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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 08:02

 

limoges juillet 2009 270

 

Quartier des Bouchers.

Limoges, Juillet 2009.

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 06:35

 

le-chat-du-rabbin-tome-1

 

 

La bd :


Alger, dans les années 30. Léon Blum va bientôt accéder à la présidence de la France, l'Algérie est encore une colonie française. Juifs, arabes, pieds noirs cohabitent dans la capitale méditerranéenne.

Un rabbin de quartier, ayant une fille très belle, est affublé d'un chat. Ce dernier porte un regard sur la vie de son maître, de sa maîtresse. Un jour, par un étrange "miracle", le chat du rabbin acquiert la parole. Il interroge alors son maître sur la religion juive, les motivations à suivre ce qui est écrit dans la torah, et décide que lui aussi doit entrer en religion.

Pour le rabbin, c'est complètement incongru, un chat qui parle et qui veut faire sa Bar-Mitsva.



Ce que j'en ai pensé :


A ce jour, cinq tomes ont paru : La bar-Mitsva, Le Malka des lions, L'Exode, Le Paradis terrestre et Jérusalem d'Afrique.


Le chat est le regard sur le monde humain, il incarne la sagesse et la logique. Il montre les mensonges et l'hypocrisie qui animent les hommes.

 

Les femmes sont assez peu présentes, si ce n'est à travers la fille du rabbin. Elles sont réduites à un rôle quasi insignifiant, qui est à l'image du rôle que l'on consède à la femme. Elle doit être jolie, savoir tenir une maison, trouver un mari, se vouer à son foyer. Pourtant la jeune fille s'émancipe et ne manque pas de caractère. A travers ce personnage, l'auteur évoque les difficultés du mariage, la précipitation à "se ranger", qui peut, au fil du temps, se révéler un choix peu judicieux.

 

Chaque épisode du "chat du rabbin", évoque un thème différent, mais tous ont pour fil directeur la religion. Le chat s'emploie à montrer les contradictions qui animent les croyants / fidèles. Il montre un jeune étudiant du rabbin, dont le discours est très virulent. Il y prône une peur de Dieu, une vie entière vécue dans cette peur. Il se montre puritain, intransigeant. Et pourtant, un jour, le chat décide de le suivre, convaincu que ce jeune homme ne peut pas vivre selon les préceptes qu'il s'acharne à montrer à ses camarades. C'est ainsi que l'étudiant, vantant les mérites d'une non-sexualité avant le mariage, se rend dans les bordels réservés aux arabes. Hypocrisie de la croyance.

 

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Dans le tome 3 "L'Exode", alors que la fille du rabbin s'est marié avec un jeune rabbin moderne, Joann Sfar montre la différence entre le prêche des campagnes et celui de la ville. Déjà, le genre ne montre pas le respect qu'il doit à son aîné. Ensuite, sa manière de pratiquer s'est modernisée au contact de la vie occidentale. Le sabbat devient un arrangement avec la vie moderne. De plus, les parents du jeune rabbin ne sont pas des juifs pratiquants, ne vivent pas selon les préceptes juifs. Pas de repas kashers, pas de respect du sabbat. Le vieux rabbin, face à ce monde qu'il ne comprend pas se décide à enfreindre les lois de la torah. Il se rend dans un restaurant parisien, mange du porc, boit du vin, sans que rien ne soit kasher. Il constate que rien ne lui arrive. Doucement, il remet en cause les lois établies, mais pas sa religion.

 

La religion est une philosophie de vie. Certaines personnes préfèrent croire que de ne pas croire, parce qu'elles ont besoin de croire en quelque chose. Et puis, il y a la tradition, les coutûmes. Mais tout évolue, tout se perd aussi, tout se transforme dans une vie moderne où ce n'est pas l'homme qui s'adapte au manière de vivre, mais bien l'homme qui adapte sa religion à se manière de vivre.

Au fur et à mesure que l'humain évolue, la croyance en l'être suprême, l'utilité à suivre des lois de vie, devient moins évidente. La foi se caractérise-t-elle par rapport à suivre des lois dans les apparences, et à les transgresser dès que le regard de ses paires n'est plus là pour vous juger, ou bien à la vivre dans son coeur, sans hypocrisie, sans ce monde d'apparence ?

 

Le chat du rabbin offre un regard sur notre société, sur la religion (même si nous avons là un regard sur la religion juive), qui offre la part belle aux contradictions humaines, quant à leur foi.

 

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 09:55

 

Limoges-Toulouse-fin fevrier 2010 041

 

Limoges.

Février 2010.

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 06:28

 

lelivredemonpere

 

 

 

Le livre :


Yoichi se souvient de son enfance, dans le salon de coiffure de son père. Un coup de fil, et toute l'histoire familiale qu'il avait construit s'en trouve détruite. Son père vient de mourir. En se rendant dans son village natal pour assister aux funérails de son père, assistant à la veillée funèbre, il découvre combien sa perseption sur son père a été faussée par sa douleur d'enfant.



Ce que j'en ai pensé :


Depuis quelques temps, je découvre le monde de la bd. Certaines que j'ai acheté par coup de coeur comme celle-ci, et d'autres qui me sont conseillées par mon chéri.


Cette bande dessinée est en noir et blanc, sauf les deux premières planches qui sont en vert, et quelques vignettes, au début de l'histoire qui sont en couleur. J. Taniguchi a fait un travail de mémoire dans la vie d'un homme. D'un côté, il nous montre les souvenirs de cet enfant devenu adulte, vivant à Tokyo, de l'autre, il nous montre la vérité.

La vie ne contient pas une vérité. Chaque individu vit les situations auxquelles il est confronté, avec sa sensibilité, ses douleurs, ses croyances. Les non-dits sont source d'erreur.


Si Yoichi est victime du silence de ses parents, il devient bourreau de son père par son propre silence. Mais les raisons des non-dits, des silences sont de nature différente. Le père choisit de taire une situation à son enfant qu'il pense trop jeune pour comprendre. Le fils choisit le silence face à sa souffrance comme seul moyen de se protéger. Le père, sans doute conscient d'être responsable de l'attitude de son fils, se montre indulgent, compréhensif, et ne lui en veut pas. Pour Yoichi, il faudra le décès du père, et ce que la famille lui racontera de son histoire pour qu'il comprenne à quel point il s'est trompé sur son père, à quel point les choses auraient pu être différentes.

 

La parole reste le meilleur moyen d'expliquer les situations. Yoichi est abandonné par sa mère. Celle-ci ne trouvait plus auprès de son mari, l'écoute dont elle avait envie. Le déclencheur fut le grand incendie qui ravagea la ville. Les maisons, principalement en bois furent réduite à néant. La dette que contracta le père auprès de ses beaux-parents devait être payée. Ce dernier travaillait donc dur pour que sa famille vive bien, et que la dette fut réglée. L'honneur est très important chez certains individus, c'est un code chez les japonais. Là où il était question d'honneur, la mère mit cela sur le compte de l'orgueil. L'orgueil eut été que le père refuse le prêt de ses beaux-parents.

 

Yoichi a une soeur plus âgée, Haruko. Cette dernière était suffisamment grande pour comprendre ce qui se tramait au sein du foyer familial. Elle avait compris que sa mère se rapprochait de son professeur de musique, trouvant auprès de lui, ce qu'elle n'avait plus avec son mari. Alors, le divorce fut prononcé, la mère quitta le foyer, suivi le professeur et laisse les enfants à son ex-époux. Yoichi ne supportait pas le départ de sa mère, il s'enfermait dans le silence, fit tout pour fuir le foyer. Son père se remaria, et l'enfant devenu adolescent se renferma encore plus. Il cherchait un dérivatif à sa colère, au manque.

 

Yoichi a fait comme beaucoup d'enfant à qui l'on tait la vérité des faits, il se construit sa propre histoire.

 

Il se prend la vérité de son histoire lors de la veillée funèbre. Pourtant, chacun des membres présents lui montrent son plaisir de le revoir, personne ne lui fait de reproches, ne le juge. Le récit des souvenirs, de la vie du défunt aide Yoichi à découvrir les chainons manquants. Seul son oncle ose lui dire qu'il est passé à côté de son père, une pointe de rancune, sans doute, dû au gachis auquel il a assisté, impuissant. Pourtant, sa soeur, sa belle-mère ont la conscience qu'il y a, envers Yoichi des silences qui sont, eux, responsable de ce qui est arrivé, qu'on ne peut revenir sur le passé. La veillée sert à remettre les choses à leur place. Chacun doit être capable d'entendre la version des faits. Les deux femmes savent que si la vérité avait été expliquée à l'enfant qu'était Yoichi, celui-ci aurait sans doute pu vivre les choses autrement, vivre le traumatisme du départ de sa mère autrement.

 

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Un très beau livre, très sensible, sur la difficulté des liens familiaux, et des dégats faits par les non-dits.

 

 


 

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:36

sainte-trinité

 

Parc de l'Auzette.

Limoges.

Avril 2010.

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 15:10

 

tsigane

 

Le livre :

 

Un enseignant se souvient des deux événements qui ont participé à sa décision de devenir professeur. Un moyen pour lui d'évoquer les tsiganes, la manière dont ils sont perçus, et surtout le fait qu'ils ne prennent pas la parole, chose qui arrangea beaucoup de personnes, notamment durant la deuxième guerre mondiale, où ces derniers furent eux aussi persécutés.

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Le narrateur est un enseignant, qui, lors de débats, décident de faire partager son expérience à ses élèves. A la manière d'un conteur, il évoque deux souvenirs d'enfance, qui furent sa facination pour le monde tsigane, cette facination où la peur se mélange à la curiosité, cette facination qui attire.

Ce récit d'enfance subtil permet au professeur de parler d'une communauté méconnue, dont la réputation a été forgée au XVI siècle, et est solidemment ancrée dans l'esprit des gens. 

 

Nous connaissons les tsiganes sous différentes appelation, notamment 'rom', 'manouche', 'gitan', etc... Ils sont nommés en fonction de leur provenance géographique, mais il est noté que ce peuple nomade a en commun des origines indiennes.

 

C'est sous Louis XIV, que les tsiganes commencèrent à avoir la réputation qu'on leur connaît. Celui-ci supportait mal qu'ils fuent reçus dans les cours princières. Bannis des villes selon un décret royal, ils acquirent peu à peu une mauvaise réputation surtout liée à des phantasmes locaux.

 

N'oublions pas que l'étranger fait peur, nomade de surcroît, et qu'on préfère inventer plutôt que de chercher une vérité.

 

L'évolution de la société française, les lois obligent les tsiganes à se sédentariser peu à peu. Dès 1912, ils doivent posséder un carnet anthropométrique, fournissant des détails poussés permettant de les reconnaître, avec photos de face et profil, empruntes digitales, y compris pour les enfants.Ces carnets, qui n'ont rien d'une carte d'identité, non obligatoire, à l'époque pour le reste de la population, est un moyen de contrôle important.

 

carnetanthropométrique

 

Dès 1940, l'interdiction de circulation des nomades sur le territoire français est mise en vigueur. Les tsiganes pourraient être des espions potentiels, et surtout, cela permet d'accroître cette volonté de les sédentariser. L'Etat n'a de cesse de vouloir soumettre cette communauté à vivre comme le reste de la population française.

 

Au départ, le gouvernement de Vichy choisit de mettre à demeure les tsiganes. L'Etat fait bien la différence entre les nomades tsiganes et les personnes qui errent de villes en villes. Les premiers tsiganes internés le seront en Alsace-Loraine, dès l'automne 1940. Beaucoup de gens du voyages passeront par le camp de Rivesaltes. Si le gouvernement de Vichy accède aux demandes du III° reich concernant la population juive, il n'est pas solidaire des nazis concernant les tsiganes. Alors quand Allemagne, se déroule un véritable génocide tsigane (dont on taira longtemps l'existence), en France, il y a une réelle volonté de sédentariser cette communauté.

 

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C'est en 1942 qu'il sera décidé de la création du camps de Saliers en Camargue. Suffisamment loin de la population, mais pas trop quand même. La méconnaissance de cette population fait que les français leur prêtent des origines camarguaises à cause des rassemblements aux Saintes-Marie-de-la-mère. Il faut savoir que les acteurs à l'origine de ce camp sont liés à la Résistance, ce qui n'a rien d'anecdotique.

 

Le camp de Saliers doit s'intégrer dans l'esthétique camarguaise, et si ce sont des entrepreneurs qui commencent les travaux, très vite, le gouvernement fait venir des hommes du camp de Rivesaltes pour finir les constructions. Le camp imaginé au départ devient une utopie irréalisable. Pas d'eau potable, pas d'électricité, pas de chauffage, pas d'école ...

 

A la fin de l'année 1942, quand les premiers tsiganes arrivent dans ce camp, ils sont entassés dans des maisons, où très vite, l'insalubrité règne. Ne nous y trompons pas, cela ne vient pas des habitants, mais bien des structures qui sont sommères. Le manque de luminosité oblige à garder les portes ouvertes, laissant par la même occasion les bestioles entrer comme bon leur semble. Les toits de chaume, du fait de la mauvaise ventilation, de l'absence de chauffage, regorgent de vermine. De plus, la nourriture se fait rare.

 

Ce sont les enfants qui souffrent en premier de  la manière dont ils sont obligés de vivre. Malnutrition, maladie. Du coup, le gouvernement de Vichy décide, contre l'avis des parents de faire adopter les enfants, de les placer à l'assistance ou encore de les placer dans des établissements religieux. Cela ne fait qu'aller dans le sens de les voir se sédentariser, et donc de les "normaliser socialement".

 

La vie au camp est lamentable, l'école ne fonctionne pas, pas de bâtiment, pas d'enseignant. L'infirmerie n'est guère mieux lotie que les baraques, sans chauffage ...

 

Malgré la rudesse de la vie au camp de Saliers, peu de tsiganes y trouveront la mort.

 

Le camp de Saliers est un véritable échec. N'ayant pas été achevé, il n'a pu, dès le départ être voué à la réussite. Mais même si le camp avait été à l'image de ceux qui l'avait rêvé, aurait-on pu parler de réussite ? Peut-on considérer comme une réussite que de soumettre une population à la "normalité sociale" du pays dans lequel elle circule ?

 

Après un bombardement en août 1944, le camp a été déserté, sans doute encouragé par le chef du camp Albert Rosini.

 

Une exposition circule actuellement, elle vient de passer à Limoges : L'internement des Tsiganes pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A voir, la video sur le site du Monde.fr : L'internement des Tziganes, une histoire française.

 

 

La France avait donc une volonté, celle de sédentarisé la communauté nomade, mais qu'en est-il aujourd'hui ? La situation ne change pas, il y a toujours cette même volonté, et l'évolution de la société oblige cette communauté à entrer dans une "normalité sociale".

 

 

L'Allemagne nazie, quant à elle, n'avait qu'un but, régénérer le sang allemand en le purifiant. Il faut savoir que la persécution des tsiganes ne commencent pas en Allemagne avec l'arrivée des nazies, elle prend juste de l'ampleur avec leur accession au pouvoir.

La violence destructrice des nazis à l'égard de la communauté nomade est une réalité. Il y a la stérilisation dès 1933, l'interdiction des mariages mixtes entre 1934-1935 et l'enfermement à Dachau dès 1936. Les nazis estiment avoir exterminé la moitié de la population tsigane d'Europe à eux seuls.

 

Quand on sait cela, l'existence des camps, on peut s'étonner qu'aucune mention n'a été faite du génocide tsigane, pourtant, on estime à au moins 500 000 le nombre de victimes tsiganes.

 

Cette communauté est bien différente de la nôtre, non pas en ce que nous "sédentaires", imaginons de leur vie, mais en ce qu'il en est dans la réalité. Les préjugés que nous avons à leur encontre, rassurez-vous, ils ont la même à notre égard.

 

Le génocide Tsigane se découvre peu à peu, car doucement, les enfants des camps se mettent à parler, pudiquement de leur histoire, pas de grands discours, juste des faits : insalubrité, vols du gouvernement de leurs affaires. Eux n'ont eu aucun indemnisation quant à leur histoire !

 

J'ai trouvé ses renseignements en visitant l'exposition à la BFM de Limoges le 24 avril 2010, j'ai complété en allant visiter le site Mémoire.net.

 


 


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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 08:06

jardinévechelimoges

 

 

Jardin de l'évêché.

Limoges.

Avril 2010.

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 07:49

 

Roman-Miss-Charity-Marie-Aude-Murail

 

  Le livre :


Miss Charity a cinq ans lorsqu'elle commence à nous raconter son histoire. Elle passe la plupart de son temps au troisième étage de la maison familiale. Anglaise, issue d'une famille d'aristocrate, Charity vit selon les codes de son monde. Ses parents, ayant eu deux fillettes décédées en bas âge ne semblent pas s'intéresser à elle. Tout juste se rappellent-ils qu'elle existe. Flanquée d'une gouvernante, Tabitha, elle reccueille des animaux, étudie les insectes, la nature. La nurserie devient alors une véritable ménagerie.

Le temps passant, il est décidé que la jeune fille fera son éducation auprès d'une demoiselle Blanche Legros, française, que Tabitha terrorise, la gouvernante s'enfermant au fil des ans dans une folie douce.

Miss Charity n'aime guère le monde, elle lui préfère de loin, le monde de la nature. D'ailleurs, c'est lors de vacances d'été, alors qu'elle est en visite chez sa marraine, que la jeune fille rencontre Kenneth Ashley, garçon qui finira par surgir, telle une étoile filante, à des moments surprenants, dans sa vie.

Miss Charity grandit ; sa mère, qui dans un premier temps se lamente de ne pas la voir rencontrer des jeunes gens, se trouve aise d'avoir sa fille à ses côtés. Mais la jeune fille n'est pas comme celles de sa société. Elle peint des aquarelles, au point d'en faire des livres ...




Ce que j'en ai pensé :


Au fil de ma lecture, j'ai pensé à Beatrix Potter. Sans doute le fait que Charity dessine des lapins, racontent les histoires des petits animaux qui l'entourent. Ce livre, qui a tout d'un pavé, se lit avec un réel plaisir. L'épaisseur pourrait rebuter, mais non, on se prend au jeu, de découvrir la vie de cette petite anglaise, de l'imaginer dans son monde.

J'ai aimé le ton dont l'humour lucide n'est jamais loin, et nous tire souvent un sourire au coin des lèvres.

 

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L'auteur nous dépeint, ici, une société anglaise, codifiée, que remet en question cette jeune aristocrate. Elle remet en cause le fait qu'une femme ne pourrait être éduquée, qu'une femme doit absolument avoir un mari pour exister, avoir des enfants. Elle relève avec horreur les remarques dont elle est l'objet concernant son célibat. Elle bouleverse les codes en travaillant, en devenant "auteur", en étant publiée. Personne dans sa famille n'a jamais gagné sa vie.

Ce livre est un véritable plaidoyer en faveur de la femme, l'auteur lui donne la part belle.


Les hommes n'y sont pas montrés sous leur meilleur jour. On les voit utiliser les femmes, les snober, les duper. Lorsque Charity vend son premier livre, elle est littéralement "voler", payer une misère alors que l'éditeur s'enrichit sur son dos, l'ouvrage faisant fureur auprès des enfants comme des parents. Il lui faudra du courage, de l'audace pour se faire payer à sa valeur, négocier son dû. Lorsqu'elle fait sa première tentative, pour vendre ses dessins auprès d'un directeur du jardin des plantes, elle se fait humilier, rabaisser. Les hommes n'ont que peu de considération pour la femme, celle-ci n'a qu'une utilité, dans la maison, à les servir, puis à servir la progéniture de ses derniers.

 

Ces thèmes ne sont pas rares dans la littérature anglaise fémine du XIX° siècle. Les auteures fémines tel Charlotte Brontë, Jane Eyre ou Jane Austen, Orgueil et préjugés, visent à dénoncer cette société machiste, dans laquelle la femme ne peut sortir de sa condition que si elle est belle, et richement dotée. Quel gachis ! Mais quand on y regarde de plus près, quand on nous annonce qu'en France, on tend à l'égalité homme-femme, notamment depuis 1945, avec le droit de vote, puis le droit à l'avortement, le droit à ne plus être sous la tutelle du mari, l'égalité des salaires, en tant que femme, nous savons bien que nous sommes loin d'une égalité avec le monde masculin.

On verra toujours la femme comme une futur mère, on la jugera toujours sur son physique, on s'attachera moins à son intelligence qu'à son apparence, on la verra toujours comme un ventre à bébé.

La femme potiche, il n'y a qu'à allumer son poste de télévision, à jeter un coup d'oeil sur les couvertures des magasines, pour comprendre que la femme égale de l'homme, ce n'est pas encore pour demain, quoi que l'on veuille nous faire croire !

 

Alors tant mieux, si certains livres, comme Miss Charity, vient rappeler à nos jeunes filles, qu'elles ont leur propre destin à accomplir, qu'elles ne sont ni futiles, ni inutiles dans notre société, bien au contraire, elles portent la moitié du ciel sur leurs épaules, leurs frêles épaules ...


Marie-Aude Murail, habituée à la littérature pour la jeunesse, nous offre là une belle histoire de femme. A mettre dans les mains de toutes les jeunes filles qui aiment lire.

 

 

 

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A lire, l'article des Lectures de Marie sur ce livre.

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 10:52

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 04:19

 

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Parc de l'Auzette.

Limoges.

Avril 2010.

 

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