Le livre :
Ma'ruf est un savetier marié à une véritable mégère. Celle-ci n'est jamais satisfaite des efforts de son mari, le bat, etc. Un jour, qu'il décide de ne plus se laisser faire, cette dernière décide de porter plainte contre lui, pour mauvais traitement. A chaque fois qu'elle est déboutée, elle porte plainte ailleurs. Ma'ruf, humilié par cette épouse indigne, trouve refuge dans un lieu assez sordide, y découvre un génie qui le transporte dans un endroit où personne ne le connaît et où sa femme ne risque pas de le trouver. Ma'ruf retrouve alors un ami d'enfance qui le conseille pour faire fortune. Mais Ma'ruf ment, triche et abuse, pourtant, il parvient à épouser la fille du sultan, et l'amour qui les lie va le sauver.
Ce que j'en ai pensé :
Il s'agit du dernier conte des Mille et Une Nuits, ultime conte raconté par la belle Shahrâzad à son mari pour qu'il lui laisse la vie sauve.
Ce conte raconte la filouterie des hommes obsédés par l'argent, et toute la maligneté des femmes. Il existe des types d'hommes et de femmes très différents, cependant le conte nous montre que le but principal des hommes, c'est de faire fortune, et quand cela est, alors il pense à l'amour, celui-ci étant un peu la cerise sur le gâteau. De l'autre, il y a les femmes, comme la première épouse de Ma'ruf, une mégère aigrie, avide de choses dont elle ne sait apprécier la simple valeur, puis il y a la fille du sultan, nouvelle femme de Ma'ruf. Cette dernière l'aime comme une femme doit aimer son mari et être aimée de lui. Elle est à son écoute, comprend ses menteries, ses travers, les excuses, et cherche à combler et réparer les erreurs de ce dernier. Elle est aussi celle qui lui montre le chemin, le bon chemin de la vie, avec des valeurs et des principes. Cette jeune femme est loyale, et possède une grande sagesse.
Ma'ruf, alors qu'il est soupçonné par le grand vizir du sultan d'être un imposteur, car les marchandises pour rembourser les marchands, payer la dote, combler tout ce qu'il dispense généreusement à son entourage, n'arrivent pas, doit s'enfuir. Sa femme décide de le couvrir afin qu'il se "refasse" une fortune. Elle dupe son propre père et le grand vizir pendant que Ma'ruf s'échappe, et elle le fait, car il est sincère à son encontre, qu'il lui dit la vérité. Elle invente alors une histoire pour permettre à celui-ci de sauver son honneur.
Pendant sa fuite, Ma'ruf rencontre un paysan, qui se montre généreux avec lui. Alors que ce dernier labourait son champs à l'arrivée de Ma'ruf, il décide de se rendre chez lui pour aller chercher de la nourriture, pour celui qui lui réclame un peu d'eau. Ma'ruf décide alors, pour aider le paysan, de labourer le champs à sa place. Il découvre alors une porte secrête qui le porte dans un lieu magique. Il se voit confier une bague qui, lorsqu'il le souhaite comble ses désirs. Ma'ruf peut ainsi revenir au palais, avec des mules chargées de marchandises. Il n'oublie pas la générosité du laboureur, et lui offre à son tour sa générosité. Il peut rembourser tout le monde et continuer à se montrer très généreux. Son secret vite découvert, il faudra toute l'intelligence de sa femme pour récupérer la bague, et sans servir à bon escient. Quand celle-ci meurt, Ma'ruf demeure fidèle à sa mémoire et promet d'utiliser la bague raisonnablement. Surgit alors son ancienne épouse, dans le physique est à la hauteur de sa méchanceté. Elle veut la bague et s'aprête à l'acquérir de vilaine manière. Il faudra le courage et l'intervention du fils de Ma'ruf pour sauvegarder la paix et le bonheur de leur vie.
La moralité de ce conte. L'amour d'une femme pour son mari la fait soulever des montagnes, mais sa grande sagesse lui permet également de ne pas perdre de vue l'essentiel. La femme, dans ce conte, est celle qui décide de la vie de couple, elle peut en faire un enfer, ou en faire un paradis. L'homme se soumet.
Un conte drôle, et néanmoins poétique où magie et amour sont étroitement liés, avec une leçon à retenir ... si l'argent peut acheter le matériel, il n'achète jamais l'essentiel ... jamais ... l'amour des autres.