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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:15

 

laroutedesgitans

 

 

Miguel Haler, guitariste qui se produit chaque année durant le Pélerinage aux Saintes-Maries de la Mère, est issu de deux cultures, à la fois nomade par son  grand-père et sédentaire par son père, il devient l'écrivain de la mémoire des Gens du voyage, à travers le récit témoignage d'un des leurs.

 

Peu de gens connaissent, ont entendu parler ou acceptent de reconnaître le génocide des Gens du voyage, le Samudaripen.

 

Un Gitan participant au pélerinage des Saintes Maries fait venir Miguel Haler dans sa caravane, il a un récit à lui livrer, celui de sa famille. Aucun des noms et prénoms ne sont ceux de la réalité, c'était la condition, parce qu'il y a des enjeux à ce récit, parce qu'il y a une famille allemande à qui il ne faudrait pas faire mauvaise presse.

 

Toschka, c'est le grand-père, celui qui épouse Milanda, et dont il a une petite Mariv. Malheureusement, cette dernière décède prématurément. Jamais il ne se remariera, il est le dresseur d'ours, il est le papa de Mariv. Lors d'un pélerinage aux Saintes Maries, elle rencontre Diego, le guitariste espagnol, qu'elle épouse, et  qui promet de ne pas séparer Toschka et Mariv. De leur union naît une petite Sara. Seulement, Diego a du mal à s'acclimater à la dureté de la vie du nord, en Pologne, en Allemagne. Sa santé se dégrade, il finit par mourir et Mariv ne lui survit pas. Sara est donc élevée par le vieux Toschka.

 

Nous sommes en Allemagne, Hitler est arrivé au pouvoir. Lors d'une représentation à Dresde, où la tribu de Toschka a l'habitude de séjourner, aidant les paysants, tous vivant en bonne intelligence, des hommes en brun veulent chasser les gitans, leur prendre le fruit de leur travail. C'est alors qu'intervient un baron allemand, un baron reconnu et respecté. Sara rencontre alors le jeune Franz, petit fils du baron. La magie opère entre eux, mais l'intervention des nazis les séparent déjà.

 

Hitler prend de l'importance, des décrets s'ajoutent les uns aux autres contre les juifs, et moins connus et reconnus contre les gitans. Ces derniers sont contraints de fuir. Ils se décident pour la Pologne, mais quand celle-ci tombe sous l'Allemagne nazie, la tribu de Toschka s'installe en forêt, se terre, se cache en attendant la fin de cette guerre. Ils vont y vivre plusieurs hivers avant d'être dénoncés et dénichés par les soldats allemands. Le commandant se trouve être Franz, qui n'accepte son sort qu'à coup d'alcool, lui faisant oublier les horreurs auxquels on l'oblige. C'est alors qu'il voit Sara, qu'il la reconnaît, la petite gitane dansante de Dresde. Il décide alors de laisser à la tribu une nuit de sursis, nuit au cours de laquelle il tue les deux soldats en faction, fait se séparer les gitans en groupe pour mieux échapper aux allemands. Il fuiera avec Sara et le vieux Toschka, ils fuient vers Dresde.

 

Le livre raconte le sort des Gitans en Allemagne nazie, ils étaient voués automatiquement à la mort. Mais sur fond du Samudaripen, c'est l'histoire d'amour entre Franz, le soldat nazi et la bohémienne Sara, qui reste. Ils vivront quelques mois heureux, cachés, aidés par les paysans au sud de l'Allemagne. Seulement, quelques semaines avant la fin de la guerre, ils seront dénoncés. Franz, pendu pour désertion ; Sara ayant assisté à la scène à juste le temps de sauver leur garçon en le confiant à des paysans, et sera prise par les Allemands. Violée, torturée, elle finira gazée à Auschwitz..

 

Quand la guerre prendra fin, que les paysans voudront rendre l'enfant, (le tzigane qui demande à Miguel Haler d'écrire son histoire), la famille de Franz refuse de le reconnaître, même s'il est bien des leurs. Ils ne peuvent accepter que le fils bien aimé se soit marié avec une bohémienne. Cependant la famille le prend  magré elle et le confie à une famille de paysans de leur domaine. Toschka (puisqu'il porte le nom de son grand-père) finira par rechercher les siens et plutôt que d'être un "batard" comme sa famille allemande le décrit, il va choisir sa famille nomade, sa famille de voyage, et qui l'accepte comme il est, lui le fils de Sara la bohémienne, et de Franz, le gadjo aux yeux clairs.

Il choisit sa vie à lui, la vie qu'il a envie, plutôt que l'argent, et la haine des siens.

 

Une belle histoire sur fond d'horreur humaine, mais aussi de fatalité.

 

 

A lire aussi : J'ai vu pleurer un vieux tzigane.

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 12:56

 

C'est ici que l'on se quitte, Jonathan Tropper.

 

C'est ici que l'on se quitte

 

 

 

Judd est entrain de vivre un véritable cauchemar. Sa vie part en lambeau. Sa femme l'a quitté pour son associé, et du coup, il a aussi perdu son travail. Sa vie a commencé à devenir un cauchemar quand sa femme a perdu leur bébé à un état avancé de la grossesse. A partir de là, tout est allé de mal en pire, le bonheur a pris la tangente, et rien n'y a fait. Il a découvert la trahison de sa femme, le jour de son anniversaire, il les a pris sur le fait, alors qu'il avait le gateau d'anniversaire dans les mains, pris sur le fait dans son propre lit.

Quelques semaines ont passé, et soudain, le téléphone sonne. Son père est mort, sa mère exige que toute la fratrie se réunisse pour célébrer la Shiv'ah. Incompréhension, leur père n'était pas un juif pratiquant.

Judd se rend bon gré mal gré à la cérémonie, sept jours à être assis à attendre la visite des voisins, des amis, chacun y allant de son souvenir, de son petit mot sur leur père.

Et puis, il lui faut retrouver sa mère, spécialiste de l'éducation des enfants, et qui est passé complètement à côté des siens, refaite sur mesure, ou plutôt dans la démesure ; ses frères et soeur, et leur famille. Toutes les rancoeurs et histoires du passé ressurgissent, sans oublier l'ex, qui découvre qu'elle est enceinte, et que l'amant n'en est pas le père, mais bien lui Judd, il n'y a aucun doute.

Tout se mélange, se confond et finalement, se délie.

 

Un étrange huis clos qui oblige chacun à se regarder en face, à regarder l'autre en face, à se dire, à dire, et finalement à écarter les préjugés, les idées toutes faites, à rétablir une sorte de vérité. Une famille loufoque et pourtant, elle ressemble à bien des familles.

 

A lire, et pas seulement pour le plaisir !

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 14:16

 

Mon enfant de Berlin, Anne Wiazemsky.

 

monenfantdeberlin

 

Claire est la fille de François Mauriac. Elle est différente, à des envies différentes de celles que ses parents ont pour elle. Ambulancière à la Croix Rouge durant la Seconde Guerre Mondiale, Claire tente de vivre sa vie au mieux. Des flirts, des amours, mais rien de probant.

 

Malgré l'avis de ses parents, elle accepte sa mutation à Berlin en 1945, afin d'être là pour "récupérer" les français, les juifs, toutes personnes qui en auraient besoin, au sortir de cette incroyable et horrible guerre. Claire existe et rayonne par son travail, son courage. Autour d'elle, ses compagnes, ses compagnons de fortune ne voient pas en elle "la fille de", ils voient Claire, l'ambulancière, celle qui se démène comme eux.

 

Dans cette période particulière, dans ce Berlin détruit à plus d'un terme, Claire apprend à être elle, et seulement elle. C'est alors qu'elle rencontre Jean Wiazemsky, dit "Wia", un prince russe désargenté, un appatride. Ils tombent amoureux dans ce contexte particulier, se fiancient, se marient, et ont un bébé, Anne, l'auteure.

 

Ce qui est intéressant dans ce livre, ce n'est pas forcément l'histoire en elle-même, c'est le contexte dans lequel elle se déroule qui la rend particulière.

 

D'un côté, il y a Claire, qui refuse d'être la fille de, ou plutôt de n'être que la fille de. Elle veut vivre et être aimée parce qu'elle est Claire. De l'autre, il y a Wia, un individu qui rayonne, qui semble unique, particulier, mystérieux. Un homme, un prince qui ne vit pas toujours les pieds sur terre, qui ne se rend pas toujours compte de ce que peuvent ressentir les personnes qui l'entourent, notamment ses parents. Il n'a pas accès, humainement parlant, à cette part qui fait que l'on ressent chez l'autre son trouble, sa gène, sa honte aussi. Il a un côté sans doute égocentrique, ou bien ce que l'on pourrait appeler un déni des situations. En cela, la guerre pourrait bien l'arranger, car elle lui donne, à lui aussi, un moyen d'être, d'exister par lui-même, pour lui-même.

 

La vie qu'ils mènent à Berlin est particulière, unique. Ils ne savent pas que cela ne pourra, ne peut durer qu'un temps. A un moment, la guerre sera finie, tout le monde aura été récupéré, les procès auront eu lieu, tout sera fini, il ne restera que les souvenirs, que le devoir de mémoire. Mais Claire et Wia vivent comme si cette vie-là est infinie. Ils ne réfléchissent pas à après, ne font pas de plans, ne rêvent pas à après. Ils vivent à Berlin, ils vivent le Berlin de cette fin de guerre.

 

De leur amour naîtra Anne. Et la fin de la guerre sera là. La vie reprendra son court. Ils ne vivront plus dans une sorte de protection, entourés par leurs amis, leurs proches. Il leur faudra affronter la vie, la vie de couple, à deux, à trois. Une vie qui n'aura plus rien à voir avec leur vie de Berlin, une vie moins riche en événements, une vie différente, plus tranquille.

 

Ce qu'Anne a voulu montrer, c'est qu'au milieu d'événements exceptionnels, on vit des amours exceptionnels, mais quand la vie reprend ses droits, la magie se tarit, que l'amour peut n'être qu'un feu de paille. Elle a conscience d'avoir été le fruit d'un bel et grand amour, mais elle a aussi conscience d'être la preuve de cet amour, qui, après Berlin, a dû affronter les différences qui séparaient ces deux êtres, et parfois, dans la vie quotidienne, certaines différences qui s'oublient dans des moments exceptionnels se révèlent insurmontables dans le quotidien.

 

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:01

 

tantemameTante Mame, de Patrick Dennis.

 

 

Patrick a dix ans quand il est reccueilli par sa tante Mame. Orphelin de mère depuis longtemps, son père ne lui donnait aucune affection, préférant gérer son argent. N'ayant personne d'autres à qui confier l'enfant s'il venait à lui arriver malheur, celui-ci dû se résoudre à nommer sa soeur, Mame comme tutrice, même s'il réprouvait la manière de vivre et les moeurs de cette dernière. Par contre, cette dernière devrait rendre des comptes à un gestionnaire. 

Patrick débarque chez cette tante hors norme. Elle n'avait jamais eu à s'occuper d'enfant, ne connaît rien en matière d'éducation. Une douce folle dingue pleine de charme auprès de laquelle Patrick va grandir, évoluer et apprendre aussi la vie, une vie opposée à celle qu'il avait connu avec son père. Seules les études dans un institut privé rendues obligatoires par le gestionnaire apparaissent comme en accord avec l'éducation que son père aurait continué à lui donner.

Une vie roccambolesque qui prête à sourire et qui pourrait donner envie.

 

Tante Mame, un livre très populaire aux Etats-Unis et qui fut adapté de nombreuses fois au théâtre, au cinéma et même en comédie musicale. Une façon de passer un bon moment, pendant les vacances, ou bien lors d'une période de stress, histoire de se détendre et de lâcher prise en se plongeant dans les incroyables et irrésistibles aventures de Tante Mame.

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 15:09

livreenvente072

 

 

Relire Michelet et l'histoire de la famille Vialhe de Saint Libéral sur Diamond, en Corrèze, un vrai plaisir ! Retrouvez le Père Vialhe, Jean-Edouard, son fils, Pierre-Edouard, c'était me replonger dans une partie de mon adolescence, au moment où je quittais définitivement l'état de "fille de," pour devenir "maman de".

 

Tout commence à la fin du siècle, non pas le XX°, l'autre siècle, le XIX°, celui des arrières, arrières grands-parents de ma fille.

 

Quelle famille rurale attachante, avec ses rites, ses coutûmes, son rigorisme aussi !

 

Tout commence à la veille de l'an 1900, avec trois gamins, un soir de Noël, Léon, Pierre-Edouard et Louise. Nous voici projeté dans le monde paysan de la fin du XIX°, où la terre est la richesse la plus importante au monde, la terre, et ce qu'elle donne, le fruit d'un travail pénible dont on s'enorgueillit.

 

Jean-Edouard, homme de caractère, fier, droit dans ses bottes, malin et connaissant son métier s'est pourtant plié à la coutûme, il habite chez ses parents, avec sa femme, ses trois enfants, et son but, faire croître les terres Vialhe. Il est le paysan le plus riche de son bourg, le plus respecté aussi. Son fils prendra sa suite, comme lui, a pris la suite de son père.

Chez les Vialhe, on file droit, on respecte les anciens, on n'oublie pas d'où l'on vient, et on s'écrase devant l'ancien. Jean-Edouard a toute sa vie supporté et accepté les remontrances de son père, il entend que son fils fasse de même. Mais Pierre-Edouard ne l'entend pas ainsi.

 

Les premières scissions entre le père et le fils vont commencer quand Louise partira se marier avec Félix, contre l'avis de ses parents, à 20 ans. Pierre-Edouard part pour le service militaire, trois ans. A son retour, il voudrait que des choses changent à la ferme, il n'accepte plus que son père le traite comme un enfant, alors qu'il est adulte. Après une énième querelle, Pierre-Edouard quitte Saint Libéral et se retrouve dans une grosse ferme de Meaux. Il faudra du temps à l'ainé des Vialhe pour rentrer au pays, la première guerre mondiale a lieu entre temps. Il n'a des nouvelles de chez lui, de sa terre, que grâce à Léon, le fils du pendu. En fait, c'est Mathilde, née le 1° janvier 1900 qui lui écrit de longues lettres, à la place de Léon qui ne sait pas bien écrire, Mathilde qui deviendra sa femme au sortir de la guerre.

 

Le premier tome Les Grives aux loups, montre un monde rural en plein changement, un changement dans les mentalités, dans les familles, et dans le monde agricole. L'affrontement entre les générations est difficile, l'entrée dans un monde mécanique, industriel aussi. Ce premier tome évoque l'entrée du monde des campagnes dans la modernité, avec l'arrivée du train, de l'électricité, des engrais, des machines agricoles, tout cela à travers deux générations d'hommes profondément inscrits dans la terre.

 

Le second tome Les palombes ne passeront plus est plus émouvant à mon sens. Tout aussi inscrit dans l'Histoire de France (seconde guerre mondiale, guerre d'Indochine, guerre d'Algérie) que dans l'histoire du monde paysan, Michelet l'ancre plus dans la famille et les réfléxions paysannes.

Pierre-Edouard prend conscience que la sueur, l'effort, le travail qu'il donne à la terre, la terre ne le leur rendra plus comme dans le passé, la faute à l'économie, la faute au politique, la faute au capitalisme. Il prend conscience que la terre n'est peut-être plus l'avenir, et qu'il doit proposer autre chose à ses deux fils. Ils les inscrits donc au collège de Brive, en pensionnat. Mais chacun ira de son destin. Les quatre enfants de Pierre-Edouard et Mathilde auront leur bac, trois d'entre eux feront des études.

La seconde guerre mondiale lâchera son lot d'amertume, de pessimisme, de conscience humaine aussi.

 

 

L'évolution de cette famille rurale est attachante, émouvante. Je m'y suis replongée avec plaisir, le même plaisir que dans mon adolescence, peut-être même plus. A lire ou à relire, juste pour le plaisir. On est loin de la littérature d'aujourd'hui, et parfois ça fait du bien.

 


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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 17:16

 

MARIAGE-BERTRAND-ESSOBAL-LENOIR

 

Le livre :

 

Durant 20 nouvelles, Essobal Lenoir nous livre des histoires qui semblent être des "souvenirs" de vies passées. Des premières interrogations sexuelles, premiers émois, premières histoires, les premières nouvelles se lisent avec une continuité, le lecteur pouvant penser que ses histoires sont celles d'un même narrateur. Hors, il n'en est rien. Chaque histoire se lit indépendamment les unes des autres.

L'homosexualité et l'érotisme sont au coeur de ces nouvelles. L'auteur, de manière ironique, voire sarcastique, dénonce l'attitude des uns et des autres devant cette réalité sociale et sexuelle.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Mes propres interrogations, ma propre vie sexuelle m'ayant aidée à me forger une idée sur une conception de la vie sexuelle, je n'ai été surprise de rien, dans ce que j'ai lu. Et pourtant j'ai souvent souri lors de ma lecture, devant l'hypocrisie d'un père, d'un copain, devant la révélation entre les frères d'un point commun. Tous homos ? Tous bi ? Tous alter-sexués ? Je ne saurais dire, d'ailleurs qui a une réponse ? Personne à mon sens. A-t-on seulement la réponse qui nous concerne nous ?

 

Il y a une nouvelle que je n'ai pas aimé, car je n'ai sans doute pas compris son intérêt, c'est Le mariage de Bertrand. L'humour sarcastique qui consisterait à rendre tous les politiques homosexuels m'a laissée froide.  Cela frise une carricature, mauvaise à mon goût, poussée dans des limites non nécessaires. Disons que la vie sexuelle de nos politiques n'a aucun intérêt, peu importe qui couche avec qui, qu'ils soient homosexuels ou non, qu'ils s'aiment ou se déchirent, qu'ils se manipulent entre eux, laissons la politique en dehors de ça, serais-je tentée de dire.

 

L'autre chose qui m'aura dérangé, c'est quand tant que femme, je n'ai pas aimé la façon dont celle-ci est évoquée. De la grand-mère à l'épouse, de la petite amie à la copine, de la femme "intello", chaque personnage féminin est déprécié ou relégué à un rang qui m'aurait fait penser que nous sommes revenus à un temps très très lointain, et finalement pas tant que ça, puisqu'on peut encore trouver une vision de la femme telle que ça dans la littérature.

 

Aussi, je veux bien croire que l'auteur règle des comptes sous couvert de sarcasmes, mais n'aurait-il pas été judicieux de montrer que toutes les femmes ne sont pas des sorcières vicieuses idiotes objet de "loisirs" de ces messieurs qui n'oseraient s'avouer leur homosexualité, ou du moins l'assumer ?J'ose penser que toutes les femmes qu'il a rencontré ne sont pas des monstres en jupons ou des idiotes confirmées.

 

Mais peut-être n'ai-je pas compris ou saisi l'humour dans la manière d'évoquer la femme dans ces nouvelles tournées vers le cheminement homosexuel ?

 

Cependant une question me vient : comment peut-on, d'un côté, rendre à l'homosexualité sa normalité, et de l'autre, conférer à la femme un rôle dépréciatif à ce point ?Les rôles ne sont-ils pas alors déplacés, l'homme restant le sexe fort, l'homosexuel prenant la place de la femme, et la femme étant mis au banc de la société ?

 

Mais ne restons pas sur ces deux points particulièrement négatifs, car ils ne reflètent que ce qui m'a gêné, alors que j'ai pris plaisir à lire ces vingt nouvelles gaies et néanmoins satiriaques d'Essobal Lenoir.

 

 

 

 

 

 

Le mariage de Bertrand, chez Culture et questions qui font débats.

Le mariage de Bertrand, chez Altersexualité.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 16:28

 

neuf chats de plume

 

Reccueil de neuf nouvelles autour du chat et de propriétaires célèbres de petits félins. Christian Jamet trace ou retrace avec humour des moments de vie de chat. De La Fontaine en passant par Richelieu, pour nous faire attérir à notre époque, avec Mystère chat, plus connu par les Orléanais comme le chat jaune aux ailes et au sourire immense blanc. Des histoires plaisantes, à lire, à relire, pour les amoureux des chats, et les autres aussi ... on ne sait jamais, cela pourrait les faire sourire, et leur parler.


L'auteur nous invite dans une traversée des siècles, à la rencontre de personnages connus, reconnus, imposants, étranges, avec comme leitmotiv, l'amour du chat, l'amour de son espièglerie, et l'indulgence des propriétaires à son encontre.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:56

 

La-fille-perdue001

 

 

D.H. Lawrence est surtout connu pour son Amant de Lady Chatterley. Nombre de ses écrits parlent des femmes et critiquent la société dans laquelle ces dernières évoluent.

La fille perdue évoque la vie d'Alvina, fille d'une mère neurasthénique et d'un père lunaire, commerçant, habité par de grandes ambitions mais ne sachant pas s'adapter réellement au lieu où il vit.

Alvina traverse son époque sans y prendre réellement part. Elle s'inscrit dans son époque, pourtant elle n'en fait pas partie.

Les femmes de son milieu se doivent de trouver un bon parti afin de faire un bon mariage, pour assurer leur avenir. Seulement Alvina ne veut pas se marier sur ces simples faits, il lui faut le "truc en plus". Aussi, le temps passe, et elle reste seule. Sa mère décède, elle vit entourée de son père fantasque, d'une gouvernante et d'une associée de son père. Il est fort heureux pour elle, que ces deux femmes aient la tête sur les épaules.

La dernière folie de son père sera de s'associer à un homme de théâtre, avec lequel il créera une sorte de cabaret. Ils engagent une troupe d'itinérants. Alvina est fascinée par ces gens, et finit par se découvrir des affinités avec l'un deux.

Aussi quand son père meurt, et qu'elle découvre qu'il y a fort peu de chance qu'elle ait de quoi vivre, elle décide d'aller contre les principes d'une société étriquée, et demande à être engagée par la troupe d'itinérant. Elle commence alors une liaison avec son bel italien.

 

En marge de la manière de fonctionner de son époque, Alvina devient une héroïne atypique. Pourtant, elle n'est ni méritante, ni exceptionnelle, elle prend juste conscience que sa vie lui appartient, et que cette vie lui avait été dictée d'abord par la société, la bienséance, contrainte par une mère abscente, un père fantasque. Leur mort la libère d'une matérialité et lui donne l'occasion de découvrir autre chose.

 

Sans doute que ce livre fut à contre courant de son époque lors de sa parution, il n'a pas eu le même retentissement que L'amant de Lady Chatterley. En tout cas, un livre qui mérite d'être lu pour ce qu'il montre de la société anglaise de la fin du XIX°, début du XX°.

 

 

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 17:40

mec-tombe-coté

 

Le livre :

 

Désirée avait une vie bien rangée, mariée, un bon job. Et puis tout s'effondre, son mari décède accidentellement, la laissant démunie et surtout seule dans la vie. Mais était-elle vraiment heureuse, dans sa vie, dans son mariage, avec son mari ? Chaque jour, elle se rend sur la tombe de son mari. C'est alors qu'elle remarque l'homme qui  se rend sur la tombe d'à côté, celle de ses parents. Si elle tombe sous son charme, ce n'est pas le cas du jeune homme, que cette dernière horripile prodigieusement. Pourtant, un jour, ils se rencontrent "pour de vrai". Si lui tombe sous son charme, elle se trouve déstabilisée.

 

 

Ce que j'en ai pensé :

 

Qu'est-ce qu'une rencontre ? Quelle chance se donne-t-on ? Est-on prêt à se jeter à corps perdu dans une relation avec une personne qui semble être à notre opposé ? Peut-on accepter de vivre avec une personne qui n'est pas de son milieu, de sa caste, de sa "société" ?

 

Autant de questions auxquelles sont confrontées Désirée et Benny. Elle, la bibliothécaire cultivée, lui, le paysan. Deux modes de vie, deux personnalités, et pourtant, comme elle lui dit, quand il s'approche d'elle, ses hormones à elle l'appellent lui, lui et personne d'autre.

 

Ce pourrait être un énième livre sur la question des opposés qui s'attirent, sur la différence qui finit par tuer, du besoin d'affinité. Mais non, il n'en est rien, l'auteur nous fait sourire, rire, et surtout nous renvoie à nous-même, nos propres rencontres. Une rencontre avec l'autre, c'est aussi une rencontre avec soi-même, peut-être même, surtout une rencontre avec soi-même. Faire l'apprentissage de l'autre, c'est aussi se découvrir soi, se découvrir d'autres limites, d'autres envies.

 

Les auteurs des pays d'en haut, ici la Suède, ont d'autres choses à nous livrer que des histoires de complots, d'autres choses à nous raconter que des histoires à suspens. Ils nous délivrent des messages, des histoires de vie, simples. Les auteurs des pays d'en haut ont aussi des choses à nous dire, à nous de les lire, d'oser ces rencontres-là.

 

 

 

La Rencontre (à méditer).

 


 

 

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