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21 grammes de Alejandro Gonzales Inarritu


Le film :

Paul est prof de maths et marié à Mary. Il fume beaucoup, et ce, malgré son attente de transplantation cardiaque. Christina, ancienne junkie, est mariée à Michaël, avec qui elle a deux petites filles. Jack est un ancien gangster qui s'est tourné vers la foi et en a fait sa raison d'être, mais son passé le poursuit et lui fait perdre son nouveau job. Cela le rend furieux contre Dieu, il se remet à boire, brûle un feu, fauche Michaël et les deux fillettes et s'enfuit. Christina, malgré le choc, accepte de donner les organes de Michaël. Paul va donc vivre grâce au coeur de celui-ci.
Jack se rend à la police. Paul recherche la personne à qui il doit la vie. Trois destins liés à jamais.

Ce que j'en ai pensé :

Est-ce un film difficile ? Incontestablement oui. Dans tous les sens.

Cinématographiquement, il faut suivre attentivement le début, car le réalisateur joue avec son spectateur. Il se permet de l'embrouiller dans des séquences décousues qui semblent n'avoir ni queue ni tête. Tantôt avec Jack, tantôt avec Paul, tantôt avec Christina. Imaginez que nous soyons au jour J, mais que nous ne le sachions pas, et que nous naviguions sans cesse de J à J-15 à J-2 à J à J-6 à J-15 à J etc ... et à force de naviguez, nous reconstituons peu à peu le destin des personnages, nous saisissons le drame de ses trois vies.

La mort est le sujet central, la mort est ce qui lie les êtres, parce que la mort est la seule chose dont nous ayons la certitude.

Nous entendons en voix off, Paul qui évoque ce que représente la mort, et cette perte de 21 grammes. Il semblerait que lorsque nous décédons, notre corps se déleste de 21 grammes. Mais que sont ces 21 grammes ? Que perdons nous au moment de notre dernier voyage ? Notre âme qui s'envole ? Nos souvenirs qui s'échappent ? Que sont ces 21 grammes ?

Ce qui est intéressant dans ce film, ce sont ces trois personnages.

Paul (Sean Penn). La quarantaine désabusée. Malade du coeur, il continue à fumer en cachette pour pouvoir bénéficier d'une greffe du coeur, mais on sent bien qu'il n'est guère convaincu par tout ça. A ses côté, sa femme Mary (Charlotte Gainsbourg) dont il a été séparé et qui est revenue. Elle s'occupe de lui, et veut un enfant, à tout prix, n'importe quel prix. Elle ne veut que sa semence, s'il décède, ce n'est pas grave, elle aura l'enfant. Paul ne veut pas d'enfant avec elle, mais il accepte de lui donner son sperme. En fait, il vit avec elle parce qu'elle est revenue. Il ne l'aime plus, ne l'aime pas. Il ne s'intéresse pas à elle. Il n'a plus de but dans sa vie. Aussi quand il reçoit ce coeur qui lui permet de vivre de nouveau normalement, il se créer un but, savoir qui est mort pour que lui vive. C'est ainsi qu'il découvre Christina (Naomi Watts), la femme et la maman éplorée, et Jack(Benicio Del Toro), le meurtrier involontaire. Il veut connaitre la vie de l'homme dont il a le coeur. Petit à petit, il découvre surtout Christina, s'attache à cette femme brisée, et commence à l'aimer. Paul lui avoue qui il est, parce qu'il veut être honnête, il la respecte, lui tend la main, veut soulager sa souffrance. Christina, d'abord choquée de savoir qui il est le rejette, puis reprend contact avec lui. Ils s'apprennent et s'aiment. Paul veut aider Christina à dépasser sa colère contre Jack.

Jack n'a pas eu la vie simple. Gangster, il a purgé sa peine, cherche un emploi, s'est retourné vers Dieu. Mais son amour de Dieu lui fait oublier l'amour des siens. L'éducation qu'il donne à ses enfants en pâtit, car elle n'est pas juste, basée sur la Bible, un côté passéïste difficile à comprendre et pour sa femme et pour ses enfants. Jack est surtout un homme perdu, qui cherche à retrouver une dignité. Quand il fauche Michaël et les fillettes, il s'enfuit dans un accès de panique. Alors que sa femme le supplie de ne pas se rendre à la police, alors qu'elle va laver le 4X4 pour cacher le délit, lui choisit d'être un homme, et d'assumer ses actes. Il se rend à la police, est jugé, et va purger sa peine. Quand il s'en sort, Paul et Christina vivent ensemble. Paul a découvert qu'il devra subir une nouvelle transplantation. Christina n'a pas encore surmonté son chagrin et se drogue de nouveau. Paul a compris qu'elle ne pourra dépasser cela que lorsqu'elle se pensera venger. Jack a quitté sa femme et vit dans un motel. Le couple le retrouve et Paul veut le tuer, mais se trouve incapable de tuer de sang froid. Il laisse un Jack effondré, et retourne voir Christina, disant que le problème est réglé. Mais Jack ne se sent pas quitte, il surgit dans leur chambre d'hotel. Christina déverse alors sa rage contre lui, le frappe avec ce qu'elle trouve. Paul se meurt de son coeur malade, saisit l'arme et se tire une balle dans ce même coeur. Christina reprend pied, supplie Jack de l'aider. A l'hopital, Paul est en situation critique, Christina veut lui donner son sang et découvre qu'elle attend un bébé de lui.

Ce film sombre se termine donc sur une note d'optimisme. Jack retrouve sa famille en paix avec lui-même. Christina a évacué sa colère, et a une vie dans son ventre à prendre en compte.

Rien n'est vain, tout a une raison d'être. Quoique l'on puisse en penser, quelque soit les moments de profonde détresse qu'il nous arrive de traverser. La vie continue, la vie nous donne des raisons de continuer. A nous de savoir être en paix et en accord avec nous même, à nous de savoir ce qui est important. A nous aussi de savoir se donner une raison d'être, un but, d'avancer. C'est aussi ce que montre ce film, que chacun vit parce qu'il a quelque chose à quoi se raccrocher pour continuer.

C'est un film difficile à raconter, difficile à expliquer. C'est un film sur la mort qui nous explique la vie, les travers de la vie, les blessures de vie ... mais la vie quand même, l'espoir de la vie, la continuité de la vie.


Une mention  spéciale à Sean Penn, Naomi Watts et Benicio Del Toro. Sean Penn, en tant que président du 61° festival de Cannes vient de remettre le prix d'interprétation masculine à Benicio Del Toro pour son rôle de Che Guevarra dans le film Che.




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D
j'avais fait la critique de ce film chez bag, j'ai bcp aimé le film. Il y a une belle reflexion sur la vie, la mort, le hasard, enfin, pelin de choses essentielles pour comprendre et faire un travail de deuil. La vie, n'est faite que de deuil. maintenant , je le sais. Mais qu'est ce que je fais de tout ce que je sais ? Pas facile d'en faire un paquet et de le jeter du haut d'un pont... Faut vivre avec ses ombres ses douleurs et ses limites. Plus que tout ces limites... Bisous cat et bonne route
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C
<br /> le hasard n'existe pas. ensuite la vie n'est que de ce que l'on en fait. oui il y a des pertes, des moments difficiles ... certes mais la vie n'est qu'une question<br /> de point de vue ... donc à toi de changer ta manière de voir les choses, et de voir tout en noir ...<br /> <br /> bisous<br /> <br /> <br />
D
Je l'ai raté quand il est passé. Merci pour ton avis.Bisous ma cat
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C
<br /> bisous mon Did<br /> <br /> <br />
A
la bande-annonce du film... <br /> <br /> <br />
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A
Oui a nous de savoir être en paix avec nous-mêmes, à nous de savoir ce qui est important, le plus important, c'est à dire ne pas croire par reflexe conditionné, ou habitude, que l'on doit renier la part d'humanité et de tolérance qui deleure en nous, consciemment ou inconsciemment, pour mieux rejeter l'intolérance, la faiblesse ou les erreurs des autres... Un exemple parmi d'autres : des enfants abandonnés donneraient tout pour retrouver leur mère et/ou leur père et recréer avec eux des liens normaux ! Anormal ? Non ! Vouloir aimer et être aimé(e), aimer, ne se commande pas, mais se vit malgré nous, même dans la souffrance. Peut-être parce que ce sentiment comme celui de croire encore et toujours fait partie intégrante de ces 21 grammes inconnus qui ne sont peut-être que le sanctuaire inviolable qui demeure en nous, et reste éternel... La différence ? Certain(e)s l'abandonnent, l'oublient, le renient, l'ignorent, le refoulent, ne le détectent pas... D'autres ne peuvent pas, alors ils doivent l'apprivoiser, au risque de devenir comme celles ou ceux qu'ils chassent... Ce qui ne les empêchera pas de le faire, mais en restant eux-mêmes... Baisers philosophiques.
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C
<br /> Paul se jette dans cette histoire avec Christina parce que la vie lui donne une autre chance. mais quand il comprend que le coeur du mari de CHristina ne lui a<br /> donné qu'un sursit de vie, il décide de l'aider à vivre elle, en se débarassant de sa douleur, en faisant ce qu'il faut pour qu'elle vive malgré son drame.<br /> Quelque part, on peut dire que consciemment il y parvient en retrouvant Jack et en donnant à Christina et Jack l'occasion de s'affronter, l'une pour déverser sa colère et l'autre pour subir sa<br /> culpabilité, chacun se libérant en quelque sorte de son drame.<br /> Et inconsciemment, en ayant fait un enfant à Christina, il lui donne une nouvelle raison d'être de vivre et d'y croire.<br /> Pour Jack, le fait que Christina lui demande de l'aide quand Paul se "suicide", c'est aussi un déclencheur, il n'est pas un homme mauvais, seulement il a été aveuglé par des idées, par les choses<br /> auxquelles il s'est raccroché.<br /> <br /> Je crois que chacun a grandi dans cette histoire à trois, parce que l'on devrait toujours pouvoir grandir quand les gens tendent la main. Mais parfois on n'est pas toujours prêt à saisir les mains,<br /> d'autres fois on accepte.<br /> <br /> baisers remerciant ;)<br /> <br /> <br />
J
Je comprends la difficulté à raconter ce film avec tous ces retours en arrière. Ton résumé est clair et en plus il dévoile bien tous les dessous psychologiques de chaque personnage : <br /> Le souci de l'âme<br /> La rencontre de deux êtres, même si ce sont des « brutes », révèle leurs âmes, et montre que leurs « cris » sont l'expression d'une passion pure. <br /> La « guerre » amoureuse tient à peut-être à cette exigence où l’un est d'abord l'être fécond selon l'âme, qui continuellement tend à féconder l’autre par sa pensée et par son exemple.
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C
<br /> sans doute que la rencontre naît d'une interdépendance. l'un offrant à l'autre ce dont il a besoin, et l'autre donnant à l'un ce qu'il cherche.<br /> un film difficile à raconter.<br /> <br /> <br />