Edith Gassion, fille d'une chanteuse lyrique et d'un acrobate, grandit d'abord dans le quartier de Belleville à Paris, puis tour à tour, chez sa grand-mère maternelle, kabyle puis chez sa grand-mère paternelle, tenancière d'un bordel en Normandie, juqu'au jour où son père, démobilisé, vient la chercher pour qu'elle l'accompagne dans ses tournées. De retour à Paris, celui-ci gagne leur vie en étant contorsionniste de rue. Très vite, Edith s'émancipe, et accompagnée de sa grande amie des "400 coups", Simone, elle chante dans les rues, fréquente le milieu, jusqu'au jour où elle est repérée par Louis Leplée qui décide de la mettre sur le devant de la scène. Edith Gassion devient alors "La Môme Piaf".
Ce que j'en ai pensé :
Je me méfie toujours des énormes succès commerciaux, d'autant plus que celui-ci n'a pas connu qu'un succès grand public, il a connu un succès total. Marion Cotillard a, pour ce rôle, rappelons le, rafflé tous les prix qu'une actrice puisse recevoir, du césar à l'oscar. Une véritable consécration.
Si j'apprécie la chanteuse Piaf, les différentes choses que j'avais entendu ou lu sur son comportement à autrui m'ont fait aborder le film avec un regard un peu distancié. Je n'ai donc point été surprise de ce que j'y ai vu, je dirais même, rien de nouveau sous le soleil pour moi. Je savais que cette femme avait un caractère très particulier, et qu'elle avait toujours été entourée d'hommes, qu'elle pouvait virer un de ses collaborateurs, juste parce que celui-ci se serait permis de dire ou faire une chose qui n'était pas de son goût dans l'instant.
Je regardais donc ce film d'environ deux heures, sans véritable passion, je voulais simplement voir.
Olivier Dahan nous a épargné le clichet d'une Edith née au pied d'un réverbère à Belleville. Par contre, il a su montré les relations qu'elle a eu à ses différents parents. Une mère et une grand-mère maternelle pour le peu négligentes, une grand-mère paternelle un peu particulière (je ne sais s'il est exact qu'elle fut tenancière de bordel), mais qui la couva d'amour avec ses "filles". Edith avait une santé fragile et dans le film, grâce à Titine, une des filles de joie, elle trouve non seulement une maman, mais une femme qui lui donne une raison d'y croire, en l'emenant prier Sainte Thérèse de Lisieux.
La vie d'Edith n'est faite que de rencontres. Les femmes d'abord avec Titine, qui lui offre la croyance en Sainte Thérèse, avec Simone, dite Momonne, sa grande copine soularde des jours pas faciles, avec Marguerite Monnot, rencontrée grâce à Louis Leplée, qui l'accompagnera et lui composera nombre de musique, et Marlène Dietrich (qui sera son amie jusqu'à la mort). Les hommes surtout. Olivier Dahan a mis l'accent, dans son film, sur ceux qui ont compté dans la vie de la môme Piaf. Son père d'abord, qui découvrit en même temps qu'elle, son incroyable voix, Louis Leplée, qui lui permit de se faire un nom "La Môme Piaf", Raymond Asso qui, à force de travail, l'obligea à articuler, à donner le meilleur d'elle-même, à vivre ses chansons, Cocteau, qui lui offrit une pièce de théâtre, Contet ( qui devint son pygmalion), Marcel Cerdan (qui fut son grand amour), Jacques (qui fut son mari et qui chantait aussi), et Théo (son dernier mari).
Oui, Piaf a eu des hommes dans sa vie, et beaucoup plus ... il y eut d'abord P'tit Louis avec qui elle eut une fille, Marcelle, décédé à 2 ans, d'une ménigite foudroyante, dont on découvre l'existence, seulement à la fin du film, quand Piaf s'éteint ; Louis Leplée, Raymond Asso (qui l'aimait et qui la suivit jusqu'au bout), Paul Meurisse (Cocteau leur écrit une pièce Le bel Indifférent, et George Lacombe les fit tourner dans Montmartre sur scène, Henri Contet (son pygmalion et compositeur), Montant (avec qui elle eut une histoire, et qu'elle aida à devenir ce que nous savons), Marcel Cerdan, Aznavour (son homme a tout faire, qu'elle aida à monter sur scène, mais dont elle ne prit pas la carrière en main), Eddie Constantine, Jacques Pills, Georges Moustaki, Charles Dumont, et Théo Lamboukas (son dernier mari et amour).
Mais est-ce ce qui est important dans la vie de Piaf, ses amis, ses amours, ses amants. Je pense que oui. Car hormis quelques inconditionnels dans son entourage, les gens ne faisaient souvent que passer dans sa vie. Son caractère tyrannique, cette sorte de suffisance et de mépris la rendait quasi invivable. Partie de rien, elle est arrivée très haut. Quand le film s'est fini, j'ai pensé deux choses. La première, c'est que cette femme aurait eu une vie plus douce et plus belle, si elle avait un peu mieux respecté les autres, si elle s'était montrée plus aimable, plus aimante. J'ai pensé qu'elle aurait pu tout avoir, y compris le bonheur. Mais non, elle sortait du peuple, et on la prenait comme elle était, ou c'était la porte. A la fois vulgaire, grossière, sans gène sous couvert qu'elle était Piaf ou bien parce que Saint Thérèse la protégeait, elle s'est tout permis, surtout le droit d'être odieuse. Pas question de s'abaisser, de se remettre en question. La deuxième chose que j'ai pensé, c'est que Marion Cotillard n'a pas eu là un rôle facile, et que cela a dû être dur de jouer une telle femme, qu'elle mérite les prix qu'elle a reçu. Elle a su investir ce rôle.
Maintenant, si je ne peux nier que c'est un très bon film, je ne l'ai pas aimé, humainement parlant, car je n'ai pas aimé cette femme, qui traitait son entourage comme de la merde, parce qu'il n'y a pas d'autres mots. Je pense qu'il n'y a sans doute que deux personnes avec qui elle a dû être différente, c'est Cerdan et Théo, parce qu'elle les a aimé d'amour.
C'est triste une vie comme la sienne. Mais Piaf n'était pas à plaindre, car finalement, elle montre que sa vie n'est que le reflet de sa personnalité, brutale.
Sa vie fût aussi à l'image de son corps fragile, qu'elle poussa à son maximum, qu'elle nia. Suite à un accident de voiture, elle devint dépendante à la morphine, à cela, il faut rajouter un alcoolisme notoire. Quand après une énième cure de désintoxication, elle arrête définitivement de boire, il est trop tard, on est en 1956, elle décèdera 7 ans plus tard, usée par ses excès en tout genre, usée par cette volonté à se croire plus forte que son corps fragile, usée par elle-même.
On ne sait pas toujours pourquoi, mais il nous reste des films que l'on voit, une scène en particulier, quelque chose qui nous touche plus que le reste. Pour ma part, ce fut le moment où Piaf se rend chez une médium, la cinquième visite de la semaine. Cette femme lui explique qu'elle ne peut pas lui en dire plus que ce qu'elle lui a déjà dit, elle demande alors, pourquoi elle veut entendre encore les mêmes choses, et Piaf de répondre Parce que j'ai besoin de me souvenir pourquoi je dois continuer à vivre. Cette phrase, la façon dont Cotillard l'a dite, la façon dont elle l'a jouée ... un cri du coeur, une vérité absolue ... parce qu'à un moment dans sa vie, quand c'est dur, trop dur, on a besoin de puiser au fond de nous les raisons qui nous poussent à continuer à vivre, à trouver le goût de continuer.
Olivier Dahan nous laisse entendre, que malgré cette chanson "Non je ne regrette rien", dont elle disait que c'était elle, ces mots, Piaf a quand même eu des regrets sur la fin, le regret de ses nombreux excès, le regret de cette petite Marcelle, morte trop tôt, trop vite, le regret de Marcel, mort trop tôt lui aussi.
Alors, Piaf comme un tyran génial, une femme invivable mais fascinante ? Avec le recul, j'ai repensé à la sortie du film, et je me suis faite la réflexion, ceux qui l'ont connu n'ont pas décrié le film de Dahan, personne n'a crié au scandale devant ce que Dahan a montré de Piaf ... sans doute parce qu'il a montré Edith Gassion telle qu'elle était, quelqu'un qui a bouffé la vie par les deux bouts, peu importe les dommages, peu importe les souffrances ... il fallait vivre, et ce à tout prix, à n'importe quel prix.
Je sais, en ayant discuté autour de moi, que certains ont été déçus de découvrir qu'elle était ainsi. Pour moi, cela n'enlève rien à son talent, j'aime ses chansons, mais je n'aurais pas aimé la rencontrer, je crois que je l'aurais détestée, en fait.
Je t'avoue que je ne l'ai pas vu, ça c'est coutumier chez moi, mais je n'ai aucune envie de le voir non plus, ça c'est moins courant hé, hé... Comme toi, le battage médiatique me saoule et me fait tourner les talons (comme pour les bouquins à succès d'ailleurs, je fuis les tête d'affiche et les Goncours comme la peste (j'en zappe d'ailleurs toujours l'orthographe hé, hé)Bises ma Cat
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non, là tu peux le voir ;), fais moi confiance ... le succès est mérité.<br />
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comme toi, les goncours, on sait bien que c'est du triché ;)<br />
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bisous bisous<br />
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:0095: Maître Po
23/06/2008 01:56
Le film est pas mal fait, mais ressemble plus à un téléfilm. J'ai eu l'impression de revoir le Dalida dont on nous a gratifié il y a un an ou deux.Il y a une autre similitude entre les deux, c'est que Piaf n'est pas plus attirante moralement que Dalida l'était physiquement. Elle (EP) a profité des hommes, en usant et en abusant. Elle me donne l'image d'une femme capricieuse, presque caractérielle, guidée uniquement par ses envies et, reconnaissons-le, l'amour de la chanson.Tiens, je suis passé très récemment devant sa tombe, au père-Lachaise, où elle est enterrée avec son père (?) et Théo Sarapo, son mari et cadet de vingt ans ;-)
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je n'ai pas vu le téléfilm sur Dalida donc ...<br />
rha ben je trouve que Dalida était pas mal ...<br />
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je suis aussi passée par sa tombe, très modeste au demeurant<br />
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bisous<br />
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N
neinei
22/06/2008 15:15
dur dur OB en maintenance je suis a la bourre<br />
il est 21h je sais seulement mettre un com<br />
bon reste de bimanche bisous.....bravo<br />
qing et rene
Handi@dy :0016:conférence du handicap:nous aussi on veut du caviar, des rolex et des ray-ban!
21/06/2008 20:49
J'ai moyennement aimé... Très sombre... Pas l'image laissée par la Piaf... Mais très vrai! BIZ et bonne teuf de la zicmu!<br />
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Roger Glover butterfly ball love is allenvoyé par supersaiyan
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oui c'est un film très sombre, vraiment sombre.<br />
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si elle reste une très grande chanteuse, l'image qu'elle a laissé d'elle-même n'est pas des plus flateuse.<br />
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bisous ma belle Handy.<br />
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pas de fête de la musique pour moi ;) un diner entre amis :D<br />
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G
Gilles Penso
21/06/2008 20:41
Bravo pour ta critique. J'ai été très impressionné par pa prestation de Marion Cotillard, beaucoup moins par la mise en scène d'Olivier Dahan. Pour faire des effets de style, celui-ci s'est senti obligé de déstructurer sin récit et d'éclater la chronologie pour aboutir à un film confus et un peu tape à l'œil. Du coup, on a du mal à profiter des grands changements de la vie de Piaf et des répercussions sur son caractère, puisqu'on navigue sans arrêt entre le passé et le présent. Bob Fosse est passé maître dans cette discipline (avec des films ciomme LENNY) mais Dahan le fait assez maladroitement. J'avoue que je chipote un peu, parce que LA MOME contient quand même de très beaux moments de cinéma.
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lisant pas mal, je pense que cet effet de style est à la mode, et peut etre assez perturbant, que ce soit au cinéma ou dans la littérature car cela exige du<br />
spectateur ou du lecteur une attention assez soutenue.<br />
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dans "21 grammes" avec Penn et Del Torro, il en va de même sur les incessants retour en arrière etc.<br />
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oui c'est un film avec de belles scènes<br />
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merci de ta visite<br />
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