Le film :
Le roi Henry VIII d'Angleterre est marié depuis de nombreuses années avec Catherine d'Aragon qui n'a pu lui donner que des filles. Dans sa cour, on fait des plans pour lui choisir une favorite, qui permettra à ses protecteurs d'obtenir des faveurs, du pouvoir et de l'influence auprès du roi. Aussi, l'oncle de Mary et Anne Boleyn rend visite au père de celles-ci et à sa soeur, Lady Howard, afin que ces derniers sacrifient une de leur fille pour installer leur famille à leur cour dans une position enviable.
Le roi est donc invité sur les terres des Boleyn afin que Anne lui soit présentée. Mais la jeune fille, audacieuse et téméraire, commet une erreur et déplaît à Henry VIII. C'est alors qu'il aperçoit Mary, jeune mariée, et la trouve à son goût. C'est décidé, Anne sera envoyée en France auprés de Marie d'Angleterre, soeur de Henry, et épouse de Louis XII. Tandis que Mary deviendra maitresse du roi, malgré son statut de jeune épouse.
Mais très vite, la réputation de Anne, fort appréciée outre mer pour son humour et sa beauté, revient aux oreilles de Henry qui exige son retour, et décide de la séduire.
Il délaisse Mary, enceinte de ses bons soins, pour une Anne qui refuse de n'être qu'une maitresse. Le pape refusant d'annuler son mariage avec Catherine d'Aragon, il créé sa propre église dont il devient le chef, l'église Anglicanne, répudie son épouse et se marie avec Anne ...
Mais les choses ne se poursuivent pas comme dans un conte de fée.
Ce que j'en ai pensé :
Une fresque historique qui n'est flatteuse pour personne, ni pour les hommes, ni pour les femmes.
Un film tiré d'un roman de Philippe Gregory et qui "modifie" la réalité, car la réalité est autre.
Anne Boleyn a bien une soeur, Mary qui fut bien maîtresse de Henry VIII. Elle fut élevée aux Pays-Bas, puis envoyée en France pour accompagner Mary d'angleterre, épouse de Louis XII, qui mourra en 1515, date à laquelle François I° monta sur le trône de France. Celui-ci fut très vite attiré par la jeune Boleyn, et en fit sa maîtresse. Henry VIII dont la beauté de Anne était vantée par sa soeur, eut vent de ce qui se passait et obtint de François I° qu'Anne fut mise au service de Catherine d'Aragon, son épouse. Il la couvre alors de cadeau, la faisant même Marquise de Pembroke. Pourtant celle-ci se refuse à lui, une place de favorite ne l'intéresse pas, elle veut être reine, ou rien. On connaît la suite, il répudia son épouse, se maria avec Anne. Elle lui donna une fille, Elisabeth, puis un garçon qui décéda, et fit une fausse couche d'un autre héritier. Henry VIII ne le supportant pas, se tourna vers Jane Seymour. Très vite, Anne fut accusée de sorcellerie, d'avoir envouté Henry, d'avoir voulu l'empoisonné, d'avoir voulu tuer Catherine d'Aragon, d'avoir commis l'adultère, et d'avoir commis l'inceste avec son frère George. Condamnée, elle fut exécutée le 19 mai 1536 ... elle avait 29 ans. Onze jours plus tard, Henry VIII épousa Jane Seymour.
Quand Henry VIII vint à mourir, ce fut le fils qu'il eût avec Jane Seymour qui fut appelé sur le trône, mais il décéda prématurément à 15 ans, Mary Ire qu'il eut avec Catherine d'Aragon prit sa place, et quand elle mourut, ce fut Elisabeth, la fille de Anne Boleyn qui devint reine d'Angleterre. Ironie du sort, n'est-il pas ?
Le film arrange donc 'un peu' la vérité historique, et met en avant les travers de la société de l'époque. La soif de réussite et de pouvoir, les femmes que l'on traite comme de la marchandise d'échange, les calculs et manipulations en tout genre. Ce n'était pas méconnu que le pouvoir attire les pires machinations et calculs. Ce n'était pas non plus un secret que les femmes étaient 'vendues' pour servir la grandeur des familles.
La soif de pouvoir pur, celle du père Boleyn, grande famille désargentée, liée au Howard par la mère. Lady Howard a épousé Boleyn par amour et aurait aimé la même chose pour ses enfants. Cela ne fut. Anne fut sacrifiée pour la cause familiale, elle prit cela pour une faveur et un défi. Mary, dont on sacrifiera le mariage, et qui se plia bon gré mal gré à la cause familiale, impuissante et affublée d'un mari faiblard et sans courage. Anne fit de la conquête de Henry VIII un défi personnel, d'abord pour reprendre le roi à sa soeur, qui, selon elle, ne méritait pas cette faveur, mais en allant plus loin. Elle s'impose, elle ne se laisse pas avoir. Anne refuse de se soumettre, elle soumet, exige sa volonté. Devant la résistance de Anne à se laisser séduire, Henry VIII comme tout homme devient fou, il ne sait plus comment faire, que faire pour la faire plier. Elle obtint en parti ce qu'elle voulut. Henry VIII répudia Catherine d'Aragon, l'épousa. Mais ne parvenant pas à lui donner un héritier mâle, Anne pensa au pire, demander à son frère George de lui faire un enfant, mais dans le lit, l'un comme l'autre ne purent se résoudre au crime d'inceste, dont ils furent pourtant accusés.
Anne est-elle celle qu'il faut montrer du doigt ? Faut-il réellement parler de vengeance ? Je ne suis pas sûre. Anne fut choisi par les hommes de la famille Boleyn et Howard pour rendre le prestige et la grandeur de celle-ci. Au départ sacrifier par ces derniers, elle en fit son cheval de bataille. En avait-elle contre sa soeur ? Pas sûre non plus. Je pense que n'importe quelle femme qui fut à la place de Mary eut subie le même sort décidé par Anne pour cette dernière.
Anne ne fut emportée que par son caractère passionné, entier, jusqu'au boutiste.
Mary fait bien pâle figure, sage, soumise, douce, elle est l'opposée de son aînée Boleyn. Quant à George, le frère, c'est un soumis, doux et admiratif de Anne, mais pas dénué de conscience.
Cependant on peut comprendre que la fougue de Henry VIII, homme à femmes par excellence, fut séduit par l'audacieuse Anne Boleyn, mais on peut également comprendre que son besoin de stabiliser le conduisit vers Mary Boleyn.
Entre des courtisans arrivistes, des femmes ambitieuses, le Henry VIII de Justin Chadwick m'a laissé rêveuse en ce sens, que je l'ai trouvé bien faible, uniquement mené par ce qu'il a entre les jambes. Incapable de prendre une décision par lui-même, se perdant entre ce qu'il entend, ce qu'on lui soumet et ses propres envies.
Si je porte des conclusions sur son cheminement dans le film, je vois un Henry qui se serait contenter de maîtresses et aurait fini sa vie auprès de Catherine d'Aragon, tant bien même qu'elle ne lui eut jamais donné de fils. Mais les exigeances d'Anne pour qu'il puisse la posséder le rendir fou. Sans doute ne se remit il pas d'avoir été obligé de se séparer de Catherine d'Aragon pour cette femme qui lui fit tourner la tête sans qu'elle ne lui offrit ce qu'il désirait, un fils. Le sort qu'il réserva à ses autres épouses n'eût rien de glorieux. Sous divers prétextes, vérifiés ou non, il s'en sépara ou les fit décapiter.
La seule a trouvé une vie paisible au final fût Mary Boleyn. Elle se maria avec un écuyer, ils vécurent à la campagne, avec la fille qu'elle eût de Henry, avec Elysabeth, la fille de Anne et Henry, et les enfants qu'elle eut avec son époux.
Les époux Boleyn se séparèrent, Lady Howard ne supportant pas que deux de ses enfants fut décapités sur ordre du roi, et donc au départ, sacrifiés par leur père et leur oncle. A chacun son fardeau dit le proverbe.
Un bon film cependant, où l'on ne s'ennuit pas, une belle musique et de bons plans cinématographiques.
Une autre manière de voir l'histoire d'Angleterre.