fit décapiter.

La seule a trouvé une vie paisible au final fût Mary Boleyn. Elle se maria avec un écuyer, ils vécurent à la campagne, avec la fille qu'elle eût de Henry, avec Elysabeth, la fille de Anne et Henry, et les enfants qu'elle eut avec son époux.
Les époux Boleyn se séparèrent, Lady Howard ne supportant pas que deux de ses enfants fut décapités sur ordre du roi, et donc au départ, sacrifiés par leur père et leur oncle. A chacun son fardeau dit le proverbe.

Un bon film cependant, où l'on ne s'ennuit pas, une belle musique et de bons plans cinématographiques.
Une autre manière de voir l'histoire d'Angleterre.
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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 00:25
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 01:14

Te souviens-tu de cet après midi là

Où sous les arbres je lisais

Bercée par les murmures du vent dans les feuilles

Dont les ombres sur mon corps jouaient

 

Te souviens-tu de ce moment là

Que tu vins interrompre

Pour me rappeler que même loin

Tu pensais quand même à moi

 

Te souviens-tu qu’alors

Allongée sur ma couverture de fortune

Je me délectais de tes mots

Du son chéri de ta voix





Te souviens-tu que soudain

Je me rendis compte que ma main

Libre caressait mon sein

A travers le doux tissus de ma blouse

 

Te souviens-tu de ce que tu ressentis

A cet instant que je partageais avec toi

Suggérant que ma main put être tienne

Et les caresses du vent …

 

Te souviens-tu

Que tu me surpris

Sous les arbres

Reposant à la chaleur d’un rayon …

 

Te souviens-tu ?

 

 

Texte et photo de Cat C.

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 05:50
A lire, le Tome 1, de Henry et June, d'Anaïs Nin, Les Cahiers Secrets.

Le livre :

Nous sommes en avril 1932 et Anaïs a rencontré Henry Miller en Octobre 1931. June, la femme de ce dernier, est repartie aux USA et Anaïs a commencé sa psychanalyse avec Allendy. Alors qu'elle avait d'abord été séduite par la beauté féline et le caractère étrangement sensuel de June, Anaïs  finit par tomber dans les filets de Miller. Leur liaison passionnée offre à Anaïs la découverte de sa propre sensualité, la pousse à s'apprendre un peu plus. Mais malgré l'amour qu'elle porte à Henry Miller, Anaïs n'est pas dupe sur sa relation avec lui, elle sait que June la supplantera toujours dans le coeur de Miller que celle-ci sera toujours la plus forte.



Ce que j'en ai pensé :

Toujours dans la lignée des écrits de Nin, cette suite des Cahiers Secrets ne faillit pas quant au talent de la jeune femme, et me conforte dans l'idée que le mot "sulfureux" ne convient pas à cette chère Anaïs.

A. Nin reste une jeune femme qui se cherche, lucide sur ce qu'elle est, sur les petits mensonges qui jalonnent sa vie, et sa propre existence. La trentaine qui s'assume, qui a besoin de vivre, d'essayer, de découvrir, elle n'élude rien sur elle-même, sur ce qu'elle est, sur ses actes, et à chaque fois qu'elle prend conscience de ses paradoxes, elle le note. Comme il est difficile de tendre à ce que l'on est, tout en voulant ménager les siens.
A. Nin n'est pas seulement l'auteur de Vénus Erotica (
ici), c'est aussi la femme qui écrivit sur Lawrence, l'auteur de L'amant de Lady Chatterley ( ici et ici) et qui noircit durant des années sur ses petits cahiers qu'elle aimait à montrer à Hugo, son mari, ou à Miller, son amant.

Chacun de ses cahiers (
à lire aussi Inceste) constitue une réflexion sur ses découvertes et les conclusions qu'elle sait en tirer. De sa soif de vivre, d'aimer, de son incapacité à n'aimer qu'un seul homme alors qu'il existe tant de sorte, de manière d'aimer un homme, de ses questionnements sur son désir féminin, son désir de June, les cahiers secrets d'Anaïs se lisent comme un roman, le roman de la vie de Mlle Nin.

Anaïs est une femme atypique, unique et pourtant universelle. Une sulfureuse, sûrement pas, une femme vivante qui tend à devenir ce qu'elle est, qui accepte de se tromper, de souffrir, d'aimer, de risquer, tout en sachant bien que, d'une certaine manière, l'hypocrisie ne peut se défaire de la vie, que même si elle voue une admiration à Miller, elle ne quittera pas son mari, de la même manière que Henry retournera toujours à June. Une effrayante lucidité quant au rôle de l'hypocrisie humaine, car il faut bien ménager et ses arrières et les êtres qui nous sont chers.

A ceux qui ne comprendraient pas comment une femme peut avoir des relations sexuelles avec son mari alors qu'elle ne l'aime plus et qu'elle a un amant, lisez Anaïs !
A ceux qui ne comprendraient pas que parfois la lucidité prend le pas sur le désir, les envies, et devient source de peurs incontrôlables, lisez Anaïs !
A ceux qui veulent en savoir un peu plus sur les femmes aimantes, lisez Anaïs !

Il y a mille et une raisons de lire Anaïs Nin. Mille et une, et sans doute plus encore.

Et si cela vous effraye, lisez ces livres comme des romans, car la vie d'Anaïs, c'est un roman, le roman d'une femme qui aime la vie, qui aime les hommes, qui aime l'amour.

Citations :

    -Allendy me dit :"Donnez-vous entièrement à une seule personne. Soyez dépendante. Reposez-vous sur elle. N'ayez pas peur de souffrir.
Je crois que je l'ai fait avec Henry. Et pourtant je continue à me sentir seule et divisée.

    - Une des choses qu'il (Allendy) a remarquées, c'est que je m'habillais plus simplement. Je ressens moins le besoin de porter des tenues originales. Je pourrais presque m'habiller en "prêt-à-porter" maintenant. Le vêtement, dans mon cas, était une façon d'exprimer extérieurement un manque d'assurance profond. Incertaine de ma beauté, je dessinais des vêtements excentriques pour me distinguer des autres femmes.

    - J'ai éprouvé une sorte d'amertume en pensant à l'obstination de June, à son esprit d'initiative, à sa tyrannie. J'ai pensé : ce ne sont pas des femmes fortes qui rendent les hommes faibles, ce sont les hommes faibles qui rendent les femmes trop fortes. Je me tenais devant Henry avec la soumission d'une femme latine, prête à me laisser dominer. Il m'a laissé le dominer. Il a toujours craint de me décevoir. Il a exagéré mes espérances. Il n'a cessé de se demander combien de temps je l'aimerais et jusqu'à quel point je l'aimais. Il a permis à l'esprit d'interférer dans notre bonheur.

    - Il est mauvais de s'accrocher à un amour, c'est seulement le signe d'un manque de confiance en soi.

    - Il (Henry) a dit : " Je me suis rendu compte qu'un séjour en Espagne de quelques mois n'était pas une solution. Et je sais que, si nous le faisions, tu ne retournerais plus à Hugo, je ne te laisserais pas revenir." J'ai répondu :"Et il ne peut être question pour moi d'autre chose que de simples vacances à cause de Hugo." Nous nous sommes regardés, conscients du prix que chacun de nous payait pour sa faiblesse ; lui pour être esclave de la passion, et moi esclave de la pitié.

Les Cahiers Secrets concernant Henry et June, s'achève sur ces mots :

Hier soir, j'ai pleuré. J'ai pleuré parce que le cheminement qui a fait de moi une femme a été douloureux. J'ai pleuré parce que je n'étais plus une enfant, avec la confiance aveugle d'une enfant. J'ai pleuré parce que mes yeux se sont ouverts à la réalité - à l'égoïsme de Henry, à l'amour du pouvoir de June, à mon insatiable besoin de créer qui nécessite que je m'occupe des autres et ne peut pas se suffire à lui-même. J'ai pleuré parce que je ne pouvais plus croire, et j'aime croire. Je peux encore aimer avec passion, sans croire. Ce qui veut dire que j'aime humainement. J'ai pleuré parce que, à partir de maintenant, je pleurerai moins. J'ai pleuré parce que j'ai perdu ma douleur et que je ne me suis pas encore habituée à son absence.
Ainsi, Henry vient cet après-midi et demain, je sors avec June.


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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 04:01

Le film :

Salma a 45 ans et habite la plantation de citronniers que son père lui a légué. Son mari est mort, ses enfants sont loin. Elle coule des jours paisibles dans ce coin de Cisjordanie, placé sur la "ligne verte". Mais un jour, de nouveaux voisins viennent s'installer au bout de sa plantation. Pas n'importe quels voisins, mais le ministre de la Défense Israëlienne. Celui-ci, après une estimation des services secrets, décide que la plantation devient une menace pour sa sécurité et celle de Mira, son épouse. Il exige donc de Salma, qu'elle fasse arracher ses citronniers. Celle-ci décide de se battre contre cette décision injuste à son sens.


Ce que j'en ai pensé :

J'ai vu ce film en VO, soit moitié en arabe, moitié en hébreux, sous-titré bien sûr. En discutant avec un ami arabe, je lui fis part de mon étonnement quant à la similitude de ces deux langues au niveau des sonorités ; et lui de me répondre, que, effectivement, pour nous occidentaux, il s'agit d'un même dialecte, car notre oreille n'en perçoit pas les différences.

Une première chose absolument indispensable concernant ce film, il ne s'agit nullement de parler de religion ici, mais bien de deux populations, deux idéologies qui se font face. Une sorte de fable sociale et humaine entre deux peuples, entre deux femmes, entre les femmes et les hommes.

A l'heure où Israël célèbre les 60 ans de sa création, ce film vient rappeler certains faits qui se passent là-bas. Pour ma part, j'avoue avoir toujours été choquée que pour les israëliens, une vie des leurs semble valoir au moins quatre vies palestiniennes, alors que pour moi, une vie reste une vie, et aucune vie n'est et ne peut être supérieur à une autre.

Ce film est indéniablement un partie pris, celui de Salma, la palestinienne de Cisjordanie qui ne désire qu'une chose, continuer à cultiver ses citronniers, dans le calme et la sérénité de sa vie de veuve seule.

Salma ne demande rien. Son père l'a élevée seul, simplement secondé de son ouvrier à la plantation, ce dernier étant resté fidèle à Salma, sans jamais la juger. Quand celle-ci fut en âge, elle se maria, eut des enfants, et devint veuve. Elle vit seule, ses enfants la laissant dans sa solitude, acceptant ce que la vie lui a donné. Alors quand arrivent ces voisins quelques peu encombrant, même si elle regarde par curiosité, Salma continue de mener sa vie simplement. Point de haine de sa part, point de religion. Juste le regard d'une femme qui voit d'un seul coup sa vie, sa plantation surveillée comme si elle était dangereuse. Salma voit le mirador, l'enclos dont se trouve cerclés ses citronniers, auxquels elle ne peut plus avoir accès.
Mais Salma refuse cela, ce sont ses citronniers, ils ne représentent aucun danger, elle-même n'est pas un danger pour ses voisins. Elle décide alors de porter plainte contre ses voisins. C'est avec l'aide d'un avocat, qui sera son amant, qu'elle se battra.

On y voit un ministre dont la femme est belle et intelligente qui se croit au-dessus de tout. même si cela n'est que suggéré, on comprend vite qu'il la trompe avec sa garde du corps, cette dernière se permettant envers Mira une attitude déplacée.
On y voit un avocat sincère mais faiblard malgré tout dans ses émotions et ses envies.

Les israëliens sont-ils paranos, pensent-ils que tous les palestiniens veulent leur peau ? Y'a-t-il un moment où ils ne vont pas arrêtés de se sentir persécutés ? Y a-t-il un moment où ils vont comprendre que leur attitude vis-à-vis de leurs voisins arabes, et surtout les palestiniens n'est que le pâle reflet de ce qu'ils ont vécu dans la Shoah ?

Et à moi de penser que, ce sont les Israëliens qui ont créé ce climat de tension insupportable au Proche orient. Car il y a toujours une part de responsabilité de part et d'autre dans ce qui arrive de pire. Les Israëliens sont aujourd'hui des colonisateurs, à une époque où seule les dictatures colonnisent encore (la Chine par rapport au Tibet, ou encore l'Arménie etc.). En volant les territoires palestiniens (je parle des colonnies, pas de la création de l'Etat d'Israël), ils devaient bien imaginer que les palestiniens n'allaient pas se laisser flouer. Ce film dénonce la politique d'Israël, sur l'appropriation des territoires, mais également sur la paranoïa. Les Oliviers sont arrachés parce qu'ils représentent des dangers pour la sécurité de l'état.

A la fin du film, Salma a perdu son procès en appel à la Cour Suprême de Jérusalem. Le verdict fut que, Salma devrait tailler ses citronniers à hauteur de 30 cm du sol, en faire des bonzaïs, et l'état israëlien à lui verser un dédommagement. Salma se sent insultée et bafouée et pourtant, un verdict sans précédent puisque les arbres ne furent pas arrachés. L'ironie de ce jugement se fait dans la parabole finale. Le village se situant sur la ligne verte, la plantation de Salma et la propriété du ministre furent séparées, après le taillage des citronniers par ce mur de la honte ...


Le rôle de la femme est très important dans ce film. L'homme étant réduit à un causeur de problème sans fin et à un don juan de pacotille.
Les femmes (Salma et Mira) s'observent, cherchent à comprendre, cherchent à dialoguer. D'ailleurs, Mira, contre l'avis de son mari de ministre se rendra au verdict du procès, et choisira de divorcer suite à cela. Une folie de trop de la part de son mari.

J'ai beaucoup aimé ce film, pour sa simplicité de montrer les choses. Bien qu'il soit évident qu'il y avait un parti pris envers Salma, il s'agit surtout de montrer l'incohérence de la politique israëlienne aujourd'hui, qui, enfermée dans une idéologie passéïste n'arrive pas / plus à avancer, voyant des ennemis partout, voyant le mal partout, et oubliant de vivre une vie de partage et de cohabitation en bonne intelligence, mais est-ce réellement possible avec des voisins arabes et peut-être haineux ...

Ne faisons pas l'amalgame entre ce qui est arrivé durant la Seconde Guerre mondiale et ce qui arrive aujourd'hui. Ne faisons pas l'amalgame entre juifs et israëliens, entre israëlites et israëliens. Car israëlien est une nationalité, pas une religion. En Israël, il y a des israëliens musulmans.

Un film à voir absolument, pour un regard différent, une nouvelle constatation de la bêtise humaine.


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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 00:37

Cette petite église se situe entre le lycée Jean Zay (qui lui-même fait face au Parc Pasteur d'Orléans) et le faubourg Saint Vincent.
C'est en choisissant de me rendre à pied chez mon endocrinologue que j'ai découvert cette petite église.



L'église de Saint Vincent, dite Saint Vincent des Vignes, est répertoriée dès le IX°sc. Elle connut bien des déboires, puisque détruite plusieurs fois de la guerre de cent ans à la prise des Huguenots, elle devint même une écurie durant la Révolution Française.



Il faudra attendre 1813 pour que Saint Vincent redevienne un lieu de culte.



La façade de l'église Saint Vincent, que j'ai choisi de photographier, donne sur la cour de récréation du lycée Jean Zay.

Eglise Saint Vincent.
Orléans.
8 mai 08.





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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 00:24
Le livre :

Totto-Chan vient d'entrer à l'école, mais très vite elle est renvoyée parce qu'elle ne s'adapte pas à la pédagogie. Totto-Chan passe beaucoup de temps à regarder à la fenêtre pour interpeler les chanteurs de rues, ou parler avec les animaux, ce qui perturbe passablement la classe.
Sa mère réussit à lui trouver une école qui a une approche différente, Tomoe. Le directeur a choisi d'établir la pédagogie sur la rythmique et le partage, laissant de côté la rigidité du système habituel.
Totto-Chan évolue au fil du temps dans cette école surprenante qu'elle intègre en 1940 et qu'elle quittera en 1945 car Tomoe brûlera sous les bombardements américains.

Ce que j'en ai pensé :

Cette petite fille particulièrement curieuse de la vie, dénuée de méchanceté est particulièrement attachante. Totto-Chan est en réalité Tetsuko Kuroyanagi. L'auteur, marquée par cette expérience pédagogique qui a sans doute été déterminante dans sa vie, choisit de rendre hommage au directeur de cette école, Sôsaku Kaneko. Cet homme a la formation musicale, décide de devenir instituteur en école primaire. Il voyagea notamment en Europe pour découvrir des techniques d'apprentissage différentes, notamment basée sur la rythmique. A son retour, il fonda l'école Seijô, puis celle de Tomoe. La devise de cet homme était de ne pas formater les enfants au moule de la société mais de leur permettre de s'épanouir et de valoriser leur personnalité, leurs points forts.
Tetsuko Kuroyanagi, si elle avait suivi le cursus classique, n'aurait pas été la même jeune femme épanouie. Imaginez quand même qu'elle fut renvoyée de l'école primaire. L'école de Tomoe lui permit de cultiver sa curiosité du monde extérieur, tout en acquérant les programmes éducatifs obligatoires.

Je me suis demandée si aujourd'hui une telle école, un tel système éducatif basé sur l'autonomie de l'élève pouvait fonctionner. Et pourtant, j'aurais adoré être dans une telle école, moi qui me suis si ennuyée à l'école primaire ... J'ai l'impression que dans notre société, telle qu'elle se construit, cette école est une utopie. Et puis, il faut aussi prendre en compte l'implication et l'éducation des parents eux-mêmes.

Ce livre, qui traite principalement de la pédagogie de Tomoe et de Monsieur Sôsaku Kaneko, mêle également les événements de l'histoire japonaise et internationale. Tetsuko Kuroyanagi, qui débute son histoire en 1940, au moment où elle entre à Tomoe, parle aussi de ce qui se déroule en Europe. La façon dont elle évoque les événements se distingue, non pas la minimisation des faits, mais plutôt par la manière dont la petite fille qu'était Totto-chan à l'époque,
les perçoit. Elle comprenait qu'il se passait des choses graves en Europe, que des gens s'exilaient, même si elle ne savait pas pourquoi. L'auteur évoque les bombardements de Tokyo, la guerre du Pacifique, les soldats blessés, mais aussi l'exil de certaines personnes parce qu'il n'avait pas la bonne religion, ainsi que la présence en Europe d'un homme terrible pour l'humanité. Mais ce livre n'étant en aucun cas un livre historique, mais bien un livre auto-biographique, dont le but est de rendre hommage à monsieur Sôsaku Kaneko, l'auteur ne pouvait faire une place large aux événements historiques, autrement que comme elle les a vécu.

Un livre très agréable qui prône le droit à la différence, à une pédagogie de valorisation des êtres, leur épanouissement.

Citations :

- Sa joie de vivre et sa nature distraite lui donnaient le masque de l'innocence. Mais au fond d'elle-même, elle avait néanmoins la vague impression d'être plus ou moins exclue et d'être jugée plus sévèrement que les autres enfants.

- Ainsi, l'idée ne serait jamais venue à un enfant de dire qu'il n'aimait pas ce qu'on lui servait, ni même de chercher à savoir qui avait le meilleur déjeuner ou le moins copieux. Tout ce qui intéressait les enfants était de savoir s'ils avaient bien "quelque chose de l'océan et quelque chose de la montagne", et le seul fait de satisfaire à la double exigence suffisait à déclencher les rires et les cris de joie.

- En réalité, le directeur ne voulait pas que les enfants entretiennent une curiosité malsaine vis-à-vis du corps de leurs camarades de l'autre sexe, et il trouvait contraire à la nature de vouloir à tout prix cacher sa nudité. C'est pourquoi il leur permettait de se baigner nus. Mais il voulait aussi leur faire comprendre que tous les corps étaient beaux à voir. Certains élèves de Tomoe avaient eu la polio, comme Yasuaki-chan, ou souffraient de problèmes de croissance, mais le directeur était convaincu qu'en jouant nus avec leurs camarades, ces enfants pourraient surmonter leur honte et leurs complexes d'infériorité. De fait, les élèves handicapés, assez timides au début, se détendaient vite et n'éprouvaient plus la moindre gêne une fois pris au jeu.

- Le directeur était convaincu qu'elle permettait aux enfants de développer au mieux leurs aptitudes naturelles, sans pâtir de l'influence des adultes de leur entourage. Il reprochait à l'éducation contemporaine, trop axée sur les mots, d'avoir rendu les enfants incapables de percevoir la nature de façon instinctive, d'entendre Dieu leur parler à l'oreille, en un mot, de ressentir l'inspiration divine.
"Une grenouille qui saute dans un étang : qui n'a jamais assisté à pareille scène ? Pourtant, seul Bashô a pu écrire : Le vieil étang
                               Une grenouille plonge
                               Le bruit de l'eau !

- Le gouvernement avait ordonné un peu plus tôt d'envoyer les écoliers rendre visite aux soldats hospitalisés par groupes de trente environ. Le système commençait à se mettre en place petit à petit : chaque école devait désigner deux ou trois élèves, voire un seul pour les établissements de petite taille comme Tomoe, et éventuellement un enseignant chargé de conduire le groupe tout entier.

- Chaque enfant vient au monde avec une nature foncièrement bonne qui, avec le temps, peut se dégrader en fonction de son environnement et de l'influence des adultes de son entourage. Il faut donc trouver cette "bonne nature" et la cultiver au plus vite pour faire d'un enfant un individu à part entière.

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 03:19
J'ai laissé passer du temps avant de vous présenter les autres pièces sculptées qui constituent la Source Humaine de Félix Carpentier, au Parc Pasteur d'Orléans.
Après vous avoir montré que la
statue surmontant l'ensemble n'était pas sans rappeler le tableau La Source de Ingres, je choisis de vous montrer l'ensemble qui se trouve à la droite de La Source Humaine.





La Source Humaine, de Félix Carpentier est un véritable hommage à la femme, en tant que  mère de la vie. Et pourtant, il  a su lui rendre sa légitimité de femme en nous la montrant sensuelle, voluptueuse, gourmande, et diablement érotique.

Que dire de ces six femmes enchevêtrées qui s'offrent aux caresses de leurs compagnes, du soleil, du vent, qui s'offrent à leurs propres caresses. J'ignore comment cette magnifique sculpture a été reçu lors de son inauguration, mais elle transpire la vie, les plaisirs de la vie, de la chair.

A venir, la troisième sculpture qui constitue la Source Humaine de Félix Carpentier.



Parc Pasteur, Orléans.
4 aout 07.





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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 00:59
Le temps passe et rien d'autre ... et nous voici déjà de nouveau sous l'ère des fêtes de Jeanne d'Arc, notre plus célèbre pucelle. Ce n'est pas moins que la 579° édition de ce moment si particulier à Orléans.

Pour un rapide rappel. Nous sommes en 1429, en pleine guerre de cent ans. Notre bonne vieille ville d'Orléans est assiégée par les anglais. Jeanne avec son courage a su réunir autour d'elle les gens d'armes, les soldats, a affirmé sa légitimité. Elle se montrera beaucoup plus judicieuse que ces maitres de guerre, et parviendra à reprendre Orléans aux anglais. Vous connaissez la suite, les anglais, n'ayant pas surmonté ce préjudice (d'avoir été vaincus par un jeune pucelle), réclamèrent sa tête, et notre roi la leur donna.

Faites un rapide calcul et vous constaterez qu'Orléans reste fidèle à sa pucelle, car rares furent les années où cette dernière ne se vit pas rendre l'hommage qui lui est dû.

Et depuis ce jour, de 1429, pratiquement tous les ans, le 29 avril, Jeanne entre dans Orléans (bon la jeune fille de bonne (très bonne) famille, pieuse (catholique obligée), pucelle (même si les rumeurs prétendent qu'aujourd'hui, le certificat de virginité n'est plus réclamé) qui la représente) par la porte Bourgogne, elle est accueillie par le maire et le conseil municipal. Le 1° mai, elle traverse la Loire pour rejoindre notre île Charlemagne où se déroule la fête médiévale. Le maire ne lui remet l'étendard que le 7 mai au soir. S'ensuit un spectacle son et lumière sur les façades de notre chère cathédrale. Mais dès le 8 mai, après l'office religieux solennel, le cortège des provinces françaises en costumes régionaux, le discours du maire, Jeanne rendra l'étendard en fin d'après midi, invariablement, comme tous les ans.

La ville est donc placée sous l'air de Jeanne. Les rues principales que sont la rue de la République, la rue Royale, la rue Jeanne d'arc, la rue des Carmes retrouvent les grands étendards aux couleurs et aux blasons des compagnons qui suivirent la Jeanne pour reconquérir Orléans. Les locaux (comme moi, hein) voient se promener en plus des touristes (si si on vient du monde entier voir la ville qui rendit la Jeanne célèbre) des gens venus d'un autre monde, les médiévistes, médiévaux ... et pour se plonger un peu plus, nous nous rendons au Campo Santo, qui accueille le marché médiéval, et où je suis allée faire un tour samedi 3, sous le soleil Mai.

Depuis l'an passé, le célèbre feu d'artifice annonçant la clôture des fêtes n'a plus court. A la place, le maire et son équipe ont choisi de rajeunir ce moment en se payant un Damien Fontaine pour le son et lumière de la cathédrale, et un Martin Solveig sur la Place de la Loire. Le second prenant la suite de l'autre. Le voisinage de la Place de Loire appréciera t il de voir le lieu calme et reposant devenir un dancefloor pouvant accueillir 7500 personnes ?

Pour l'anecdote, la tradition veut que l'invité d'honneur des fêtes (il défile le 8 mai au côté de la Jeanne et assiste au discours hommage du maire pour la Pucelle) soit le nouveau président, l'année qui suit son élection. Mais à ce jour (par flemme d'avoir acheté le journal) j'ignore si la tradition sera respectée, et que le nain ou plutot le nabot oups, le président de la République sera parmi nous (enfin eux ... moi je serais en vadrouille photos).







Edit de dernière minute : Le nabot président de la république ne continuera pas la tradition, en allant honorer la Jeanne pour le premier anniversaire de sa nomination. Notre maire, sarkoziste dans l'âme (méchant nabot méchant nabot) doit être bien déçu. Il (le nabot) n'a rien trouvé d'autre que de coller le (personnage de l'état qui dilapide le plus d'argent sur frais de présentation en faisant exploser son budget alors que l'on demande aux français de se serrer la ceinture et que l'on nous rabache les oreilles en nous répétant inlassablement que les caisses de l'état sont vides, vides, désespéremment vides, enfin pas pour tout le monde hein) ministre de la Justice, non non je ne la nommerais pas.

Démonstration de combat.
Samedi 3 mai 08.
Marché Médiéval. Campo Santo. Orléans.

N'hésitez pas à rendre visite à Honorius, et à sa troupe "Les Flambeaux de l'Allan".


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