Je tourne une page pour en écrire une autre ...

A lire : Harry Potter et les Reliques de la Mort, première partie.
Les romans de J.K. Rowling ont fonctionné parce qu'il y avait ce trio (Potter, Weasley, Granger), leurs aventures au sein de l'univers des sorciers mais aussi les aventures et les questionnements qui jalonnent les jeunes gens de leur âge.
Il est intéressant de voir de quelle manière l'auteur a veillé à ne pas dissocier l'univers des adolescents de l'univers des adultes. Bien sûr, nous savons que les adultes représentent l'autorité, mais ils sont aussi ceux qui guident, ceux qui ouvrent les chemins possibles. Certains écoutent, d'autres obligent. Nous le ressentons aussi dans cet ultime volume de la saga. Mme Weasley a peur pour ses enfants, mais aussi pour Harry et Hermione. Ils sont un prolongement de sa propre famille même s'ils ne sont pas de son sang. Nous le voyons aussi avec le professeur McGonagall, qui, malgré l'affection qu'elle porte à Harry, se montre ferme et sait punir les bêtises de ce dernier. Enfin Dumbledore, qui a veillé sur Harry, qui l'a guidé sans lui macher le travail. Harry se rappelle que pour Dumbledore, les véritables leçons que nous retenons sont celles que nous avons appris seul. Jamais il n'a donné les solutions à Harry, il l'a toujours poussé à réfléchir par lui-même, en l'aiguillant en fonction de son caractère. Un moment privilégié entre Dumbledore et Harry, c'est le vieux sorcier qui parle [ J'ai peur de te dire, mais je comptais sur Miss Granger pour te ralentir, Harry. Je craignais que ton tempérament emporté ne domine ton bon coeur. Je redoutais qu'en t'exposant ouvertement la vérité sur ces objets tentateurs, tu ne t'empares des reliques comme je l'ai fait, au mauvais moment et pour de mauvaises raisons. Si tu parvenais à mettre la main dessus, je voulais que tu les possèdes sans courir de danger.]
Je dis souvent que nous avons autant à apprendre des enfants que des personnes âgées. Nul n'est inutile dans ce monde. Nous ne sommes pas les plus forts, nous ne savons pas tout, et nous avons toujours à apprendre. Dumbledore a servi de guide à Harry, non pas d'un guide spirituel, car Harry n'a pas eu de guide spitiruel, c'est un garçon sans religion, si ce n'est celle du coeur. Dumbledore fut une sorte de percepteur, il a deviné la vraie nature du jeune Potter, son véritable destin. Il a aussi su ce qui était arrivé entre Potter et Voldemor, pourquoi celui-ci n'avait pu le tuer la première fois, et encore moins la seconde. Potter possède un petit quelque chose que Voldemor ne posséde pas.
Dumbledore, fût il un des meilleurs magicien, sait bien qu'il ne possède pas non plus ce petit quelque chose que Harry a en lui. Sans doute que le contact avec le jeune Potter lui a ouvert les yeux sur ce qu'il a été, sur ce qu'il a fait, parce que les enfants ont la faculté de nous montrer les choses autrement qu'avec nos yeux d'adultes.
Dans leur ultime entretien, le vieux sorcier avoue à Potter [ - Pendant ce temps, on m'avait offert le poste de ministre de la Magie, non pas une mais plusieurs fois. Naturellement, j'ai refusé. J'avais appris qu'il valait mieux ne pas me confier le pouvoir. - Mais vous auriez été bien, bien meilleur que Fudge ou que Scrimgeour ! s'exclama Harry. - Vraiment ? demanda Dumbledore d'un ton lourd. Je n'en suis pas si sûr. J'avais donné la preuve, dans mes jeunes années, que le pouvoir était ma faiblesse et ma tentation. C'est une chose curieurse à dire, Harry, mais peut-être que les plus aptes à exercer le pouvoir sont ceux qui ne l'ont jamais recherché. Ceux qui, comme toi, reçoivent la responsabilité du commandement et endossent ce manteau parce qu'ils le doivent, puis s'aperçoivent, à leur grande surprise, qu'ils le portent très bien.]
Si vous avez lu les tomes précédents, dès le tome 4, dans la Coupe de Feu, le jeune Potter est en proie à des interrogations profondes sur ce qu'il est, sur la loyauté des gens qui l'entourent, sur le ras-le-bol des mystères, des non-dits qui tourbillonnent autour de lui. Durant les 7 années de l'enseignement à Poudlard, Harry aura appris que rien n'est facile, que rien n'est évident. Il aura assimilé que la vie est une gigantesque énigme dont nous devons trouver les réponses en nous. C'est aussi ça les valeurs exprimées dans ce dernier tome. Chercher les réponses en soi, la vérité reste en nous, si nous sommes capables de nous sonder.
La Coupe de feu est le tome que j'ai le moins aimé. Le film qui en a été tiré m'a donné une autre lecture de ce tome. Mon préféré reste le Prisonnier d'Azkaban avec tout le problème des apparences, et de la nécéssité de savoir regarder au-delà, de faire confiance à son instinct.
J'ai trouvé cet ultime tome intéressant dans le fait qu'il donne les clés de toute l'histoire. J'ai moins aimé la bataille finale, que j'ai trouvé très ... enfin, américaine dans sa manière de dévoiler la vérité, je l'ai trouvé trop, beaucoup trop théâtralisée.
J'ai aimé l'épilogue, malgré son côté happy end, qui nous confirme que l'adolescent devenu l'adulte pressenti par Dumbledore, n'a pas oublié ce par quoi il était passé, qu'il a su en tirer les leçons, tout en restant humble.