Nous sommes en 1957, dans un plantation sudiste. Brick est dans sa chambre avec sa femme, Maggie. Il boit à longueur de temps, la repousse sans cesse. Le père de Brick revient de l'hôpital après une série d'examens médicaux. Tout le monde le pensait perdu, chacun voulait avoir sa part de l'héritage, sauf Brick. Quand celui-ci croit son père en bonne santé, il décide de repartir, avec ou sans sa femme, chez eux, à la Nouvelle-Orléans. C'est alors les 65 ans de Père Chéri. Mais Brick comprend que son père est condamné par le cancer, quelques semaines à vivre. Eclate en lui la fureur. Il ne supporte plus ce monde de mensonge. Le jeune homme est à vif, brisé par le suicide de son meilleur ami, Skipper, dont il rend sa femme responsable. Son père comprend que l'attitude de Brick est lié à Skipper. Il le pousse alors dans ses retranchements pour que celui-ci exprime sa colère, sa souffrance.
Ce que j'en ai pensé :
Je connaissais cette pièce de théâtre de Tennesse Williams, mais j'ignorais de quoi elle parlait. Le film m'a tellement plu, que je lirais volontiers cette pièce. Je comprends mieux pourquoi ce film est un chef d'oeuvre, et pourquoi cette pièce est un classique de la littérature américaine.
Trois personnages plantent sur place les autres. Brick, Maggie et Père Chéri.
Brick, parce qu'il est en complet décallage avec le monde qui l'entoure. C'est, non pas un naîf, mais un 'pur'. Il croit en la vérité, en l'amitié, en l'amour. Brick, c'est le fils cadet. Il fait le bonheur de son père et de sa mère. Maggie l'aime, c'est évident. Elle est démunie devant cet homme qui lui résiste, qui ne veut pas la croire, qui a monté un mur entre eux. Maggie, la chatte, qui refuse de s'avouer vaincue, qui croit en leur avenir. Brick est un ancien sportif, ancien reporter. Il a sombré dans l'alcoolisme suite au suicide de son meilleur ami. Maggie essaye de lui expliquer que Skipper n'existait qu'à travers le regard de Brick, qu'il n'aurait pas hésité à coucher avec elle, pour faire comme Brick. Skipper, un homme mime de son ami, sans réel personnalité. Quand Brick a cru surprendre Maggie et celui-ci en position inconfortable, il s'est fermé à son ami, a refusé de l'entendre, d'entendre même sa femme. Il a choisi de rester dans ses illusions, de ne pas chercher la vérité. Peut-être n'était-il pas capable d'entendre que son meilleur ami n'était pas son égal, que celui-ci se servait de lui comme de faire valoir. Peut-être ne surmonte-t-il pas ce suicide parce qu'il se sent coupable de son silence, de la fragilité de son amitié, de ce sentiment de ne pas avoir été à la hauteur ? La crise que vit Brick va bien au-delà de cet ami suicidé. La crise est aussi au sein de sa famille. La scène entre Brick et son père dans le sous sol est forte en émotion. Brick ne voulait pas d'un père qui lui offre tout, il voulait d'un père qui soit là. Il prend alors conscience que son père l'aime, aime les siens mais que l'amour ne s'exprime pas d'une seule et même manière. Que l'amour tel qu'on le redonne aux autres dépend de la manière dont on l'a reçu, dont on a été capable de le recevoir. Brick prend aussi conscience de la réelle femme qu'est Maggie, alors que la famille vit une réelle tragédie. Big Mama et Père chéri aiment leur belle-fille. Une seule ombre, elle n'a pas encore eu d'enfants. Mais ils apprécient sa fraicheur, son irrévérance. Ils apprécient son côté nature qui vit sa vie comme elle l'entend. Brick ouvre les yeux sur sa femme. Elle ne veut pas que la part d'héritage de Brick, elle le défend corps et âme, elle ne veut pas qu'on lui enlève (à Brick) ce qui lui revient par des moyens sournois. Un jeune homme sensible, réfractaire à la société du mensonge et du paraitre où faire semblant devient une philosophie. Merveilleusement interprêté par Paul Newman (récemment disparu), qui fait l'économie d'un jeu, en imposant un charisme, un regard, une prestance, qui laisse de côté les gestes et le surjeu.
Maggie, la chatte. Quelle personnalité ! Elle refuse d'abandonner, elle sort les griffes, cherche la faille, tous les moyens sont bons pour parvenir à ses fins. Mais attention, pas pour des causes vénales. Maggie aime Brick, c'est son homme. Elle cherche le moyen de le faire revenir à elle, elle sait qu'elle ne le laisse pas indifférent, bien qu'il la repousse. Au départ, on peut penser qu'elle veut manipuler le vieil homme mourrant. Mais on finit par comprendre qu'elle ne fait que provoquer Brick, qu'elle a une réelle tendresse pour ses beaux parents. Elle se bat contre son beau-frère et surtout sa belle-soeur. Rien n'est dans le trop pour cette dernière, afin d'exister aux yeux de son beau-père, y compris d'enfanter à l'infini, des petits monstres mal-élevés. Maggie et Brick forment un couple dérangeant pour le couple du frère aîné. Ils ne sont pas dans la norme, pas dans l'idéal familial. Maggie écoute, reste en retrait, mais ne supporte pas que l'on s'attaque à Brick. Il n'y a qu'elle qui ait ce droit là. Incarnée par la sublime Elizabeth Taylor, elle forme avec P. Newman un couple de cinéma très crédible, dont la magie fonctionne.
Enfin, Père Chéri. Le patriarche dans toute sa splendeur. Il exige et l'on exécute. Il est la référence, l'ordre etc. Il râle, il ne s'occupe pas de ses petits enfants. Il veut vivre, profiter, s'en confie à Maggie. Il se croit en bonne santé. C'est de la bouche de Brick qu'il apprendra que la fin est proche. Il ne s'appitoye par lui-même, il choisit de vivre encore, de comprendre, et finalement de regarder sa vie et d'être honnête avec lui-même. Mais derrière cette homme fier, féroce, se cache un petit garçon dont le papa n'avait rien, mais qui partageait tout avec lui. Et c'est par Brick qu'il retrouvera cette part de lui. C'est aussi lui, qui ouvrira les yeux à son fils cadet sur Maggie, que Maggie la Chatte est vivante, que la vie est en elle, et pas sous la forme d'un enfant, mais en elle, parce qu'elle ne s'arrange pas avec sa conscience.
Jusqu'au bout la belle-soeur se montre détestable, en dehors de ce drame familial. Seul, Gooper, le fils aîné prendra conscience de ce que l'avidité de sa femme lui a fait perdre la réalité et le jugement sur Brick et ses parents.
Une belle leçon de vie, du drame humain, de l'incapacité à passer au dire, du choix de rester dans ses convictions plutot que d'aller à l'autre pour savoir, pour se faire bousculer, pour aussi accèder à cet autre et à soi-même. Et constater que ... 60 ans après ... les mêmes drames subsistent dans l'humanité, cette même incapacité au dire, qui résoudrait tant de problèmes pourtant.
oui les bonzais sont vieux<br />
Bonne journée amitiés de canton<br />
Qing et rene<br />
A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com<br />
La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.
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bonjour !!!<br />
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à très vite<br />
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H
Handi@dy: :0016: jaccede.com
09/11/2008 15:55
Je l'ai vu enfant, la première fois, avais été impresionnée par le jeu des acteurs... Revu récemment, toujours impressionnée, même si ou parce que je comprends mieux... Newman et Taylor sont éblouissants. Une certaine image de l'Amérique, aussi... :0010:
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je pense qu'on comprend mieux avec l'âge ;) cela doit s'appeler grandir je crois <br />
:0010:<br />
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rene
09/11/2008 01:45
beau compte rendu d'une oeuvre pas toujours facile a comprendre, en tout cas le film<br />
Bonne journée amitiés de canton<br />
Qing et rene<br />
A bientôt sur: http://belgique-chine.over-blog.com<br />
La Chine hors des sentiers battus, par le tourisme.
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parfois il faut savoir regarder au dela de ce que les images montrent.<br />
j'ai aimé la qualité des images, des images à la autant en emporte le vent<br />
qui font un peu rêver<br />
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bisous<br />
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RanDom
08/11/2008 23:43
Wouaouw, Cat, quel article... J'ai bien fait d'attendre cette soirée, au calme. Je voulais faire "ma dernière séance" avec ton article cinéma. Mais tranquillement, comme dans le noir de la salle. J'ai vu beaucoup d'extraits de ce film mais pas assez courageux pour l'aborder de front... Trop de mythes autour de ce film, jusqu'à Ozon... avec Liz Taylor, Newman... Et une version française qui m'avait refroidi, il y a longtemps, sur une télé avec plein de neige à l'écran. Mais là, je pars le week-end prochain à la recherche du DVD et je regarderais alors ! Je repasserai là après avoir vu le film. Je te dirais... Les personnages, le père, notamment, ils me "parlent". Il y a dans ce film les ingrédients que j'aime et il faut que je vois ce "classique" qui me faisait peur. Tu me l'as mis à ma portée, cette oeuvre, merci. Et puis ce sera mon hommage à Newman. Je ne l'avais pas fait. Bonne nuit :0010: