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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 06:39

jacasserie

Février 2010.

Cette photo appartient à la série "Sur une idée de Jean-Yves".

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 07:03
chatvoyaitrougLe livre :

Jim Qwilleran travaille toujours pour le Daily Fluxion. Il a désormais deux chats, Koko et Yom Yom. Son directeur lui confie une nouvelle mission, à l'heure même où le journaliste se décide de se mettre au régime. Il devra parcourir les meilleurs tables de la ville pour en rapporter des chroniques succulentes. Grave problème quand on doit se contenter de tout gouter du bout des lèvres. Cependant, étant invité à un diner chez Maus, par une amie, il découvre une étrange pension de famille. Qwilleran en profite pour déménager dans l'appartement laissé libre, heureux de retrouver son amour de jeunesse, Joy, artiste potier. Malheureusement, les retrouvailles sont de courtes durées, la jeune femme disparaît et les explications du mari sont pour le moins contradictoire avec les paroles de Joy, avant son évaporation. Il n'en faut pas moins au journaliste, pour d'un côté mené ses chroniques à bien, en même temps que son régime, et de l'autre, mener l'enquête que la disparition de son amour perdu.


Ce que j'en ai pensé :

Le chat qui voyait rouge est le tome de la série des "chat qui ..." qui eut un succès retentissant et donna à l'auteur l'envie de reprendre sa plume pour continuer sa série de "détective". Il s'était ainsi écoulé vingt ans entre Le chat qui lisait à l'envers.
Plus abouti, plus emporté que le premier, il semblerait que l'auteur ait trouvé ses marques dans ce tome.
J'ai trouvé des similitudes avec le premier tome, un Qwilleran qui s'en va habiter autour d'un meurtrier potentiel, le chat dont l'intelligence le guide dans son enquête. Qwilleran est aussi un vieux célibataire endurci qui s'adoucit au contact de ses chats, parce que cela l'oblige à être attentif à quelqu'un d'autre qu'à lui-même. D'ailleurs, Koko veille aussi sur son maitre, il appuie sur la balance, alors que son maitre se pèse. Celui-ci effrayé par son poids se met in extrémis au régime, et obtient des résultats.
Nous retrouvons aussi l'attention de Qwilleran pour les femmes, la séduction intelligente, et non le goût de la conquête.

Un roman de détective dans la lignée des Agatha Christie qui sont des moments de plaisirs et de détente.


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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 06:24
Ils étaient trois ...

grands-cormorans
Ils m'attendaient ...



Bords de Vienne.
Limoges.
Février 2010.
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 06:04

sang-d-aquarelle

Le livre :

Constatin von Meck est un metteur en scène de renom. Marié à un star hollywoodienne, Wanda, il ne rêve que de la reconquérir. Nous sommes en 1942, et depuis 1937, von Meck a quitté les USA pour l'Europe nazie. Goebbels le protège, il tourne pour l'UFA. Cependant il refuse de faire des films de propagande contre les juifs, alors il ne tourne que des films mielleux.
Pourtant von Meck a un rêve, il rêve de séduire à nouveau sa femme, et pour cela, un seul moyen, lui donner le rêve de sa vie, la Sanseverina, de La Chartreuse de Parmes. Celle-ci accepte.



Ce que j'en ai pensé :

J'ai été passablement surprise au début par le ton badin, nonchalant, un tantinet "par dessus l'épaule". Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis rendue compte que cette légèreté de ton sarcastique correspondait à la manière dont von Meck menait sa vie. Personnage torturé, artiste qui, finalement, ne rêve que de l'amour absolu, il se donne un genre, joue un rôle.
Von Meck ne s'en laisse pas compter, ne s'en laisse pas imposer. Il veut bien tourner des films de troisième ordre mais refuse d'aller à l'encontre de ses convictions.
V. M. a aussi un rapport ambigû avec l'Allemagne. Il est allemand par son père, américain d'adoption quand sa mère a divorcé. Il a dû mal à savoir où se situer 'sentimentalement' par rapport à tout cela. Il n'est pas convaincu par les idées d'Hitler, il veut juste qu'on l'aime, qu'on lui montre, qu'on lui dise. Alors si on ne le célèbre pas aux USA, on le célèbre dans cette Europe nazie.

Il faut le retour de Wanda, mais aussi la présence de Romano, pour qu'il s'interroge réellement sur ce qui se passe, sur cette guerre.
Indirectement il s'engage, en faisant fuir des juifs, en leur trouvant de faux papiers pour les embaucher sur ses films.
Avec Romano, l'ambiguité est encore plus présente. Car si nous ne doutons pas de son amour pour Wanda, on se rend assez vite compte qu'il a, pour Romano, des sentiments qui sont au-delà de ce qu'il imagine. Bien sûr, il ne cache pas son ambiguïté sexuelle, le faisant aimer les hommes comme les femmes ; bien sûr, il fait l'amour à Romano, le laisse libre de ses agissements. Mais il le protège, ce jeune gitan, d'une déportation, et donc d'une mort certaine, en lui teignant les cheveux, en en faisant son assistant sur ses films. Il le protège, ce jeune homme fougeux, sensuel, qui s'engage ouvertement dans la résistance. Les uns profitent de ses larcins pour se nourrir autrement que par les tickets de rationnement, les autres font semblant d'ignorer ses agissements dans l'ombre, les prises de risque qu'il prend.
Très vite, Wanda comprend ce qui lie son mari et ce jeune homme. Loin d'en prendre ombrage, elle en joue, se montrant séductrice par rapport à Romano, parce qu'elle se croit plus importante dans le coeur de von Meck, elle pense que Romano n'est qu'un jouet dans les mains de von Meck, qu'il n'est qu'une passade, un coup de coeur.

Von Meck, lui-même, léger dans ce qu'il a dans la tête, trop focalisé sur Wanda ne prend pas conscience de ce qui se passe avant d'avoir atteint un point de non retour.

Il y a sans doute beaucoup de von Meck, en nous, sur terre. Focalisé à l'extrème sur une chose, au point de ne pas voir que la vraie vie, le bonheur est ailleurs. Rien n'est pire, finalement que de se mettre des oeillères, de refuser de voir qu'il existe autre chose que nous, autre chose en dehors de nous, et d'oublier que la vie peut nous surprendre.

Dès le départ, j'ai été partagée sur mon opinion quant à ce livre. Mon mari pense que c'est parce que j'en attendais beaucoup et qu'il y a une part de déception. Peut-être. Je crois surtout que, même si j'ai trouvé qu'il y avait là un réel exercice de style, de réussir à tenir d'un bout à l'autre, un ton qui se calque sur ce qui se passe dans l'intérieur du personnage de von Meck (passer de la nonchalance à la gravité), j'ai trouvé certaines choses trop caricaturales.



Citations :

- Bien sûr, elle avait les cheveux blonds, la peau rose, l'oeil bleu et naïf alors à la mode en France, quoique moins furieusement qu'en Allemagne.

- Au volant d'une superbe Duisenberg noire décapotable, cadeau d'arrivée de Goebbels et dont il devrait le remercier un peu plus tard, Constantin von Meck sillonnait les rues de la ville en souriant malgré lui : il trouvait à ce Berlin guerrier un air d'opérette. Quinze ans de plateaux, parmi lesquels ceux de Cecil B. de Mille, lui faisaient remarquer certains excès de décor et de mise en scène dans le Troisième Reich : trop de soldats, trop de drapeaux, trop de saluts ! Et dans la rue trop de croix gammées, trop de monuments et trop d'animation guerrière ! Constantin en souriait comme d'une faute de goût.

- Malgré ses vrais papiers volés sur un autre par Constantin et qui le prétendaient allemand, seule nationalité qui en Europe évitait une fouille, Romano était un gitan. Etre juif sous Hitler vous transformait d'abord en coupable puis en un colis que l'étoile jaune transformée elle, en étiquette, expédiait dans des camps inconnus - cela dans une échéance plus ou moins brève ; mais une échéance quand même. Tandis qu'être gitan vous transformait immédiatemment en une cible, le nombre relativement réduit des gens de cette race rendant leur exécution individuelle plus aisée.

- Après leur rencontre, après avoir passé une semaine chez Constantin sans ouvrir la bouche, sans doute rassuré par son indifférence ou fasciné par sa promesse de faux papiers il avait un soir, tranquillement et avec grâce, ouvert pour s'y glisser le lit de son hôte. Constantin, à la grande surprise de Romanon et à la sienne d'ailleurs, l'avait renvoyé dans sa chambre.
  "Quand tu auras tes papiers et de l'argent, avait-il dit au garçon presque vexé, quand tu auras le choix, on verra ..."
  Romanon avait donc dû attendre d'en avoir le choix pour se livrer à lui, sur lui et avec lui à des jeux sensuels et pervers qui les avaient d'abord beaucoup distraits et menés  ensuite au bord de l'affection, une affection virile et plutôt brutale qui ne se transformait en plaisir que si l'un des deux le désirait, s'ennuyait oua vait besoin de chaleur. Ce compagnonnage érotique avait maintenant plus de charme aux yeux de Constantin que beaucoup d'amours supposées romantiques.

- "Je sais, je sais qu'il manque une patte, mes amis. Mais si vous saviez pour qui nous la découpons à la cuisine, vous m'approuveriez, et même, avait-elle conclu en s'emparant aussitôt de l'autre cuisse de la bête, vous m'applaudiriez."
  Elle poussait là le cynisme un petit peu loin, car, si son ton laissait supposer quelque part dans ses murs un enfant anémique, un vieillard mourant ou une femme enceinte, Constantin l'avait découverte, quelques jours plus tard, en train de découper elle-même sauvagement la volaille dans sa cuisine et d'en dévorer la cuisse avant qu'elle ne fût servie. Il avait beaucoup ri mais n'avait rien dit, tenant là,, pensait-il, un merveilleux élément de chantage, toujours possible et utile avec Boubou Bragance. D'ailleurs c'était pour cela qu'il l'aimait, pour sa férocité, son cynisme. De plus, il le voyait bien, l'Occupation lui plaisait infiniment ; sa fortune l'avait obligée à être large, voire luxueuse, pendant des années, et les tickets et les privations actuelles l'obligeaient - ou plutôt lui permettaient, à présent - d'être avare, ce qui était sa nature profonde. De toute façon, elle avait une hospitalité naturelle et plaisante.

- Il se sentit surtout à jamais coupé de la nation allemande, coupé de sa patrie, de sa langue et de ses origines. Il se sentait orphelin à tout jamais et un orphelin haineux ce qui était bien le dernier rôle qui lui convînt. Et pendant ce temps, tout ce temps qui lui semblait durer des heures, il parlait à voix haute ; il entendait sa propre voix dire : Non, non, non, no, nè, mais jamais Nein ni Ja ; il ne supporterait plus jamais qu'on lui dise Herr von Meck.

- Constantin se rendit compte soudainement, comprit pour la première fois, que le petit Reinhardt avait été châtré, proprement châtré par son père, le fier hobereau von Meck, parce que la petite Stéphanie et lui couchait ensemble. Eh oui, même son enfance, sa blonde, sa soyeuse, verte enfance avait été elle aussi trempée dans le sang, celui de Reinhardt pour lequel sa soeur s'était tuée et sa mère exilée ; et lui Constantin n'avait alors pas compris et, plus tard, n'avait pas voulu comprendre. une fois de plus, il était un homme qui ne comprenait pas, il fallait bien qu'il se l'avouât une fois pour toutes. Il était un homme heureux et décidé à le rester par toutes les forces de la lâcheté et de la compromission.






Des Bleus à l'âme, Françoise Sagan.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 07:22

montmartre-aquarelle


Réalisée le 15 mars 2010.
Incluse dans le carnet "Automne", violet, des éditions "thé des écrivains".

9 x 20.

Cliquer sur l'image pour voir l'aquarelle en plus grand.
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 07:29
 
lavienne-fevrier2010


la-vienne-fevrier-2010


La Vienne, Limoges.
Février 2010.

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 08:25

pose-raffraichissement-rodin


Paris. Musée Rodin.
Aout 2009.

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 07:10

magasin-general



Le livre :

Nous sommes dans la Paroisse de Notre-Dame-des-Lacs, au Québec, dans les années 1920. Félix Ducharme vient de mourir, laissant sa femme seule, avec leur magasin général. Ils n'ont pas pu avoir d'enfants. Marie va devoir assumer seule le magasin, aider les villageois, répondre à leurs demandes, nombreuses.
Marie est une femme généreuse, sans histoire, avec des besoins de femmes. Survient alors Serge, beau, brun, libre. La neige, des ennuis mécaniques l'obligent à rester quelques temps à Notre-Dame-des-Lacs. Il s'installe chez Marie, ce qui ne manque pas de faire jaser les vieilles bigottes du village, et oblige le curé à parler avec Marie.
Le beau Serge se plaît beaucoup au village, en la compagnie de Marie. Celle-ci y voit un amoureux potentiel. C'était sans compter que Serge est un homme à homme. Marie l'accepte, mal au départ. Non pas par mépris des choix sentimentaux personnels de son ami, mais parce qu'elle y perd un mari, un amoureux potentiel.
De fil en aiguille, la vie, les besoins sentimentaux de Marie, Serge, et des autres habitants de la paroisse jalonnent les cinq premiers tomes du "Magasin Général".

planche53-magasingeneral


Ce que j'en ai pensé :

Loisel et Tripp, dessinateurs confirmés depuis trente ans, ont concilié leurs talents pour mettre en place le "Magasin Général". Ils furent aider par Jimmy Beaulieu, pour l'adaptation des dialogues, afin que ces derniers puissent être accessibles à tous. En effet, pas question de produire des albums dont le Québécois pure aurait rendu la lecture quasi impossible aux autres francophones. Il n'empêche que certaines expressions sont gardées, et expliquées dans un lexique, afin de garder la saveur de la langue québécoise.

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J'ai découvert ces albums il y a un an, et je suis de suite tombée sous le charme. D'abord, la qualité du graphisme, les silences aussi qui laissent apprécier les vignettes, les couleurs et qui nous permettent de nous imprégner totalement dans l'univers de cette bourgade québécoise.
Le dernier a paru en novembre 2009, juste pour ma fête, et ce fut mon cadeau, par mon chéri. Et quel cadeau, parce que le titre de ce nouvel opus est "Montréal", parce que sur la couverture, Marie est rue Sainte Catherine, et que tout ceci évoque beaucoup de souvenirs pour moi, Montréal, le Québec, et la Sainte Catherine.

J'aime aussi dans ces albums, la sensibilité, et la lucidité. On ne tombe jamais dans le trop facile, jamais dans le mièvre, on est toujours dans la vie, la vie vraie, avec ses soucis, ses tracasseries, mais aussi ses bonheurs simples.

J'aime aussi la place que les deux auteurs ont su donner aux animaux dans cette vie campagnarde, animaux domestiques qui rythment les moments forts des albums, et qui ne sont rien moins que le chat noir, le petit chien, le canard, et dans le cinq album, un nouvel arrivant, la chèvre.

Sans doute que ce qui m'a fait aimer ces albums, en plus de ce dont je viens de parler, ce sont les interrogations simples sur la vie, les plaisirs simples. Le sens de la vie n'est-il pas simplement là ? Vivre, regarder, aimer, profiter. La vie n'a peut-être que ce sens-là, celui de ne devoir que trouver les moyens d'apprécier d'être vivant.


serge-marie

Site officiel de Loisel.
Jean-Louis Tripp.
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 10:25

antoine-jésus

J'aime le regard qui s'échange entre Antoine et Jésus. Cette complicité qui reflète un amour sans condition. Je choisis cette première photo de Saint Antoine avec l'Enfant porté sur un livre, pour ce qu'elle représente. Si le livre peut être un appui pour l'apprentissage, ce dernier n'en détient pas les clés, n'en détient pas toutes les clés. Le livre n'est qu'un outil, et sans l'implication de l'adulte, le livre ne sert à rien. Le livre peut apporter des valeurs, mais seulement l'humain peut donner, transmettre l'amour.

Saint-Antoine de Padoue.
Notre Dame du Taur.
Toulouse.
Février 2010.


saint-antoine-de-padoue

J'ai défié Jojo, des Kikojo, de dessiner un Saint-Antoine, portant l'enfant sur le livre. Et il a relevé le défi dans un temps reccord. Je suis impressionnée. Et j'adore son dessin. C'est bien sûr Francky qui a colorisé le dessin, et qui rédige l'article concernant Saint Antoine. Je vous invite à aller le lire ICI, chez les Kikojos. Merci à eux !


Bon Anniversaire, Jojo !



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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 06:55
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Le film :

George a vécu durant 16 ans avec Jim. Professeur d'anglais dans une université de Los Angeles, son univers personnel s'effondre lorsque le cousin de Jim lui téléphone afin lui annoncer la mort accidentelle de ce dernier.
Huit mois ont passé. George, malgré le soutien de son indéfectible amie, Charley, ne parvient pas à surmonter sa solitude, l'immense solitude laissée par l'absence de Jim.
24h dans sa vie, 24h a organisé sa fin de vie.


Ce que j'en ai pensé :

Ce film est audacieux, il a fallu beaucoup d'audace à Tom Ford pour s'engager dans un tel film. Si j'ai trouvé le début du film maladroit dans sa manière d'être filmé, j'ai très vite été engloutie par le film, par l'idée qu'il avait réussi à pénétrer, à nous faire pénétrer dans l'intériorité humaine, avec des images sobres, émouvantes, esthètes.

Ce premier film est une réussite, aussi bien dans le choix des acteurs, admirable Colin Firth qui nous fait complètement oublié son rôle dans Bridget Jones, pour nous offrir ici, un George Falconer, criant de vérité, de douleur et pourtant de vie ; superbe Julianne Moore, qui malgré ses brèves apparitions, illuminent le film.
Une réussite aussi sur la bande son, des violons qui amplifient l'émotion des images, la sensibilité et surtout la vie, ses drames, mais aussi cette incroyable besoin de trouver le moyen de rebondir quand on pense que tout est devenu impossible.


Colin Firth incarne ici un amant perdu sans son amour de 16 ans. Nous sommes en 1962, Jim est mort depuis huit mois. George n'a pu assisté à la cérémonie, les parents de son compagnon ne le souhaitant pas. L'impossibilité de montrer, d'exprimer son chagrin, sa douleur, sauf auprès de Charley.

Le film, qui montre 24h de la vie de George Falconer, 24h décisives, puisqu'il a décidé de rejoindre Jim, ne tombe jamais dans le larmoyant, dans l'émotion facile. Il fait appel au vécu du spectateur, à ses expériences de vie, mais aussi à cet amour, ce grand amour qui, une fois disparu, peut laisser seul, désemparé, sans vie.

24h durant lesquels, le passé, la rencontre avec Jim, les instants de bonheur rappellent sans cesse George vers la vie, et non vers la mort. 24h de vie, plutôt que de fin de vie. Car malgré la fin brutale et inattendue de Jim, George a des souvenirs de vie avec lui, de vie heureuse, de vie de bonheur.

Il m'a semblé que le film tendait à montrer cela, que même dans le malheur, même dans le pire, le bon a toujours sa place, qu'il faut savoir ne pas oublier ce bon, que le drame humain ne doit pas, par un concours de circonstance déchirant, enlever le bon, le beau qui a existé, car cela, celle la vie peut nous le prendre, ou plutôt seule notre propre mort peut nous voler nos souvenirs heureux.


Un film d'une grande sensibilité.









Ecouter un extrait de la bande son de Abel Korzeniowski.


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Mon Grenier