Le film : Christine Collins est la maman célibataire du petit Walter. Nous sommes en 1928, elle travaille à Los Angeles dans une compagnie de téléphone. Christine laisse son garçon pour aller faire des heures supplémentaires. Mais lorsqu'elle revient, le jeune garçon a disparu. Christine le cherche dans le quartier, interroge les voisins, mais personne ne sait où il se trouve. C'est alors qu'elle appelle la police, qui prétend que c'est sans doute une fugue. Le lendemain, les inspecteurs viennent enfin prendre sa déposition. Un pasteur, célèbre pour ses émissions radiophoniques, suit l'affaire de prêt. Le temps passe, mais le petit Walter reste introuvable.
5 mois plus tard, Christine apprend que la police a enfin retrouvé son fils. Seulement, quand elle arrive à la gare, ce n'est pas son garçon qu'elle a en face d'elle, et malgré les preuves qu'elle fournit, la police fait tout pour la faire taire.
Ce que j'en ai pensé :
Je me rendais donc au cinéma des Carmes afin de voir le dernier Clint Eastwood, en toute confiance et en V.O. Et j'avais bien raison ! Je ne dirais rien contre les deux mamies qui n'ont pas arrêté de commenter le film ... d'un bout à l'autre et malgré les "chut" répéter des spectateurs. Non je ne dirais rien. Sauf que franchement, c'est extrêmement pénible ... et encore plus quand le film est remarquablement bien mené.
Je trouve que chacun des films de Clint Eastwood est meilleur que le précédent (cf. Sur la route de Madisson, Millions Dollars Baby, Mystic River). Je trouve ce film remarquable dans sa photogénie. J'ai véritablement apprécié cette manière de filmer à la façon d'un photographe, en prenant le temps de certaines scènes, en jouant avec les flous. Un vrai plaisir pour les yeux.
On retrouve dans ce film, au delà de l'histoire même, la corruption du système policier à Los Angeles dans les années 20 et 30, chose que dénonçait aussi James Elroy dans Le Dahlia Noir.
Christine aime son fils, elle ne le rend pas responsable du fait que son père les ait abandonnés à sa naissance. Un jour, elle explique à Walter que lorsqu'un enfant naît, avec la naissance, il y a une autre chose dans la paquet, il y a la chose "responsabilité" et certaines personnes ne sont pas capable d'accepter cette chose et, choisissent de partir. C'est ainsi, et l'on n'y peut rien. Christine incarne la mère aimant et dévouée. Courageuse, avec de véritables valeurs, elle est aussi résolument tournée vers l'avenir.
Quand Walter disparaît, elle est désespérée, elle le cherche, mais retourne au travail. Et chacune de ses pauses est consacrée à la recherche de son enfant.
Quand la police, cinq mois plus tard lui donne cet enfant qui n'est pas le sien, Christine est déchirée dans son coeur de mère. Elle ne veut pas de cet enfant qu'elle sait ne pas être le sien. Pourtant, elle le prend chez elle, s'occupe de lui, mais elle le rejette, car il ment, il lui ment, il ment à tout le monde, empêchant ainsi la poursuite concrête des recherches de Walter.
Christine réunit des preuves contre cet enfant, qui n'est pas Walter. Elle est soutenue par le pasteur, qui non seulement souhaite qu'elle retrouve son enfant, mais s'obstine lui, à dénoncer la corruption grandissante de la police de Los Angeles. Il sera d'un soutien sans faille pour la jeune femme.
Jamais elle ne baissera les bras. Toujours elle gardera l'espoir de retrouver son fils un jour.
Parallèlement à l'histoire de Walter et Christine, un jeune garçon avoue avoir tué des enfants kidnappés, sur ordre d'un homme, son cousin canadien.
Alors que le chef de la Police s'obstine à vouloir faire accepter à la jeune femme de prendre l'autre garçon comme étant le sien (il la fera enfermer dans un hôpital psychiatrique afin de la contraindre à signer un papier sur lequel elle reconnaît que l'autre garçon est bien le sien ... chose qu'elle refuse évidemment), un inspecteur découvre que le jeune Walter fait probablement parti des victimes du tueur en série. Mais là encore, le chef de la Police ne peut admettre de revenir en arrière et tente son possible pour que les deux affaires ne se rejoignent pas.
C'est sans compter l'obstination du pasteur, qui parvient à faire libérer Christine de l'hôpital psychiatrique, juste avant une scéance d'électrochocs.
Le chef de la police ne fait pas le poids face à cette femme, cette mère courage, il ne fait pas le poids parce qu'elle est soutenue par le pasteur, mais aussi par la population.
Parallèlement, nous découvrons la ferme de l'horreur, où les jeunes garçons kidnappés étaient parqués dans le poulailler, avant d'être tué comme des poulets. Le jeune homme complice malgré lui, dénonce les crimes de son cousin parti se réfugier au Canada.
Ce dernier, ayant trouvé refuge chez sa soeur, finit par être arrêté, quand le mari de celle-ci appelle la police. Le jeune garçon a identifié les victimes des actes odieux. Walter fait parti des victimes.
Un nouveau parallèle dans cette histoire. Les deux procès se déroulent de manière simultanée. Le chef de la police est destitué, ainsi que son supérieur. Le tueur en série est condamné à mort par pendaison, après un délais de deux années.
Tout pourrait finir ainsi, mais peu de temps avant l'exécution du meurtrier, Christine reçoit une lettre de ce dernier, qui prétend avoir des révélations à lui faire sur son garçon. La jeune femme se rend sans attendre à la prison. Le temps presse, l'exécution doit avoir lieu deux jours plus tard. Une fois face à Christine, le meurtrier refuse de lui parler, sous prétexte que son âme est pure, qu'il s'est confessé, qu'il ne peut plus rien faire, car il doit aller au Paradis. Il avoue cependant que jamais il n'aurait pensé qu'elle viendrait le voir. Alors se déroule une scène d'une incroyable intensité, Christine se jette sur le jeune homme et répète en hurlant 'tell me if you killed my son'. Elle lui hurle tant après que le condamné demande aux gardiens d'intervenir et de le ramener dans sa cellule.
Christine Collins assiste à la pendaison avec d'autres parents orphelins.
Le temps passe, la vie a repris son cours. Christine pense toujours à son fils et ne croit pas qu'il soit mort. Elle envisage aussi de refaire sa vie avec un de ses collègues. Alors qu'elle croit que ce dernier l'appelle, il s'agit en fait de la mère d'un des enfants victimes. Le fils de celle-ci a été retrouvé et identifié. Il raconte ce qu'il a vécu, évoque le courage du jeune Walter, ce garçon grâce à qui il est encore en vie aujourd'hui.
Le film s'achève sans que Christine est retrouvée son enfant, et pourtant, elle continue de le chercher, elle continue de croire qu'il a réussi à échapper aux griffes du meurtrier en série.
Une très belle interprétation de Angelina Jolie. Un très beau film basé sur une histoire vraie.