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Millénium, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de Stieg Larsson.





Le livre :

Un journaliste économique, rédacteur du journal
Millénium, est condamné pour diffamation envers un industriel véreux. N'ayant pu révéler ses sources, Mikael Blomkvist n'a pu se défendre. Dès lors, il nourrit un esprit revanchard envers Wennerström.

Surgit alors l'avocat du richissime homme d'affaire, Henry Vanger, un vieil homme âgé de plus de 80 ans, dont la vie tourne autour de la disparition non résolue de sa petite nièce Harriet. Habitant une petite île, avec comme voisins quelques membres de sa famille, le patriarche Vanger cherche obstinément ce qui a pu arriver à Harriet.

Blomkvist, qui a côtoyé la jeune fille, lorsqu'il était enfant, accepte de mener l'enquête, persuadé qu'il n'arrivera à rien.




Ce que j'en ai pensé :

Très méfiante envers les livres qui deviennent "les livres à lire" car tout le monde se jette dessus et annonce à qui veut l'entendre qu'ils sont "supers", "géniaux", qu'ils sont "les livres dont on ne peut décoller le nez", je me décidai donc à lire le premier tome de
Millénium.

Ma première impression fut que Larsson avait monté une véritable ossature de son roman, une vraie construction.
Ma deuxième impression fut qu'il y avait de nombreux passages qui arrivaient, tels des cheveux sur la soupe, donnant au roman, cette sensation de lourdeur dont on tente de se convaincre (en vain, au final) qu'ils auront une importance pour la suite de l'histoire.

Trop d'histoires dans l'histoire tue l'histoire.

J'ai donc appelé ces "interventions" des "obligations d'éditeur", soit des passages rajoutés à la demande de l'éditeur, qui n'apportent rien à l'histoire, mais qui grossissent le livre en volume. L'un des ingrédients qu'il est bon de rajouter de nos jours, c'est une vie sexuelle au héros. Le deuxième ingrédient, ce sont des descriptions, plus ou moins détaillées, mais très sûrement barbantes, de choses dont tout le monde se fiche, et qui n'ont rien à voir avec celles proposées par des Balzac ou autres Zola.

Comment se rendre compte de ces "obligations d'éditeur" ? De plusieurs manières. Elles apportent un stéréotype à l'oeuvre, et dans le cas de
Millénium, elles provoquent des ruptures dans le récit, mais également des ruptures de ton et de style. Ces longueurs rendent certains moments du livre indigestes, et pour ma part, m'ont empêchée de me passionner pour cette histoire.



Les personnages phares de Millénium sont : Mikael Blomkvist, Lisbeth Salander et Henry Vanger.

Blomkvist, la cinquantaine rayonnante, bel homme, séducteur sans attache réelle, une fille née de son mariage avortée, une maitresse régulière dans la personne d'Erika, sa partenaire de
Millénium.
Considéré comme un journaliste économique n'ayant pas sa langue dans sa poche, prêt à dénoncer le système capitaliste véreux de la Suède, les malversations des patrons, petits ou grands, sans distinction, il ne fait pas l'unanimité dans sa profession.

Ce personnage sert Larsson, lui-même journaliste, a dénoncé le système économique, les profits et autres entourloupes dont les grands businessmen sont friands pour s'enrichir sur le dos des petits.
Personnage cependant énigmatique, Blomkvist reste quelqu'un de très humain, un tantinet pessimiste, mais en quête de vérité. Il a des principes, des valeurs, une droiture non négligeable qui font qu'il ne se laisse pas corrompre. Une éthique ou une conscience de vie ? Les deux.
Peu convaincu de réussir à honorer son contrat avec Henry Vanger, il ne lésine pourtant pas sur ses efforts pour trouver des indices qui seraient passés au travers des précédentes tentatives d'élucidations.
Ce n'est pas non plus un homme imbu de lui-même. Il a conscience de ses limites, et n'hésite pas à faire appel à une collaboratrice (Lisbeth Salander) pour l'aider dans son enquête. Il ne s'attribue pas un travail qui n'est pas le sien.

Blomkvist est-il un anti-héros, bien propret sur lui, trop lisse, trop tout pour être un homme de notre temps ? Anti-héros problablement. Trop tout, bien sûr que non, c'est un séducteur. C'est aussi un homme torturé. C'est avant tout un homme simple, à l'opposé d'un bling-bling ostentatoire. Au diable les apparences, du moment que la vérité soit.


Lisbeth Salander est une jeune femme d'un peu plus de vingt ans. Mince à souhait à qui l'on prête une anorexie qui n'existe que dans la tête de ceux qui la voient, une adolescente qui n'en est plus une.
Un tantinet asociable, c'est surtout une inadaptée de la société dans laquelle nous évoluons. Elle n'entre pas dans le moule, mène sa vie.
Lisbeth s'occupe de sa maman qui est placée en maison spécialisée, sans doute pour un Alzeimer. Parallèlement, elle est, elle-même, sous tutelle, considérée comme violente, incapable de s'autogérer. Lisbeth Salander est surtout atteinte du syndrôme d'Asperger, un forme d'autisme où les facultés mentales et intellectuelles sont hyperdéveloppées, notamment au niveau de la mémoire visuelle.

Son premier tuteur avait choisi de lui faire confiance et lui octroyait une liberté. Il faisait figure d'une masculinité protectrice mais non envahissante. Malheureusement, décédé soudainement d'une crise cardiaque, un autre tuteur lui fut assigné.

A travers la tutelle de Lisbeth, Larsson dénonce le pouvoir que s'accordent certaines personnes. Ce nouveau tuteur veut la maintenir dans un état de dépendance, l'avilir, la soumettre. Dès la seconde rencontre, il l'oblige à une fellation pour quelques couronnes. Il veut faire de Lisbeth son jouet sexuel pour assouvir son sadisme, sans que cela ne lui coûte un sous. Plus tard, il la somme de se rendre chez lui, où il la viole, lui faisant subir des "actes sexuels déviants". Mais Lisbeth n'est pas femme à se laisser faire de cette manière. Après le premier viol, elle avait préparé une vidéo caméra, qui lui permit de filmer le second viol qu'elle subit, chez son tuteur. Elle s'y rend donc une seconde fois, le prend à son propre piège.

Par cette relation violente, avilissante, et dégradante que le tuteur (homme désigné par l'état) fait subir à Lisbeth, Larsson dénonce la violence faite aux femmes en Suède. Tout commence avec Lisbeth et continue avec l'histoire d'Harriet.

Henry Vanger. Patriarche sans enfant de la famille Vanger, il s'est pris d'affection pour Martin et Harriet, ses petits neveu et nièce. Marié à une juive, alors qu'éclatait la Seconde Guerre Mondiale, il fut mépriser par certains de ses frères, activistes nazis.
Larsson évoque à travers cette génération des Vanger le passé nazi de la Suède. Le fait qu'il n'insiste pas sur cette histoire, ne permet pas au lecteur de mettre sérieusement en relation les activités nazies de certains membres de la famille avec leur comportement envers les femmes. Celles-ci sont traitées comme des putains, des objets sexuels, méprisées pour la plupart.
Il est dommage que l'auteur n'est pas plus creusé ce filon pour donner plus de poids à cette évocation du nazisme en Suède. Seuls les lecteurs curieux iront pêcher, deci delà, plus d'informations sur le sujet.
Henry Vanger veut connaître la vérité sur ce qui est arrivé à Harriet. Il est persuadé qu'elle n'a pû être qu'assassinée.
Au fil des découvertes de Blomkvist, Henry fait face à une histoire familiale qui le dépasse. Il n'a pas le même sens moral que le journaliste et choisir de taire les révélations de ce dernier. Après tout, peu importe ce qui a été mis à jour sur la famille Vanger, seul compte le fait que le mystère Harriet soit levé.

Contrairement à Vanger, Blomkvist choisit de se taire par respect pour la personne humaine de Harriet et non pour ne pas éclabousser la famille Vanger.


Il est dommage que Larsson n'est pas poussé ses évocations sur le nazisme et le système économique corrompu de la Suède, laissant aux lecteurs la sensation de sujets mis en avant de manière superficielle, dans un but de remplissage littéraire. Le monde économique corrompu est celui de Blomkvist et de Vanger, l'un comme journaliste, l'autre comme patron. Le nazisme appartient à la fois au passé suédois et au passé / présent des Vanger. Ces deux mondes posent le décor et viennent servir la dénonciation des violences faites aux femmes. Si l'un est évoqué partiellement, l'autre entame et conclut le roman. Mais le lecteur gardera en mémoire les horreurs faites aux femmes par des hommes qui se sentent supérieurs, presque comme des Dieux, uniques représentants de l'autorité.









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Pas lu le livre... mais vu le film ;-)Le bon côté de Millenium, c'est que c'est suédois. Ça change des productions américaines.Le mauvais côté de Millenium, c'est que... euh... c'est suédois ;-ÞLa langue est insupportable, les décors sont froids, les gens aussi...Mais le film est à voir. Surtout pour Noomi Rapace !
Répondre
C
<br /> une collègue qui a lu les livres et vu le film m'a expliqué que le film est mieux car tous les passages d'éditeur sont supprimés dans le film, ne laissant que<br /> l'histoire que lui voulait écrire et mettre en avant. a l'occasion je verrais le film ;)<br /> <br /> <br />