Un jour, pour Chistian Vidal, il s'est agit de partir, partir en Asie. De sa décision au séjour lui-même, des mots couchés comme des évidences, comme des conclusions sur sa vie, sur lui-même, sur ce qu'il est.
Ce que j'en ai pensé :
En faisant le synopsis du livre, je me suis rendue compte que ce n'est pas simple de dire de quoi parle ce carnet d'Asie. Le quatrième de couverture parle d'un voyage initiatique, mais est-ce le bon terme ? Ce serait plus un pas vers lui-même, le premier pas vers ce qu'il est réellement, et toute la difficulté d'être dans une société occidentale, européenne où l'on met des gens dans des cases sans imaginer que certains d'entre nous sont inclassables, incasables. Ce serait le livre d'une rencontre avec une civilisation où tout serait possible pour lui, surtout être enfin lui, avoir le droit d'être lui.
J'ai vécu cette expérience, je connais la sensation de Christian Vidal. Il rêvait d'Asie, il a eu la sensation d'y trouver une maison. Et c'est ce qui arrive à qui se cherche, à qui cherche à sortir de la case dans laquelle on l'a mis. Le choix d'aller dans un pays, loin de son quotidien, loin de ses chaines, et d'y trouver un autre ailleurs, différent, parce que c'est la différence qui nous donne accès à notre propre différence. Pour lui, ce fut l'Asie, pour moi, ce fut le Canada. Mais, un voyage ne suffit pas, il en fallut un second, puis un troisième pour être sûre de qui j'étais au fond de moi, et de ce que je n'arrivais pas à être ici, chez nous. Même si chacun est différent, même si les rêves et les espérances sont différentes, je sais qu'il faudra d'autres voyages en Asie à Christian Vidal pour accéder à lui, et un jour, il comprendra qu'il peut aussi être lui, chez lui, à Taurize, Toulouse. Ce jour-là, il saura qu'il pourra être lui, pas seulement en Chine, mais partout. Ce premier pas vers les chinois est un premier pas vers lui.
Je connais un certain côté de Christian Vidal. Nous ne sommes pas ami, même pas "copain". Il y a un hic entre lui et moi. Nous sommes pourtant liés par quelqu'un d'incroyable et de formidable. Sans Jean-Yves, je n'aurais pas lu Carnet d'Asie. Ce ne fut pas facile de dépasser mes appréhensions. Qu'allais-je faire si je n'aimais pas ? Pas par rapport à Christian Vidal, mais par rapport à Mon Jean-Yves. Je n'ai pas ouvert le livre de suite, mais je m'étais promis qu'il serait le prochain que je lirais. J'avais peur de retrouver dans ce livre, ce que je n'aime pas de C. V. J'ai été rassurée par la première page, et aussi rassurée au détour de certaines phrases de retrouver ce C. V. que je n'aime pas.
Un livre simple, vous savez, un livre loin d'un Musso ou d'un Levy. Un vrai livre, un petit livre, mais un vrai livre, où l'auteur a respecté son lecteur, où il évoque des auteures, des films, des choses que l'on connaît, il fait appel à nos connaissances, à notre vécu aussi.
Je garderai "trumain", qui m'a fait penser à truisme, mais dont je ne suis pas sûre d'avoir compris la signification. Il faudrait que C.V. vienne nous expliquer ici, ce qu'il entend par "trumain". Et je garderai aussi "Les raisins de la misère" qui faisait échos dans ma tête Aux raisins de la colère. Car Carnet d'Asie, c'est aussi, un livre sur ses origines, sur les vignes de la misère, du travail ingrat de la terre, de la dureté de la vie.
Un livre qui ne vous fera pas de mal, qui vous rappelera peut-être que vous aussi, un jour vous avez oser quelque chose dont on ne vous croyait pas capable, un jour où vous avez oser faire un premier pas vers vous, vers votre histoire.
Citations :
- C'est l'histoire d'un enfant curieux à qui l'on a donné le goût du voyage et à qui on a voulu le faire perdre en le plongeant dans l'oubli de soi.
- Je suis un buvard. Tout s'imprègne en moi, le voyage est enraciné dans mes entrailles, dans ma chair, dans mon sang d'Européen. Je bois tout, avec violence, sensualité, amour, rage, érotisme et pleurs.
- L'essentiel est à l'intérieur de soi, le reste n'a aucune espèce d'importance.
- J'étais dans l'avion pour Pékin et j'étais à côté d'une belle et jeune femme, blonde, et très belle. Elle ressemblait à la fille de Deneuve. Avant, juste avant elle, il y avait le Chinois qui me parlait espagnol. Et alors, je me souviens de cette sensualité de nos corps qui se frôlaient délicatement, et je me disais que je pourrais partager avec elle, l'espace du vol, un petit amour imaginaire. Je volais sa vie. J'aimais sa voix, aussi ! Douce, sa voix de jeune femme en fleur. Sensuelle, érotique ! Et j'ai rêvé, l'espace de dix heures, que je lui faisais l'amour dans les airs ... Et alors, je me suis dit que je n'étais pas si homo que ça ...
- Je me rends compte de la distance qui s'est installée, immense et bien plus lourde que ce long voyage vers ce pays continent ! Est-elle inévitable ? Est-elle un cap à passer ? Inéluctable ? Un continent nous sépare, celui de la "trumanité", tout simplement !
- Ce rêve-là, celui de notre frère Icare, les hommes ne l'abandonneront jamais, toujours ils voudront voler ! Moi, j'ai transgressé vers l'Asie, vers la Mogolie ! Vous savez ? Là-bas, un peu plus haut dans mes maux. J'ai préféré cela au reste, au rien !
- J'ai cru longtemps, inconsciemment, que l'homosexualité était ma trangression. Aujourd'hui, je peux dire qu'il n'en est rien, que je me trompais.
Pour economiser les billets d'avion, on peut aussi faire comme moi: y rester.............Non, je plaisante, mais si je pouvais me procurer ce livre, je le lirais bien.Bonne fin de journee !
il est à la fnac, et sur le site de publibook.je vais mettre le lien vers le site de l'auteur, là il y a les renseignements pour se procurer le livrebonne journée
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:0010: Handi@dy :0079: co-chenille!
02/03/2008 17:33
Partir au bout du monde pour se trouver... Se dépayser d'abord pour mieux se regarder, avec impartialité, recul... BIZ CAT!
partir au bout du monde, pour se départir de ses chaines et accéder à soi:0010:
A
Ano
02/03/2008 10:06
Tu montres par cette belle chronique que tu sais non seulement dépasser certaines choses, le temps qu'il le faut pour en aborder d'autres qui n'ont rien à voir (le livre ici), et le dire avec des mots simples, vrais, et en ménageant toute susceptibilité... Baisers.
le but n'était pas de ménager la suceptibilité, si j'avais trouvé cela mauvais, je l'aurais dit comme je l'ai fait pour levi et dernièrement musso,le but était de me montrer la plus impartiable possible malgré le "hic" que j'ai avec l'auteur. Trouver un angle de lecture qui me permettait de rester impartiale, et de traiter ce livre comme je le fais avec les autres. Je ne me suis pas arrangée avec moi, ou avec Jean Yves ... j'ai simplement réussi à trouver naturellement un angle de lecture qui me laissait mon impartialité.Bisous
J
Jean-Yves
02/03/2008 09:18
Cat, j'ai ajouté dans mes articles, le lien vers cette chronique. Très belle, très humaine qui ne fait pas fi de ton "Hic" (comme tu le nommes) avec Christian. Je suis ému par ta lecture.
j'ai retourné le problème dans ma tête de nombreuses fois à partir du moment où tu m'as demandé si je voudrais lire le livre, et que tu me l'as offert, que je l'ai reçu, puis lu. Je pense que le "hic" était important d'être mentionné, car parce qu'il y a ce "hic" entre lui et moi, j'ai sûrement abordé ma lecture d'un autre oeil. ce fut pour moi, un exercice difficile, j'imagine combien il est difficile maintenant d'écrire en toute impartialité sur le travail de personne que l'on connaît, qu'on les aime ou non.Bisous Jean Yves