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Zéro tués de Régis de Sà Monreira

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Le livre :

Joseph aime Clara. Clara aime Joseph. Un soir, en rentrant, Clara trouve Joseph pendu dans le salon. Clara culpabilise, parce qu'elle n'aimait pas laisser Joseph seul, cela l'angoissait, l'idée qu'elle pourrait ne plus revenir. Clara ne crie pas. Clara repense aux années d'avant. Clara repense au moment où ils étaient séparés parce qu'elle avait besoin de réfléchir sur eux, sur ce qu'elle voulait. Clara revit le moment de leurs retrouvailles. Et puis, il faut prendre une décision ...

Ce que j'en ai pensé :

Pourquoi Zéro tués ? Parce que "OK" signifie O Killed ...

L'écriture du livre, la manière dont l'auteur a choisi de construire son histoire apporte la légereté, la douceur de cette histoire dramatique qui commence mal et finit mal. Nous sommes loin des clichés larmoyants, nous sommes dans la totale pudeur des sentiments, des petits riens qui font les grands sentiments.

On ouvre le livre sur le suicide de Joseph, sa confrontation avec un Dieu qui prétend que le seul moyen de sauver l'humanité, c'est de se suicider ... parce que chaque mort involontaire revient sur terre ... et l'horreur peut donc recommencer. Un hymne au suicide ... non ... une autre vision de voir les choses, et de comprendre le suicide ... sans doute.

Clara n'a pas de colère contre le geste de Joseph. Clara aime Joseph, même mort. Sa manière d'agir après sa découverte ne m'a pas paru étrange. Pas de cris. De la pudeur. Elle ne cherche même pas à comprendre pourquoi il l'a quittée de manière si brutale. Elle repense au moment où des années avant, elle était partie, parce qu'elle doutait de pouvoir vivre la vie qu'elle souhaitait avec Joseph. Elle repense à la journée de leurs retrouvailles ...

Cette journée de retrouvailles, nous la voyons sous cinq angles différents : Joseph, Clara, Andrès, Françoise et Shakespeare, le chat. Chacun a vécu ses retrouvailles de son point de vue, mais en n'oubliant jamais que l'important c'est d'être bien et heureux, de ne rien faire qui ne soit SOI ...

Il est important de revenir sur ses retrouvailles, sur la décision de Clara de revenir auprès de Joseph. Pour certains d'entre nous, l'amour de l'autre est une évidence, d'autres ont besoin d'être rassuré, même si au fond d'eux, ils savent aussi. Nous n'avançons pas tous sur le même temps, le même rythme ... alors il faut savoir attendre l'autre ... et il faut parfois savoir aussi accéler son temps pour rejoindre l'autre. Il est illusoire de penser que dans un couple, tout est réglé sur du papier à musique. Nous savons que c'est faux ... un couple, c'est deux entités distinctes qui en forme une troisième ... parfois sur la même longueur d'ondes, parfois en décalage ... ce sont l'amour, la tendresse, les émotions, la communication et le respect (et tant dautres choses aussi) qui permettent de dépasser les fausses notes, de réaccorder parfois le temps ...

C'est parce que l'auteur nous montre ce moment qui a scellé le couple de Joseph et Clara que l'on peut comprendre la décision finale de Clara ...

Un hymne à l'amour, des émotions, de la pudeur, mais jamais du tragique, du dramatique dans ce livre qui commence mal et qui finit mal.

Allez le lire ... il ne fait que 184 pages ...


Citations :

- [Joseph s'est suicidé, il se retrouve auprès de Dieu]

    -"Je ne m'attendais pas à ça.
    - Pourquoi ?
    - Là-bas, ils disent que c'est la pire des fautes ...
    - Je sais. C'est sans doute pour cela que vous êtes encore si peu.
    - Nous ?
    - Oui.
    - Nous, qui ?
    - Les suicidés", dit Dieu.

- [Joseph discute toujours avec Dieu]
    - Je vous perfectionne. Depuis des millénaires, je vous perfectionne.
    - Excusez-moi, mais ce qui se passe en bas, c'est loin d'être de la perfection.
   - Non, pas en bas. Ici. Je ne suis pas parfait, mais je ne suis pas mauvais. Je ne peux pas vous tuer. Il faut que vous renonciez vous-mêmes à cette vie que j'ai créée.
    - Et tout ceux qui meurent, je veux dire sans le vouloir, toutes ces horreurs ! Tu n'appelles pas ça les tuer ?
    - Non. Et c'est peut-etre la seule chose qui t'aidera à me pardonner. Depuis votre création, aucun d'entre vous n'est mort. J'ai compris trop tard ce qui allait se passer, j'ai laissé faire et n'ai accueilli ici que ceux qui n'acceptaient pas. les autres, ceux qui, comme tu dis, meurent sans le vouloir, ne meurent pas, je les renvoie là-bas. Autant de fois qu'il le faut, jusqu'à ce qu'ils comprennent. Depuis des millénaires, j'attends que vous ayez compris.
    - Tu te fous de ma gueule ?

- [Joseph écrit ... de son vivant]

"Non qu'il crût qu'une fois cuite, elle pût la remplacer, mais plus simplement, plus intelligemment aussi, parce qu'il avait faim.
Parce que ça avait toujours été comme ça, déjà lorsqu'ils étaient ensemble. Dès qu'elle partait travailler ou se promener ou faire du yoga, ou toutes ces choses qu'elle faisait, dès qu'elle partait, dès qu'elle le quittait, dès qu'elle n'était plus avec lui, il avait faim. Son absence lui laissait systématiquement un creux dans le ventre que seule la nourriture pouvait combler, rendait supportable.

- "Pourquoi tu ne fais pas ceci ? ... Pourquoi tu ne fais pas cela ? ..."
    - Et tu leur réponds quoi ?
    - Non. Je réponds non ... Depuis que j'ai découvert qu'on pouvait répondre "Non" à "Pourquoi ?" sans que les gens s'énervent de trop, je m'en sers assez souvent.






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R
Merci pour le lien. Cela m'a permis d'enrichir ma lecture de ton blog, aujourd'hui ; j'avais commencé par une question et j'ai quelques perspectives. Je retiens la référence, elle peut toujours servir. Pour le reste, ma pensée se rapproche du commentaire de Jean-Yves, et je suis d'accord avec ta réponse (les raisons qui ne sont pas abordables et le respect de la décision). Je pense à Maigret à qui l'on demande toujours quelles sont les réelles motivations du meurtrier, du criminel. Simenon décrit l'affaire et l'utilise comme un prétexte à une critique de la société, et les gens demandent à Maigret : qu'est-ce que vous en pensez ? Et Maigret hausse les épaules, machônne sa pipe et dit en grommelant :"Rien, j'en pense rien !" Mais on sent qu'il est ému, dans sa grosse carcasse. Emu et respectueux des faits... Depuis, il est devenu l'un de mes personnages préférés, Maigret, parce que très humain. Je ne crois pas en Dieu. Je n'en pense rien. Je préfère respecter les humains que je connais, parce que les humains que je connais, ça existe. Même quand ils sont morts. Ah, et j'allais oublier, puisque cet article est du 2 janvier : bonne année 2008, Cat ;) Reçois les meilleurs voeux de Pignouf, content de t'avoir rencontrée !
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C
<br /> mais euh <br /> moi aussi j'suis contente de vous avoir rencontré et je te conseille vivement la lecture de ce livre, car il n'est pas triste, il est pleins de vie !!!<br /> <br /> bisous :0010:<br /> <br /> <br />
J
M'agacent les « philosophies » qui promettent d'apprendre à mourir et comment y penser. La mort, je crois qu'il  faut se la préparer, se la fabriquer au mieux… Ceux qui restent, bien sûr, ne voient que des raisons misérables ou des appels sans réponse. Ils ne se posent que la question du « pourquoi ». Clara, dans ton roman, ne cherche pas à comprendre le pourquoi du geste de Joseph : elle a raison. La question du « pourquoi » n'a pas lieu d'être. Joseph l'a fait parce qu'il a voulu.
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C
c'est ce que montre l'auteur ... à aucun moment dans le livre on ne s'attarde sur le pourquoi il l'a fait ... il l'a fait ... de toute façon la mort ... on a beau y penser, s'y préparer ... ça marche pas comme on veut etc ...celui qui choisit de mourir a des raisons qui je pense, je suppose ne nous sont pas abordables ... accepter sa décision, la respecter ... tu devrais le lire, c'est vraiment un beau livre, un vrai coup de coeur pour moipleins de bisous